‹ Itinéraire descriptif et historique de la Suisse, du Mont-Blanc, de la vallée de Chamonix et des vallées du PiémontChapitre 681 sur 865 · DE COIRE A CH1AVENNA · texte numérisé non relu

DE COIRE A CH1AVENNA

PAR LE 8PLLGEN.

19 1. — Postes suisses. 8 p. 1/8. — De Coire à Thusis , 2 p. ; — de Thusis à Andeer, l p. Renfort sans réciprocité;

— d'Andeer à Splugen, ! p. 2/8. Renfort sans réciprocité-, — de Splugen à Campodolcino ,2 p- 6/8. Renfort sans réciprocité sur une distance de 11/8 de poste, et au retour de 1 5/8 de poste; — de Campodolcino à Chiavenna, 1 p. 1/8.

Renfort au retour. — Diligence tous les jours en 13 h. pour '21 fr. et 18 fr. 20 c. Voitures particulières à volonté (120 à 130 fr. à 2 chevaux). — N. B. Pour bien voir les parties les plus intéressantes de la route, il faut aller à pied au moins de Thusis à Splugen.

La route, laissant àdr., la caserne bâtie en 1840, le champ de manœuvres et l'École d'agriculture pour les enfants pauvres, se rapproche du Rhin, que traverse un pont menant à Fclsberg, v. ail. de f>61 hab. prot., situé au pied de la Calanda, d'où tombent des rochers. Felsberg a été détruit en partie à plusieurs reprises, mais les habitants ont reconstruit les maisons à une certaine distance, et, d'ailleurs, les éboulements sont moins fréquents depuis la chute d'une grande masse rocheuse, en 1859. La plaine du Rhin est parsemée d'un grand nombre de collines isolées qui, vues de la Calanda, ressemblent à des taupinières de 5 à 35 mèt. de hauteur et qui sans doute étaient des lies quand la vallée au-dessus de Coire était un Jac. On les appelle I

dans le pays Rosshûgel ou Rossgneber (tombes de Cheval), en roman, Tombel de Chiarals.

1 h. 15min., Ems (1354 hab. cath.

et rom.), beau village bâti à 573 mèt. près des ruines du château d'Hohenems, possède une chapelle, avec une image miraculeuse de la Vierge et une verrerie. — Un sentier, plus court que la route de 1 h. , mais pierreux et impraticable pendant les hautes eaux, mène par la forêt, puis par la rive dr. du Rhin-Postérieur, à Thusis. — On traverse le Rhin sur un pont de bois couvert, d'une seule arche de 72 mèt. de longueur et de 25 mèt. de hauteur, en deçà de

45 min. (2 h. de Coire)," Reichenau , en rom. Lo Pon (hôt. Adler, bon), ou Pon Sol, groupe de maisons situé à 586 mèt. au confluent du Rhin-Antérieur (Vorderrhein) et du Rhin- Postérieur ( Hinterrhein).

Ce dernier, bien qu'ayant parcouru une vallée moins longue, roule une plus grande quantité d'eau, mais le Vorderrhein est beaucoup plus limpide. Le château de Reicbenau appartenait autrefois à la famille Buol de Schauenstein. Vers la fin du siècle passé, )e bourgmestre Tseharncr de Coire établit dans ce château un institut où ZschoVke exerça les fonctions de professeur, et où Benjamin Constant fit une partie de son éducation. En 1793, un jeune homme, portant le nom de Chabot, y arriva à pied, un bâton à la main, et son rfequet sur l'épaule. Après avoir présenté une lettre de recommandation à M. Jost, le chef de rétablissement, il fut nommé à l'instant professeur, et, pendant huit mois , il donna (Jes leçons de français, de mathématiques etd'histoire. Ce jeune homme était le duc de Chartres (Louis-Philippe, roi des Français), que la marche de l'armée française avait forcé de quitter Bremgarten et de se cacher sous ce déguisement. M. Jost seul connaissait son secret. Durant sa résidence de huit mois à Reicbenau, Je

[ROUTE 237] REÎCHENAU.

