H. 71.— D'AIX-LA-UHAPËLLE A LIEGE.— LIEGE
leur sommet do 2232 mèt. ; l’un connu sous le nom de Sainte-Walburge, dépasse d’environ 90 mèt. le niveau des basses eaux de la Meuse; il domine la ville à#l’0. ; l’autre, nommé le Cornillon, couronné par le fort de la Chartreuse , est moins élevé et s’étend à l’E. sur la rive droite. Une partie de la ville occupe, en amphithéâtre, le versant d’une colline que commande la citadelle, dont le plateau a 158 mèt. d’élévation au-dessus de l’Océan. Liège est le siège d’un évêché suffragant de l’archevêché de Malines, d’une cour supérieure de justice, dontle ressort s’étend surlesprovinces de Liège, Limbourg, Luxembourg et Namur; de tribunaux de première instance et de commerce, et d’une université ; la résidence du gouverneur et du général commandant la province; d'un auditeur militaire, d’un commandant de place et d'un receveur général des finances. Elle doit son nom à un petit ruisseau appelé Légie, qui prend sa source au village d’Ans, et qu’on nomme plus communément aujourd’hui Ri de Coq Fontaine.
V., pour la description détaillée de Liège, le Guide du Voyageur en Belgique, par Richard. Les principales curiosités de Liège sont : — le palais de justice, ancienne résidence des princes -évêques, bâti de 1508 à 1533 par le prince Érard de la Marck. La cour, qui date de cette époque, offre surtout un aspect pittoresque et original. La façade de la place Saint-Lambert a été rebâtie en 1737 à la suite d’un incendie. Les salles méritent aussi d’être visitées. En 1852, on a construit, sur le côté N., l'hôtel du gouvernement ; — la cathédrale (église Saint-Paul), fondée en 967 (chœur du xme siècle, nef de 1557, chaire de cèdre, sculptée par Geefs , avec cinq statues de marbre) , tableaux ; — l’église Saint-Jacques, — la merveille de Liège, — 1513-1538 (elle a été fondée en 1016), belle voûte, bel orgue, beaux vitraux de chœur. — N. B. Cette église est près de la station du chemin de fer; — l’église Saint-Barthélemy, bâtie vers l’an 1000; — l'université (1817), qui contient le muséum ; — le théâtre (1818-1822) ; — la statue de Grétry, par Geefs, sur la place de ce nom. Grétry est né à Liège le 11 février 1751 ; — le passage Lcmonnier ; — le pont des Arches, bâti en 1657 ; — la citadelle (belle vue) ; — le jardin botanique, etc., etc.
« Liège, dit M. Victor Hugo, est une de ces vieilles villes qui sont en train de devenir villes neuves Mais elle
est encore au xix' siècle, comme au xvi°, la ville des armuriers. Elle lutte avec la France pour les armes de guerre, et avec Verviers pour les armes de luxe. Mais la vieille cité de saint Hubert, jadis église et forteresse, commune ecclésiastique et militaire, ne prie plus et ne se bat plus : elle vend et elle achète. C’est aujourd'hui une grosse ruche industrielle. Liège s’est transformée en un riche centre commercial. La vallée de la Meuse lui met un bras en France et l’autre en Hollande, et, grâce à ces deux grands bras, sans cesse elle prend de l’une et reçoit de l’autre.... Du reste, il faut le dire, elle a encore assez de tourelles, assez de façades à pignons volutes ou taillés, assez de clochers romans, assez de portes-donjons comme celles de Saint-Martin et d’Amercœur pour émerveiller le poète et l’antiquaire même le plus hérissé devant les manufactures, les mécaniques et les usines. »
La célèbre usine de Sei'aing fut fondée en 1816, par les frères Cockerill, dans le château qui avait appartenu aux princes-évêques de Liège, et qui avait été transformé en hôpital à la révolution française. Seraing (4000 h.) est à 8 kil. de Liège. On peut y aller en chemin de fer, en bateau à vapeur et en omnibus. On ne peut visiter les usines sans une permission.
De Liège i Bruxelles, R. 73; — de Liège & Namtir, V. le Guide du Voyageur en Belgique, par Richard. .
Au moment où nous mettons sous presse (juillet 1834], on achète le chemin de Ter de Pépinster à Spa. Cet embranchement doit s’ouvrir A la fin de la saison de 1854. Le trajet de Pépinster à Spa (10 kil.), se fait encore arec des omnibus et des voitures particulières, en 1 h. 30 n:., pour 1 fr. 50 c. (Ire et 2e classes, et 1 fr., 3e classe) ; par les trains de nuit, ce prix cit augmenté de 1 fr.
