‹ Itinéraire descriptif et historique des bords du Rhin, du Neckar et de la MoselleChapitre 93 sur 279 · R. 12. — DE BADE A HAUSACH.— LA FORÊT NOIRE · texte numérisé non relu

R. 12. — DE BADE A HAUSACH.— LA FORÊT NOIRE

plateaux et de collines jusqu’aux plaines de la Souabe. Ses plus hautes sommités sont: le Feldberg (F. R. 6), lç Belchen et le Blauen (F. R. 3), le Kniebis, le Rossbühl et le Ruhestein (F. R. 10), le Katsenkopf et la Hornisgrinde (F. R. 8 et 9), la Badenerhœhe (F. R. 9), le Hohlnhkopf et la Teufelsmühle (F. R. 12 et 14). En général, les sommets de ses plus hautes montagnes et les plateaux qu’ils dominent sont nus, arides et froids. Il faut descendre sur les chaînes moins élevées et dans ses vallées pour trouver une végétation vigoureuse, de magnifiques forêts, surtout de résineux, de charmantes prairies, puis, en descendant encore, des champs et des vignes. Ses cours d’eau sont nombreux. Tous, sauf la Brege et la Brigach, qui forment le Danube (F. R. 7), vont se jeter dans le Rhin, soit directement, soit par le Neckar. Les principaux de ces cours d'eau donnent leur nom aux vallées qu’ils arrosent, et qui sont décrites : la vallée de la Murg, R. 12; la vallée de la Kinzig, R. 7 et 12 ; la vallée de la Klapper, R. 8; la vallée de la Rench, R. 8; la vallée de l’A/&, R. 14; la vallée de l'Ens, R. 14 et 13; la vallée d’Oos ou de Betier, R. 9 ; Ja vallée de Bühl, R. 9 ; la vallée de la SchxUter, de la Treisam, de YEls, de Munster, de Bademoeiler, de la Fiese, R. 9 , la vallée de la Nagold, R. 15 et 17.

La Forêt Noire a peu de lacs et peu de cascades. Ses principaux lacs sont : le Titisee (F. R. 6) ; le Wildesee (F. R. 12); le Mummelsee (F. R. 8); le Hornsee (F. R. 12) ; le Schluchsee (F. R. 6). Ses plus belles cascades sont celles d’Atlerheidigen (F. R. 8), et de Tryberg (F. R. 7).

Le granit et le gneiss composent les formations principales de ce groupe de montagnes. On y trouve aussi du quarz, du porphyre, de l’ardoise, du grès, de la chaux, etc. Ces diverses formations sont peu riches en minéraux (argent, cobalt, cuivre et fer), mais fort riches en sources minérales. Les sources les plus connues sont celles d’Antogast (F. R. 10) , de Bade (F. R. 9b de Badeniveiler (F. R. 3)> de Griesbach (F. R. 10), de la Hub (F. R. 9), de Liebenzell (F. R. 15), de Petersthal (F. R. 10), de Rippoldsaxi (F. R. 12)> de Rothenfels (F. R. 9), de Teinach (F. R. 15), de Wildbad (F. R. 14).

« Ce mot de Forêt Noire, dit M. Alfred Michiels dan s ses Études sur l'Allemagne, éveille de sinistres idées... Rien qu’à l’entendre, on se représente une affreuse solitude, B. no Rhin. 3