— BONADUZ.

duc de Chartres apprit la nouvelle de la mort de son père sur l'échafaud, et la déportation de sa mère à Madagascar.

Le château, dans lequel le roi des Français exerça les fonctions de maître d'école, appartient aujourd'hui à la famille Planta, qui l'a fait reconstruire en grande partie, et l'a beaucoup embelli. Dans l'ancienne chambre de Louis-Philippe, on remarque deux portraits du roi par Winterhalter. Sur le livre des étrangers on lit l'inscription suivante : Marie-Amélie , retire du professeur Chabot ,31 mai 1854.

Dans les autres chambres , se trouvent des collections d'histoire naturelle, d'ethnographie et ifn laboratoire de chimie. Du jardin , très-intéressant pour le botaniste , on jouit d'une belle vue sur la jonction de l'Hinterrhein et du Vorderrheiu.

De Reichenau aux bains de Pteffers, par 1 Kun-

kels, R. 397 ; — à ll.ni/, à Dissentis et à Andermatt par l'Oberalp, H. 229.

On traverse le Vorderrheiu pont de bois couvert, plus que celui d'aval.

30 min., Bonaduz (aub. :

roman de 620

Château d'Ortenstein.

sur un ancien

Krone), v.

654 mèt.

l'o min..

: Poste, hab. , à

Rhxxùns {Hho'tia ima

des Romains) , v. de 467 hab. cath.

et romans, près duquel on remarque le château du même nom, bâti, selon la tradition, par Rhautus, sur un rocher de grès isolé et appartenant aujourd'hui à la famille Vieli. On trouve au-dessous un écho singulier et une source d'eau minérale exposée aux inondations du Rhin. A l'K.,

se montre la cha- . pelle Saint-Geor-

ge.— Sur l'autre rive du Rhin , • on remarque ensuite les deux chtteaux ruinés de Ober et Un ter Juralta , puis Rottienbrunnen ( pont sur le lthin) au pied du Scheideberg et possédant des bains d'eau ferrugineuse moins fréquentésqu'autrefois. Plus loin, le château d'Ortenstein occupe un haut promontoire rocheux, en avant de Tomils (277 hab. romaus et cath.) On y découvre une trèsbelle vue sur la vallée de Doraleschg. Le château de PaspeU, bâti aussi sur la rive dr. du Rhin, a été transformé par le P. Théodose en un établissement de bienfaisance et d'éducation. A peu de distance se trouvent les ruines de Véglise Saint-Laurent, des châteaux de Altenschins et de Canova — sur les bords du StiUersee (Lac tranquille) — détruits par les paysans pendant la Schamserkricg (xv s.). Sur la rive g., au delà des ruines du château de

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Reatta (à p.) que l'on ne voit pas, s'élève, à dr. , le grand pénitencier des Grisons, nouvellement construit.

On jouit d'une belle vue sur

La vallée de Domleschg, en rom.

Val Tomiliasca, en lat. va II lit dômes- *tca, qui s'étend, sur une longueur de 2 h. 30 min. et une largeur d'une heure, jusqu'au Piz Beverin et au Muttnerberg (au S.), entre le Heinzenberg, célèbre depuis longtemps par la beauté et la fertilité de ses pentes, à l'O. , le Scheideberg , leMalixerberg et le Dreibûndtnerberg à PB. Elle se distingue de* vallées voisines par la fertilité de son sol, la beauté de ses paysages, mais surtout par le nombre de ses habitations (22 villages) et de ses vieux eliâteaux (12) , la pluparten ruine ou disséminés sur les bords du Rhin, sur les flancs des montagnes, et sur des rochers en apparence inaccessibles. Malheureusement, cette vallée a été dévastée à plusieurs reprises par les ravages terribles que le Rhin, i'Albula et la Nolla y ont causés. De fortes digues, des talus, des canaux creusés dans la plaine ont diminué récemment la force et la fréquence des débordements.

