‹ Itinéraire descriptif et historique des bords du Rhin, du Neckar et de la MoselleChapitre 28 sur 279 · H. 2— DE STRASBOURG A BALK -MULHOUSE · texte numérisé non relu

H. 2— DE STRASBOURG A BALK -MULHOUSE

rendus coupables. Cette population, qui du reste ne manquait pas d’énergie, se montra toujours hostile à la noblesse. En 1338, elle était entrée dans la ligue d’Alsace contre les seigneurs. En 1437, après avoir repoussé avec intrépidité une attaque des Armagnacs, elle chassa les nobles de ses murs. Ce fut dès lor3 une république vraiment démocratique, toujours brave du reste, car, en 1474, favorisée par une inondation, elle osa résister à Charles le Téméraire qui l’avait menacée de l’exterminer. *

Dans ses luttes contre les nobles, Mulhouse avait souvent réclamé l’appui des Suisses, avec lesquels elle s’était alliée. En 1515 elle renouvela son traité d’union perpétuelle, promettant aux Cantons, comme garantie de sa fidélité, de n’entreprendre aucune guerre et de n’accepter aucun secours étranger sans leur consentement. Ces relations eurent pour résultat l’adoption des nouvelles doctrines religieuses; mais la Réforme, établie presque sans contestation à Mulhouse, y causa, vers la fin du xvi' siècle, des troubles sanglants excités par l’Autriche qui ne renonçait pas à ses prétentions sur les Etats de la confédération. Aussi Mulhouse dut-elle conserver une garnison suisse , jusqu’à la paix de Westphalie (1648). Ce traité ayant livré à la France les possessions de la maison d’Autriche et les villes de la préfecture deHaguenau, Mulhouse, déclarée indépendante comme les cantons suisses, n’eut plus aucun danger extérieur à redouter. Dès lors une vie nouvelle commença pour elle. Aux arts de la guerre succédèrent ceux de la paix. Toutefois, un siècle devait s'écouler encore avant que ses tentatives industrielles fussent couronnées d’un succès complet. — En 1746, trois hommes, dont les noms sont restés célèbres, Samuel Kœchlin, J. Jacques Smaltser et Jean-Henri Dollfus, établirent la première fabrique de toiles peintes. En 1770, onze nouvelles manufactures s’étaient déjà établies sur les ruines des hôtels de la noblesse. Une fois lancée dans cette voie, Mulhouse ne s’arrêta plus. Mais, si elle s'y enrichit, elle y perdit son individualité. Bien qu’elle manquât des débouchés nécessaires, elle résista pendant longtemps aux prétentions de la France qui voulait l’absorber. Enfin, en 1798, poussée dans ses derniers retranchements, elle se vit contrainte de se faire française. Sur 666 votants, 15 seulement se prononcèrent pour cette indépendance qui

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