‹ Itinéraire descriptif et historique des bords du Rhin, du Neckar et de la MoselleChapitre 20 sur 279 · DE MD/S À STRASBOURG · texte numérisé non relu

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205 lc.il. Vltry - le- François. — 217 kil. Blesmes. — 225 kil. Pargny. — 231 kil. Sermaize. — En quittant Serinaize, on traverse le canal de la Marne au Rhin. — 238 kil- Uevigny. On passe l’Ornain a peu de distance de

254 kil. Bar-le-Duc. ( Buffet, madeleines de Commercy, confitures de Bar). — Après avoir quitté Bar-le-Duc, le chemin de fer se dirige par la vallée de l’Ornain et le vallon secondaire de Malval sur les cols de Loxéville et de Cousances-aux-Bois sans percée souterraine. Les pentes sont de 0m,008; ce sont les plus fortes de la ligne. On a abaissé le terrain par une tranchée de 22 mèt. de profondeur, qui a produit 450,000 mèt. cubes de déblais. Rien déplus triste et de plus monotone que cette partie du parcours. — 258 kil. Longeville. — 265 kil. Nançois-le-Petit. — 276 kil. Loxéville. — 289 kil. Lérouville. On redescend dans la vallée de la Meuse à

294 kil. Commercj , et on passe cette rivière à Ville- Yssey. — 302 kil. Sorcy. On traverse un premier souterrain de 570 mèt. à — [308 kil.) Pagny, et un second de 1120 mèt. entre Pagny et — (313 kil.) Foug, dans la vallée de l’Ingressin.

319 kil. Voul. Au delà de Toul, le chemin côtove le canal de la Marne au Rhin, qu’il traverse pour passer immédiatement, par un pont de sept arches de 16 mèt. d’ouverture chacune , sur la rive dr. de la Moselle. — 328 kil. Fontenoy- sur- Moselle. On franchit la Moselle en deçà et au delà de — (337 kil.) Liverdun, v. entouré de vieilles murailles, dominé par un château en ruine et pittoresquement situé sur une colline escarpée, dont la Moselle baigne la base, près du canal de la Marne au Rhin, qui y traverse un souterrain de 500 mèt. De Liverdun on côtoyé la Moselle dans une belle vallée jusqu’à — (344 kil.) Frouard, où on la laisse à g. avec l’embranchement de Metz (F. R. 22), puis, passant entre la Meurthe et le canal, on vient près de Champigneulles traverser le canal sur un pont biais d’une grande hardiesse; et bientôt on atteint

352 kil. Kancy. (Buffet). La gare est située entre le faubourg St-Jean et le faubourg Stanislas , sur le lieu même où s’étendaient autrefois les étangs dans lesquels périt Charles le Téméraire.

IVaney, — (Hôt. : de Franc*, de l 'Europe, des Halle s, de

Paris; café, sur la place Stanislas), — ancienne capitale de la Lorraine, aujourd’hui chef-lieu du département de la Meurthe et siège d’un évêché, est une ville de 35,000 h., située sur la rive g. de la Meurthe , dans un large bassin découvert à l’E, mais entouré, au N., au S. et a l’O., de coteaux assez élevés, sur lesquels ses habitants ont bâti de nombreuses maisons de campagne. — Elle est la patrie de Callot, du P. Maimbourg, de M™' de Graffigny, de Pierre Chompré, de Palissot , de Hoffmann, de Drouot, d’Isabey, de Beilangé, de Grandville, de Mathieu de Dombasle, d’Elisa Voiart, de Guilbert de Pixérécourt. — Sept portes monumentales y donnent accès , et elle est environnée de sept faubourgs. Elle possède, depuis 1824, la seule école forestière qui existe en France (24 élèves), et la maison mère des sœurs hospitalières de Saint-Charles. Elle est le siège d’une cour impériale dont la juridiction s’étend sur les trois départements de la Meurthe, de la Meuse et des Vosges.

Fondée on ne sait ni par qui ni à quelle époque, Nancy appartenait dans les premières années du xm* siècle aux ducs de Lorraine (des Lohérans), qui y avaient établi leur résidence. Ce n’était probablement alors qu’une ville ouverte , dont le duc Ferry III affranchit les bourgeois en 1265 ; mats elle ne tarda pas à être fortifiée, car, aux siècles suivants, elle fut vainement assiégée par les Messins (1350), et par le duc d’Orléans (1407). En 1475 elle ne put pas toutefois résister au duc de Bourgogne, Charles le Téméraire, qui voulait s’emparer du duché de Lorraine, et qui, après avoir pris possession de Nancy, déclara qu’il en ferait la capitale de ses vastes États. Ce rêve ambitieux ne devait pas se réaliser. Battu h, Grandson et à Morat par les Suisses, Charles le Téméraire vint, le 5 janvier 1477, se faire tuer à la tête de son armée sur les étangs glacés de Saint-Jean, à l’attaque de sa capitale, que le duc de Lorraine, René II, lui avait reprise. « Il avait été bien maltraité, dit M. Michelet; il avait une grande plaie à la tête, une blessure qui perçait les cuisses, et encore une au fondement. Il n’était pas facile à reconnaître : en dégageant sa tête de la glace , la peau s’était enlevée. Les loups et les chiens avaient commencé à dévorer l’autre joue. Cependant ses gens, son médecin , son valet de chambre et sa lavandière, le reconnurent il sa blessure

de Montlhéry, aux dents, aux ongles et à quelques signes cachés... René, en grand manteau de deuil , avec tous ses capitaines de Lorraine et de Suisse, vint lui jetçr l’eau bénite, et, lui ayant pris la main droite par-dessous le poêle, il dit bonnement : « Hé dea, beau cousin, vos âmes « ait Dieu ! vous nous avez fait moult maux et douleurs. »

A l'endroit où le cadavre défiguré de Charles le Téméraire avait été retrouvé, on planta une croix de pierre portant l’inscription suivante :

Pin l’an de l’Incarnation Mil quatre cens septante-six,

Veilie de l'apparution ,

Fut le duc de Bourgogne occis Et la bataille ici transis;

Où croix fut mise pour mémoire,

René, duc de Lorraine, mercy Rendant à Dieu pour la victoire.

