‹ Itinéraire descriptif et historique de la Suisse, du Mont-Blanc, de la vallée de Chamonix et des vallées du PiémontChapitre 78 sur 865 · LES AVALANCHES · texte numérisé non relu

LES AVALANCHES

LXXIÏ

De 1817, qui fit périr cinquante - huit personnes et quatre cent soixante-six têtes de bétail dans les cantons d'Uri , du Valais et des Grisons;

De 1827, qui enleva quarante-six maisons des villages de Selkingen et Biel (haut Valais), et coûta la vie à cinquante et une personnes.

On raconte divers exemples remarquables d'individus qui ont échappé comme par miracle à des avalanches. Au mois de janvier 1767, une lavange, tombée dans la vallée située au pied de la Dentde-Jaman, renversa plusieurs gros sapins, entraîna une douzaine de granges inhabitées, et, passant sur l'un des cabarets d'Allières, en enleva l'étage supérieur, sans que les habitants réunis au rez-dechaussée éprouvassent le moindre mal. Au mois de décembre 1836, une autre avalanche emporta une maison de la vallée d'Avers où se trouvaient douze enfants, que leurs parents retirèrent tous vivants. Une femme du village de Saint-Antœnien (canton des Grisons) fut également retirée d'une maison où elle avait été ensevelie depuis huit jours entiers.

^Les voyageurs qui visitent la Suisse durant les mois de juin, de juillet, d'août et de septembre, ne sont exposés aux^dangers des avalanches que lorsqu'ils entreprennent quelque course extraordinaire au milieu des glaciers, ou sur certaines montagnes sillonnées de ce qu'on appelle, en Suisse , des couloirs d'avalanches. 11 n'en est pas de môme, malheureusement, pour ceux que la nécessité contraint à traverser les Alpes pendant le printemps, à cette époque où les avalanches annuelles ne sont pas encore tombées. « On devra alors, dit Ébel, s'arranger de manière à former une petite caravane , dont tous les membres chemineront à des distances convenables les uns des autres, afin qu'en cas de malheur ils puissent secourir ceux d'entre eux qui auraient été atteints par une lavange. Il faut, dans les contrées dangereuses, ôter toutes les clochettes des chevaux, partir dès le grand matin avant que le soleil ait amolli les neiges, et marcher vite dans le plus grand silence. On peut aussi prendre la précaution de tirer un coup de pistolet à l'entrée d'un mauvais passage, car le moindre son suffit souvent pour déterminer la chute d'une avalanche prête à s'écrouler. Du reste, les habitants de ces montagnes connaissent au juste les endroits qui offrent tous les ans des dangers sous ce rapport; ainsi il est de la plus grande importance de prendre leurs avis. »

En général, les plus terribles Grund-Lauinen tombent: Sur le versant oriental des montagnes, entre dix heures du matin et midi ;

INTRODUCTION

Sur le versant méridional, entre midi et deux heures; Sur le versant occidental, entre quatre et six heures de l'aprèsmidi;

Enfin, sur le versant septentrional, dans la soirée. Quand il pleut ou lorsque le fœhn souffle, elles peuvent avoir lieu à toute heure du jour et de la nuit.

Les forêts qui dominent certains villages des Alpes, les préservent seules contre les redoutables effets des avalanches. Aussi est-il défendu, sous les peines les plus sévères, d'en abattre un seul arbre. Si ces forêts étaient détruites par une cause quelconque, les habitants des villages qu'elles protègent se verraient contraints d'aller s'établir ailleurs. Dans un grand nombre de localités moins exposées, on construit au-dessus des églises ou des maisons des espèces de bastions de pierre formant, à leur partie supérieure, un angle aigu destiné à fendre et à chasser des deux côtés l'avalanche qui pourrait l'atteindre. Enfin, des galeries voûtées et capables de résister à un choc violent mettent les voyageurs à l'abri des lavanges dans les passages les plus dangereux de quelques-unes des routes de voitures construites depuis le commencement de ce siècle sur les Alpes, et principalement sur le Splûgen, l'Orteler et le Bernardino.

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