‹ Itinéraire descriptif et historique des bords du Rhin, du Neckar et de la MoselleChapitre 151 sur 279 · MONUMENTS PUBLICS. — CURIOSITES. — COLLECTIONS · texte numérisé non relu

MONUMENTS PUBLICS. — CURIOSITES. — COLLECTIONS

Les débarcadères des chemins de fer, — Heidelberg- Mannheim, Mayence-Wiesbadc-Cassel -Berlin , — se trouvent situés près de la rive dr. du Mein, entre la porte Saint- Gallus et la porte du Taunus. C’est donc en général par la porte du Taunus que les étrangers entrent dans Francfort.

Au delà de cette porte, on croise la Neu Mainser-Strasse , •

dans laquelle on laisse à g. le musée Stadel (F. ci-dessous), et , suivant la Gross Galien Gasse, appelée la rue des Millionnaires ( hôtel de Bruxelles, à g.), on atteint en quelques minutes le Rossmarkt, puis la Zeil, c.-à-d. les principaux hdtels de la ville.

Le Rossmarkt est la plus vaste place de Francfort ( hitel d’Angleterre, café Milani). A la place de la fontaine doit s’élever un monument (par Launitz) en mémoire de Guttemberg. On peut voir dans la cour du musée les trois principales statues : Guttemberg, Fust et Schœffer, destinées à ce monument.

A dr. de Rossmarkt, près du café Milani, s’ouvre la rue Gross Hirschgraben, dont la deuxième maison à dr. porte, depuis 1845, cette inscription sur une table de marbre blanc :

Hier ward Johann Wolfgang Gœlho , ain 28 august 1749 , geboren.

( Ici naquit Jean-Wolfgang Goethe , le 28 août 17491.)

Au-dessus de la porte, on remarque les armoiries prophétiques que le père de Goethe choisit lors de son mariage avec la fille du sénateur Textor, — trois lyres obliques,

1 Francfort a ru naître aussi Pierre et George Schlosscr, OEIilenechlager, Griesbacli, Bettina d’Arnim , Savigny, Bultmann, Pforr, Bœrne , Feuerbach, Clemens Brentano, Vo*t, etc.

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surmontées d’une étoile, — parce qu’elles ressemblaient à un fer à cheval (son grand-père avait été maréchal ferrant). Goethe habita dans cette maison une mansarde du troisième étage qui donne sur la cour, mais il est né au second étage. C’est là qu’il écrivit Gœtz de Berlichingen, une partie de Werther et ses premières poésies. La chambre qu’il occupa est encore telle qu’il l’a quittée. On y voit une vue de Francfort, dessinée par lui, et au-dessous de laquelle il a écrit des vers.

A g. du Rossmarkt s'étend, jusqu’à la place du Théâtre, une allée d’arbres appelée Allee (à g. église française réformée , hôtel et café de Hollande, bonnes glaces chez Rœder), au milieu de laquelle un petit nombre de Francfortois, admirateurs de Gœthe , ont élevé à ce poëte un monument en bronze (par Schwanthaler, fondu par Stiglmaier). La statue (4mèt. 62 cent.), élevée sur un piédestal de 4 mèt. (Gœthe est représenté debout, une couronne de laurier à la main gauche , s’appuyant du coude sur un tronc de chêne), a été souvent critiquée. On lui reproche surtout de la lourdeur. Les bas-reliefs du piédestal , au contraire, sont généralement loués et admirés. Ils représentent, celui de devant, les trois muses: la Poésie dramatique, la Poésie lyrique et l’Épopée ; celui de g., Iphigénie, Oreste et Thoas (personnages d'Iphigénie enTauride), Faust et Méphistophélès; celui qui est par derrière, Gœtz de Berlichingen, Egmont, le Tasse, la fiancée de Corinthe soulevant le couvercle du cercueil, Prométhée, enfin le roi des Aunes, tenant l’enfant dans ses bras; celui de dr., Mignon avec Wilhelm Meister et le joueur de harpe, Hermann et Dorothée.

Le Rossmarkt ou la Steinweg (hôtel du Cygne et du Weidenlusch), qui s’ouvre à dr., à l’extrémité de l’Allée, conduisent à la place de la Parade ( hôtel de Paris, café Neuf, jibrairie Jügel), sur laquelle on remarque le corps de garde (Hauptwaché), à g., et, à dr., l’éghse Sainte-Catherine (réf.), bâtie en 1680. — On y fait de la musique militaire trois fois par semaine, à midi.

A la place de la Parade commence la Zeil, la plus belle rue de Francfort par sa largeur, ses hôtels, ses magasins, son animation. Au côté N. de cette large rue, se trouvent la poste, l 'hôtel de Russie , le Darmstadter Hof, résidence du grand-duc de Hesse, l’hôtel de l’Empereur romain et

les maisons de MM. Mumm et de Rothschild. A son extrémité inférieure sont lo corps de garde des constables (constahlerwache), et l'arsenal, où l’on fond des cloches et des canons. A dr. ou au S. s’ouvrent plusieurs rues qui descendent par la vieille ville à la cathédrale et au Rœiner.