En 1610. cette croix étant tombée de vétusté, M. de Harancourt, gouverneur de Nancy, la fit relever. On la voit encore à l’étang Saint-Jean.

« Le duc de Lorraine était rentré dans sa ville ducale , dit M. Dumast, sous le plus bel arc de triomphe où prince ait jamais passé; sous un arceau composé des os de tous les animaux immondes dont avaient mieux aimé se nourrir les habitants de Nancy, que de ne pas pousser jusqu’au bout leur sublime défense. Il s’empressa d’instituer, en commémoration de ce grand événement, une fête patriotique, qui s'est célébrée tous les ans, à pareil jour, jusqu’en 1737. »

Les trois successeurs de René II , Antoine le Bon , Charles III et Henri III, surtout les deux premiers, avaient gouverné la Lorraine avec sagesse, et consacré des sommes considérables aux embellissements et à l'agrandissement de leur capitale. Sous Charles III, la ville neuve s’était bâtie en partie, mais Charles IV, — qui n’était pas doué des mêmes qualités, — ayant conclu un traité avec Charles Ier d'Angleterre, pour faire la guerre à la France, Richelieu résolût de ruiner le duché de Lorraine au profit de la couronne royale. Le 24 septembre 1633, à la suite de diverses campagnes, qu’il serait inutile de raconter ici , les troupes françaises occupèrent Nancy, et, le lendemain 25, Louis XIII y entra en triomphateur. Les habitants se renfermèrent dans leurs maisons pour ne pas

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le voir. On était alors plus patriote qu’avide et que curieux. Un grand artiste, Jacques Callot, qui était né à Nancy, avait, à plusieurs reprises, représenté, dans de belles gravures, les succès militaires du roi de France. Louis XIII désirait transmettre à la postérité un pareil souvenir de sa nouvelle conquête. Callot refusa les offres les plus magnifiques. « J’aimerais mieux, répondit-il, me couper le pouce, que de faire quelque chose de contraire à l'honneur de mon prince et de ma patrie. »

Ce fut en 1661 seulement que le due Charles- IV obtint la remise de ses Etats , sous la condition que Nancy serait démantelée. Le 4 septembre 1643 , il rentra dans sa capitale par une des brèches faites à ses murailles. Mais, en 1670, Nancy fut de nouveau occupée par une armée française, et, trois ans plus tard , Louis XIV vint s’y établir, dans le palais ducal, pour tenir plus efficacement en échec la ligue formée, le 1" juillet, contre la France, par le roi de Hollande, l’empereur et le duc de Lorraine. Charles V fut, pendant toute la durée de son règne, dépossédé de ses Etats, que le traité de Ryswyk rendit à son successeur Léopold. Toutefois, Nancy que ce souverain se plutà agrandir et à embellir pendant son règne, nommé l 'âge d'or de trente années, fut encore occupée, de 1704 à 1714, par une garnison française ; et , six années après sa mort, qui eut lieu en 1729, le traité de Vienne (1735) reprenait au duc François, fils et successeur de Léopold, le duclié de Lorraine, pour le donner à Stanislas Leczinski , le beau-père de Louis XV, en dédommagement de son ancien royaume de Pologne. La main de la fille de l'empereur, Marie- Thérèse , unique héritière de l’empire, et la cession du grand-duché de Toscane , déterminèrent le duc François à faire le sacrifice qu’on exigeait de lui. D’après les termes de ce traité : « à la mort du roi Stanislas, les duchés de Lorraine et de Bar devaient être réunis en pleine souveraineté, pour toujours, à la couronne de France.» — Quand , le 3 août 1737 , le roi Stanislas fit son entrée à Nancy, il y reçut un accueil peu flatteur. Plusieurs familles avaient muré les fenêtres de leurs hôtels donnant sur la rue où il devait passer. Mais ces préventions patriotiques ne tardèrent pas à se dissiper. La Lorraine, et Nancy en particulier, furent si heureuses et si prospères sous le règne de Stanislas qu’à sa mort (1766) elles lui

donnèrent le surnom de bienfaisant. Cependant les Lorrains qui regrettent encore d’être Français, — il y en a, — l’accusent d’avoir, —manquant envers les pierres de la justice dont il fit preuve envers les hommes, — démoli, par politique, les plus belles œuvres de l’art et du patriotisme lorrains.

Un seul événement important, la révolte, bientôt comprimée , de trois régiments, en 1790, s’est passé à Nancy depuis l’époque de sa réunion avec la France.

Nancy se divise en deux parties bien distinctes : la ville vieille et la ville neuve. La ville vieille, aux rues tortueuses, étroites, n’est pas indigne d’une visite; mais les étrangers vont tout d’abord admirer les rues larges, tirées au cordeau, coupées à angles droits, et les places régulières de la ville neuve , qui , de même que Versailles, aurait besoin, pour être animée, de voir tripler sa population. La place Stanislas est d’ordinaire le point de départ de toutes les explorations. Cette place, ornée de la statue de Stanislas ( 1831, par M. Jacquot) , qui a remplacé celle de Louis XV, est formée par cinq beaux pavillons, de remarquables grilles en fer (par Lamour), deux magnifiques fontaines et un arc de triomphe. — Le plus grand de ce3 pavillons (en face de l’arc de triomphe), l’hdteï de ville, contient, au rez-de-chaussée, à dr., la salle des redoutes; à g., les bureaux de la police et de la mairie ; et au premier étage (l’escalier est décoré de peintures, par Girardet), un musée, — trop peu lorrain, — qui, depuis 1829, y occupe trois vastes salles , destinées jadis à l'appartement d’apparat de Stanislas. On remarque surtout dans ce musée :

Ecoi.e italienne. — Léonard de Vinci, le Sauveur du monde ( tableau beaucoup trop vanté). — Le Pérugin, une Vierge (barbarement restaurée |. — Andrea del Sarto, l’Ange et Tobie (mal restauré). — Pietrt de Cortone, la Sibylle de Cumes. — Caravage, une Descente de croix.