134 R. la.— 1>K BADE A HAUSACH.— LA FORÊT NOIRE, couverte de chênes séculaires, et labourée par les eaux des torrents. L’imagination n’oublie pas de cacher des assassins dans ses profondes retraites. Le Schwarzwald a cependant une physionomie tout opposée : c'est une région pastorale dont les habitants ont la douceur des premiers âges; le cri des chevreaux y remplace le sifflet du meurtrier. D’où lui vient donc sa terrible dénomination?... Probablement de l’épaisseur des bois qui jettent leur ombre sur toute la contrée. Les noms de quelques endroits ont toutefois un sens terrible, et paraissent indiquer une époque où ils inspiraient une véritable crainte... Par instant, l’aspect des lieux ne dément pas ces titres lugubres : le lac Sauvage, le pré de la Querelle, la vallée d’Enfer, la prairie des Trépassés. — Vus de haut, les lacs ont littéralement l’air d’être noirs ; on dirait une onde infernale. Quelquefois aussi, lorsque les vents reposent, leur masse tranquille produit l’effet d’un vide ténébreux. Une multitude de pins sont rongés par une sorte de lichen ou de mousse blanchâtre qui pend sur leurs rameaux. Ordinairement elle couvre l’arbre de la tête au pied, ainsi que le voile des parricides. Le moindre souffle agite ces longs fils, et il vous semble alors contempler un trophée barbare de chevelures humaines. Çà et là aussi on aperçoit, au milieu des herbes, de larges champignons rouges qu’on prendrait pour des taches sanglantes. Enfin, les habitants ont la coutume d’ébrancher d’avance les troncs qu’ils veulent abattre. Quelquefois, à travers les clairières, on discerne de loin les pâles tiges des bouleaux qui, dans la nuit des bois, imitent de lumineux piliers. Au sommet du Feldberg tous les sapins ont fini par mourir, et se dressent vers le ciel comme le cadavre immobile d’un homme foudroyé. Pour ajouter un nouveau trait au paysage, les sombres cônes des charbonnières fument sur divers plateaux, ainsi que les restes d’un incendie. Mais le plus souvent on a sous les yeux une riante nature »

Ce n’est pas seulement la nature qui mérite d’être visitée dans la Forêt Noire, c’est aussi l’homme. Les habitants de cette intéressante contrée, — au S. et à l’O. des Allemands, au N. et à l’E. des Souabes, — forment une race à part. Doués d’une constitution vigoureuse, ils ont les qualités des montagnards, la force, la bravoure, la simplicité, l’amour du pays natal, le besoin de l’indépendance. Ils

B. 13.— DE FREUDENSTADT A WILDBAD. ISS sont bons et hospitaliers. L’exploitation des bois forme une de leurs principales occupations ; les travaux qu’entraîne cette exploitation, abatage, charbonnage, flottage, construction de radeaux, etc., intéresseront les touristes qui auront le temps de les étudier. Ils élèvent aussi du bétail; ils cultivent les parties de leur sol qui ne sont pas boisées; ils exploitent les richesses minérales qu’il recèle; mais ils se sont surtout rendus célèbres par leur industrie. Ils fabriquent des pendules de bois, des chapea%ix de paille, des boites à musique, des orgues (F. Tryberg et Furtwangen, R. 7). Enfin, il serait injuste de ne pas mentionner leur birschwasser, eau de cerises composée avec les baies des merisiers sauvages.

Le costume des hommes et des femmes de la Forêt Noire n’est pas moins original que l'architecture de leurs maisons de bois... Habitants, mœurs, costumes, habitations, ont été peints avec un remarquable talent par M. B. Auerbach dans ses Schwarswælder Dorfgeschichten (scènes de village dans la Forêt Noire).

Les principales routes de la Forêt Noire sont décrites dans les R. 3, 4,6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17 de cet Itinéraire. A l'aide de ces routes et de la carte cijointe, les touristes désireux de visiter ce curieux pays se traceront facilement leur itinéraire.

DE FREUDENSTADT A WILDBAD.

6 mil. — En été seulement, 2 dilig. par semaine, le dimanche et le mercredi, à 6 h. 1/2 du matin; trajet en 5 h., pour 2 0. 12 kr.

On suit jusqu’au delà de Schoenengrund la route de Bade décrite R. 12, puis, la laissant à g. , on monte par le v. de

2 mil- 3/4. Besenfeld, — (Hdt, :Post), au point culminant de la chaîne de montagnes qui sépare la vallée de la Murg, de celle de l’Enz (belles vues) pour redescendre dans cette dernière vallée à Qumpdscheuer, où le Popclbach, sortant d’une gorge étroite, reçoit le Kaltenbaeh, et prend le nom d’Enz. — N. B. De ce hameau, les piétons qui viennent de Wildbad peuvent aller en 1 h. 30 m. à Schwarz euberg,

136 R. 14.-DE BADE A WILDBAD— LOFEENAU.

F. R. 12, — un guide est nécessaire, — dans la vallée de la Murg, par le vallon du Kaltenbach, le lac Froid et l’O&ere Neue Haus.