Le Rœmer, — on appelle ainsi l 'hôtel de ville, — est, au point de vue historique, le monument le plus curieux de Francfort. Son origine est inconnue. On ne sait pas non plus pourquoi il porte ce nom. Le doit-il à un palais de Charlemagne, qu’il a remplacé, et qu’on désignait par l’épithète de Romain, ou bien à des marchands lombards et romains qui y seraient venus vendre leurs marchandises pendant les foires ? — (le rez-de-chaussée sert encore à cet usage) — les étymologistes n’ont pas su se mettre d’accord. Quoi qu’il en soit, la ville l’acheta en 1405 pour en faire l’hôtel de ville. Il a été bâti et rebâti à diverses époques.

D’une grande salle basse et torte , voûtée en ogive et mal entretenue, on monte par un large escalier à rampe Louis XIII, qui est tapissé de mauvais tableaux sans cadre, au Kaiskrsaal (la salle des Empereurs) , ouvert au public le mercredi et le vendredi, de 11 h. à I h., et tous les jours aux étrangers, moyennant un pourboire (de 12 à 30 kr. selon le nombre de personnes). Quand les électeurs assemblés dans la salle, de l’élection (F. ci-dessous) avaient enfin désigné l’empereur, le sénat de Francfort se réunissait dans cette salle ; les bourgeois , divisés en quatorze sections, selon les quatorze quartiers de la ville, se rassemblaient au dehors dans la place appelée le Rœmerberg, « une de ces places trapèzes autour desquelles tous les styles et tous les caprices de l’architecture bourgeoise au moyen âge et à la renaissance se trouvent représentés par des maisons modèles, où, selon l’époque et le goût, l’ornementation a tout employé avec un àpropos religieux, l’ardoise comme la pierre, le plomb eomme le bois. » « Alors, dit M. V. Hugo, les cinq fenêtres du Kaisersaal s’ouvraient , faisant face au peuple. La grande fenêtre, celle du milieu , était surmontée d’un dais, et restait vide. A la moyenne fenêtre de droite, ornée 'd’un balcon de fer noir, l’empereur apparaissait, seul, Jen grand costume, la couronne en tête. A sa droite il avait, réunis dans la petite fenêtre, les trois électeurs B. m Rhin. 17

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archevêques de Mayence, de Trêves et de Cologne. Aux deux autres fenêtres, à gauche de la grande fenêtre vide, se tenaient, dan3 la moyenne , Bohême , Bavière et le palatin du Rhin; dans la petite , Saxe, Brunswick et Brandebourg. Dans la place, devant la façade du Rœmer, au milieu d’un vaste carré vide entouré de gardes, il y avait un grand monceau d’avoine, une urne pleine de monnaies d’or et d’argent, une table portant un lavoir d'argent et un bocal de vermeil, et une autre table chargée d’un bœuf rôti tout entier. Au moment où paraissait l’empereur, les trompettes et les cymbales éclataient , et l’archimaréchal du saint-empire , l’archichancelier , l’archiéchanson, l'architrésorier et l’architranchant entraient en cortège dans la place. Au milieu des acclamations et des fanfares, l’archimaréchal, à cheval , montait dans le tas d’avoine jusqu'à la sangle de la selle, et y remplissait une mesure d’argent; l’archichancelier prenait le lavoir sur la table , l’archiéchanson remplissait de vin et d’eau le bocal de vermeil ; l’architrésorier puisait des monnaies dans l’urne et les jetait au peuple à pleines mains ; l’architranchant coupait un morceau de bœuf rôti. En ce moment-là, surgissait le grand référendaire de l’empire, qui proclamait à haute voix le nouveau César, et lisait la formule du serment. Quand il avait fini, le sénat, dans la salle, et les bourgeois, sur la place, répondaient gravement : oui. Pendant la prestation du serment, le nouvel empereur, déjà formidable, ôtait la couronne, et tenait le glaive. »

Dansson ouvrage intitulé: Wahrheit und Dichtungj Goethe a décrit les fêtes d’un couronnement impérial ; fêtes représentées d’ailleurs sur de vieilles gravures qui sont exposées dans l’escalier de la bibliothèque.

Le Kaisersaal a été remis à neuf depuis peu d’années. Le plafond est restauré, tel qu’il était autrefois, d’après un ancien dessin. Les murs sont ornés des portraits (de fantaisie pour la plupart) de cinquante-deux empereurs, de Charlemagne (768) à François II (1792-1806). Ces portraits, qui n’ont pas une égale valeur artistique, — il y en a même d’assez ridicules de tournure, de costume et de couleur, — sont des présents faits à la république de Francfort, par des souverains, des sociétés, de simples particuliers ou même des artistes. Henri II est de Passavant, Lothaire , de Bendemann, Frédéric Barberousse, de

Leasing. L’archiduc Jean y figure comme vicaire général de l’empire.

A côté du Kaisersaal se trouve la Chambre d’élection (W ahlzimmer), dans laquelle se réunissaient les électeurs ou leurs ambassadeurs pour s’entendre sur l'élection de l’empereur, qui était ensuite proclamé dans la chapelle de la cathédrale. Sur un fauteuil, entre les deux fenêtres, l’archevêque de Mayence présidait, puis venaient par ordre, assis autour dune immense table couverte en cuir fauve, chacun au-dessous de son blason peint au plafond ; h la dr. l’archevêque de Mayence, Trêves, Bohême et Saxe ; à sa g., Cologne, le Palatinat, Brandebourg; en face de lui, Brunswick et Bavière. Le sénat tient actuellement ses séances dans cette salle, qui est restée telle qu’elle était autrefois. Les fresques qui l'ornent sont de Colomba (1740).

