‹ Itinéraire descriptif et historique des bords du Rhin, du Neckar et de la MoselleChapitre 54 sur 279 · R. .'.-DE SCHAFFHOUSE A CONSTANCE · texte numérisé non relu

R. .'.-DE SCHAFFHOUSE A CONSTANCE

laisse la papeterie de Steinbach , le château de Steinegg (belle vue), celui de Frcudenfels, et la chapelle de Klingenzell, puis, traversant (30 m.) Mammern, 322 h. m., on laisse à dr. le château de Neuburg et celui de Glarisegg, et à g. le couvent de cisterciennes de Feldbach, avant d’atteindre

1 h. 15 m. (1 p. 3/8 de Schaffhouse) , Ktekltorn, — (Hôt. : Lœve, Sonne), pet. V. mixte de 1509 h., et très-ancienne, où l’on remarque l’église, l’hôtel de ville, la maison des pauvres, le vieux château, nommé aussi la Tour, et divers établissements industriels.

On traverse ensuite (30 m.) Bcrlingen , 746 h. r., puis, — après avoir laissé à dr. le château de Sandegg, brûlé en 1834, — (30 m.) Mannenbach, 186 h. r., v. situé en face de File Reichenau (F. ci-dessous), et près duquel on remarque, ii dr. , les châteaux d ’Eugensberg, de Salcnstein et surtout celui d’Arenenberg, autrefois Nortenberg, rendu célèbre par le séjour et la mort de la duchesse de Saint-Leu, exreine de Hollande, et mère du prince Louis-Napoléon Bonaparte (Napoléon III).

30 m. Ermatingen, bourg de 1362 h., agriculteurs, commerçants, pêcheurs et industriels, est dominé par les châteaux de Hard et de Wolfsberg (30 m.), d’où l’on découvre une belle vue.

Après avoir dépassé (30 m.) Triboldingen, 343 h. r., on rejoint la route de Frauenfeld à (30 m.) Tægerivylen, en laissant à g. GottUeben, bourg de 268 h. r., dont le château fort, fondé, dit-on, au x' siècle, servit de prison au pape Jean XXIII , à. Jean Huss, à Jérôme de Prague et au chanoine zuricois Félix Hæmerlin , qui fut ensuite enseveli vivant dans le couvent des carmes déchaussés de Lucerne. Lors du siège de Constance , en 1633, le général Horn y établit son quartier général. Un bailli y résida jusqu’à la révolution, et le prince Louis-Napoléon Bonaparte, l’ayant acheté en 1837, le fit restaurer, démolir et reconstruire en partie.

30 m. (1 p. de Stekborn) Constance, en ail. Constans, — (Hôt.: Heclxt ^Brochet), sur le lac avec belle vue, Adler, Krone , Post, hors de la ville Hôtel Delïlle — en dehors de la ligne du Zollverein) , pet. V. située sur le lac du même nom, à l’endroit où le Rhin en sort pour se jeter, à peu de distance, dans le lac inférieur (en ail. Untersce ), ne renferme plus aujourd’hui que 5600 h. , nu lieu de 40.000

qu’elle comptait autrefois. Un pont de bois couvert la réunit au village de Petershausen et au duché de Bade, dont elle fait partie. Bien que son aspect général ne réponde aucunement à l’idée que l’on s’en forme lorsqu'on lit son histoire, son agréable position, les événements qui l’ont illustrée et les monuments qu’elle possède encore, la rendent cependant digne d’une visite.

Sous le règne d’Auguste , les Romains construisirent une forteresse nommée Valeria, sur le lieu môme qu’occupe aujourd’hui la ville de Constance. Détruite par les Allemanni, cette forteresse fut rebâtie en 297 par Constantin Chlorq, qui lui donna son nom , et qui fonda une ville alentour. En 630, Dagobert y transporta le siège de l’évêché de Windisch. Durant le moyen âge, la nouvelle Constance fut mise au rang des villes impériales, et, vers le milieu du xve siècle, elle était arrivée à un tel degré de prospérité que sa population totale s’élevait à près de 40,000 habitants. Ses fabriques de toiles jouissaient alors d’une réputation européenne. Mais le concile qui porte son nom, et qui se tint de 1414 à 1418 , y attira une telle affluence d’étrangers (cent mille hommes et trente mille chevaux), que la cherté des vivres et des logements fit émigrer à Saint-Gall la majeure partie des habitants industrieux.