, — Castelli, le Christ au tombeau.

École flamande.— Kneberger, le Martyr de saint Sébastien. — Gaspard de Crayer, la Peste de Milan —Jordaent, deux tètes.

École française. — Lahyre, deux panneaux. — Lutin Baugin, la Vierge et l'enfant Jésus. — Philippe de Champagne , Ecce homo et la Charité. — Lajosse, une Assomption. — Lemoyne, la Continence de Scipiqn. — Rr/ttout, un Portrait d'architecte. — Carie Vanloo, l’Ivresse de Silène. — Detroy, Diane au bain. — Boucher, l'Aurore et Céphale. — Meunier, Intérieur.— Girardet, Tableaux galants. — Claudat (de Nancy), Paysages. — Eugène Delacroix, la Bataille de Nancy. — Ziegler, Saint Georges terrassant le dragon. — Isabey pire, Napoléon.— Eugène Isabey, Vue de Dieppe.

Les quatre autres pavillons de la place Stanislas sont : le théâtre, Yévéché, le pavillon de l’école de musique et le pavillon Jacquet occupé par des particuliers.

Une grille en fer sépare la place Stanislas de la place Carrière, décorée d’une colonnade qui aboutit à l’ancien hôtel du gouvernement, aujourd’hui la préfecture, plantée d’arbres au milieu, et bordée par la bourse et le palais de justice. — C’est dans ce dernier édifice que l’on garde précieusement la célèbre tapisserie trouvée dans la tente de Charles le Téméraire après la bataille de Nancy, et représentant, outre l’histoire d’Assuérus révoquant son édit contre les Juifs, les inconvénients de la bonne chère. — A la dr. de la place Carrière s’étend la belle promenade appelée la Pépinière. A g. est la vieille ville qui renferme entre autres monuments historiques, le palais des ducs de Lorraine, l’église des Cordeliers et la Chapelle ronde.

Le palais des ducs de Lorraine est aujourd’hui une caserne. Stanislas l’avait fait, du reste, démolir en grande partie. Il avait été fondé dans la première moitié du xvie siècle par l’élève et l'ami de Louis XII, le duc Antoine. On en admire le portail {porterie), attenant à la salle aux Cerfs, antique salle des pas perdus, sur laquelle s’ouvraient les principaux appartements du palais et où les ducs avaient pris l’habitude de déposer les bois des cerfs tués h la chasse. Cette salle est aujourd’hui le grenier à fourrage des gendarmes. On a proposé d'y établir le musée après l’avoir restaurée. A son extrémité opposée se trouve encore un curieux escalier tournant.

L 'église des Cordeliers, commencée en 1477 par Henri II, achevée vers l’an 1484, forme un angle droit avec l'ancien palais ducal. Elle contient, entre autres tombeaux (à dr. de l’avant-chœur) celui de René II (1515), monument curieux de la Renaissance (la statue est moderne ainsi que celle de la Vierge ; celui du cardinal de Vaudémont ("f 1587), par Nicolas Drouin ; enfin ceux de Callot, par Lépi, d’Antoine de Vaudémont (•{■ 1447) et de Philippe de Gueldres (•{• 1547). Ce dernier est le chef-d’œuvre de Ligier-Richier.

En face du tombeau du cardinal de Vaudémont, et à g. de l’avant-chœur, s’élève un portique formé de deux superbes colonnes de marbre noir (données jadis par Marie- Thérèse), et de deux pilastres d’ordre ionique couronnés d’un fronton dont le tympan est décoré d’un écusson aux

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armes pleines de Lorraine, supporté par des aigles, et qu’environnent les attributs de la souveraineté. — Au delà de ce portique (remarquer un curieux tombeau du xnc siècle, Gérard d’Alsace) s’ouvre une large porte grillée en fer doré , surmontée des armes pleines d’Autriche et de Lorraine, qui donne accès dans la chapelle ducale, aussi nommée Chapelle ronde ou Rotonde. Commencée sous Charles III, terminée sous le duc Henri, restaurée par l’empereur François Ier, cette chapelle avait été ii&ignement dégradée pendant la Révolution. Le 15 déc. 1817, le conseil municipal vota sa restauration, qui a été achevée sous la direction de M. Grillot ; et, le 9 nov. 1826, on y transféra les restes des ducs de Lorraine qui en avaient été enlevés en 1793. — Elle contientles tombeaux de Charles Ier, Antoine, François Ier, Charles III, François II, Charles V, Léopold-Clément, et d’un grand nombre de duchesses, de princes et de princesses de Lorraine. Au milieu est un riche autel en marbre blanc dont le devant, exécuté par le messin Chassel. offre en relief l’image du Sauveur du monde.