De Gumpelscheuer on descend, entre de hautes montagnes, le long de l’Enz, qui fait tourner les roues de plusieurs scieries, et qui reçoit sur sa rive g. le Rombach grossi du Süssenbach, et le Hirschbach , à (45 m.) Enz> klceaterle, ham. de 271 h. situé à 595 mèt. Il ne reste qu’un mur (dans la cave de l’auberge du Hirsch) du couvent qui y avait été fondé en 1145 par un seigneur de Hornberg, et qui fut supprimé lors de la Réformation. L’église a été bâtie en 1851. De ce ham. on peut aller : — à g. , à la maison de chasse ( F. R. 12) ; la route est escarpée, mais on jouit d’une belle vue sur un océan de bois ; — à dr. , à Altenstaig et Nagold (F. R. 10) par Simmersfeld. Avant d’atteindre ce v. , à 867 mèt. , on découvre aussi un magnifique panorama.

On compte 2 h. 15 m. de Enzklœsterle à Wildbad. La vallée de l’Enz, que l’on continue à descendre, offre de charmants paysages, — des prairies dominées par des forêts.— On traverse le Dietersbach, près du Nonnmmisshof. Au-dessous du Spollenhof, le Kegelbach vient se jeter dans l’Enz, au sortir de la vallée sauvage qu'il arrose. — Plus loin, au delà du Christophshof, on passe sur la rive dr. de l’Enz, et, près du Lautenhof, on remarque le large lit rocheux du torrent appelé Rollwasser, qui vient se jeter dans l’Enz sur la rive g.

3 mil. 1/4. de Besenfeld, Wildbad (F. R. 14).

DE BADE A WILDBAD.

A. Par Herkenalb.

5 mil. — De 7 à 8 h. à pied; bonne route de Toitures, sur laquelle on n’a encore établi aucun service de voitures publiques. Du reste, charmante promenade à pied. On trouve, à Bade , des voitures particulières qui font le trajet en 8 h„ pour 16 fl.

2 h. à pied., par l’ancienne route, de Bade à Gernsbach, ou (1 mil. 1/4) par la nouvelle route (F. R. 9). N. B. A Gernsbach, on peut se procurer une voiture à deux chevaux pour Wildbadmoyennant 9fl., pourboire non compris.

U. 14. — DE BADE A WILDBAD.— HERRENALB. 137

Après avoir traversé la Murg, on tourne à g., puis, vers l’extrémité du v., on prend à g. la route qui monte, en 1 h., à LofFenau, et qui offre de belles vues sur Gernsbach, le grand et le petit Staufenberg , l’Eichelberg, le vallon de Loffenau, la cime chenue du Teufelsmühlberg ( V . ci-dessous) et les croupes boisées du Meissenkopf (à dr.), I^otFe* ■au, est un beau et riche v. wurtembergeois de 1100 h., à 368 mèt., — on est sorti du duché de Bade 15 m. env. avant d’y arriver, — pavé et dallé comme une ville. Il possède une belle église gothique, bâtie il y a peu d'années, en grès rouge. La route de voitures va faire un long détour sur la montagne. Un bon sentier bien pavé, qui commence au delà de l’église, et qui abrège de plus de 30 m., monte directement (30 m.) au point culminant du passage appelé la Capelle, situé entre le Hardtkopf (544 mèt.), à l’E.» et le Roscnstein, 778 m., à l’O., et d’où l'on découvre, sur les montagnes de la Forêt Noire, une vue plus belle et plus étendue que celle que l’on a admirée en montant. En 1796, lors de la célèbre retraite de Moreau, le général Lecourbe délogea un corps d’Autrichiens, commandés par le général Kaim, qui occupait cette position. Attaqués tout à la fois de front, sur les deux ailes et par derrière, les Autrichiens s’enfuirent en désordre dans les bois et à Herrenalb.