Au commencement du xvie siècle, Constance demanda, mais en vain, à être admise dans la confédération. La Réformation s’y étant propagée, Berne et Zurich conclurent avec elle un traité de coinbourgeoisie pour protéger leurs coreligionnaires. Mais ce traité ayant été rompu , le culte catholique fut rétabli à Constance, qui se vit contrainte, en 1559, de se soumettre à la maison d’Autriche. La paix de Presbourg (1805) l’a incorporée au grand-duché de Bade. Depuis l’établissement du Zollverein, son commerce et son industtie se sont développés en même temps que sa population.

La cathédrale (Munster) a été bâtie dans le style gothique allemand, en 1052. On remarque surtout les portes (de l’entrée principale, située entre les deux tours) , plaquées de chêne sculpté., en 1740, par un artiste nomme Simon Bainder, et représentant la Passion du Christ; la voûte élevée , supportée par seize colonnes hautes de 4 mèt. et d’un seul bloc , qui datent du xme siècle ; la B. du Rhin. 0

chaire, que soutient une statue de Jean IIuss; plusieurs tombeaux , entre autres celui de Robert Hallam , évêque de Salisbury ; une curieuse chapelle circulaire, au centre de laquelle est un modèle gothique du Saint-Sépulcre; le portail intérieur; l’orgue, et, de chaque côté, deux battants ornés de bonnes peintures de Holbein. — On montre au milieu la pierre sur laquelle Jean Huss se tint debout quand on lui lut l’arrêt du concile qui le condamnait à être brûlé vif. — Les débris du cloître offrent de curieux échantillons de sculptures sur pierre. — On jouit d'une belle vue du haut des tours.

L 'église de Saint-Étienne , bâtie dans le vieux style, contient des sculptures de Hans Moring.

L e couvent des dominicains , où Jean Huss fut enfermé, est devenu une manufacture de coton ; l’église forme une ruine très-pittoresque, et les cloîtres qui l’avoisinent sont d’un style remarquable. Sur la petite lie où s'élève ce monument on voit encore les restes d’une ancienne fortification romaine.

Le couvent des capucins sert aujourd’hui de caserne , et l’église est consacrée au culte protestant.

La maison de Jean Huss est située dans la rue Saint-Paul, près du Schnetzthor; on voit encore sur la façade le buste de Jean Huss sculpté en pierre.

Un vaste bâtiment construit en 1836, ancienne halle marchande où se tenaient jadis des foires célèbres , transformée depuis en douane badoise, renferme la salle où se tint le concile de Constance. Cette salle a 58 mèt. de long, 30 mèt. de large, 6 mèt. env. de hauteur, vingtquatre fenêtres gothiques, quarante-huit bancs de pierre et quatorze colonnes de chêne gothiques. L’ancien escalier, construit en 1388, moitié en pierre, moitié en bois, fut détruit en 1829, par ordre supérieur, malgré les représentations des autorités de la ville. Aux colonnes de chêne sont suspendus des écussons sur lesquels se lisent les noms des princes ou des princesses qui ont visité cette salle.

Dans l’angle situé à l’extrémité septentrionale , du côté du lac, se trouve, une espèce de baraque en bois, dont l’entrée coûte 1 f. par personne, et où un soi-disant antiquaire montre aux voyageurs des antiquités vraies ou prétendues : — 1° l’ancien trône «t le fauteuil du pape

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Martin et de l'empereur Sigismond, devant lesquels sont ranges des boucliers de croisés ; — 2° suf une tribune élevée en face du trône, Jean Huss, Jérôme de Prague et le père Célestin ; — 3° la prison dans laquelle Jean IIuss fut enfermé ; — 4° la belle cassette dorée et ornée de bas-reliefs, dans laquelle eut lieu, en J.417, le scrutin pour l'élection de Martin V; — 5° l'autel gothique, le missel (manuscrit de parchemin avec des peintures et des dorures), le calice gothique et la crosse du pape Martin V; — 6“ une statue de grandeur naturelle qui représente Abraham ; — 7® une grande urne allemande, avec une patère et des images d’idoles; — 8® une idole de pierre ; — 9" de petites statues de pierre et de métal trouvées dans les environs ; — 10° une collection de beaux vitraux peints; — 11° une collection de divers objets sculptés; — 12" une collection de tableaux à l’huile ; — 13° enfin une belle vue sur le lac.