Le roi Stanislas et sa royale épouse, Catherine Opalinska, sont ensevelis dans l 'église de Bon-Secours, située à l’extrémité du faubourg Saint-Pierre. Cette église fut bâtie au xviii' siècle, sur l’emplacement d’une chapelle que René II avait fait construire en commémoration de la bataille de Nancy. Stanislas en a posé la première pierre le 14 août 1738. Le monument en marbre qu’il y a élevé à son épouse est un des plus beaux ouvrages du sculpteur Nicolas-Sébastien Adam. Il a 10 mèt. de haut sur 6 mèt. de large. Son mausolée, qui se trouve vis-à-vis, est de Louis Vassé. Il est représenté assis sur un socle ; à dr. la Lorraine le regarde avec douleur; à g. la Charité témoigne ses regrets. A dr. et à g. de la nef, deux stèles de forme antique, érigées par les Polonais, portent deux inscriptions touchantes ; l’une, bien triste, l’adieu des légions alliées delà France, lors de leur départ en 1814; l'autre, plus douloureuse encore, le salut d’arrivée dos exilés de Varsovie en 1832... L’église de Bon-Secours renferme des étendards enlevés aux Turcs par François III, dernier duc de Lorraine.

Les étrangers peuvent encore visiter à Nancv :

L’église Saint-Epvre (1436-1451), dans la vieille ville. La

tour carrée de cette église était la plus élevée de la ville lorsque lés Bourguignons assiégeaient Nancy. Sa croisée occidentale portait encore, au siècle dernier, les crochets auxquels le duc René fit pendre les prisonniers bourguignons en représaille de la mort de Chiffron de Vachière, maître d’hétel du duc, que Charles le Téméraire avait fait accrocher au gibet. Dans cette tour étaient suspendues les six cloches que Louis XIV se faisait sonner pendant son dîner, préférant cette musique à celle de la cour, quand il séjourna à Nancy. On remarque à l’intérieur, derrière le maître autel, une cène exécutée, vers 158-2, par Drouin, célèbre sculpteur nancéien ;

La cathédrale, dans la ville neuve (1703, 1742) ;

L’église Saint-Sébastien (1721, 1731), remarquable par l’élégante légèreté de son intérieur et aussi par les broderies sculptées de sa façade;

L’ancien hôtel des Monnaies (tribunal civil actuel), bâti 6ur le terrain de Vantiquum palatium de Ferry III ; — la porte de la Craffe ou Notre-Dame, qui remonte au règne du duc Jean II; — les portes Saint-Jean, Saint-Georges, Saint- Nicolas, élevées sur les dessins d’Orphée de Galéan ; — la place de Grève, dont le Cours Léopold. — promenade terminée par un arc de triomphe d’ordre ionique (la porte Neuve) érigé en commémoration de la naissance du dauphin et de l’alliance de la France avec les États-Unis (1785) — longe le côté N. E.; — la place d’ Alliance avec sa fontaine érigée en souvenir du traité passé, le 1er mai 1756, entre Louis XIV et Marie-Thérèse ; — la bibliothèque (25,000 vol.), à l’université; — le lycée , — la colonne ou croix de Bourgogne, hors de la porte Saint-Jean; — la maison de Callot, dans la rue Callot; — la halle, sur la place du Marché; — le jardin botanique, fondé par Stanislas, en 1758; — le cabinet d’histoire naturelle (rochers des Vosges, oiseaux du départ., fossiles trouvés dans les environs);la statue de Mathieu de Dombasle.

Les dentelles et les boules d'acier sont les productions les plus connues de l’industrie naneéienne.

De Nancy h Met», R. 22.

Au delà de Nancy, on traverse successivement le canal, la Meurthe et la Rouanne, entre Nancy et — 365 kil. Varangeville, puis le canal et le Sanon, entre Varange-ville et — {870 kil.) Rosières-aux-Salines. — 376 kil. Blainville-la-

Grande. — On franchit deux fois la Meurthe, en arrivant à

385 kil. Imnéville. — 393 kil. Marainviller. — 401 kil. Emberménil. — 409 kil. Avricourt. — 423 kil. Héming. On découvre sur la dr. une partie de la chaîne des Vosges et on traverse le canal et la Sarre entre Héming et

431 kil. Sarrebourg. C’est au delà de Sarrebourg que le chemin de fer traverse la chaîne des Vosges dans le tunnel de Hommarting, de 2678 mèt. de long. Du côté de la Lorraine, ce souterrain est placé à g. et 'au même niveau que le souterrain du canal de la Marne au Rhin; mais, au lieu de rester de niveau, il plonge sous la montagne avec une pente de O^sOOS par mèt. en creusant audessous du canal, de sorte que, du côté de l’Alsace, il reparaît à droite du souterrain du canal et à 12 mèt. en contre-bas. Au delà de ce tunnel, on a dû en percer cinq autres d'une moindre importance, et longs de 245, 432, 395, 500 et 308 mèt. — Entre ces tunnels, on a à peine le temps d’admirer,— outre la charmante vallée rocheuse et boisée dans laquelle le chemin de fer dispute à la route de terre, au canal et à la Zorn, qu’il traverse plusieurs fois, le terrain nécessaire à sa double voie, — les jolis petits vallons gazonnés qui s’ouvrent à dr. et à g. Audessus du tunnel de 439 mèt. se dressent les ruines du château de

448 kil. Kàitzelbourg. Le dernier tunnel dont l’entrée présente l’aspect d’une forteresse féodale, est immédiatement suivi d’un grand viaduc qui traverse le canal et la Zorn, et s’ouvre dans une tranchée pratiquée presque à pic dans le roc. On aperçoit les deux châteaux de Haut- Barr et de Geroldseck avant d'arriver à

458 kil. Saverne, en ail. Zabern. A dr. de la station s’élève le château bâti en 1666 par l'évêque de Strasbourg, Egon de Fiirstenberg, transformé en caserne en 1817 et 1818, destiné actuellement aux veuves et aux filles des officiers de la Légion d’honneur. Au-dessus de la ville se dresse la tour du château ruiné de Greifenstein. Au delà de Saverne, la vallée de la Zorn se confond peu à peu avec la vaste plaine du Rhin , au milieu de laquelle on aperçoit de loin, par quelque côté que l’on y arrive, la flèche de la cathédrale de Strasbourg. — 462 kil. Steinbourg. — 466 kil- Dettwiller — 474 kil. Hochfelden. — 479 kil. Mommenhcim. — 484 kil. Bnitnath. — 492 kil. Vendenherm