Le col franchi, la route descend dans une belle forêt de pins, au sortir de laquelle (15 m.) elle domine les riantes prairies d’une jolie vallée entourée de montagnes boisées. Après avoir traversé le ruisseau qui l’arrose et qui se jette dans l’Alb, on atteint bientôt 15m. (1 mil. 1/2. de Gemsbach)Herrenalb,— (Hôt.: Ochs, bon), v. de350h., situé à la jonction de l’Alb et duGaisbach, à 384 mèt. En 1148, le comte Berthold d’Eberstein et son épouse U ta fondèrent en ce lieu un monastère de l’ordre de Cîteaux qu’ils dotèrent richement, et qui, après avoir été incendié, en 1402, dans la guerre des margraves de Bade avec Strasbourg, pillé par les paysans, donné au culte réformé en 1556, fut enfin détruit, en 1642, par les soldats du duc de Weimar. On en reconnaît encore quelques débris avec lesquels et près desquels on a construit un établissement hydrothérapique. L’église renferme le beau tombeau du fondateur du monastère ; et l’on voit encore dans le cimetière, les tombes d’un grand nombre d’abbés et de nobles.

VM R. 14. — DK BADE A WILDBAD.— FRAUENALB.

L’Alb prend sa source à 1 h. env. de Herrenalb, à la hase N. O. de la Teufelsmühle, et descend à Herrenalb en faisant tourner les roues de plusieurs scieries, dans un vallon boisé. Le vallon du Gaisbach qui vient l’y gro3sirest plus intéressant à explorer. On y trouve (15 m.) le hameau du même nom qui possédait autrefois une verrerie et une source d’eau chaude, et d’où l’on peut monter à la ferme de Thalwiese et par le Grafenweg à la Teufelsmühle (F. cidessous B). — Une excursion non moins recommandée est celle des Fdlkensteiner Felsen et du Mautxenstein. Un bon chemin, qui passe par les rochers pittoresques de Falkenstein, conduit en 1 h. 1/2 au Mautzenstein. On nomme ainsi un bloc de rocher couronné d’une croix au sommet d’un plateau aride d’où l’on découvre une belle vue Bur les vallées du Rhin et de la Murg, les Vosges et les montagnes de la Forêt Noire, etc. On voit distinctement la cathédrale de Strasbourg. — Du Mautzenstein on peut aller visiter, en 15 m., au S., le Bærenstein , rocher pittoresque qui a la forme d’un ours, ou descendre du côté opposé à Bernbach et à la Küllenmühle (F. ci-dessous).

[La route de Herrenalb à Neuenburg est indiquée 2 mil. 1/2 ) dans la R. 17. Il reste donc seulement à donner ici quelques renseignements sur celle qui descend le long de la vallée de l’Alb à Ettlingen. — A 15 m. au-dessous de Herrenalb on remarque, à g., les curieux rochers de Falkenstein qui paraissent une œuvre d’art, tant ils sont réguliers, et près desquels une scierie — la Küllenmühle -r~ a été bâtie à l’entrée d’un vallon latéral qui renferme le v. de Bernbach, 700 h., à 565 mèt. Au delà de la Küllenmühle, la vallée se rétrécit entre deux montagnes boisées, — le Druemberg sur la rive dr., et le Sægberg sur la rive g. de l’Alb. Après avoir franchi la frontière du Wurtemberg, on entre dans le duché de Bade, près du ham. de Steinhxuschen, à peu de distance duquel on atteint (1 h. de Herrenalb) l’ancienne abbaye de Franenalb, située à 347 mèt., près du ham. de ce nom. Cette abbaye de bénédictins, fondée, en 1136, par le comte Berthold III d’Eberstein, incendiée, en 1403, par les soldats badois, par accident en 1507, supprimée en 1597 — à cause de la mauvaise oonduite des religieuses — rétablie en 1629, a été définitivement supprimée en 1803, après la paix de Lunéville. Les bâti-