Le Rœmer contient aussi les Archives de la ville, où Ton conserve dans une salle, dont les saurs ont 2 mèt. d’épaisseur, la Bullk d’or ( Bulla aurea ) octroyée à l’empire par Charles IV, en 1356, et qui resta en vigueur jusqu’à la dissolution de l’empire d’Allemagne (1806). Cette charte fameuse réglait les privilèges des empereurs et des électeurs, et déterminait la manière dont devait se faire à perpétuité, dans la ville de Francfort, l’élection de l’empereur. Elle se compose de quarante-trois feuilles de parchemin in-4°, attachées ensemble par des fils de soie. Elle est écrite en latin. Son nom lui a été donné à cause de son sceau couvert d’une feuille d’or. — N. B. Les touristes curieux peuvent se la faire montrer moyennant un pourboire.

C’est sur le Rœmerberg , dans les rues voisines et sur le quai, que se tiennent les fameuses Foirks de Francfort, — Pâques et septembre. — Ces foires ne sont plus certainement ce qu’elles étaient au moyen âge, mais elles ont repris une certaine importance depuis la suppression des foires d’Offenbach et l’adjonction de Francfort au Zollverein.

Sur le Rœmerberg, du côté S., s’élève l’église Saint- Nicolas (réf.), bâtie au xm® siècle et restaurée en 1846. Le rétable est de Rethel.

Tout près du Rœmerberg, au N., est l’église Saint-Paul. commencée en 1786, achevée en 1833 (ré#.). Cette église

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a vu siéger dans ses murs, en 1848 et 1849, le Parlement de Francfort. En face on a construit, en 1844, dans le style byzantin, la nouvelle Bourse (par Stüler). L’intérieur semi-mauresque (ouvert de midi à 2 h.) offre un aspect bizarre. L'extérieur est orné de statues : côté E. : l'Espérance , par Wendelsta^dt; la Prudence, par Zwerger, côté O. : le Commerce maritime et le Commerce continental, par Luunitz ; l 'Australie , l 'Amérique, l'Europe, l’Asie et l’Afrique, par Launitz et Zwerger. — La banque et l’agiotage occupent et enrichissent à Francfort un grand nombre d’individus. — L’ancienne bourse se tenait dans le Braunfels, vaste édifice situé à peu de distance sur la place Notre-Dame , dans lequel Maximilien Ier ouvrit, le 31 octobre 1493, la haute cour de justice, transférée depuis à Spire, et où logèrent plus tard Gustave-Adolphe et plusieurs empereurs d’Allemagne. Le Palais de Justice se trouve aussi sur la place Saint-Paul (côté O.).

Après la proclamation de l’empereur au Rœmer, venait le couronnement à la cathédrale, qui en était peu éloignée.

Le Dose ou la cathédrale de Francfort, appelée aussi église Saint-Barthélemy, — l’église la plus curieuse de Francfort, — est une église gothique en forme de croix, construite à diverses époques (876, 1238, le chœur de 1315 à 1338, les latéraux au xiv" siècle), et consacrée au culte catholique. Sa longueur est de 82 met., sa largeur de 72 mèt. L’intérieur en a été affreusement badigeonné. On y remarque : — (à dr., près de la porte) une énorme horloge avec un astrolabe, et un calendrier perpétuel du xve siècle;— d'anciens tombeaux coloriés de la famille de Holzhausen; — de belles lampes de cuivre; — un Christ au tombeau, peint au xiv® siècle; — une Vierge au lit de mort, sculpture du xv' siècle; — (dans le chœur) « de curieuses fresques , horribles avec saint Barthélemy, charmantes avec la Madeleine, une rude et sauvage boiserie menuisée vers 1400; » — un Christ sur les genoux de la Vierge, attribué à Albert Durer; — une Assomption (maître autel), par Veit, d'après Rubens ; — une sainte Famille, par Rubens; — un riche mobilier d'autels sculptés; — « sur les murailles une collection complète de ces morions fantasques, et de ces cimiers effrayants, propres à la chevalerie germanique; » — une précieuse peinture sur cuir, représentant l’intérieur du sépulcre de sainte Cécile, —

et, enfin, entre autres tombeaux , celui de Günther de Schwarzburg, élu empereur, en 1349, à Francfort , et empoisonné peu de temps après. Ce monument, qui date de 1352, est près de la porte conduisant à l’ancienne Chapelle d’élection (Wahlkapelle) où les électeurs proclamaient l’empereur qu’ils avaient choisi au Rœmer. C'est au centre de l’église, à l’entrée du chœur, au point d’intersection du transsept et de la nef que, depuis Maximilien II , on a couronné les empereurs d’Allemagne. — N. B. Pour voir le Doin, s'adresser au sacristain , qui demeure en face du portail, dans le Kœpeller Hœfchen, n° 12. — (Pourboire, de 12 à 24 kr.)

