RENSEIGNEMENTS GENERAUX
omnibus, des chemins de fer dans la ville, 12 kr. par pers.; pour chaque malle, Gkr. De la ville aux chemins de fer par pers. sans bagage, 6 kr.
fiacres, des chemins de fer dans la ville, une ou deux pers., 24 kr. ; trois pers. 30 kr. ; pour chaque malle, 6 kr. La taxe des fiacres est affichée dans les voitures. On paye pour un quart d’heure (une ou deux pers.), voit, à un cheval, 12 kr.; (trois ou quatre pers.), id. 18 kr. Les voit, à deux chevaux coûtent 18 et 2-1 kr.
hôtels, — de Russie (Zeil); — de l'Empereur romain, ail. llœmischer Kaiser (Zeil) ; — d'Angleterre (Rossmarkt) ; — de Paris (Parade-Platz) ; — du Cygne , ail. Schwan ( Steinweg) ; — de VOseraie, ail. Weidenbusch ( Steinweg ) ; — de Hollande (Allee).
Les prix de ces hôtels sont à peu près les mômes : on paye la chambre la plus modeste, de 48 kr. à 1 fl.; la bougie, 24 kr.; le service, 30 kr.; le café ou thé, 36 kr.; le dîner de 1 h. avec vin, 1 fl. 30 kr. ; le dîner de 4 à 5 h., 1 fl. 48 kr. ou 2 fl. Le soir, on soupe à la carte. — L'Hôtel de Bruxelles, le plus rapproché du chemin de fer (Gallengasse), a des prix un peu plus modérés. Les autres hôtels de seconde classe, mais fréquentés surtout par des Allemands, sont le Landsberg , les hôtels Drexel et Schrœder, la Ville d’Ulm , le Atigsburger Hof, etc.
cafés, — Milani (Rossmarkt); — Parrot (Zeil); — de Hollande (place do Goethe); — Neuf (place de la Parade). On trouve un certain nombre de journaux dans ces cafés, qui laissent, du reste, beaucoup à désirer.
restaurants. Entre les deux embarcadères des chemins de fer du Neckar et du Taunus, on a établi une belle restauration, comme on dit en Allemagne. On y est servi à toute heure h la carte. Sur le bord du Mein, est le restaurant de la Mainlust (P. ci-dessous), et près de la Zeil , celui de Jacobi.
domestiques de plâce, de 1 fl. 12 kr., kl fl. 45 kr. par jour. Pendant le temps de la foire, 1 fl. 45 kr. poste. Zeil, n°52.
bains froids , sur l’ile du Mein inférieur, près de la Mainluat, — Gerlach et Kleeblatt (12 kr.), — Chauds, id. , de Bary.
théâtre. Tous les jours, excepté le vendredi, 1 11. 24 kr. une place dans une première loge de face.
ambassades, — de France, Neue Mainzerstrasse, 25, — de Prusse, Bockenheim-Landstrasse, 21, — d’Autriche, Eschenbeimerg,26, — deBautère, Grosser-Kornmarkt, 12, — de Belgique , Hochstrasse, 19, — de Saxe, Bockenheim-Landstrasse, 42, — d 'Angleterre, Bockenheim-Landstrasse, 25. diligences, à la poste (Zeil), près de l’Hôtel de Russie. bateaux a vapeur, près du pont du Mein ; bateaux à rames, 24 kr. l’heure ; traversée du Mein en bateau, 3 kr.
embarcadères des chemins de fer, en ail. Bahnhœfe, — Main-Neckarbahn , porte du Taunus, — Taunusbahn, id., — Main-W eserbahn, id., — Hanauerbahn, porte de Tous les Saints (Allerheiligenthor), — Offenbacherbahn, porte d’Ave (Affenthor), à Sacbsenhausen.
libraire, Ch. Jügel. Livres de voyage, cartes, gravures. casino. Le Casino de Francfort, au coin du Rossmarkt, est un des plus beaux établissements de ce genre que possède l’Allemagne. On y reçoit plus de cent journaux. Les étrangers y sont admis sur la présentation d’un membre.
situation et aspect général.
