MUSEES. — COLLECTIONS
Le Musée de Bruxelles, ou le palais des beaux-arts, situé près de la place Royale , fut , de 1731 à 1794, la résidence des gouverneurs de la Belgique. On l’appelait alors l’Anewnne Cour. Le prince Charles de Lorraine lui donna sa forme actuelle. La façade d’entrée est de Folie, et les statues qui la décorent, entre autres celle du milieu, représentant Marie-Thérèse. Les cabinets de physique et de chimie, les collections d'histoire naturelle, acquises en 1832 par l’État, occupent le rez-de-chaussée, qui et, nunique
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avec une cour spacieuse sur laquelle s’ouvre l’escalier du musée national de peinture et de sculpture situé au premier étage.
Le musée de peinture et de sculpture est ouvert au public le dimanche , le lundi le jeudi , et les jours de fête, de 10 heures du matin à 3 heures du soir. Les autres jours les étrangers y sont admis sur la présentation de leur passe-port. Le catalogue (qui se vend 1 fr.) comprend , avec ses suppléments, 663 numéros (près de 500 tableaux). En tête se lit l’avis suivant :
La commission administrative du Musée royal croit devoir attirer l'attention des visiteurs sur les objets qui décorent les avenues du Musée; savoir :
Deux statues en bois, placées dans les niches du grand escalier- On ignore le nom de leur auteur;
Une statue colossale en marbre blanc représentant Hercule , placée au pied du même escalier. Cet ouvrage, exécuté par Laurent Delvaux, de Bruxelles, est l’un des chefs-d'œuvre de ce maître distingué ;
Les plafonds du même escalier et de la rotonde d'entrée au Musée, peints pour le gouvernement de Marie-Thérèse, par Verschoot; le premier représente les douze signes du zodiaque, et le second une allégorie attribuée au règne de Charles VI.
« Les Belges, qui vantent beaucoup, et non sans justice, les collections d’art que renferment Anvers et Bruges, ainsi que les riches cabinets d’amateurs formés, non-seulement dans ces deux villes, mais encore à Louvain, à Liège, à Gand , à Malines, affectent, dit M. Louis Viardot, une sorte de mépris pour le musée de Bruxelles, qu’ils trouvent tout à la fois indigne de Bruxelles et indigne du nom de musée. Il est sûr que, si l’on considère l’importance actuelle de cette ville, et l’importance de la grande école qui naquit et se développa dans les provinces dont se compose aujourd’hui la Belgique, il est sûr que le musée de Bruxelles paraîtra bien insuffisant, bien mesquin , pour la capitale des Flandres. Cependant, si l’on compte tous les cadres, grands, moyens et petits, vieux, intermédiaires et modernes, achetés, échangés et donnés, l’on arrivera bien au chiffre 500, ce qui est un nombre fort respectable; et si, dans cette masse, h. la vérité fort mêlée, l’on cherche avec patience et discernement, il se trouvera d’assez belles œuvres pour ôter tout regret de la peine prise et tout prétexte à ce mépris systé-
manque. En somme, le musée de Bruxelles vaut mieux que sa réputation. »
Les principaux tableaux de ce musée sont (nous suivons l’ordre du catalogue, c’est-à-dire des numéros, pour faciliter les recherches).
Ecoles flamande, hollandaise et allemande.
7. Bakereel (Gilles). Adoration des bergers.— 10. Begyn (Abraham). Marine des environs de Naples. — 12. Bol (Ferdinand). Un vieillard en méditation. — 11 a le coude appuyé sur une table où l’on remarque un grand livre, une Bpbère et une tète de mort. — 16. Breughel (Jean, dit de Velours), et Fan Balen (Henri). L'Abondance et l'Amour répandent leurs dons sur la terre. — Le paysage est de Breughel, et les figures de Van Balen. — 20. Champagne (Philippe de). Portrait de saint Charles Borromée.— 21. Le même. Sainte Geneviève de Brabant.— 22. Le même. Saint Joseph. (Pendant du n° précédent.)— 23. Le mime. Saint Étienne. — 24. Le même. Saint Ambroise.— 25. Le même. Présentation au temple. — 42. Cocxie (Michel). La Cène. (Tableau avec volets). — L’un des volets représente le Christ lavant les pieds des apdtres, et l’autre le Christ au jardin des Olives. — 43 Craesbeke (Joseph). Tabagie flamande. — 55. De Crayer (Gaspard). Pèche miraculeuse de saint Pierre. — 56. Le même. Assomption de sainte Catherine.— 57. Le même. Apparition de la Vierge à saint Bernard. — >58. Le même. Martyre de saint Biaise. (De Crayer peignit ce tableau à l’âge de 86 ans.)