A côté du Dom, — entièrement séparé de lui et appartenant aux protestants, — s’élève le Pfarrthurm, la Tour de la Paroisse, tour de 87 mèt. de haut, commencée le 14 mai 1415, et achevée quatre-vingt-quatorze ans plus tard. Elle devait être surmontée d’une flèche de 20 mèt., à la place de laquelle on a construit, en 1848, un signal-fanal. Trois cent douze degrés conduisent à la plate-forme, d’où l’on découvre une belle vue sur la ville, ses rues, ses églises, ses portes, ses tours-vigies , ses jardins, ses promenades; au S., sur le Mein , Sachsenhausen, et à l’horizon, sur l’Odenwald, où l’on aperçoit la tour du Melibocus ; à l’E., sur le Rhin, Offenbach, Hanau, les hauteurs du Spessart et du Rhœngebirge ; au N., sur Bornheim, Bockenheim et le Taunus; à l’O., sur le Mein , jusqu’auprès de Mayence (pourboire, de 6 à 12 kr.).

Le Dom est entouré de Marchés assez mal tenus, qui en salissent et en encombrent les abords. « Une des curiosités de Francfort, qui disparaîtra bientôt, j’ai en peur, dit M. V. Hugo, c’est la Boucherie. Elle occupe deux anciennes rues. Il est impossible de voir des maisons plus vieilles et plus noires se pencher sur un plus splendide amas de chair fraîche. Je ne sais quel air de jovialité gloutonne est empreint sur ces façades bizarrement ardoisées et sculptées , dont le rez-de-chaussée semble dévorer, comme une gueule profonde toute grande ouverte, d’innombrables quartiers de bœufs et de moutons. Les bouchers sanglants et les bouchères roses causent avec grâce sous des guirlandes de gigots. Un ruisseau rouge, dont deux fontaines jaillissantes modifient à peine la couleur, coule et fume au milieu de la rue.... a

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La maison de la place du Dom (à l’E., n° 4), reconnaissable au buste de Luther, a été habitée par Luther qui a souvent parlé au peuple du haut de son balcon.

Parmi les vieilles maisons de ce quartier, on remarque, outre la Meklwage (1438), prison pourdettesde la ville, la Fürsteneck (1424), dans la Fahr-Gasse, le Kaufhaus, le Leintcandhaus , la maison Zum Storch (ces trois dernières sur le Weckmarkt), la Maison de pierre (Steinerne Haus), près du Rœmer, à l’entrée du Markt, n° 44), et, enfin, le Saalhof (sur le quai, derrière l’église Saint-Nicolas), sombre bâtimeht construit en 1717, sur l’emplacement qu’occupait autrefois la Saala, le château que s’était fait construire, en 822, Louis le Débonnaire, où naquit Charles le Chauve, et qu’habita Louis le Germanique. Il n’existe de cet ancien palais que la chapelle de Sainte-Élisabeth, qui, du reste, a été restaurée. — N. B. Pour voir cette chapelle, s’adresser à la concierge.

Si, du Saalhof, on descend le quai du Mein, on y laisse à g. l'embarcadère des bateaux à vapeur (traversée pour 3 kr.), et à dr., au delà du Fahrthor et du Leonhardsthor, FéjKse de Leonhard (cath.), bâtie, dit-on, sur l’emplacement d’un palais de Charlemagne, aujourd’hui complètement détruit. L’intérieur, peu curieux, renferme un tableau de maître autel de Stieler, peintre bavarois. Plus loin on trouve la Douane, sur le port libre , où il est défendu de fumer ; l’fle Inférieure, le long de laquelle sont établis des bains chauds et froids; et enfin, au delàde l’Untermainthor, la Mainlusl ( V . ci-dessous).

En remontantâu contraire le quai du Mein, on arrive en quelques minutes au Pont de pierre, où aboutit la rue Fahr-Gasse, qui conduit directement à la Zeil. Ce pont, bâti en 1340, a 317 mèt. de long; il est orné, depuis 1844, d’une statue de Charlemagne, en grès rouge, par Wendelstædt et Zwerger. Il mène à Sachsenhausen, le faubourg de Francfort, v. habité principalement par des jardiniers et des vignerons, etfondé, comme son nom l’indique, par une colonie de Saxons (du temps de Charlemagne); à g., en y entrant, on remarque lé Deutsches Haus, maison de l’ordre Teutonique transformée actuellement en caserne.

Le quai qui, dupont, conduit, sur la rive dr. du Mein, à l’Obermainthor, s’appelle la Belle Fue(Schœne Aussicht). Il est bordé de grandes maisons sans style. A son extrémité

supérieure se trouve la Bibliothèque de la ville, construite en 1825, et portant l’inscription suivante : « Studiis libertate reddita civitas. » ( Architecte, Hess.) Cette bibliothèque, ouverte les lundi, mercredi et vendredi, de 2 h. à 4 h., les jeudi et samedi, de lOh. à2 h., possède b0,000 vol., des manuscrits, des collections de cartes et de vieux dessins sur bois et sur cuivre (surtout d’Albert Diirer). Au rezde-chaussée est la galerie Prehn, ouverte le mardi et le jeudi, de 11 h. à midi, et comptant parmi ses 900 petits tableaux, quelques toiles estimées des écoles flamande et allemande. Dans le vestibule on remarque, outre des antiquités de Francfort, des antiquités égyptiennes, grecques et romaines, la statue en marbre de Gcethe (par Marchesi) , achetée 12,000 fl. , et donnée à la ville par MM. Mylius, Rüppel et Seufferheld, et les bustes de deux Francfortois célèbres, Thomas et Kirchner, l’historiographe de la ville, par Zwerger et Launitz. Parmi les curiosités bibliographiques de la bibliothèque, on cite surtout la Bible mazarine, de Guttemberg, imprimée à Mayence de 1150 à 1155, la Bible de Mayence, de 1462, sur parchemin, avec des majuscules magnifiquement peintes, une Bible manuscrite, achetée à Rome vers l’an 1350, et possédée jusqu’à la découverte de l’imprimerie par la famille Guttemberg, etc.