La route de Pépinster à Spa remonte la vallée de la Hoëgne, vallée resserrée presque partout entre deux collines boisées, qui forment çà et là, avec la rivière , de gracieux paysages. On remarque, à dr., le château et le parc de Juslenville , avant d’arriver à Theux, V. de 5000 h., ancien chef-lieu du marquisat de Franchimont. Un peu au delà de Theux, on laisse sur la g., au sommet d’une éminence
qui domine le cours de la Hoëgne et du Wayai, les ruines du château de Franchimont, d'où étaient sortis les 600 braves qui , le 29 octobre 1468 , pénétrèrent la nuit dans le camp de Charles le Téméraire et de Louis XI, lorsqu’ils investissaient Liège avec 40,000 hommes, jetèrent l’alarme au milieu de leurs bataillons surpris et y firent un horrible carnage. Ils périrent tous. Pour s’en venger, les deux princes mirent à l'eu et à sang le pays de Franchimont. Walter Scott a chanté cet exploit. La vallée se rétrécit et devient plus boisée. Enfin, près de la propriété du Marteau, la route, tournant brusquement k l’E., entre dans une belle avenue, longue de 30 m., qui conduit en ligne droite à
10 kil. ipa, — (Hôt. : 1" classe : Hôtel de Flandre, Hôtel F aller. Hôtel d'York , Hôtel d’Orange, Hôtel des Pays- Bas ; 2e classe : Hôtel suisse. Hôtel de l’Europe, Hôtel de Limbourg : nombreuses maisons garnies), V. de 4200 h., située sur le ruisseau le Wayai, au fond d’une vallée longitudinale, à la base d’une colline escarpée et boisée qui la protège contre les vents du nord. Son élévation audessus de la mer dépasse 333 mèt. L’air y est vif, et le climat, quoique variable, s'y fait remarquer par sa salubrité. En 1832 et 1849, le choléra, qui décimait les populations de Liège, Verviers, Malmédy, Pépinster, n’y a frappé aucun de ses habitants ni aucun des étrangers qui étaient venus s'y réfugier. Ses environs offrent d’agréables promenades indiquées ci-dessous. Pendant tout l’été, des fêtes charmantes, habilement ordonnées, s’y succèdent sans interruption. Mais elle doit surtout sa célébrité à ses eaux ferrugineuses, froides et très-gazeuses, qui guérissent un grand nombre de maladies, et qui y ont attiré et retenu, entre autres personnages , illustres k des titres divers, Louis de Gonzague , ducae Nevers (1576); Marguerite de Valois, femme de Henri IV (1577); Henri III, roi de France et de Pologne, frère de cette princesse (1585); Alexandre Farnèse, duc de Parme, petit-fils de Charles- Quint(1591); le roi d’Angleterre Charles II; la reine de Suède Christine ; un roi de Danemark ; un grand-duc de Toscane; Juste Lipse (1592 et 1605); le czar Pierre le Grand (1717) ; Gustave III (1780) ; l’empereur Joseph II (1781); sous le nom du comte de Falkenstein; il s’y trouva avec Te prince Henri de Prusse, frère du grand Frédéric,
et l’abbé Raynal ; le czarowitz, depuis Paul I*r (1782) ; le eomte d’Artois, depuis Charles X (1783); la duchesse d’Orléans, mère de Louis-Philippe (1787) ; Sauvenière; Monge; q? Candolle ; Alfieri; Volney; la reine de Westphalie (1800; ; la reine Hortense (1810); le roi des Pays-Bas (1817); l'empereur Alexandre, le roi de Prusse, le duc de Wellington (1818); le roi et la reine des Belges (1833).
Les principales sources minérales de Spa sont : le Pouhon, la Géronstère , la Sauvenière , le Groesbeeck , le Watroz, le Tonnelet et le Barisart.
La fontaine du Pouhon, qu’on écrivait autrefois le Pouxhon, la plus célèbre, la plus fréquentée et la plus active des eaux de Spa, est située au centre de la ville, & 344 mét. au-dessus du niveau de la mer. La date de sa découverte est inconnue. Spa lui doit probablement son origine. C’est sous un portique, bâti en 1820 par le prince d’Orange à la mémoire de Pierre le Grand, que se trouve le puits de forme quadrangulaire dans lequel jaillit la source ; une inscription, gravée au fronton, rappelle que Pierre le Grand recouvra la santé l’an 1717 pour avoir fait usage de l’eau du Pouhon. — L’eau du Pouhon ne tarit jamais; elle sort en bouillonnant des fentes de roches micacées , parfaitement transparente, pétillante , d’une saveur acidulé , piquante et ferrugineuse ; elle a une température de 8 degrés Réaumur, et contient 0 gr. 05 de carbonate de fer par litre. ‘
La Géronstère est située à 160 met. au-dessus du niveau du Pouhon et à 3 kil. au S. de Spa. Une belle route, parfaitement entretenue et bordée de beaux arbres, y conduit en gravissant un coteau gracieux, d’où l’on découvre de jolis points de vue. Une charmante promenade l’entoure (bon restaurant). Cette source, dont la température est de 7® 55 R., dégage une légère odeur sulfureuse et contient seulement 0 gr. 03 de fer par litre.
La Sauvenière et le Groesbeeck, presque voisines l’une de l’autre, sont situées à 30 m. de la ville, à g. de la route de Malmédy(une bonne route conduit, à travers le bois, de la Géronstère a la Sauvenière). Elles jaillissent chacune dans un puits carré, taillé dans la roche vive, et surmonté d’un petit dôme. Leurs températures sont de 7° 77 R. Leurs qualités physiques ressemblent beaucoup à celles des sources précédentes, seulement c’est dans la pierre qui.
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entoure le puits de la Sauvenière que se trouve le trou appelé le Pted de saint Rcmacle. D’après la tradition, il suffit h. une jeune femme, pour cesser d’être stérile, de boire, pendant neuf jours consécutifs , de l’eau de la Sauvenière en posant son pied sur l’empreinte de celui de saint Remacle. A quelques pas de la source une colonne de marbre noir, haute de 2 mèt. environ et entourée d’une grille de fer, porte l’inscription suivante :