2 h., Katzis (hôt. Krcuz), v. roman de 795 hab. cath., au pied du

Heinzenberg, possède un couvent de Dominicaines fondé vers l'an 686, et un château appelé Montera (belle vue sur la cime blanche du Piz Curver, sur les gorges de Schyn , le Piz Saint- Michel, et, au N., le Ringelspitzetle Tinzenhorn). — Sur la rive opposée du Rhin, Rotels est dominé par les ruines du château de liietberg , voisio de celui de Hasenrprung , détruit par les paysans pendant ia Scham-

es.rkrieg En face même df Katzis, Fùrstenau possède un beau château des évéques de Coire.

Au delà de Katzis, on découvre une \ue magnifique sur b vallée de 10 berhalbstein .

terminée par les sommité?

neigeuses du Mont-Aibula .

et d'où des cend I'Albula.

qui vient se jeter dans le Rhin. On passe ensuite devant le château motl'ni (a la famille de CapoDetle parc de Tagstein , près duquel se tient L*i Landsgemeinde, tous les deux ans, dan* une prairie en amphithéâtre.

45 min. (2 p., 5 h. 30 min.de Coire) Thusis, en rom. Tasana. en lat. Tuscia (aub. : Via Mala , bon et recommandé; Adler ou Poste, bon. station télégraphique) , bourg de *Î39 hab. ail. et réf., situé, à 746 mèt. au pied du HéMnzenberg et au confluent du Rhin et de ia Nolla. Du beau pont de pierre qui travers*» U

[ROUTE 237] THUSIS. — PIZ BEVERIN. — VIA MÀLA. 775

Nolla on jouit d'une très-belle vue sur les deux vallées, le château d'Obertagstein et le Piz Beverin. Des bains très-fréquentes ont été établis près de la Nolla. — On peut faire une excur^ sion intéressante dans la vallée de la Nolla, espèce de cirque rocheux terminé par le Piz Beverin (3000 mèt.) dont l'ascension assez facile se fait le plus généralement d'Andeer. (Voir cidessous.) On y découvre une vue trèsétendue : sur le Nollathal, sur le lac de Lus, -n qui , situé à 1950 mèt., n'a pas d'écoulement apparent ; ses eaux , s'eng ou fTran t dans le schiste, occasionnentdesglissements de terrains qui menacent le village de Tschappina, dont les maisons changent lentement de place), sur le He inz e nberg, la vallée de Schams, les Suretastoeckc , les monts Adula , le Lœchliberg, le Piz Tschon, les gorges profondes du Savienthal, l'OberlandGrison, le Tœdi, le Rhaetikon, la chaîne de la Plessur, l'Oberhalbstein, les montagnes de l'Engadine. — Un sentier mène à (4 h.) Platz, dans la vallée de Savien (R. 230) par la Nolla et le col de Glas (1846 mèt). — Les touristes qui ne se rendent pas à Lenz (R. 245) par le défilé duScbyn (très-

Via-Mala.

recommandé) devront au moins aller au pont de bois sur le Rhin à 10 min, de Tbusis, pour jouir de la vue.

A Davos, par Alveneu, R. 245 ; — à Mutten, (même route).

La vallée de Domleschg est séparée, au S. de la vallée de Schams, parles chaînes du Beverin et du Muttnerberg qui semblent la fermer entièrement.

Ce n'est qu'en approchant de Thusis que Ton découvre, entre ces deux chaînes, l'ouverture d'une gorge étroite donnant pas* sage au fleuve et à la route. Sur le flanc dr. de ce portail colossal, s'élèvent les ruines du château de lirait ou Hohen Rhxtién (Rhaetia Alta), dominant de sa plate-forme , élevée d'environ 1 fi 0 mèt. ( belle vue), le v. et le château de Sils, le confluent de l'Albula et du Rhin, et les deux vallées. — Si l'on en croit la tradition, ce château, eut pour fondateur Rhœtus, chef des Étrusques chassés d'Italie par une invasion des Gaulois, 587 ans avant J. C. La chapelle de Saint-Jean, qui couronne une colline voisine, fut le premier et pendant longtemps le seul temple chrétien de ce pays.