Derrière la Bibliothèque, dans le Lange Strasse, est 1 ’hSpital des Étrangers ou du Saint-Esprit, dont deux statues colossales, la Maladie et la Guérison (par Launitz) obnènt le portail. Près de l’hôpital on a une jolie vue sur lè Recheneigraben (F. ci-dessous).

La première rue à g., au delà de l’hôpital, conduit h l 'ancien cimetière des Juifs, près duquel s’élève Vhdpital des Juifs, fondé par la famille Rothschild, et s’ouvre, sur le marché aux légumes, la rue des Juifs (.Tudengasse). « Deux longues rangées de maisons de bois noires, sombres, hautes, sinistres, parallèles, presque pareilles; entre ces maisons toutes contiguès et compactes, et comme serrées avec terreur les unes contre les autres, une chaussée étroite, obscure.... rien que des portes bâtardes, surmontées d’un treillis de fer bizarrement brouillé;... à côté des portes, un judas grillé, à demi entr’ouvert sur une allée ténébreuse.... Partout la poussière, la cendre, les toiles d’araignée, l’écroulement vermoulu, lamisère plutôt affec-

tée que réelle.... Un air d’angoisse et de crainte répandu

sur les façades des édifices Dans les allées des rez-de-

chaussée, des entassements de ballots et de marchandises ; des forteresses plutôt que des maisons ; des cavernes plutôt que des forteresses.... » Malheureusement pour les amateurs du pittoresque, cette description de l'auteur du Rhin n’est plus entièrement vraie aujourd'hui. Une partie de la rue des Juifs est tombée sous le marteau des démolisseurs; l’air et la lumière y pénètrent déjà de tous côtés.

C'est dans cette rue, au milieu, à dr., n° 118, qu’est né l’écrivain Louis Bœrne. Plus loin, du même côté (n° 153), est la maison où sont nés tous les Rothschild. Leur mère n’a jamais voulu l'échanger contre un palais; elle l’a habitée jusqu’à sa mort (1849).

A l’extrémité de la vieille rue des Juifs se trouvait la vieille Synagogue (on en a bâti une nouvelle danslaSchiitzen Strasse), et, à l’extrémité de la nouvelle, sont les Comptoirs des frères de Rothschild , où l’on donne très-libéralement aux étrangers qui en font la demande les cartes nécessaires pour voir les beaux jardins de Bockenheim (F. ci-dessous).

On se demande pourquoi les juifs ont habité Francfort; car ils y ont toujours été victimes des plus indignes persécutions. Sans remonter plus haut dans l’histoire, en 1349, la peste faisant d’affreux ravages, on les accusa d'avoir empoisonné les fontaines, et des moines mendiants brûlèrent leurs demeures. Ils étaient alors disséminés dans tous les quartiers, et ils s’appelaient les valets de chambre de l'empereur, pour se mettre sous la protection de leur maître. La même année, Charles IV les vendit 15,200 heller deniers) à la ville. En 1417, ils étaient réduits à deux familles ; en 1495, leur nombre s'élevait à 104 individus. Mais déjà, en 1462, le clergé les avait parqués dans une rue, dont les portes se fermaient tous les soirs, et qu’il leur était défendu de quitter les dimanches et les jours de fête. De 1612 à 1614, pendant la révolte des bourgeois, leur rue fut pillée et ils se virent chassés de la ville. Ils y revinrent cependant , car, en 1711, un incendie qui éclata dans leur rue brûla plus de cinq cents maisons; en 1721. un autre incendie en consuma env. cent cinquante. Sous le règne du prince primat, ils acquirent enfin le droit de

bourgeoisie, leur rue leur fut ouverte à toute heure, et ils purent môme habiter les autres quartiers; mais, en 1816, ils se virent de nouveau privés de ces droits, qui leur ont été en partie rendus depuis. Enfin, en 1819, Francfort fut encore le théâtre d’une insurrection populaire dirigée surtout contre les juifs.

La Friedberger Gasse, qui s’ouvre à l'extrémité de la Zeil, en face de l’arsenal, conduit à l 'église Saint-Pierre (prot. et cath. allem.), vis-à-vis de laquelle s’ouvre la Vilbeler Gasse qui aboutit au Friedberger Thor. Si, avant de sortir par cette porte, on tourne à g. dans la Seiler Strasse, on ne tarde pas à remarquer sur la dr. le Waisenhaus (maison des Orphelins), et à g. la porte d'un jardin ouvert à tout le monde, et dans lequel s’élève le Musée Bethmann. Ce musée, que les étrangers peuvent visiter, surtout de 10 h. à 1 h., moyennant un pourboire de 12 à 18 kr., contient une collection assez restreinte de plâtres des plus célèbres statues de l’Europe. Ce qui y attire un si grand nombre de touristes , c’est la statue d’Ariane, par Dannecker de Stuttgart (1814), exposée sur un socle tournant, derrière un rideau de soie rose qui donne au marbre la couleur de la chair. L’Ariane est étendue à demi sur la croupe d’une panthère, ou d’une chimère plutôt , car l'animal qui la porte n’est pas un être vivant et connu. Cette statue a été trop vantée ; les éloges exagérés qu’on lui a prodigués lui ont valu de sévères critiques. Elle est certainement au-dessous de sa célébrité. On montre dans une des salles le plâtre moulé sur la figure du prince Félix Lichnowski, qui fut tué dans l’émeute du 18 septembre 1848, et un tableau représentant ses derniers moments.