Francfort-aur-le-Metn, en ail. Frankfurt-am-Main, — le chef-lieu de la république de ce nom, le siège de la diète germanique et de l’administration fédérale, — est située à 90 mèt. sur la rive dr. du Mein, et reliée par un pont de pierre de quatorze arches à son faubourg de Sacbsenhausen, situé sur la rive g. Sa population s’élève à 70,000 h., dont 6000 cath. et 6000 juifs. C’est une des plus belles villes de l’Allemagne. Du reste, elle ee recommande tout à la fois à ceux qui aiment les villes neuves et à ceux qui se passionnent surtout pour les vieilles villes. Elle a d’anciens quartiers aux rues étroites, tortueuses, sombres, aux façades peintes ou cuirassées d’écailles, aux
pignons sculptés, aux galeries ouvragées, aux loges en saillie, aux tourelles à angles, etc., et des rues neuves larges, tirées au cordeau, se coupant à angle droit, bien aérées, bordées de maisons presque semblables, irréprochablement badigeonnées ou plutôt peintes de diverses couleurs, et dont aucun ornement extérieur ne vient gâter la plate et monotone beauté. Si ses anciennes fortifications ont été transformées en de charmants jardins, il lui reste de distance en distance des portes pittoresques et des beffrois-vigies qui lui conservent son caractère moyen âge. Depuis l’établissement des chemins de fer, — cinq y aboutissent déjà, — elle a, presqu’à toute heure du jour, un aspect animé. Ses monuments publics et ses objets d’art méritent d’être visités. On peut donc y passer avec intérêt et profit plus d’une journée; mais sept à huit heures bien employées suffiront à la rigueur aux touristes pressés, qui devront employer de la manière suivante le temps dont ils pourront disposer :
La statue et la maison de Gœthe, la Zeil, le Rœmer, la Bourse, le Dom, le Pfarrthum, le Sa&lhof, le pont, la Bibliothèque, la rue des Juifs, l’Ariane de Dannecker, la porte d’Eschenheim, le Musée ou Institut Stadel.
Du reste, à l’aide du plan et des indications qui suivent, chaque voyageur se tracera aisément lui-même son itinéraire.
HISTOIRE
L'origine de Francfort est inconnue. La première mention qu’en ait faite l’histoire date de 794. « C’était alors une ville sur le Mein » où Charlemagne devait avoir bâti un palais ; cette année-là il y tint un concile qui abolit le culte des idoles. Son nom (Franconofurt) signifiait le Gué des Franks. On passait probablement le Mein près de la porte Saint-Leonhard actuelle. En 822, Louis le Débonnaire y bâtit un palais, dont il ne reste plus que la chapelle Sainte-Elisabeth. En 838, le bourg royal, entouré de murs et de fossés, fut élevé au rang de cité. Mais après la déchéance de Charles le Gros, Arnolphe de Bavière établit sa résidence à Ratisbonne, et depuis lors les empereurs d’Allemagne n’habitèrent plus Francfort. Il s’y tint toutefois des diètes et des conciles. En 1254, elle fut élevée
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au rang de ville , et la bulle d’or la proclama en 1356 ville de couronnement. — En outre, ses foires , fondées, l’une par Charlemagne en septembre, et l’autre par Louis de Bavière à Pâques, la rendirent célèbre dans toute l’Europe en l'enrichissant; car plus d’une fois quarante mille étrangers s’y trouvèrent réunis, et il s’y vendit pour plus de dix millions de florins de marchandises.
Des guerres avec les seigneurs du voisinage, les persécutions des juifs, les progrès de la Réformation , les révoltes des bourgeois contre les familles patriciennes, tels furent, du commencement du xv* siècle à la guerre de Trente ans, les principaux événements de l’histoire de Francfort. Pendant la guerre de Trente ans, elle se vit tour à tour mise à contribution par les Suédois, les Impériaux et les Français. La guerre de la Succession lui fit aussi éprouver des pertes considérables; enfin trois incendies, 1711, 1718, 1721, y détruisirent plus de mille maisons.