LaVia-Mala, ainsi se nomme la

gorge étroite et profonde dans laquelle s'enfonce la route, après avoir traversé la Nolla, est tellement resserrée entre deiu parois de rochers presque verticales de 450 a 600 met.

de hauteur, qu'en certains endroits sa largeur ne dépasse pas 8 à 10 mèt. Dès les temps les plus anciens, les habitants de la vallée avaient appelé ce passage impraticable le Trou-Perdu (verlomes Lochyt et ils prenaient toujours des sentiers de montagnes pour se rendre de Thusis dans la vallée de Schams. En 1470 seulement , on creusa dans les rochers un chemin de 1 mèt. et quelques centimèt. de large, qui a été enfin transformé depuis 1822, en une magnifique route de voitures par le conseiller d'État tessjnois Poccobelli. la galerie ou tunnel qui traverse le Trou- Perdu a 70 mèt. de long, 4 mèt. 86 c. de large et 3 à 4 mèt. de haut. En se retournant, on aperçoit, à l'extrémité du défilé, la tourdu château de Hohen Rhsetien et les versants gazonnés du Heinzenberg.

A peu de distance du Trou-Perdu, la gorge de la Via-Mala forme une espèce de bassin, au milieu duquel se trouvent quelques maisons, au-dessous du bureau de la poste (vin et bière) de lion<jella\ mais bientôt elle se rétrécit de nouveau et devient de plus en plus sauvage, surtout au delà du premier pont jeté en 1738 sur l'abîme (44 mèt.), et conduisant de la rive g. du Rhin sur la rive dr. Une petite galerie, protégée par un toit de bois contre la chute des pierres, aboutit au deuxième pont ou Pontdu-Milieu (1739), élevé de 130 mèt.

au-dessus du Rhin. — Pendant la terrible inondation de 1834, on vit les eaux s'élever à quelques mèt. seulement au-dessous de la voûte de ce pont. — Enfin, près du troisième pont ou du Pont-Supérieur (100 mèt.

de hauteur au-dessus du Rhin), reconstruit à la place de celui qu'avait enlevé l'orage de 1834, la gorge s'élargit et pénètre dans la belle vallée

de Schams ou Schons, dont les vertes prairies, les pentes boisées et les nombreuses habitations font un contraste frappant avec les tableaux -sauvages de la gorge qu'on laisse derrière soi. Cette vallée, située à 930- 980 mèt. , forme un bassin ovale, — ancien lit d'un lac, — long de 2 h., large de 1 h., renfermant environ 1040 hab. réf. et romans, et entouré de hautes montagnes cou vertesde glaciers, parmi lesquelles on remarque, au N., le Pi 7. Beverin, au S., le Pi* de la Tscherra (2626 mèt.), à FE., le Piz Curver (2975 mèt.) Son nom (Sexamniensis) , lui vient de six ruisseaux qui s'y jettent dans le Rhin.

L'orge, les pois, la pomme de terre et le chanvre v sont encore cultivés; les montagnes recèlent des mines d'argent, de plomb et de fer , l'hiver y dure cinq mois.

On voit à dr. sur la hauteur, Lohn.

1 h. 45 min. Zillis, en rom. Cirant*.

(aub. d'Alhgio), v. de 270 hab. romans et rér., à 933 mèt., possédant la plus ancienne église de la vallée, et dominé par la ferme de Beischen et les ruines du château de HaseUtein.

Plus loin, on laisse à dr., près de Donath,— où s'ouvre le Val Annarosa. traversé par la Fundogn (Lac de Calendari dont les mugissements annoncent, dit-on, l'approche des orages) — le château de Fardùn ou la Tùrr, détruit, au xv s., par les paysans révoltés. On passe ensuite aux bains de Pigneu, ou Pignol (fer™f" ueux) , presque détruits par le débordement de 1834. Entre Pigneu et Andeer se lit, sur un pont de pierre, l'inscription suivante :

Jam via patet boslibus et amlcis, Cavete, Rhœti t Simplicitas no o ru m et unio servabunt avitam libertatem.