K. 14.— DE BADE A WILDBAD.— DOBEL. la»

ments ont, depuis, servi à divers usages industriels. — A 1 h. à l’O., on jouit d’une belle vue près du château de chasse de Mittelberg, situé à 615 mèt. — Un agréable cheminy conduit par le Meslinschwamhof et le Schneebachthal. De Mittelberg, on peut gagner, en 45 m-, Freiolsheim, v. de 450 h., à 581 mèt., qui jouit d’une belle vue, et d’où l’on descend soit à Malsch (F. R. 16), soit àGaggenau, par Michelbach (2 h.), (F. R. 9). — Si, deFrauenalb, on continue à descendre la vallée de l’Alb, on y trouve — (45 m.) Marxi oeil, ham. situé au débouché de la vallée du Meisenbach et qui dépend du v. de Pfaffenroth, situé sur la hauteur, en face de Burbach. — 15 m. plus loin est le Gertrudenhof. Les montagnes s’abaissent et la vallée s’élargit. On laisse, à g., la vallée de la Moosalb qui descend du v. de Moosbronn, entre Mittelberg, à l’E., et Freiolsheim, à l’O., grossie par le Schneebach. Ensuite après avoir dépassé la Kochmahlmühle, et laissé, à g., Spessart, à dr., Etzenroth, on atteint la Wattmahlmühle, où la vallée prend le nom do Matthal, et où on rejoint la route qui conduit d’Ettlingen à Pforzheim (F. R. 18) par Langensteinbach. — Enfin, on passe devant une belle filature de coton qui occupe 600 ouvriers, avant d’arriver à Ettlingen (F. R. 16).]

1 h. 15 m. de marche (sentier qui abrège) suffit pour monter de Hérrenalb à travers une vaste et solitaire forêt de pins et de sapins sur le plateau dénudé et froid du Do bel, où se trouve le v. du même nom (auberges), un des plus élevés de la Forêt Noire (749 mèt.). Près de ce v., mais surtout du Lerchentopf {30 m.), le point culminant de la montagne, on découvre un beau panorama sur la vallée du Rhin, les Vosges, l’Odenwald et le Kaisersstuhl. Quand le temps est clair on aperçoit le Dom de Spire.

De Dobel, on descend en 45 m., en dominant le •vallon du Mannebach, à 1 ’Eiachmühle, scierie-cabaret située sur l'Eiach, au fond de la vallée de ce nom, que l’on peut remonter par (1 h.) Lehmannshof (F. ci-dessous B) jusqu'au Wtldesee (F. R. 12) ou à la Teufelsmühlc (F. ci-dessous fî), ou descendre jusqu’au confluent de l’Eiach et de l’Enz, au-dessous de Hcefen (F. R. 15). L’Eiach franchie, on remonte immédiatement à travers une autre forêt, non moins calme et solitaire, jusqu’au sommet de la ramification qui sépare la vallée de l’Eiach de celle de l'Knz, et

140 DE BADE A WILDBAD -WILDBAD.

d’où l’on descend rapidement (sentiers qui abrègent) en découvrant de jolies vues sur la vallée de l'Enz, à

1 h. 30 m. de l’Eiachmühle, 2 mil. 1/4 de Herrenalb, 'Wildbad, — (Hôt. : Bcllevue, rebâti en 1839, Badhotel (plus nouveau), Bær, Waldorn , Kœnig von Württemberg. Les prix de ces hôtels sont à peu près les mêmes. On paye de 48 kr. à 1 fl. , et au-dessus, une chambre , 36 kr. , le déjeuner , de 1 fl. à 1 fl. 24 kr. , le dîner, sans vin, 1 fl. 15 kr. à 1 fl. 45 kr., le dîner, avec vin ( souper à la carte), le service de 24 kr. à 36 kr. — N. B. On trouve facilement des chaises à porteurs, des ânes, des chevaux et des voitures à louer pour les promenades), pet. V. de 2000 h. réf. située dans la vallée de l’Enz, qui court du S. au N. , à 444 met., entre deux chaînes de montagnes parallèles qui s’élèvent, couvertes de forêts, à 400 et500 mèt. au-dessus du niveau de l'Enz. — Malgré les avantages de sa position, elle doit sa réputation et sa prospérité (une partie de sa population est cependant misérable) à ses sources d'eau chaud e'(Wildbad, le bain Sauvage ), qui y attirent chaque année de 2500 à 3000 baigneurs.