En dehors de la porte Friedberger, on remarque devant la villa de M. Moritz de Bethmann, — un des plus riches banquiers de Francfort, — le Monument, élevé par Frédéric-Guillaume II, aux Ilessois morts en 1792, sous les murs de Francfort, qu'occupait alors l’armée de Custine.

INSTITUTS ST.itDEL ET SKNKENBKRG

Un bourgeois de Francfort, nommé Jean-Frédéric Stædel, mort en 1819, légua à sa ville natale ses maisons, sa collection de tableaux et de gravures, plus un capital de 1,200,000 fl. pour la fondation d’un Institut des Bkaux-

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Arts. Le but du fondateur, en établissant cet institut, n’était pas seulement de créer un musée proprement dit; il se proposait aussi de fournir aux jeunes gens de Francfort peu favorisésparlafortune, sans distinction de religion ni de sexe, les moyens d’apprendre gratuitement le dessin, la peinture, la gravure, la sculpture et l’architecture. L’Institut Stædel est administré par cinq directeurs. Les intérêts des fonds servent chaque année à l'acquisition de nouvelles œuvres d’art. Le Musée, situé dans la Neu-Mainzer Strasse, près de la porte du Taunus, est ouvert tous les jours, le samedi excepté, de 10 h. (dimanche, 10 h. 1/2) à 1 h. Les étrangers peuvent toutefois le visiter le samedi, de 11 h. à 1 h. La Bibliothèque est ouverte deux fois par semaine, le mardi et le jeudi, de 10 h. à 1 h. L’inspecteur actuel de l’Institut est M. P. Passavant, le successeur de M. P. Veit. Il a publié un excellent catalogue, en 162 pages (prix 30 kr.), des collections artistiques confiées k son habile administration. Les principaux tableaux ou objets d’art que l'on remarque, à des titres divers, dans ce musée, sont :

Sous le vestibule : les bustes en marbre de Raphaël, par Lotsch, et d'Albert Durer, par Ztcerger.

Dans les antichambres : des gravures coloriées d'après les tableuux des loges du Vatican —Le Bouclier d’Hercule (selon la description d’Hésiode), en bronze, d’après un modèle en cire de Schwanthaler.

1. Pérugin , une Madone. — 3. Cima da Conegliano, une Madone. — 9. Giorgione, Portrait d’un Condottière et saint Mauriee. — 13. Morelto, la Vierge, adoree par saint Sébastien et saint Antoine l’Ermite. — 19. Giovanni Betlini , la Vierge et l'enfant Jésus aveo saint Jean etsainte Élisabeth. — ‘27. Francesco Francia, un Portrait d’homme. — 398. Moretlo, une Vierge glorieuse dnns le ciel, adorée sur la terre par le pape Grégoire I«r, saint Jérôme, saint Ambroise et l’empereur Théodose.

95. Pose, paysages. — 99. Lessing, Jean Huss à Constance (tableau trop vante et froid , malgré ses qualités incontestables). — 100. Achenbach, Orage sur la côte de Norvège — 103. R ethel. Daniel dans la fosse aux lions. — 104. Schtwrr, le bon Samaritain. — 106. Lessing, Ezzelin III en prison. — 109. Calante, paysage suisse. — 4-28, 429. Funk, paysages. — 435. Gallait, Abdication de Charles V (abus du rouge).

110. Orerbeck, le Triomphe de la religion dans les arts, tableau qui a, entre autres défauts, celui de ne pas pouvoir se passer d'une explication. M. Louis Viardot le juge ainsi :« Il passe pour le chefd’œuvre du maître ; il est resté, en quelque sorte, le dernier mot de l'école au’il a fondée (F. Munich), et qu'ont soutenue, après lui encore, F. Cornélius. P. Veit, J. Schnorr, C. Vogel, H. Hess. Il représente donc et résume toute cette école ; on y sent partout ,

avec le travail et le savoir', le culte et la recherche «lu beau, mais c'est une composition froide et guindée... dont la touche d’écolier, la peinture molle et fade, terne et morne, allanguit et efface eu quelque sorte jusqu’au dessin , qui est sans fermete, sans relief, sans précision , sous ce triste coloris... (Musees d'Allemagne.)