45 min. (1 p. de Thusis) Andeer, en rom. Sessame, en lat. Scramnt""1 (hôt. Krone ou Fravi, bon et recommandé), v. de 522 bah. romans et ar.

bâti à 979 mèt. — Véglise (belle vue

[ROUTE 237J ANDEER.

datant de 1673, couronne un rocher.

— Hauts fourueaux. — Dans les environs, ruines du château de Riukenstein, près du hameau de t'asii, et de ( nstt llatscli, près de Clugin.

On peut, d'Andeer, aller faire une excursion dans le Val Ferrera (H. 2 V2) ou monter au Piz Beverin [V. ci-dessus) , ascension facile souvent tentée avec succès par des femmes (un guide, S fr.; un mulet et un conducteur, 9 fr.

de B<vrenburg, détruit pendant la Schamserkrieg, et bientôt on arrive au confluent de TAvershach et du Rhin qui, avant de mêler leurs eaux, forment deux chutes pittoresques.

Laissant à g. la vallée d'Avers ou Val Ferrera (R. 242), on traverse le torrent qui en descend, et on pénètre dans la Roflen, appelée aussi Rnffna, ou Via-Mala intérieure, qui sépare la vallée de Schams de celle du Rhein-

Chaise à porteur, 6 fr. 50 c. par porteur. On monte par Zillis, Fardùn, Mathon et les pâturages de Nunschies.

D'Andeer à Conters (R. 249) dans l'Oberhalbstein, par les montagnes, 6 à 7 h. ; — à Platz dans le Savienthal par les alpes d'Arosa R. 230; — à Stalla et à Casaccia, par le Val Avers, R. 242.

A 30 min. d'Andeer, on laisse àdr.

les ruines insignifiantes du château

wald. La route, remontant ce défilé de 40 min. de long, côtoie la rive dr. du Rhin qui fait une belle cascade de 20 mèt. de hauteur. On laisse à dr. Sufers (tronc d'arbre servant de pont jeté sur un abîme du Rhin) et une fonderie en ruine avant de traverser une galerie de 6 met de long, nommée la porte de Selra. On entre alors dans le Rheinwaldthnl (ValduRhin), qui, beaucoup plus boisé jadis, comme

— LES ROFFNA.

Ciorge de RulTua.

DE GOIRE A MILAN

son nom l'indique, s'étend de l'E. à l'O., à une altit. de 1500 à 1600 met., sur une longueur de 5 h., et du N.

au S., sur une largeur de 2 h. (le terre-plein n'a que 2 h. de long et 30 min. de large); il est entouré de hautes montagnes, parmi lesquelles on distingue en face le Pi/zo Uccello (2716mèt.)et l'Einshorn ^2941 met ), au S. le Tambohorn (3216),àlO.

le Zapporthorn. Les pommes de terre, les pois, le chan vre , l'orge et le lin y sont c u 1 1 i v é s, mais les fenaisons ne s'y font qu'au mois d'août. L'hiver y dure 9 mois. Les habitants , au nombre de 1204, ail.

et réf., divisés en 5

paroisses ,

s'occupent de l'élève du bétail et du transit des marchandises.

d'Andeer, Il h. 30 min. de Coire. Splùgen, en roman Speluja, en italien Spluga (liôt. : Bndenhaus ou Poste, bon, Hosigy bon), v. de 545 bah., à 1450 mét. d'ail., ch.-l. de la vallée.

On y jouit d'une belle \ue sur le Kukernel!, le Tambohorn et la vallée du Rhin. Sa position , a la jonction des deux routes du Bernardino et du j Splùgen , lui donne une certaine ac- '

Uvité commerciale. Il est à l'abri des avalanches, qui emportent souvent des hommes, des animaux et des mai sons dans les environs ; mais le Rhin, le torrent de la Stuztalp, et le torreut Oberhauslibach y ont causé, sur tout en 1834, de grands ravages. — Prés de l'église, on remarque le> rumes d'un château appelé zur Bury.

De Splùgen à Bellinzona , par le Bernard i no .