Rien de moins intéressant et de plus obscur d’ailleurs que l’histoire de cette vallée écartée. — La première mention positive qu’en aient faite les chroniqueurs date de 1367. — Cette année-là le comte Eberhard de Wurtemberg vint s’y baigner pour y guérir ses blessures. Ses ennemis, les seigneurs du voisinage, essayèrent- de l’y surprendre ; mais, averti de leur approche par un berger qui lui servit de guide, il parvint à leur échapper. Il s’enfuit par le Kappelberg et Meistern à Zavelstein. Ses ennemis, pour se venger, brûlèrent Wildbad. — Le poète Uhland a composé sur cette donnée une pièce de vers devenue célèbre : der Ueberfall im Wildbad. Pendant la guerre de Trente ans, les Croates commirent dans cette vallée retirée les plus abominables excès, surpassés peut-être par ceux des Français dans la guerre de la Succession. Enfin, en 1796, lors de la retraite de Moreau, les Français en chassèrent les Autrichiens qui l’occupaient. — Quant à la ville, elle a été incendiée en 1454, 1509, 1595, 1645 et 1742, et cruellement ravagée par les débordements de l’Enz en 1824 et 1851.

L’Enz partage Wildbad en deux parties à peu près égales. — En remontant la rue principale qui se trouve sur

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la rive dr. de la rivière, on arrive à uije jolie place plantée d’arbres et formée par les hôtels Waldhorn (Post), Kœnig von Württemberg et Bær, l’église, l'hôtel des bains (Badhotel) et l’établissement des bains. — Au milieu est l’orchestre où l’on fait deux fois par jour de la musique pendant la saison, de 6 h. à 7 h. le matin, de 7 à 8 h. le soir.

Dans un des nombreux incendies qui ont détruit Wildbad, la vieille église située à l’extrémité de la ville fut complètement brûlée. Il n’en reste qu'une tour, et, en 1845, on a bâti une école sur son emplacement. L'église construite sur la Kurplats a été bâtie en 1745. — Pendant la saison on y célèbre chaque dimanche, le matin, le service catholique et un service anglican; le service protestant ayant lieu de 10 à 11 h. , et de 1 h. à 2 h.

L'Hôtel des Bains et l 'Établissement des Bains ont été construits il y a peu d’années, aux frais de l’État, auquel ils appartiennent. — LlHôtel des Bains contient : au rez-dechaussée, une galerie couverte, un café-billard, et d’autres salles ; au premier étage et aux étages supérieurs, une salle de conversation (avec piano) qui sert de salle de concert, une vaste salle h manger, un cabinet de lecture et soixante chambres convenablement meublées. — La porte de la salle de conversation s’ouvre par derrière sur une terrasse ornée de fleurs où jaillit un jet d’eau, et d'où l’on peut monter par des chemins faciles et garnis de bancs, à un pavillon (de 10 à 15 m.) d’où l’on découvre un joli point de vue. — L'Hôtel des Bains a sur les autres hôtels le grand avantage de communiquer sous le même toit avec

L 'Établissement des Bains ( Badgebæude ) bâti en grès rouge, dans le style byzantin, et contenant, outre les chambres où se déshabillent et s’habillent les baigneurs , et des salles de bains particulières, sept piscines différentes : — 1° le Fürstenbad (bain des princes), 70 mèt. carrés, 27 k 28 3/4® R. ; — 2“ le Herrenbad (bain des messieurs), 320 mèt. carrés ; — 27° R. la partie O. ; 28® R. la partie E. ; — 3° et 4° les petits bains des hommes et des femmes, 29° R.; — 5° le grand bain des femmes, 227 mèt. carrés, 27° et 28° R. ; — 6° le grand bain des messieurs; — 7° le grand bain des femmes. Ces deux derniers, bien que qualifiés grands, sont plus petits que les autres, etc. Dans toutes ces pis-