— 111. Maître de Cologne, du commencement du xv« siècle, les Saintes femmes pleurant sur le corps du Christ, une sainte Véronique, à dr. Joseph d’Àrimathie. — 121. Maître inconnu, Portrait d’un vieillard. — 131. Hans Grimtner, de Mayence, les deux côtés d'un triptyque.— 139. Roger, de Bruges, une Madone. — 408. Van Eyck, la Madone de Lucques. — 409. Pierre Christophsen, Madone, entre saint Jerôme (g.) et saint François d’ Assise (dr.). — 410. Hans Memling , Portrait d’homme. — 413. Hans Holbein le jeune, Portrait d’homme. — 414. Fan Dyck, Portrait d’un jeune homme. — 181. Gotlj'ried-Schalken, une Mère et son fils'.— 186. H ol berna. Entrée d'une forêt. — 190. PFcenii, Animaux morts. — 198. Jean Steen, un Homme qui plaisante avec une jeune fille. — 201. Wy nanti, paysage. — 222. Everdingen, paysage. — 223. Ruysdael, paysage.

— 23Ï. Molenaer, un Fumeur. — 243. Adrien Ostade, Intérieur d'une chaumière. — 264. Karel Dujardin, paysage. — 268. Moucheron, paysage.— 419. Mierit, la Femme malade.— 423. Ruysdael, paysage. — 424. Pose, paysage.

347 et suivants -. Steinle, dix cartons coloriés pour les peintures à fresque de la chapelle du château Rheineck.

337 et suivants: Schnorr, cartons (Roland furieux).

362 et suivants : Ramboux , dessins colories (la divine Comédie de Dante).

La salle dite des Fresques est ornée de belles fresques de M. Philippe Veit.— (L’introduction des arts en Allemagne par le christianisme, entre l’Italie et l'Allemagne). On y voit aussi des plâtres d’apres l'antique ou le moyen âge, parmi lesquels on remarque les portes en bronze du Baptistère de Florence, de A. Pisano et A . Ghibrrli, et le chef-d’ œuvre de Vischer. à Nuremberg (F. Nuremberg). M. B. Outre la galerie des tableaux, l'Institut Stædel possède des collections de plâtres, de gravures sur cuivre (30,000), et de dessins. Une exposition permanente de tableaux modernes (â vendre) a lieu dans une des salles du fond. Les prix sont marqués sur un livre fixe à un pupitre.

Près de l’Institut Stædel s’élève l’hôtel du baron Cari de Rothschild, en face (n° 42) de celui de l’électeur de Hesse, et (n°40) de celui de la comtesse Reichenbach.

Près de la porte d’Eschenheim, la seule qui se soit conservée intacte depuis le moyen âge (xiv* siècle), (la rue d’Eschenheim — qui s’ouvre au coin de la Zeil, sur la place d’armes, et où l’on trouve, outre l’ancien palais du grandduc, vicaire de l’empire , occupé actuellement par la Société des Bourgeois, à dr. le Palais Tour et Taxis, bâti en 1333, siège de la diète germanique, — y conduit), on peut aller visiter I’Institüt de Senkenberg, fondé par le médecin franefortois de ce nom (•J’1772), qui comprend le musée d’histoire naturelle (ouvert tous les jours pour les

étrangers), enrichi par les curiosités que le naturaliste Ruppel a rapportées de ses voyages en Egypte, en Nubie et en Abyssinie, un hôpital, un jardin botanique et un amphithéâtre d’anatomie.

PROMENADES ET EXCURSIONS

Francfort est entouré de promenades agréablement variées, qui ont remplacé ses anciennes fortifications, sous le gouvernement du prince primat. Ces promenades, dessinées et plantées par Rinz, partent du Mein (à l’0.),Untermainthor, pour aboutir au Mein (à PE.), Obermainthor. En les suivant dans ce sens, on y remarque successivement:

A g., en face de l’Untermainthor, au bord du Rhin , la Mainlust, jardin - restaurant très -fréquenté pendant la belle saison (entrée, 6 kr. quand on y fait de la musique'. Entre la Mainlust etle pont du chemin de fer, estlavillade l’électeur de liesse. Près du pont du chemin de fer (2 kr. par personne), le Grindbrunnen jaillit sous des tilleuls séculaires ;

A g., plus loin, devant les portes St-Gallus et durat/nus, les embarcadères des chemins de fer du Mein-Neckar, du Taunus et du Mein-Weser (bon café, Westendhall) ;

Plus loin, près de l’étang des poissons dorés, une petite éminence, plantée de pins et de bouleaux, et ornée d’un monument (buste ressemblant] en l’honneur du fondateur de ces promenades, le sénateur Guiollett, par Launitz ;

A dr., la porte de Bockenheim (fiacres pour Bockenheim, 6 kr. par personne). La chaussée de g., ombragée de châtaigniers, conduit à Bockenheim (15 m.) ; le troisième jardin à dr. est celui de M. Rothschild ; il mérite d’ètre visité (les billets d’entrée qu’on remet au portier (pourboire) se délivrent au comptoir de la rue des Juifs (F. ci-dessus). Bockenheim est une pet. V. de la Hesse électorale, trèsfréquentée par les Francfortois. Elle possède un théâtre d’été et d’excellents cafés (Frifx, Hauswald, Jansen ). De Bockenheim on va, en 20 m., à Hausen (jardins de Braumann), en 30 m. à Rœdelhcim (Hesse - Darmstadt), sur la Nied (château, casino, etc.), et en 45 m. au Jægerhauscheix dans le Rebstœcker VVald ;

A dr., la porte A’Eschenheim (F. ci-dessus Institut de Nenkenberg). Le premier chemin , k g., conduit à V Allée

des Soupirs, où se trouvent de bonnes laiteries et d’où l’on peut gagner le cimetière ;