R. 241; — a Reichenan .

par leLœchli berg, R. 23o.

On laisse à dr. la route du Bernardino (R.

241), et, traversant le Rhin surun pont de bois étroit, on commence immédiatem e n t à remonter la va lée de l'uberhauslibach, par une route presque entièrement refaite depuis l'orage du 27 aoiH 1834. A 1631 met. d'alt., on s'engage

dans un tunnel d'environ 80 met., au delà duquel on traverse deux fois 1*0berbauslibach. De nombreux zigzags (ijiravoltc), au tournant desquels on découvre de belles vues, gravissent, au delà de la ligne des sapins, les dernières pentes de la montagne .

jusqu'au (2 h. de Splùgen) point culminant du passage, élevé de 21 1 7 mèt.

au-dessus de la mer (6(i7 au-dessu-

Pont à Sufers.

[ROUTE 237] ' LE SPLÛGEN.

de Splùgen), et formant les limites de la Suisse et de l'Italie, entre le Surettahorn (3025 mèt.) à l'E. et le Tambohorn (3276 mèt.) à l'O.. entre le bassin du Rhin et celui du Pô.

Au N. on aperçoit le Piz Ho vérin, au S. le Piz d'Emet. Du col, que domine une vieille tour, on peut monter, dit-on, en 3 ou 4 h., au sommet du Tambohorn (panorama splendide sur la Suisse et l'Italie).

Le passage du Splùgen, appelé

Speluca Ursler, Colmo dcl Or*o, est un des cols les plus anciennement connus de la chaîne des Alpes. Sous l'empereur Auguste, il y passait un chemin auquel on attribue ce que l'Itinéraire d'Antonin rapporte du trajet de Curia (Coire) à larvesede.

et de là à Chiavenna. Toutefois, les premiers documents positifs qui le concernent datent du xv* s. A cette époque, il devint très-fréquenté. De 1818 à 1823, le gouvernement autri-

Splùgen.

chien et celui des Grisons ont transformé le chemin de mulets en une magnifique route de voitures qui rivalise avec celles du Simplon, du Saint- Gothard et du Bernardino. Elle a 5 m«H. de largeur sur le versant N. et Cy met. sur le versant S.

L'armée française, commandée par le général Macdonald, traversa le Splùgen du 27 novembre au 4 décembre de l'année 1800, douze années, par conséquent, avant que la nouvelle route fût commencée. Elle y perdit

un grand nombre d'hommes et de chevaux, surtout dans le passage de Cardinell, où des avalanches enlevèrent des colonnes entières.

Dès que l'on a franchi le col du Splùgen, on commence à descendre, et, dépassant bientôt (15 min.) la Prima Cantoniera, on ne tarde pas à atteindre (1904 mèt.) le poste dis Douaniers (petite «auberge ), situé à l'extrémité d'une espèce de hassin ovale que dominent de tous côtés des montagnes élevées, et pour la plupart

DE COI RE A MILAN

couronnées de glaciers. A l'O. on aperçoit le glacier Curciusa qui relie le Tambohorn au Pizzo Terre (3099 mèt.) On ne trouve encore que des lichens et quelques mousses jaunâtres sur ce plateau, autrefois couvert de bois, où fa neige s'élève, pendant l'hiver, jusqu'au premier étape des maisons, et où, pendant l'été, les bergers bergamasques font paître annuellement environ mille moutons. Durant les tourmentes, les habitants du hameau sonnent une cloche pour indiquer leur route aux voyageurs égarés.

