‹ Itinéraire descriptif et historique de la Suisse, du Mont-Blanc, de la vallée de Chamonix et des vallées du PiémontChapitre 707 sur 865 · DE COIRE A SÀÏNT-MORITZ. [ROUTE · texte numérisé non relu

DE COIRE A SÀÏNT-MORITZ. [ROUTE

Studer, accompagnas de plusieurs ingénieurs. Il leur fallut 5 h., depuis Stalla, pour atteindre le sommet de la montagne que M. Théobald a gravie de Molins sans grandes difficultés. Le savant professeur en recommande vivement l'ascension.

Continuant à monter et traversant une troisième fois l'Oberhalbsteinerrhein, on gagne en 1 h. 15 min. Stalla {Stabulum) ou Bivio — Hivium, deux chemins — aub. chez Lanz), v. de '212 hab. mixtes, à 1776 mèt. M'ait., à la jonction des routes du Julier et du Septimer, dans un bassin isolé, entouré de hautes montagnes, où l'on ne trouve aucun arbre, et où les pommes de terre mûrissent rarement.

A Casaccia, par le Septimer. R. 242; — à Andeer, par la Valetta et le Val d'Avers, même route.

On traverse encore l'Oberhalbstcinerrhein, que vientde former la jonction du torrent du Val Carrcccia et de celui du Val d'Agnelli, dont on remonte la rive dr., et l'on s'élève par des pâturages monotones où l'on remarque les cabanes des tessini ou bergers italiens ( bergamasques ) qui amènent pendant l'été leurs troupeaux de moutons (environ 40 000 en tout) ,sur les hautes Alpes des Grisons. Au delà de M natta, on franchit le torrent du Val d'Agnelli et les zigzags se succèdent sans interruption.

1 h. 30 min. le col du Julier (aub.

Veduta, au-dessous du col, du côté de Stalla) . s'ouvre à 2287 met., entre un contre-fort (2834 mèt.) du Piz Suvrettaau N. et le Piz Lagref (2963 met.), dépendant du Piz Pulaschin (3017 met.), au S. A peu de distance de la route , près d'un petit lac, dont les eaux se rendent déjà dans Plnu, s'élèvent les Colonnes Julienne* — deux piliers grossiers de micaschiste, de moins de 2 mèt. de hauteur et sans aucune inscription — érigées soit par les Celtes en l'honneur du dieu du soleil, Jul, soit, au dire de certains h istoriens, par J ules César ou Auguste,

pour marquer la distance deClavenna (Chiavenna).

De tous les passages des Alpes, celui du Julier est le moins exposé aux avalanches et le plus tôt débarrassé au printemps des neiges de l'hiver. Aussi a-t-il toujours été trèsfréquenté. Les Romains le connaissaient certainement. En 1212, Tem pereur Frédéric II le traversa pour se rendre en Italie, tandis que tous les autres passages des Alpes étaient occupés par ses rivaux. Pendant lesxin', xiv et xv* siècles, il fut la seule grande route commerciale qui servit de communication entre Venise et h Suisse, l'Allemagne et la France.

Abandonné vers l'an 1773, il était devenu depuis presque impraticable durant l'hiver; mais, en 1823, le canton des Grisons y a fait construire une nouvelle route de voitures de 4 à 5 mèt. de largeur et d'une pente trop roide sur les deux versants. On descend par les chalets de la Julieralp dans les gorges où court le torrent de Montarask qui, descendu du Piz Suvretta, va se jeter dans le lac de Silvaplana. Bientôt se succèdent de beaux points de vue sur ce lac et sur le groupe du Bcrnina.

On entre dans l'Engadine à (1 h.

45 min.) Silraplana , en ail. Waldebent (hôt. Kreuz), v. de 204 hab. rom.

réf., situé à 1816 mèt., sur une langue de terre boisée (Piz) qui, formée par les alluvions du Montarask, divise le lac de Silraplana f alimenté parl'Inn 1794 mèt. d'alt. ) en deux parties, ont la première, le lac supérieur, a 30 min. de longueur, et la deuxième, le lac inférieur ou de Campfer, qu'envi ro n n en t des hau te u rs boi sées.20 min. , seulement ; les deux lacs, qui ont une longueur totale de 4500 mèt., (plus grande largeur 1300 mèt, plus grande profondeur 74 mèt.) communiquent entre eux par la Stretta del Piz, canal rapide de 13 mèt. de profondeur qui ne gèle jamais.

On peut aller directement à Pontresina en 2 h. 30 min. par les bains

ROUTE 249] LE JULIER.

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