A g., au delà de la porte d’Eschenheim, le Friedhofsweg qui conduit, en 15 m., au Cimetière (Friedhof), où l’on remarque entre autres tombeaux ou monuments, celui de la famille Bethmann (pourboire, 30 kr.), avec des bas-reliefs de Thorwaldsen ; ceux du conseiller Sehlosser (ami de Goethe); de la comtesse de Reichenbach, épouse de l’électeur de Hesse (-j- 1847) ; des soldats tués dans l’insurrection de septembre 1848 ; du comte d'Auersbach (tué le 18 septembre 1848) ; de Sœmmering (•]• 1830) le naturaliste ; de Feuerbach ("j* 1833) le criminaliste, etc. — N. B. Il faut se faire montrer la chambre des Morts , créée dans le but de prévenir les inhumations précipitées qui mettent au cercueil la léthargie prise pour le trépas. C’est un corps de bâtiment dans lequel dix cellules, consacrées aux morts, sont disposées autour d’une petite salle habitée par un veilleur. On laisse le cadavre dans son cercueil, que l’on place sur un châssis de fer. Au-dessus de l’endroit où l'on pose le cercueil, pendent, attachés à des fils légers , dix dés de cuivre ; on fait entrer dans ces dés les cinq doigts de chaque main du mort; au moindre mouvement qui fait remuer le fil, la sonnette avertit le veilleur, qu’un ingénieux mécanisme force de ne pas dormir, sous peine de perdre sa place. Chaque cellule est chauffée par un poêle et aérée par le haut. — Du portail de ce cimetière, on a une belle vue sur la chaîne du Taunus. — A l’E. se trouve le cimetière actuel des juifs;

A dr., la porte Friedberger, où l’on voit le monument des Hessois, et où on laisse à g. la route de Hombourg (Y. R. 37). A 10 m. sur cette route est le jardin Gattinger (musique, vin, bière, cidre);

A dr., ÏAllcrheiligenthor, et, à g., la chaussée qui conduit aux nouveaux Jardins (5 m.), au café Kayser (5 m.), au Schwager’ sche F elsenkeller (10 m.), au Raederberg (belle vue et bon vin) ; à la Mainkur, etc.

A g., entre l’Allerheiligenthor et l’Obermainthor, le Reclmeigraben, étang peuplé de cygnes, près duquel a été inhumé le sénateur Guiollet.

L'Obermainthor est situé à l’extrémité de la Belle Vue ( V . page 291). On peut traverser le Mein en bateau pour 3 kr.

Sur la rive opposée du Mein , on peut aller se promener : — (par VAffenthor) au Bauers Fehmkeller (15 m.) ; au Ilenrichs F elsenkeller (15 m.), belles vües ; h Oberrad (30 m.), et à Offenbach (V. ci-dessous); — (par le 8 chaumainthor); à la Mainschanze, jardin-restaurant (belle vue); au Sandhof{30 m.), on peut y aller en bateau pour 6 kr. par personne (un bateau coûte de 48kr. k 1 fl.) ; k Niederrad (45 m.), et au Forsthau s (1 h.) , beau jardin très-fréquenté k la Pentecôte, surtout le mardi appelé le jour de la Forêt.

Un chemin de fer (11 conv. par jour, dont 4 de Sachsenhausen seulement) conduit de Francfort en 20 m. (prix : 24 kr., 18 kr., 12 kr., 6 kr.) à (1/2 mil.) OfTenlitich, — (Ilôt. : Hcssicher Hof), pet. V. de la Hesse-Darmstadt, contenant 10,000 h., et célèbre par son activité industrielle. Un pont de bateaux y traverse le Mein. On y remarque le vieux château, le palais Isenburg, l’allée du canal, etc. Le jardin de Schlosser est très-fréquenté. En allant de Francfort à Offenbach, on passe k Sachsenhausen (où se trouve aussi un embarcadère) dont la vigie (de 1470 k 1480) offre un beau point de vue, puis à Oberrad, v. dont les jardins publics reçoivent aussi de nombreuses visites les dimanches et jours de fête.

Les excursions les plus intéressantes que l’on puisse faire aux environs de Francfort sont décrites dans les R. 37 et 39 (lé Taunns, Soden, Kœnigstein, le Feldberg, l’Altkœnig et Hombourg).

A Cologne , R. 40; — à Darmstadt , R. 34; — à Heidelberg, B. 54; — à Hombourg, R. 37; — à Koenigsloin, R. 30; — à Limburg, R. 40; — à Mayence, R. 58; — à Mannheim, R. 54; — A Pari», R. 34 et iî ou 16 et t ;— et à Wiesbade, R. 58.

DE FRANCFORT A HOMBOURO.

2 mil.; dit. à la poste; 6 dép. par j.; en i h. 50 m., pour 30 kr. — On peut y aller aus?i par le chemin de fer Main— Wener; 6 dép. par j.. pour Bonames (1 mil. 3/10.), d’où un omnibus conduit en 45 in. à Hombourg. La durée du trajet est la même; de plus, on a le désagrément de changer de Toiture et d’être souvent entassé dans lea omnibus. — N. B. line voiture particulière coûte de 6 à 7 U.

Presque au sortir de Francfort on laisse à dr. la Gün-

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