Au delà du pont de Colmaretta, la route nouvelle laisse à dr. l'ancien chemin qui descendait dans la gorge de Cardinell, et, suivant la rive g.

du torrent, traverse bientôt la première galerie de 230 raèt. de long et 4 mèt. 50 cent, environ de haut et de large: puis, à peu de distance, la deuxième, de 213 mèt. de long; et bientôt après la troisième, de 510 mèt. Ces galeries, les plus longues qu'il y ait dans toute la chaîne des Alpes, sont construites en maçonnerie solide, éclairées par de petites fenêtres semblables aux embrasures d'une batterie, et recouvertes de voûtes capables de résister au choc des avalanches. Au sortir de la deuxième galerie, on découvre une belle vue sur l'ancienne route, abandonnée seulement depuis 1834, qui descendait, par de nombreux zigzags, près du village iY isola. La route nouvelle évite le passage dangereux de la gorge du Liro, entre Isola et Carapodolcino ; mais elle prive en partie les voyageurs de la vue de la belle cascade du Madesimo, qu'alimentent les neiges du Pizzo di Val Sterla (3025 mèt.) et du Pizzo Groppera (2934 mèt.) et qui tombe d'environ 260 mèt. de hauteur d'une paroi à pic.

Quaud ou a dépassé le hameau de Pianazzo, situé à la même hauteur que Splilgen — (sentier menant, par le col de Madesimo, 2280 mèt., à Canicul (R. 242) , — on traverse le pont du Madesimo, puis une galerie neuve de

25 mèt. de longueur, et la route, après avoir descendu plusieurs terrasses zigzag, n'a plus qu'une pente douce jusqu'à

3 h. 15 min. (2 p. 6/8 de Splùgen), Campodolcino, simple hameau situé à 1083 mèt. (aub. Poste). C'est là que se trouve maintenant la douane italienne.

Au delà de la petite plaine gazoanéê de Campodolcino, et près du hameau de Prestone, on remarque, au pied du Stozzo, une inscription gravée en l'honneur de l'empereur d'Autriche François 11, sous le règne duquel 1:

route neuve fut terminée par Carlo Donegani. Rien de plus désolé que U vallée du Liro entièrement remplie de débris écroulés des montapnes vo.

sines, et dans laquelle on descend, rien de plus beau que la route serpentant au milieu des labyrinthe?

formés par ces blocs détachés. Qwiques églises blanches, dominant A* bouquets de châtaigniers, offrent cependant çà et là uu contrat agréable avec les horribles précipices qui les entourent. Après avoireutreu; l'église à tour blanche de la Madon%i di Galliraggio, et dépassé le villag de San Giacomo, dont la vallée porte le nom, on aperçoit

2 h. 30 min. (1 p. 1/8 de Camr>odolcino} Chiavenna, en ail. Cl<rm (Uôt. : Conradi, bon, Chiave d'Oro; en face de la Chiave d'Oro, café avec belle vue sur les chutes de la Mera), capitale d'un ancien comté qui a ap partenuaux Grisons, de 1512 à 1 79" ville industrielle (fabriques de soie) de 3000 habitants, complètement italienne, pittoresquement bâtie, à plu> de 3U0 mèt. d'alt., sur la rive de U Mera, au-dessus de sa jonction avec fe Liro, dans une vallée riante et fertile, qu'entourent de hautes montagnes.

Elle tire son nom de sa situation, qui la rend comme la clef de l'Allemagne et de la Lom hardie. Sa bière birrone) est renommée. On y remarque l'église de San Lorenzo (1538), qui possède un curieux baptistère sculpté,

[ROUTE 237] CIIIAVENNA. — COLIGO. — LAC DE CÔME. 781

très-ancien. Au milieu du cloître s'élève un gracieux campanile. Tout près sont deux charniers, dont les crânes et les ossements sont disposés en mosaïques. En face de l'hôtel Conradi, sur un rocher, se voient les ruines d'un château qui n'a jamais été terminé; — du jardin appelé le paradis, on jouitd'une belle vue. Enfin, les rochers des environs de Chiavenna, sur la pente des montagnes, à TE. et à l'O., sont percés d'une multitude de fentes naturelles (Ventaroli ou Grotti), d'où sort un vent froid, et dont on a profilé, comme à Lugano, pour y bâtir des caves.

A Saint-MoriU, par la Maloya, R. 239; — à Stalla, par le Septimer, R. 239 et 242;— dans le Val Mesocco, par la Forcola (2217 met.), 6 h. 30 min. à 7 h. (R. 2tl).

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