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cines une couche de sable fin est étendue sur le granit d’où jaillit l’eau des sources en bouillonnant. On s’y baigne en commun ; mais la piscine est vidée et nettoyée entre chaque bain, et l’eau s'y renouvelle sans cesse. D’ailleurs, avant d’y entrer, pour la première fois, chaque baigneur est obligé de prendre un bain de propreté. Enfin il est défendu de se baigner sans un costume de bains obligatoire.— Les prix des bains, du linge, du service sont fixés par un tarif.— En général, on ne reste pas plus d’une demiheure à trois quarts d’heure dans le bain.

Devant la façade de l’établissement des bains, qui donne sur la place, sont les Kurbrunnen. Deux escaliers y conduisent; 11 y a deux sources, dont la température est de 26» et de 28°, et une source d’eau froide ordinaire. C’est là que les malades viennent boire chaque matin la quantité d’eau ordonnée par leur médecin. La troisième source chaude (30° R.) coule derrière le Catharinenstift, la maison située en face de la rue, et ou le roi de Wurtemberg, Guillaume, a fait établir un bain de pauvres.

La saison de Wildbad commence le 15 mai et finit le 15 septembre. Le climat y est un peu âpre, et il y fait presque toujours froid le matin et le soir. Mais on y respire un air vivifiant. Les baigneurs doivent avoir le soin de sc munir de vêtements chauds. Les médecins sont le dr Friclcler, le dr Fallati, le dr Haussmann, et le dr Schœnleber. N. B. Le bureau où l’on délivre les cartes de bain, situé dans l’aile de derrière de l’hôtel des bains, est ouvert de 8 h. à midi et de 3 h. à 7 h. — Le dimanche, on ne se baigne que le matin.

Les eaux de Wildbad sont limpides et transparentes; elles n’ont ni saveur ni odeur; elles ne contiennent aucun principe actif, et cependant elles sont très-recommandées et très-efficaces, grâce à leur température et à une vertu thérapeutique inconnue, dans les affections nerveuses et certaines douleurs articulaires. — Elles sont chaque année plus fréquentées. En 1851, on a donné 52,702 bains à 2515 baigneurs.

Wildbad n’est pas un bain où les gens du monde s'amusent. On n’y joue pai^ on y danse peu, on ne s’y fatigue pas à changer quatfb fois par jour de toilette, mais les malades s'y guérissent, et les touristes qui aiment une nature pittoresque, sauvage et calme tout à la fois, y pas-

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seront d’agréables journées. Les environs abondent en promenades. — Avant tout, il faut signaler les jolies allées d'arbres qui, au delà de l’hôtel de Bellevue et du restaurant, remontent les deux rives de l’Enz aux eaux limpides et bruyantes. Sous ces charmants ombrages, s’élève un pavillon, et jaillissent des fontaines, dontl’une s’appelle la fontaine froide. A l’extrémité O. de cette promenade, on a érigé une pyramide en l’honneur du grand-duc Charles. —Après l’avoir dépassée, si l’on gravit la montagne, on monte à une cabane appelée Carlsburg, d’où l’on découvre un joli point de vue. — Du côté opposé, on peut monter sur la grande route, et au Windhof{ 30 m. de Wildbad), où l’on jouit également d’une jolie vue et où l’on peut se faire servir des rafraîchissements. Du reste les deux versants des montagnes sont sillonnés de chemins qui montent, par les bois ou par les prairies : à laHochwiese; au Panoramaweg ; dans la Rennbachthælchen ; à la PauUnenhœhe ; aux Kihlen Brunnen, etc. — Du Soldatenbrunnen (1 h. 30 m.), où conduit le chemin du Lehmannshof, et surtout près des blocs de rochers appelés grand et petit Wendenstein, on a une vue à peu près panoramique. — Sur la montagne de if eistem, qui s’élève en face, on peut monter au Riesenstein , appelé aussi Lange Stein (le chemin est difficile à trouver sans guide), bloc de pierre de 19 mèt. de long et de 0 mèt. de large, couvert de noms et de dates et sous lequel la tradition a fait ensevelir un géant. — Du Riesentein, on peut redescendre à Calmbach (F. R. 15), 1 h. de Wildbad, par la vallée de la petite Enz, où l’on trouve le Klein Enshof. — Meistem, ham. situé sur la montagne de ce nom(2h.), estaussi une excursion faite souventpar les baigneurs. On j jouit d’une belle vue sur toute l’alpe Souabe. 45 m. plus loin se trouve le ham. de Hühnerberg, dominé par les ruines du Vogtberg, d’où l’on aperçoit la vallée supérieure de la petite Enz. — N. B. De Meistem, si l’on ne veut pas revenir par le même chemin, on peut descendre directement sur la grande route de Freudenstadt (F. R. 13).