Le concile de Constance, personne ne l’ignore, eut pour but et pour résultat de mettre fin au grand schisme d’Occident en déposant les papes Jean XXIII et Benoit XIII, et en nommant Martin V. Il jugea et condamna au feu le chef d’une nouvelle secte religieuse qui, adoptant les doctrines de Jean Wiclef, rejetait l’autorité du pape, les indulgences, les excommunications, le culte de la Vierge et des saints, la communion sous une seule espèce. Excommunié par le pape Alexandre V, Jean Huss, recteur de l'université de Prague, en appela au concile de Constance. Il s’y rendit avec un sauf-conduit de l’empereur Sigismond ; déclaré hérétique, il refusa de se rétracter, et, malgré son sauf-conduit, il fut brûlé vif, en 1415, dans le faubourg Brühl. — On désigne encore la place où il mourut avec un courage admirable. — Le 30 mai 1416, son disciple et sou défenseur, Jérôme de Prague, fut brûlé èi son tour au même endroit. Il montra une aussi noble fermeté.

PROMENADES ET EXCURSIONS

Sur le lac et sur la rive droite. — Aux châteaux de Wolfsberg et d'Arenenberg(F. ci-dessus). — Au signal de Hohenrain, 2 h., près de Waeldi.

Par eau à l’ile Reichenau (1 h. 30 m.), située dans l’Untersee ou Zellersee, longue de 1 1. 1/4 et large d’une 1/2 J., renfermant trois villages, 1740 h., et. une abbaye de béné-

dictins , fondée en 1624, sécularisée en 1799. L’empereur Charles le Gros est enseveli dans cette abbaye, où il se retira après avoir perdu le vaste empire de Charlemagne, et où il mourut en 888. Les ruines du château de Schœpflen s’élèvent à l’extrémité orientale de l’ile, qui est entièrement couverte de vignes, et où se récolte le meilleur vin de cette partie de l’Europe. Près de la croix, plantée au sommet de la colline la plus élevée, on découvre une vue magnifique.

A Vile Meinau, par terre ou par eau (1 h. 30 m.), petite île située dans le golfe septentrional du lac de Constance { Ueberlingersee ), et communiquant avec la rive occidentale au moyen d'un pont étroit de six cent trente pas de longueur. Elle a 45 ni. de circonférence, renferme de charmantes collines parsemées de vergers, de vignes et de prairies. Sur son plateau, d’où l’on découvre une belle vue, s’élève un beau château qui a appartenu autrefois à l’ordre de Malte, et qui est aujourd'hui la propriété de la comtesse de Langenstein (Belles caves). — Une auberge a été établie à g. de l’entrée principale du château. x

Pour aller à l’île Meinau on traverse le pont du Rhin et le faubourg Petershausen, puis on passe devant la chapelle St-Loretto, à. Allmaunsdorf (laissant à dr. Staad) et à Egg.

F. pour le lac de Constance et ses bords, Y Itinéraire descriptif et historique de la Suisse, par Adolphe Joanne.

Ç. Par la rive droite du Rliiu.

Route de poste, 7 mil. 1 /4.

On traverse Büsingen, Dœrflingen , Randegg, puis Gottmadingen avant d’arriver à — 1 mil. 1/2 — : Singea , pet.V. badoise de 1050 h., au pied du château de Hohentwiel, détruit en 1800 par les Français. — De ses ruines, situées à 691 mètres, on découvre une belle vue. — On peut visiter: —à 1/8 m. ail. au N. O. de Hohentwied les ruines du château de Staufen ou Stauffen, qui fut le berceau de la maison de Hohenstauffen, 1138-1268, 595 met. ; — à 1/2 m. au N., celles du château de Hohenkræhen, 644 mèt.; — à 3/8 m. ail., au S. d’Engen, le château de Hohenhœwen, 848 mèt., et à 1/2 m. ail. au S. de ce dernier, sur trois montagnes, les ruines des trois châteaux de Hohenstoffdn, 846 mèt.

On traverse Bœhringen entre Singen et

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