— 59. Le même. Conversion de saint Julien. — 00. le même. Le chevalier Donglebert et sa femme en adoration devant le Christ mort. (Son plus bel Ouvrage.) — 61. Le même. Saint Paul et saint Antoine.— 62. Le mime. Saint Paul ermite, avaut sa conversion. — 65. Le même. Martyre de sainte Apolline. — Sainte Apolline debout, les yeux levés vers le ciel, tient de la main droite l’instrument de son martyre; elle est accompagnée de trois anges. — 87. Dow (Gérard). Gérard Dow dessine à la faible lueur d’une lampe un Amour de Duquesnoy. (Chef-d’œuvre de patience, do finesse, de grâce et de prodigieuse vérité.) — 104. Goltlius (Hubert). Portrait de femme. — 110. Uolbein (Jean.) Portrait de Thomas Morus. (La perle du musée.) — 118. Jordaens (Jacques.) Saint Martin guérissant un possédé.— Quatre hommes réunissent leurs efforts pour contenir un possède; saint Martiu en habits pontificaux, accompagne de son porte-crosse et de deux religieux, conjure le démon ; il avance la main pour ordonner au démon de fuir, et à l'instant le possédé en est délivré. Le proconsul Tesrade, observant du haut de son balcon l’effet de cet exorcisme sur son serviteur, est convaincu du miracle. — 119. Le même. Tableau allégorique des dons et des occupations de l’Automne. — Un Satyre porte sur le dos un jeune Faune qui tient quelques grappes de raisin. (Ces deux compositions, dit M. L. Viardot, n'ont assurément ni supérieure ni rivale peut-être dans l’oeuvre de ce maître.) — 145. Neefs (Pierre), le vieux. Intérieur de la cathédrale d'Anvers. — 156. Rykaert (David), le jeune. Un chimiste
dan» son laboratoire-— 160- Ruien* (Pierre-Paul). Le Seigneur voulant foudroyer le monde. — 161. Le même. Le martyre de saint Liévin. — 162. Le meme. Le couronnement de la Vierge. — 163. Le même. Station du Christ, montant au Calvaire, secouru par Marie-Madeleine — 164. Le même. Le Christ au tombeau. — 163. Le même. L’Adoration des Mages. — 166. Le même. L’Assomption de la Vierge. — 170. Sallaerl (Antoine). Procession des corps de métiers de Bruxelles , sur la Grand’ Place , en 1620.— 171. Le même. Suite de cette procession.— 172. Le même. Solennité du tir à l'arbalète. — 173. Le même. Procession de l’Ommegang, à Bruxelles. — 177. Schalken (Godefroi). Un jeune homme, vêtu de vert et coitt'é d’une toque noire, tient un flambeau et fait tomber de la cire fondue sur un plateau. — Une jeune fille semble lui faire remarquer l'effet de cette opération. — 187. Snyders (François). Animaux et fruit». — 212. Van Dyck (Antoine). Le Christ en croix. — 215. Le même. Le martyre de «aint Pierre. — 217. Le même. Vieux Silène ivre soutenu par un berger et une bacchante , 238 , 239 , 240 , 241. — Otto Venin *. Quatre tableaux représentant le portement de la croix , le Christ au Calvaire, la sainte Famille, le Christ descendu de la croix entre les sainte» femmes et Jean. — 252. Wynante ( Jean). Paysage sablonneux Les figures et les bestiaux sont peints par Van Voncken.
Écoles italienne et espagnole. '
253. A Ibane (Francesco Albano). Adam, assis et s’appuyant sur la main droite, reçoit la pomme qu’Eve lui présente.— 257. Calabrete (Cavalière Mattia Preti, detto il Calabrese, dit). — Les costumes bizarres et les physionomies des personnages n’ont pas permis de recon" naître le sujet de ce tableau. — 258. Le même. Job visité par ses amis— 266. Guerchin (Giovan-Francesco-Barbieri, detto il Guercino, dit le). Un ex-voto— Un jeune homme est placé sous la protection de la Vierge par ses patrons saint Nicolas, saint Louis, saint François et saint Joseph.— 267. Guide (Guido Reni, dit le). La fuite en Égypte. — 273. Peruyin (Pietro Perugino, ossia Vannucei, dit le). Madone. — 278. Titien (Tiziano Veoellio). Portrait d'un jeune homme vêtu d’une robe de soie noire. — 279. Le même. Portrait d’un vieillard costumé en robe bordée d'une fourrure. (Attribué à Tintoret). — 284. Paul Véronise {Paolo Caliari, dit). Adoration de l'enfant Jésus par sainte Catherine. — %85.Lemême. Les noces de Cana. — Esquisse du grand tableau que possède le musée de Paris et dont l'auteur a considérablement augmenté la composition.
Ecole française,
288. Cour/ois (Jacques) dit le Bourguignon. Choc de cavalerie— 231. Le Sueur (Eustacbe). Le Sauveur donnant sa bénédiction. (Faible.) — 298. Vouet (Simon). Saint Charles Borromée priant pour les pestiférés de Milan.
Anonymes.