Au Wildesee , à la maison de chasse, au Hohlohkopf (F. R. 12) ; — à Dobel et à Herrenalb ( F . ci-dessus A) ; — à laTeufelsmühle par Lehmannshof (F. ci-dessous B); — à Enzklœsterle et à Gumpelscheuer (F. R. 13) j — à Calmbach (le chemin de la rive di. est plus agréable pour les piétons

144 R. 14. -DE BADE A WILDBAD.— LA TEUFELSMUHLE.

que la route de la rive g.) (F. R. 15) ; — à Calw, à Hirschau, à Liebenzell, àTeinach [V. R. 15). — N. B. Unchemin de piétons et une route de voitures qui se rejoignent à Naisslaoli conduisent h Teinach, outre la route décrite R. 15. La route de voitures passe par Calmbach, Naisslach,Würz bach etZavelsteiu ; le chemin de piétons passe par l’Enzhof, et rejoint la route de voitures à Naisslach ; — à Hœfen, à NeUenburg, etc. (F. R. 17).

A FreudensLvH, R. 13, — à Stuttgart, R. 13; — 1 Durlacli et à Carlirulie, R. 17.

B. Par Lagtsnbach et la ïecfelsmoiii.k.

S à 9 h. envir. — Roule qui ne peut se faire qn’4 pied ; un guide est nécessaire.

De Bade à Gernsbach (F. R. 9h

Outre la route qui vient d’être décrite, des chemins de piétons conduisent de Gernsbach à Wildbad, — l’un qui passe par la maison de chasse a été indiqué R. 12, — un autre qui mériterait d’être plus fréquenté (de 6 à 7 h.), monte, derrière Scheuren par (15 m.) le v. de Lautenbach, 400 h., à (1 h. 45m.) la Teufelumilhle (moulin du diable), montagne chenue, haute de -944 mèt., dont le sommet, couvert de blocs de grès épars, offre un magnifique panorama. A 15 m. du point culminant, qui forme les limites du duché de Bade et du Wurtemberg, on peut aller, soit en montant, soit en redescendant, visiter, près d’une petite cascade, dans un vallon étroit, les sept chambres du diable ( Teufelskammem ). On donne ce nom à sept grottes qui s’ouvrent dans le versant oriental de la montagne, à peu de distance de la source de l’Alb. La légende raconte ainsi leur origine : Quand le diable eut vu ses auditeurs l’abandonner pour aller écouter l’ange qui prêchait en face de sa chaire (F. R. 9, Bade), il se mit en colère et s’enfuit sur une montagne voisine, où il se construisit un moulin et sept salles, dans lesquels il pila des blocs de rocher avec un tel bruit que l’ange ne s'entendit plus parler et que ses auditeurs s’enfuirent épouvantés; mais la vengeance divine ne se fit pas attendre. Satan se sentit terrassé par une main si robuste que son pied fourchu en fut imprimé sur le rocher. Dès lors, il alla jouer ailleurs d’autres tours aux hommes et aux anges. De la Teufelsmühle, on va aussi visiter, outre les chambres du diable, la tombe

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