‹ Itinéraire descriptif et historique de la Suisse, du Mont-Blanc, de la vallée de Chamonix et des vallées du PiémontChapitre 98 sur 865 · DIJON · texte numérisé non relu

DIJON

au-dessus fies coteaux rocheux et boisés dont la route de terre longe la base, apparaissent les sommets des plus hautes montagnes de la Côted'Or, le Plan de Suzan (565 met.) et le Mont Afrùfue (584 nf t.).

30 kil. Yelars, v. de 1075 h., situé entre le chemin de fer et lOuche, possède de lieaux moulins et une importante papeterie. Plus loin, sur la route de terre, est le hameau de La Cudey au-dessus duquel s'élève la petite chapelle de Sotrc-Dame de VFtang , où l image de la Vierge, découverte en 1435, attire chaque année un certain nombre de fidèles. Au riaduc de la combe FoucJières, qui a 18 met. d'élévation, et qui se compose de 5 arches de 10 mût., succède bientôt, au delà d'un tunnel, le riaduc de la combe Bouchard , formé, comme celui de la combe de-Fain, de deux étages d'arcades (à 1 étage inférieur, 7 arches de 7 met. 72 c; à l'étage supérieur, U arches de 10 mût.), long de 150 mèt. et haut de 38 mèt.

On traverse un autre tunnel. Sur la dr. , l'attention est attirée par les iieaux établissements industriels de Velars (hauts fourneaux, tréfilerie, clouterie, etc.). Entre deux autres tranchées, on découvre un instant, à dr. , la vallée de l'Ouche, à g., une jolie combe boisée qu'on passe sur le viaduc de Matoye, composé de 5 arches, long de 90 mèt., et haut de n mèt. 24 c. Près d'une jolie villa, on franchit, sur un riaduc de 15 arches, ayant chacune 10 mèt. d'ouverture, haut de 22 mèt. 30 c, long de 236 mèt. , la combe Neuron toute couverte de bois dans ses deux ramifications. On traverse encore une tranchée profonde de 10 mèt. 67 c. , enfin on laisse à g. la combe de Champ- Moron, qui contient les ruines du prieuré de Bonvaux.

310 kil. Plombières , v. de 1695 hab.

De Plombières à Dijon, le chemin de fer domine à dr. la route de poste, Touche et le canal; il est dominé à g. par des coteaux rocheux à travers

lesquels les ingénieurs lui ont ouvert un passage a l'aide de la mine, tantôt au fond de tranchées profondes, tantôt dans des tunnels (on en compte quatre dans ce trajet de 5 kil.). Plusieurs ponts- viaduc s, dont le plus important a 3 arches, traversent de petits vallons arides et nus. On laisse àdr. , sans la voir, l'ancienne chartreuse de Dijon, transformée en asile d'aliénés, et l'on entre dans la gare de Dijon par une courbe de 50.» mèt. de rayon, avec une pente de 6 mdlim.

315 kil. Dijon {buffet à la gare; — omnibus à tous les trains; 30c, avec 10 kil. , 50 c , avec 1 1 a 30 kil. hôtels : de la Cloche, du Parc . du Jura, voisin de la gare; — restaurants: Dastier et Ripard ; — 1 braires : I.amarche, VrDécailly, Hémery. Baur, Picard).

Dijon , l'aucienne capitale de la Bourgogne, aujourd'hui le chef-lieu du département de la Côte-d'Or et le siège d'un évèché, est une ville de 37 074 bah. , située au confluent des rivières d'Ouche et de Suzon , au pied du Mont- Afrique , dans une plaine fertile, qui s'étend des montagnes de la Côte-d'Or aux premiers contre forts du Jura. Par un temps clair, on aperçoit souvent, le soir ou le matin, audessus de la chaîne hleuAtre du Jura, le Mont-Blanc, qui en est éloigné de 45 lieues à vol d'oiseau '.

Nous signalerons aux touristes qui s'arrêteraient a Dijon, leséglises Saint- Bénigne (cathédrale) . du xnr s. , souvent restaurée depuis (crypte du xc s. , flèche de 1742. haute de V 5 mèt. 59 c, courbée par l'orage de 1805 ; Notre- Dame (Xiv* et xv siècles, beau |>ortail occidental), mon. hist. , le type le plus complet de l'architecture bourguignonne du xni siècle ; Saint Michel (xvr siècle t. mon. hist. ; Saint-Étienne (1721;, transformé en halle au blé;

I. Voir pour la description détaille de Dijon VI tint ru ire général de la France ( l" vol.) ou 17 ineraire illustré (U Paris à Lyon, par Adolphe Joannk. — Paris, Hachcite et C''.