305. Sainte famille. — Saint Jean présente avec respect la croix à l'enfant Jésus-
Tableaux anciens.
329. Jean de Maubeuge (Jean Gossart, dit). Le Christ chez Simon le Pharisien. — Une des œuvres les plus considérables et les plus parfaites du maître. — 330 Le même. La Vierge et l’enfant Jésus. — 332. Heemskerk (Martin Van Veen, dit.) Le Seigneur succombant sons le poids de la croix. (Tableau à deux volets.) — 338. Van Cooninxloo (Gilles). La sainte famille. (Tableau à deux volets). — 355. Van Hemmitlen (Jean). Descente de croix. (Tableau à deux volets.)
Supplément.
400. Anonyme. Portrait d’homme. — 401. Anonyme. Portrait de femme.
574. Anonyme. Une sainte famille. — 580. Jordaens. Le Satyre et le paysans. — « Un Satyre avait invité un passant à son repas frugal ; le passant morfondu souffle d'abord sur ses doigts pour se les réchauffer, puis sur son potage pour le refroidir, ce qu’il explique au Satyre étonné.
581. Kuhnen (Pierre-Louis). Paysage; effet de soleil couchant. —
582. Leerman s (Pierre). Le Christ en croix.— 580. Ommeganck (B. P.). Paysage avec bestiaux. — 590. Pierre de Cortone (Pietro Berettini. detto Pietro da Cortona, dit). Le mariage de sainte Catherine. — 591. Pourbut. Portrait du magistrat Jacques Vander Gheenste.échevin et conseiller de la ville de Bruges en 1553. — 594. Van Dyck (Antoine). Portrait de Dellafaille, bourgmestre d'Anvers.— 613. Pan Eyck (Jean). L’Adoration des Mages.— 644. Tent«r* (David), le jeune. Intérieur d'un corps de garde.
Plusieurs tableaux nouvellement achetés n’ont pas encore été portés sur le catalogue. Parmi ces tableaux on remarque surtout un Breughel (des moines blancs prêchant sur un porche, devant une église).
L’ancienne chapelle du musée , dont l’entrée est rue' Montagne de la Cour, renferme une collection de sculptures achetées par le gouvernement à la veuve du statuaire Kessels, mort à Rome il y a quelques années. Cette chapelle date du xiv« sièole. La chapelle moderne, commencée en 1770, et convertie, depuis le commencement de ce siècle, en temple protestant, a été bâtie sur le modèle de la chapelle du palais de Versailles.
56U R. 74. — BRUXELLES. — BIBUOTHEQUR.
La partie moderne du musée, dite palais de l’Industrie t a été construite en 1829, sur l'emplacement du jardin Botanique , autrefois le jardin du palais de Nassau. En 1846 on a érigé dans la cour la statue du duc Charles de Lorraine. On y a réuni le conservatoire des arts et métiers, le cabinet de chimie et de physique, et la bibliothèque Royale.
La bibliothèque a été ouverte en 1837. « Elle compte 200,000 volumes et plus de 20,000 manuscrits, dit M. Alph. Wauters, l’archiviste de la ville de Bruxelles. La section des imprimés ne se composait d’abord que de la bibliothèque de M. Van Hulthem ; elle s’est considérablement accrue depuis qu’on lui a annexé la bibliothèque de la ville. La section des manuscrits est plus généralement connue sous le nom de bibliothèque de Bourgogne. Cette collection, dont le nom indique suffisamment la provenance, et qui a été considérablement augmentée lors de la suppression des monastères, et, depuis quelques années, par l’acquisition de plusieurs belles collections, possède des richesses inestimables. Philippe le Bon, dont la cour splendide éclipsait celle des autres souverains de son temps, et qui encourageait les lettres et les arts avec sollicitude, commença la formation dans ses palais de librairies considérables, qu’augmentaient constamment les travaux des copistes et enlumineurs aux gages du duc. Charles le Téméraire suivit l’exemple de Philippe, et Marguerite d'Autriche, fille de l’empereur Maximilien et de Marie de Bourgogne, répara les dommages causés à la bibliothèque de Bruxelles par la mauvaise administration de son père, toujours accablé de dettes. Un inventaire, rédigé en 1577, mentionne comme appartenant à ce dépôt 1641 volumes , parmi lesquels on comptait 958 manuscrits. La négligence de nos gouvernants et les révolutions avaient réduit ces derniers au nombre de 527; le maréchal de Saxe, après avoir pris Bruxelles, en 1746, en fit emporter un grand nombre qui ne furent restitués que plus tard, en 1770. Après la seconde invasion française, une nouvelle spoliation priva la bibliothèque, que l’on avait ouverte au public en 1772, de ses plus beaux manuscrits; la plupart revinrent de Paris, en 1815, avec une somptueuse reliure de maroquin rouge au chiffre de Napoléon. Les richesses amassées par nos anciens souverains