L'ILLUMINATION DES ALPES
des effets plus désastreux encore. Ils ont lieu, le plus souvent, à la suite de tremblements de terre ou de longues pluies. Mais, comme le prouvent leurs noms allemands, on en reconnaît plusieurs espèces, occasionnées par des causes différentes. Ainsi la décomposition de certains terrains par les agents physiques, détermine la chute des roches situées au-dessus (Bergsturze). Quand les eaux d'un torrent, s engouffrant dans les fissures d'une montagne argileuse, ne trouvent d'abord aucune issue pour s'échapper, ou bien encore lorsque tôt ou tard des débris tombés des hauteurs voisines les arrêtent longtemps au fond d'une gorge, elles se frayent un lit ou un passage en entraînant avec elles les terres qu'elles ont détrempées et les roches reposaient sur ces terres; elles forment alors ce qu'on appelle une ETdschiipfe, une avalanche ou couleraent de terre. (V. les mots Kienholz, Rigi, Dent du Midi ; et pour les chutes de montagnes, Epaunum, :562\ Tauretunum (563), Biasca (1512), Yvorne (158<â), Plurs (161S), Casaccia (1673), les Diablerets (17U et 1749), Rossberg, Goldau J806), ete.)
VI. Phénomènes et observations physiques, météorologiques et atmosphériques dans les Alpes.
Si les avalanches sont les plus terribles phénomènes de la nature tans les Alpes, l'illumination des sommets, au coucher du soleil, en est sans contredit l'un des plus beaux et des plus remarquables. La description suivante est empruntée à un article d'un savant genevois, M.L. A. Necker, publié dans les Annales de chimie et de physique février et mars 1839) :
* Le soleil, depuis le moment du contact de son bord inférieur avec la crête du Jura jusqu'à la disparition totale de son bord supérieur, prend en moyenne 3 min. 15 de temps pour se coucher à Genève, au moins 3 min., au plus 3 min. !/2.
«Une fuis le soleil disparu, le ciel, à PO.f s'il est pur, reste brillant d'une vive lumière blanche, ou seulement légèremeut teinté d'une nuance jaunâtre. S'il y a des nuages épars, leurs bords encore éclairés se colorent vivement en jaune d'or, ou en orangé, ou en rouge; mais le ciel lui-même, dans leurs intervalles, ne participe point encore à ces vives couleurs, et reste Liane sans éprouver de changement noiable, sauf une diminution dans 1 intensité de la lumière, jusqu'après que toutes les apparences qui ont lieu dans la partie orientale de l'horizon aient complètement cessé.
« Portons donc nos regards vers l'est. La plaine est dans l'ombre, et les montagnes, brillamment éclairées, se font remarquer par la vivacité et, ainsi que l'expriment les peintres, par la chaleur de leurs teintes. C'est, ea ■ fret» le contraste entre les clairs et les ombres qui donne la vivacité et
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