R. S.-DE STRASBOURG A BALE.-MULHOUSE
6ant la Doller, s'éloigne des Vosges à mesure qu’il se rapproche de Mulhouse,
107 kil. Dornach, commune industrielle et manufacturière de 3000 h. On y traverse 1*111 qui formait jadis les limites du Sundgau et de l’Alsace, puis le canal. Ses maisons et ses usines se confondent avec celles de
111 kil. Mulhouse, en ail. MQhlhausen, — (Hôt.: la Ville ' de Paris, le Lion rouge, la Cigogne ), V. de 35,000 li., non compris sa population flottante, située, à 240 met., dans une île de l'Ill, sur le canal du Rhène au Rhin.
Comme son nom l’indique, l'origine de Mulhouse remonte k la construction d'un moulin ( mühle ) bâti en ce lieu, sur les bords de l’Ill. D’autres maisons se groupèrent peu à pou autour de ce moulin, et ce village devint plus tard une petite ville qui, au vm° siècle, était déjà entourée de murs. Prise par les évêques de Strasbourg, cette petite ville tomba en la possession de Rodolphe de Habsburg, qui 1 éleva au rang de ville impériale (1273). Les successeurs de Rodolphe de Habsburg augmentèrentses privilèges, et, en 1293, Adolphe de Nassau lui octroya une charte, datée de Bâle, dans laquelle lasupériorité de ses citoyens envers les étrangers ou les forains était poussée jusqu’à l’irresponsabilité de leurs actes, même les plus criminels. Ainsi, nul d’entre eux, — et il lui était permis de recevoir, comme bourgeois ou citoyen, quiconque se présentait k elle dans ce but, — nul d’entre eux ne pouvait être cité devant un juge étranger; nul n’était tenu de se justifier de l'accusation d’un forain, et ne pouvait, quoi qu’il arrivât, porter assistance k un étranger contre un autre bourgeois. On croit rêver en lisant de pareils privilèges; mais pourtant ce n’est rien encore. Tout bien, dont un bourgeois pouvait prouver la possession annuelle, était considéré comme sa propriété. Si un bourgeois tuait un forain et s’il pouvait être prouvé qu’il avait été provoqué, il n’était pas même condamné k une amende. Enfin, aucun bourgeois, de quelque crime qu’il fût accusé, ne pouvait être arrêté dans sa maison.
De pareils privilèges durent, on le conçoit, attirer et retenir k Mulhouse une singulière population. Elle devint en peu de temps l’asile de tous les meurtriers et de tous les voleurs des environs, qui s'y faisaient admettre bourgeois ou citoyens en jurant qu’ils ne s'étaient point volontairement