30L kil. Strasbourg. Omnibus de la gare dans la ville, 25 e. sans bagage, à la citadelle, 50 c. avec ou sans bagage, aux hôtels, 50 c. par personne avec bagage.

hôtels : La Fille de Paris, très-cher; chambre, 2 fr. 50, bougie, 50 c.; service, 1 fr.; table d’hôte k 1 h., 3 fr. avec vin ; k 4 h., 5 fr. avec vin. Déjeuner, 3 fr. Souper et déj. k la carte. Les prix de cette carte sont exorbitants : 1 fr. 50 c. deux côtelettes de mouton avec pommes de terre. — La Maisdn Rouge, bon, et prix plus modérés. — La Fleur, également recommandé. — La Ville de Mets, etc.

cafés. Adam, sur le Broglie (bonnes glaces). Cadé, sur la place Kléber.

restaurants. Rocher de Cancale, rue Brûlée. Spiegel, dans la rue du Château.

citadines. 50 cent, le quart d’heurç pour une ou deux personnes; 90 c. la demi-heure; 1 fr. 50 l’heure.

Strasbourg, YArgentoratum des Romains, anc. capitale de l’Alsace, réunie k la France en 1681 par Louis XIV, aujourd’hui chef-lieu du départ, du Bas-Rhin , place de guerre de F'classe avec citadelle, est une ville de 75,565 h. (moitié cath. moitié prot.), située sur l'Ill et la Bruche, k 4 kil. du Rhin, et k 145 mèt. au-dessus de la mer. Sept portes conduisent dans son enceinte, qui a 6578 mèt., sans comp:er les deux portes de la citadelle. On y parle plus généralement l’allemand que le français. Elle est la patrie de Guttemberg, de Kléber, de Kellermann, d’Oberlin, d’Andrieux, etc.

Fondée probablement par les Celtes, Strasbourg existait déjà k l'époque où Jules César fit la conquête des Gaules. On l’appelait alors Argentorat. Pillée et détruite pai les Barbares, reconstruite par Clovis, convertie au christianisme par saint Arbogast, cette ville, qui s’était rebâtie et agrandie, prit le nom de Strasbourg ( Château d'argent ) sous la domination des rois franks. Dès le x' siècle, ses évêques, qui avaient obtenu de riches dotations, y exerçaient une autorité temporelle presque illimitée. Les bourgeois essayèrent vainement, k diverses reprises, de limiter leur pouvoir; vainqueurs un jour, ils furent vaincus le lendemain. Deux siècles s'écoulèrent ainsi. Mais, en 1205, Strasbourg devint ville immédiate impériale ; et dès lors la bourgeoisie, favorisée par l’empereur, conquit peu à peu les droits auxquels elle n’avait jamais cessé de prétendre.

Les évêques, k leur tour, ne cédèrent pas sans combat. Walther de Géroldseck, plus ambitieux et moins conciliant que ses prédécesseurs, en appela à la force, vers le milieu du xm® siècle (1260). Mais, après une guerre sanglante, il se vit contraint de consentir à une transaction, car Strasbourg avait appelé à son aide Colmar et Bâle, et entre autres seigneurs, Rodolphe de Habsburg, qui n’était pas encore empereur. Cette première révolution se fit toutefois au profit de la noblesse. Ce fut seulement en 1332 que la bourgeoisie, profitant d’une rixe survenue entre les deux partis formés par les nobles, s’empara définitivement du gouvernement de la ville, et se donna cette constitution démocratique qui a subsisté jusqu’à la révolution française.

A dater de cette époque, l’histoire de Strasbourg peut se résumer par quelques dates. En 1349, elle brûle plus de 2000 juifs accusés, lors de la peste, d’avoir empoisonné les puits ; en 1392 et 1427, elle est obligée de lutter encore avec ses évêques et avec la noblesse ; en 1444 et 1446, elle est attaquée par les Armagnacs, tandis que Guttembergy invente l’imprimerie ; en 1474, elle entre dans la ligue formée contre Charles le Téméraire; en 1521, elle embrasse la Réforme ; en 1555, l’empereur ayant accordé la liberté des cultes et affranchi ses sujets protestants de la juridiction épiscopale, les évêques perdent tous les droits qu’ils avaient conservés sur les bourgeois; en 1610, elle adhère à l’union des Etats protestants d’Allemagne ; en 1032, elle se ligue avec les Suédois; enfin, après de nombreuses vicissitudes, le 30 septembre 1681, elle se voit forcée, pour échapper à un assaut qui la menace, de reconnaître la souveraineté de la France. Les privilèges, franchises et bonnes coutumes dont elle jouissait avant le traité de Westplialie, qui avait livré l’Alsace à Louis XIV, furent confirmés; seulement, si elle obtint le libre exercice de la religion protestante, elle dut rendre sa belle cathédrale au culte catholique. — Le 23 octobre, Louis XIV fit son entrée solennelle a Strasbourg, et, après que les habitants eurent été désarmés, il donna des ordres pour la construction d’une citadelle, qui fut terminée le 26 mai de l’année suivante.

La Révolution avait été bien accueillie à Strasbourg; elle y commit moins d’excès qu’ailleura,— on n’y compta

que deux exécutions capitales; — mais un imbécile, le Lyonnais Téterel, proposa d’abattre la flèche de la cathédrale, que d’autres imbéciles se contentèrent de coiffer d'un immense bonnet rouge en tôle. En 1814, Strasbourg fut bloquée pendant quatre mois ; en 1815, le général Rapp dut s’y renfermer après avoir livré, à quelques mètres de ses remparts, un dernier combat ; enfin, le 30 octobre 1836, le prince Louis-Napoléon Bonaparte tenta vainement d’y renverser le gouvernement établi par la révolution de 1830; — tels sont les derniers faits saillants de son histoire.