DE PARIS A GENÈVE

[KOUTE 1]

Sainte- Anne ( 1690) des Carmélites (élégant portail de 1630), transformée en prison militaire; Saint- Philibert (plusieurs styles) , aujourd'hui magasin à fourrage ; Saint - Jean ( rendu au culte en 1864), où Bossue! fut baptisé, et la lœlle tour romane de l'ancienne église Saint-Sicohs , détruite en 1792; — le palais des ducs de Bourgogne , aujourd'hui Vh'itcl de ville , reconstruit en partie aux xvir et xviir siècles (tour de la terrasse, de 1419, haute de 46 nièt. 50 c; tour de Brancion, salle «les gardes et cuisines de 1445, etc.); le Château (1478-1012), ancienne prison d'Êt-it , aujourd'hui en ruines; le Palais de justice (façade du xv* siècle (?); salle voûtée avec une charpente soutenue par de longues poutres sculptées); le Théâtre (1810- 1828); l'École de droit (ancien collège des Jésuites); — plusieurs maisons d'architecture curieuse (xvet xvi« siècles) : maison Hichard et Milsand, rue des Forges, 34, 36, 38; hôtel Vogué, derrière Notre-Dame; maison aux Cariatides, rue Chaudronnerie, 28; hôtel Mimeure, rue Vauban (des inscriptions dorées sur plaques en marbre noir, indiquent les maisons où sont nés des hommes illustres :

Bossuet, Charles de Brosse, Crébillon, Guyton de Morveau, Longepierre, Piron, Rameau, Ca/.otte, etc.) ; — V Académie des sciences; V Asile des aliénés (1843). établis dans la Chartreuse (1383-1391), dont il reste le portail d'entrée , le portail de l'ancienne chapelle (belle sculpture) , la tour octogonale (xi V siècle) , le puits de Moïse (1396-1399, immense piédestal hexagonal entoure des statues des anciens prophètes); — le Musée, inauguré en 1799 (fragments de sculpture gallo-romaine , du moyen Age et de la Renaissance, salle des gardes renfermant, outre une belle cheminée et trois beaux rétables, les admirables tombeaux des ducs de Bourgogne , Philippe le Hardi (par Claus Sluter) ; Jean sans Peur et Marguerite de Bourgogne (xv* siècle) , en partie détruits

à la Révolution, restaurés de 1828 à 1829, tapisserie du xvr siècle; tableaux de Prudhon et de Gagnereaux; statues de Rude et de Jouffroy ; et un beau cabinet d'es amp,s (40000 pièces); —le Musée d'histoire naturelle, qui possède l'enveloppe supérieure d'un glyptodon, animal gigantesque recouvert d'une immense carapace osseuse; — la Bibliothèque (50 000 vol.

et 500 man.); — le Parc, magnifique promenade, commencée en 1610 sur les dessins de le Nôtre, par le grand Condé , achevée par son fils ;— la promenade de 1 Arquebuse (peuplier de Bourgogne , de 15 mèt. de circonférence au niveau du sol); — le Jardin des Plantes (300 variétés de vignes; au musée de botanique, magnifique herbier); — les Fontaines ( 1839-1840) ;

— la statue en bronze de saint Bernard (1847), par M. Jouffroy, accompagnée de niches où l'on voit les figures en bas-relief du pape Eugène III, de Louis VII, de Hugues le Pacifique, duc de Bourgogne , de Suger,de Pierre le Vénérable, et de Hugues de Payens, grand maître du Temple, etc.

De Dijon à Genève par Dôle et Salins, R. 10 ; — à Lausanne par Pontarlier, R. lo et V2\ —à Lausanne par Besançon, R. 112;

— à Berne par Neuchâtel, R. lit.

Au sortir de la gare de Dijon, on laisse à droite l'Arquebuse et le Jardin Botanique; à gauche, la cathédrale (St- Bénigne) dont la flèche élancée attire de loin les regards. Du viaduc qui a remplacé la porte d'Où* cbe, on découvre a dr. l'hôpital, puis, après avoir franchi Touche, on laisse à g. \ embranchement de Dôle-Salitu- Besançon - Pontarlier et Lons-le-Saunier. Enfin, traversant le canal de Bourgogue , on vient longer à des distances variables la chaîne de collines plantées de vignes, auxquelles la qualité de ses produits a valu le nom de Côte-d'Or.

326 kil. Gerrey-Chambertin, v. de 1612 h. dont les plus célèbres crus sont le chambertin et le clos de Bèze.

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