Deux ordonnances impériales , datées du 14 mars 1732, avaient rétabli la bonne harmonie entre les patriciens et les bourgeois, en réglant la constitution de la ville et en créant la commission bourgeoise perpétuelle. Francfort, tranquille au dedans, n’ayant rien à redouter du dehors, — si ce n’est une courte occupation française, de 1759 à 1762, — parvint, pendant le xvme siècle, à l’apogée de sa richesse et de sa renommée. Mais la révolution française vint troubler son repos et entamer ses finances. Le 22 octobre 1792, elle dut ouvrir ses portes au général Neuwinger, et , le lendemain , Custine lui imposait une contribution de deux millions de florins. En 1796, Kléber la bombarda pendant deux jours, y brûla cent cinquante maisons et, après l’avoir forcée à se rendre, lui demanda trois millions de florins. D’autres contributions de guerre furent exigées d’elle de 1799 à 1800, et bien qu’un traité conclu à Ratisbonne le 25 février 1803 l’eût déclarée ville libre, indépendante et neutre dans toutes les guerres de l’empire, le 18 janvier 1806 Augereau l’occupa et la força à payer une forte somme.
De 1806 à 1815, Francfort fut la capitale du grand-duché de Francfort, donné par Napoléon au prince de Dalberg, prince primat d’Allemagne, et comprenant , entre autres villes, celles d’Aschaffenbourg, de Fulda et de Hanau. En 1815, le congrès de Vienne détruisit ce grand-duché, qui
était déjà détruit de fait depuis 1813, rendit à Francfort son indépendance, la déclara ville libre ou république, membre de la Confédération germanique, et la nomma capitale de cette confédération. L’ancienne constitution , après avoir subi quelques modifications, fut votée les 17 et 18 juillet 1814. par la bourgeoisie , et proclamée le 18 octobre suivant.
Le 3 avril 1833, des étudiants ayant tenté de s’emparer de Francfort pour changer la constitution de la Confédération, un arrêté de la diète décida qu’elle serait désormais occupée par un corps de troupes autrichiennes et prussiennes.
En 1850, Francfort a vu rétablir l’ancienne Confédération germanique, qu’elle avait vu détruire en 1848. On trouvera dans l’Itinéraire de l'Allemagne un résumé des événements dont elle fut le théâtre durant cette période , et qui appartiennent plus à l'histoire générale de l’Allemagne qu’à la sienne propre. En effet, sa constitution particulière résista , au milieu de tous ces événements , aux efforts tentés pour la modifier. L’assemblée constituante, chargée de travailler à cette réforme, ne réussit point à formuler un projet, et le sénat en rédigea un qu'il soumit au corps législatif. Agréé par le corps législatif dans ses dispositions principales, ce projet a soulevé des difficultés qui ne sont pas résolues. Il accordait l’égalité des droits civils et politiques aux israélites, aux habitants de la campagne et aux simples domiciliés. En vertu de l’article 48 de l’acte du congrès, la diète a mis son veto à cette disposition ; mais le sénat et le corps législatif ont persisté dans leurs prétentions, et la question reste pendante. La RÉPUBLIQUE DE FRANCFORT,— dont le territoire, borné au N. et au N. E. par la Hesse électorale; au S. E. , au S. et au S. O. par le grand-duché de Hesse- Darmstadt, et à l’E. par le duché de Nassau, est de 13 kil. sur 9, — a encore sa vieille organisation d’autrefois, son sénat, son corps législatif (composé de vingt sénateurs, de vingt députés permanents de la bourgeoisie, et de quarante-cinq membres élus parmi les autres bourgeois), ses bourgmestres, ses échevins et ses syndics, et sa population divisée en quatre classes (la noblesse, les docteurs ou lettrés, les bourgeois ou fabricants et marchands , et enfin les paysans). Ses revenus s’élevaient en 1850 à
1,445,500 fl.; ses dépenses à 1,597,469 fl. Déficit, 165,283 fl.
La dette se montait à 6,922,061 fl. Le contingent fédéral de Francfort est de 1024 soldats et 2 canons, et sa contribution, de 1505 th. 11 sgr.
Le Journal de Francfort, dont le premier numéro fut publié en 1615, eut, il y a quelques années, une certaine autorité. Il reçoit quelquefois des communications officielles.