A peu près au milieu de Strasbourg s’élève la CatuenRALK, fondée par Clovis vers 510, embellie par ses successeurs, et surtout par Charlemagne, incendiée en 100$ et en 1007, reconstruite dès l'année 1015, et terminée seulement en 1439, après de nombreuses vicissitudes, par Jean Hültz, natif de Cologne. Selon la tradition, 100,000 ouvriers y travaillèrent longtemps pour le salut de leur âme. La tour a 142 mèt. 10 cent, au-dessus du sol. C’est le plus haut des monuments humains. La grande pyramide d’Egypte avait dans l’origine 4 mèt. de plus ; mais le temps l’ayant diminuée de 8 mèt. environ, elle est moins élevée actuellement que la tour de Strasbourg. Cette tour fut commencée, le 25 mai 1277, sou3 les ordres et d’après le plan du célèbre Erwin de Steinbach, qui, mort le 17 janvier 1318, n’eut pas le bonheur de voir terminer son ouvrage. Son fils Jean la continua, mais on ignore les noms des architectes qui l’achevèrent.

Plusieurs belles statues (des prophètes, des apôtres), des bas-reliefs, des hauts-reliefs et des sculptures remarquables ornent le portail principal de la cathédrale de Strasbourg, et un grand pilier, sur lequel repose la statue de la sainte Vierge tenant l’enfant Jésus entre ses bras, le divise en deux parties égales. Au-dessus, les regards s’arrêtent sur une grande rosace en vitraux de diverses couleurs , restaurée par MM. Uitter et Miiller ^44 mèt. de circonférence intérieure), entourée d’un cintre fleuronné

1 Ce plan est conservé dans le Frauenhaus (Maison de Marie) , situé sur ta place dn Château royal , et renfermant , outre un bel escalier en limaçon qui repose sur un seul pilier, les restes de l'ancienne horloge. C’est dans celle maison qu'est établie la recette de l ‘Œuvre Notre Dame, ancienne dotation dont les revenu* sont consacré* à l’entretien de l’église; administrée successivement par les évêques, par 1* chapitre, par le magistrat, et enfin par le conseil munieipal.

admirable, et couronnée par une belle galerie où se trouvent les statues des apôtres, et plus haut celle de Jésus- Christ. Au bas, et de chaque côté de cette rosace, les quatre statues équestres de Clovis, Dagobert, Rodolphe de Habsburg (depuis 1291) et Louis XIV (depuis 1828', décorent les piliers saillants de la façade.

Les grandes statues du portail de gauche sont douze vierges, portant des diadèmes et écrasant les Péchés capitaux. Aux deux côtés du portail de droite se voient les vierges folles (à g.) et les vierges sages vk dr.). La partie massive, quoique percée de deux fenêtres, qui domine la galerie située au-dessus de la grande Rose,. et qui sert de clocher, a été, en 1849, décorée de statues (quinze figures de grandeur gigantesque) représentant le jugement dernier, d’après d’anciens dessins.

Les portail* latéraux droit et gauche, celui du midi, qui fait face au château, et celui du nord, méritent aussi d’être examinés avec attention ; mais leurs statues et sculptures sont presque toutes modernes, les anciennes ayant été détruites pendant la Révolution. Le portail du midi est orné de deux statues (deux femmes, l’une qui a une pose triomphante, et l’autre qui baisse la tête), sculptées par Sabine, la fille d’Erwin. Sur le parvis, devant ce portail, on a érigé en 1840, à dr. la statue d’Erwiu de Steinbach (par M. Kirstein), à g. celle de sa fille (par M. Grass.)

Jusqu’en 1772, le bas des latéraux avait été entouré d’ignobles masures. l.ee portique* actuels datent de cette époque.

L'intérieur de la cathédrale produit au premier aspect une impression profonde. La nef, éclairée par de magnifiques vitraux de couleur qui n’y laissent entrer qu’une faible lumière, est soutenue de chaque côté par sept piliers, formés de faisceaux de colonnes rondes, qui la séparent des deux latéraux. Depuis l’entrée du grand portail jusqu’à l’extrémité du chœur, on compte 115 mèt. 44 cent.; la plus grande largeur de l’édifice est de 44 mèt.; la hauteur totale de la voûte, de plus de 31 mèt. On y remarque surtout ;

Les vitraux restaurés depuis quelques années , datant du xiv* siècle, et représentant des sujets et des personnages de l’histoire sainte (par Jean de Kirchheim, Jean Markgraf, Jacques Vischer. les frères Link);

Les orgues posées, en 1716, par André Silbcrmann (la cage a été restaurée) ; 3 clav. et 46 rég. ;

La chaire, construite en 1487 par l’architecte J. Hamruerer, et qui, percée h jour et ornée de plusieurs rangées de figures, repose sur un pilastre richement décoré et sur six petites colonnes (l’abat-voix date de 1824);

Le baptistère, sculpté en pierre par Josse Dotzinger, deWorms, mort en 1449 «vase entouré d'une broussaille de sculptures ; »

