ROUTE 225] LES COLS DE PANIX ET DE SEGNES
on arrive à (15 min.) la gorge sau- l vage arrosée par la Banasca, et d'où ■ Ton gagne, en l h. (5 h. 45 min. à 6 h. de Schwanden), Paniz (aub.
chez Alix) v. de 73 hab. cath. et romans, à 1030 mèt., sur la Schmuer, affluent du Flumbach , qui va se jeter dans le Rhin après avoir contourné le rocher de Sainl-Gieri.
[Un sentier de montagnes mène, en 4 h. 1 30 min., à Trons (H. M»), sur les versants , qui dominent la rive dr. de la Schmuer, par (t h.) Andes t, \. de 226 hab. cath. et romans (belle vue sur la partie inférieure de TOberland Grison), et (2 h. ao minj Brigels (R. '22k). — De Brigels à Trons i.méme roule).]
On se tient sur la pente des montagnes qui commandent la rive g. de > la Schmuer, et qui sont recouvertes de pâturages, puis, au sortir d'une belle forêt, on atteint (1 h. 15 min.) Ruts (H. 2'29;, d où l'on gagne (1 h. env.) Ilanz(même route).
Après la marche presque incroyable, racontée dans la route 176, Souwarow resta trois ou quatre jours à Glaris pour donner un peu de repos à ses troupes, bien que des escarmouches plus ou moins graves eussent lieu à chaque instant du jour. A la fin, reconnaissant qu'il serait plus que téméraire d'attaquer l'armée française, si supérieure en nombre à la sienne, il prit le terrible parti (c'était le seul qui lui | restât) de faire traverser encore les Alpes à ses soldats déjà épuisés et décimés, afin de les sauver d'une destruction complète, et de les reunir aux débris de l'armée russe qui se trouvait dans les Grisons. Il leva donc son camp le s octobre- L'époque avancée de la saison , les difficultés du passage, et les forces nombreuses qui ne cessaient d'inquiéter son arriére-garde, rendaient celte entreprise bien plus hasardeuse encore que celle qu'il avait déjà accomplie, le chemin était tellement étroit que les soldats marchaient un à un. De plus , la neige qui était tombée les jours précédents, et qui n'avait pas moins de deux pieds d'épaisseur, augmentait encore les difficultés de la montée. Enfin les Français , gravissant la rive opposée de la Sernft, n'accordaient à leurs ennemis aucun moment de repos. Les soldats
tombaient par centaines, mourant de faim, de fatigue et de froid. Après cinq jours de marche et quatre nuits passées sur la neige et sur les glaciers, Souwarow traversa le col de Panix, et, le 10 octobre, atteignit la vallée du Khin à llanz. « De ses dix-huit mille hommes , dit M. Thiers, il en avait à peine sauvé dix mille. Les cadavres de ses soldats remplissaient les Alpes. Ce barbare, prétendu invincible, se retirait couvert de confusion et plein de rage. En quinze jours, plus de . vingt mille Russes et cinq à six mille Autrichiens avaient succombé. Les armées prêtes à nous envahir étaient chassées de la Suisse et rejeteesen Allemagne. La coalition était dissoute , car Souwarow, irrité contre les Autrichiens, ne voulait plus servir avec eux. On peut dire que la France était sauvée. »