L’horloge astronomique, haute de 20 met., qui a remplacé l'ancienne horloge regardée comme l’une des sept merveilles de l'Allemagne. L’horloge actuelle est l’œuvre de M. Ch. Schwilgué, qui en a publié une description détaillée et illustrée. Commencée en 1838, elle a été inaugurée le 31 déc. 1842. Ce n’est point une simple restauration; mais une œuvre neuve d’invention et d’exécution ; une œuvre qui marque avec la même exactitude des secondes et des périodes dépassant 25,000 ans. Elle indique le mouvement diurne des étoiles, l’année, le jour de l’année, les fêtes mobiles, les révolutions apparentes du soleil et de la lune, les fêtes de l’Eglise, les équations solaires et lunaires, les jours de la semaine, le temps moyen, les révolutions des planètes, les phases de lacune, etc. Mais ce qui attire surtout l'attention des simples curieux, ce sont les statuettes mobiles ou automates qui sonnent les quarts d’heure, les quatre âges de la vie et la Mort qui sonnent les heures.- A chaque heure l’enfant ouvre la marche, et annonce le premier quart; il est suivi de l’adolescent qui, sous les traits d’un chasseur, frappe avec sa flèche la demi-heure; vient ensuite l’homme sous la figure d’un guerrier, bardé de fer et armé d’un glaive dont il se sert pour faire entendre les trois quarts ; enfin, un instant avant que l’heure sonne , on voit arriver le vieillard qui s'appuie sur la crosse de sa béquille avec laquelle il sonne les quatre quarts. Au passage de chaque figure, la Mort laisse tomber sur le timbre placé à sa droite l’os qu’elle tient à la main. La salle supérieure à celle des Mages est occupée par la figure de Jésus-Christ qui trône au milieu. Chaque jour, à l'instant où la Mort a frappé le dernier coup de midi, on voit passer devant lui ses douze disciples qui le saluent. Pendant la marche des apôtres, le coq. perché au sommet de la tourelle

ornée de peintures provenant de l'ancienne horloge, bat des ailes, agite sa queue et sa tête et chante trois fois. Les moteurs qui accomplissent les différentes fonctions de l'horloge sont établis dans les cabinets du rez-dechaussée et du second étage, où ils reçoivent le mouvement imprimé par un moteur central seul et unique pour toute l’horloge. En 1840, on a placé en face de l’horloge la statue de l’évêque Wernher (par Friedench), méditant le plan de la cathédrale étalé devant lui. Ce fut cet évêque qui fit commencer en 1015 les travaux de reconstruction.

Le chœur, qui est d’un autre style que le reste de l’édifice (style byzantin); on achève sa restauration. Les vitraux représentent : celui du milieu, la sainte Vierge, celui de g. saint Laurent, celui de dr. saint Arbogaste. La coupole sera peinte entièrement, et l’autel doit être terminé en 1855. Malheureusement le beau jubé d’Erwin de Steinbach, qui séparait la nef du chœur, a été démoli en 1682. La colonne qui supporte la coupole du chœur (côté sud), formée d’un faisceau de piliers légers, s'appelle la colonne des Anges ou d’Erwin. Les statues dont elle est ornée (les évangélistes, des anges, le Sauveur), ont, selon la tradition, été sculptées par la fille d’Erwin;

La crypte , qui s’étend sous le chœur (elle vient aussi d’être restaurée), et qui forme une nef avec*deux absides et un chœur arrondi. On y célèbre le service divin le jeudi saint. — A l’entrée, est le St-Sépulcre, un groupe de figures de pierre de grandeur naturelle , représentant Jésus et ses disciples au jardin des Oliviers, au moment où Judas, accompagné de Juifs et de soldats romains, vient l’arrêter ;

La chapelle St-André (la plus ancienne) ;

La chapelle St-Jean, où l’on remarque le beau monument gothique de l’évêque Conrad de Lichtenberg, mort en 1259, — l’évêque qui confia à Erwin de Steinbach la direction des travaux de reconstruction ;

La chapelle Ste-Catherine , qui renferme le monument élevé à Conrad Bock, noble strasbourgeois, mort en 1480.

En 1759 la foudre tomba sur la nef, alors couverte en plomb, et y causa de grands ravages. Le plomb fondit entièrement , et la belle coupole qui couvrait le dôme s’écroula: le toit fut alors couvert en cuivre, mais on ne reconstruisit pas la coupole.

635 degrés de différente hauteur montent du sol de la place au sommet de la tour. (La porte d'entrée est située à la droite de l’édifice, dans la tour méridionale, vers le Château royal. Le concierge délivre les billets d'entrée, qui ne coûtent pas plus de 15 cent.)

331 degrés conduisent à la plate-forme, élevée de 76 mèt. au-dessus de la place, et qui a 92 pas de contour. A l’entrée est bâtie la maison des gardes, qui, au nombre de deux pendant le jour, et de quatre pendant la nuit, sont tenus de sonner' tous les quarts d’heure, de répéter les heures sur une cloche destinée à cet usage, et de donner l'alarme à la vue d’un incendie, le jour en arborant un drapeau rouge, la nuit en allumant un grand pot k feu. Autrefois, cos gardes sonnaient, à huit h. du soir et à minuit, dans un grand cor d’airain , pour faire sortir les juifs de la ville. Cet usage a subsisté jusqu’à la Révolution. La famille Cerfbeer avait seule le droit de passer la nuit à Strasbourg. On remarque sur la plate-forme : un couvercle en cuivre, fait en 1749, qui ferme une ouverture correspondant à la nef ; les statues de saint Laurent et de sainte Catherine et deux autres figures, dont l’une passe pour être celle d’Erwin de Steinbach; une inscription gravée sur un marbre noir en mémoire du tremblement de terre du 13 août 1726, qui lança k 6 mèt. l’eau des réservoirs de la plate-forme; l 'horloge; les cloches; une foule de noms célèbres et obscurs qui semblent avoir été gravés k plaisir sur la pierre. Mais ce qui attire surtout les regards des étrangers, c’est la belle vue que l’on découvre sur la ville, « vieille ville k pignons dentelés et k grands toits chargés de lucarnes, coupée de tours et d’églises, » la vallée du Rhin, les Vosges et les montagnes de la Forêt Noire. M. Frédéric Piton a publié ce panorama.

Sur la tour septentrionale (la tour méridionale devait se terminer ainsi), s’élève la tour octogone qui supporte la flèche. Les personnes sujettes aux vertiges feront bien de ne pas en tenter l’ascension ; car les quatre escaliers tournants qui conduisent à la base de la flèche , sont entièrement k jour. — « C’est une chose admirable, dit V. Hugo, de circuler dans cette monstrueuse masse de pierre toute pénétrée d’air et de lumière, évidée comme un joujou de Dieppe, lanterne aussi bien que pyramide, qui vibre et

qui palpite à tous les souffles du vent. » La flèche est une pyramide octogone. Huit escaliers tournants, étroits et à jour, montent à la lanterne; plus haut est la couronne où l’on n’arrive pas sans danger par des escaliers extérieurs ; au-dessus d’un autre évasement, appelé la rose , la flèche n’est plus qu’une colonne d'où sortent des branches horizontales pour lui donner l'aspect d’une croix. L’édifice se termine par un bouton qui a O®, 460 de diamètre et qui est surmonté depuis 1835 d’un paratonnerre ; on n’y monte qu’à l’aide de barres de fer. — N. B. Pour monter à la lanterne, il faut une permission spéciale de la mairie.

Parmi les autres monuments et curiosités de Strasbourg, on peut visiter : le château royal , bâti de 1728 à 1741, par le cardinal Armand-Gaston de Rohan, évêque de Strasbourg, près de la cathédrale; — le temple de saint Thomas, fondé en 670, et rebâti en 1031, puis en 1144, et de 1270 à 1398, qui contient le mausolée trop vanté du maréchal de Saxe, par Pigalle (1777), le cercueil en pierre de l’évêque Adeloch (à g. du chœur), d’autres monuments tumulaires : Schœpflin (■}■ 1771), Oberlin (-j- 1806), Koch (f 1813), Schweighæuser (f 1830), Emmerich (•{• 1840), Herrenschneider (•}■ 1843) et deux horribles momies d’un comte de Nassau et de sa fille; — le théâtre (1821), sur le Broglie, statues de la façade par Ohmacht; — le lycée, sur la place de la cathédrale , occupant l’emplacement d’une ancienne construction nommée Thiergarten, où Guttemberg fit ses premiers essais en 1436, et éttblit une presse en 1439; — Vhâtel de la Préfecture (1730), situé dans la rue Brûlée, rue ainsi appelée parce que 2000 juifs y furent brûlés lors de la peste noire, en 1349; — Vhâtel de ville (1737 , dans la rue Brûlée, 1840 sur le Broglie) , où l’on conserve de précieuses archives et où l'on voit un musée peu riche; — le Luxhof, habitation des empereurs lorsqu’ils séjournaient à Strasbourg; — l 'école et la direction d'artillerie, et la fonderie de canons en bronze ;> — le temple-neuf, sur les murs intérieurs duquel on découvrit en 1824 une danse des morts, et qui renferme, outre le tombeau du dominicain Taulert’}* 1361), les bustes des théologiens protestants Blessiget Redslob, une pierre sépulcrale du xvje siècle, un orgue de Silbermart, etc. Le chœur, séparé de l’église par une allée, est divisé en un rez-de-chaussée et deux étages formant trois grandes salles où se trouvent une col

lection d’antiquités ( cabinet Schœpflin , salle des vitraux ), et la bibliothèque de la ville , fondée en 1031, — 130,000 vol., 8000 manusc. et beaucoup d’antiquités curieuses) ; — on remarque, parmi les manuscrits, le superbe ouvrage de l’abbesse Herrade de Landsberg (1180), Hortus deliciarum , orné de miniatures, un missel en letties d’argent sur parchemin pourpré, une collection de lettres autographes des premiers Réformateurs, etc.; — l’arsenal, l’un des plus beaux de la France larmes pour 400,000 h.); — la citadelle; — la statue de Gulteinberg, par David (d’Angers), inaugurée le 24 juin 1840, sur la place du Marché aux Herbes, près de la cathédrale : devantl’ancien hôtel de ville de Strasbourg, curieux édifice de la renaissance, devenu l ’Hdtel du Commerce. (îuttemberg, revêtu du costume des gentilshommes allemands du xv' siècle; tient dans ses mains une feuille sur laquelle on lit ces paroles : « Et la lumière fut. » Les quatre bas-reliefs représentent les conséquences de la découverte de l’imprimerie dans les quatre partiesdu monde; — la statue de Kléber, par Grass, inaugurée le 14 juin 1840, sur la place d’Armes. L’artiste a représenté Kléber au moment où il vient de recevoir de l’amiral Keith la sommation de capituler, et, en la montrant à ses soldats, il leur dit : on ne répond à de telles lettres que par des victoires, préparez-vous à combattre.

Les bas-reliefs représentent : à dr. la bataille d’Héliopolis, à g. la bataille d’Altenkirchen ; — l’académie (entre l’Ill et la citadelle) qui confpte cinq facultés, et qui possède une bibliothèque de 30,000 vol., un beau musée d’histoire naturelle ( magnifique collection de lépidoptères), un musée d’anatomie, etc. L’ancienne université, fondée en 1621, et supprimée en 1789, a compté au nombre de ses élèves, Goethe (1772), Herder, Stilling.

Les promenades de Strasbourg sont : le Broglie, devant le théâtre, boulevard ouvert en 1740, par le maréchal de Broglie; — la Robertsau (prairie de Robert), entre l’Ill et le Rhin, par la porte de Robert; — le Contades, au sortir de la porte des Juifs (jardins Lipps et Bonnard)-, -les bords de l’Ill, du Rhin, de la Bruche, etc.

Depuis le commencement de ce siècle, le commerce et l’industrie ont pris à Strasbourg defe développements considérables. L’ouverture des nombreux chemins de fer qui viendront y aboutir ne peut manquer d’accroître encore

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