I. Le raisin de Gaye a de très-petits grains
monieux comme celui de tant d’autres villages du Béarn, Uzos, Estos, Syros, Bizanos, Sestos et Abydos, indique évidemment une origint grecque. Dans les environs, sur les bords de la Nées, on a découvert de belles mosaïques romaines. Le beau château de Gélos a été transformé en un haras qui contient une soixantaine d’étalons.
L'Hippodrome.
L'Hippodrome se trouve sur la route de Pau à Bordeaux, à 5 kil.
de Pau. Les courses, qui ont lieu du 18 juillet au 10 août, y attirent un grand nombre d’étrangers. En temps ordinaire il ne méritp pas une visite.
■orlaas.
to kil. Route de voitures.
En sortant de Pau par la route de Tarbes, on trouve une belle avenue de chênes, connue sous le nom d 'allies de Morlaas ; elle s’étendait autrefois à travers les bruyères .
jusqu’à la ville qui lui a donné son nom. A 2 kil. environ de Pau, on laisse à dr. la route de Tarbes, et l’on prend un embranchement qui, se dirigeant vers le N. E. , traverse le plateau inculte et marécageux du Pont-Long , dont nous avons déjà parlé en allant de Montde-Marsan à Pau (Voy. page 67).
Ces landes , [dont le nom vient, d’après M. Palassou , de Pontus Longus (mer longue) , ont été formées par les érosions des lacs des Pyrénées, qui, en s’abattant sur la plaine, ont arraché la terre végétale, semé des pierres et formé des marais et des fondrières. Au x* siècle, elles s’étendaient encore dans toute la longueur du Béarn , depuis les confins du Bigorre jusqu’à Dax;
ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES
mais elles ont été peu à peu réduites par la culture , et maintenant on s’efforce de les fertiliser entièrement ; les paysans doutent peu du succès, car ils offrent déjà jusqu’à 1000 fr.
d’un hectare de landes. Près de Morlaas on voit de nombreuses ruines qui prouvent que le sol était autrefois cultivé. Au delà de ce désert, traversé par l’Oussère et le Luyde Béarn, s’élève une chatnede collines arides; à leur base, du côté du N. , se trouve
10 kil. Morlaas , b. de 1721 hab. , chef-lieu de cant. de I’arrond. de Pau, qui fut pendant un certain temps la capitale du Béarn et le siège de l’hôtel des monnaies des souverains du pays. D’après une légende, il doit son nom au meurtre d’un vicomte de Gascogne, qui est mort là au xi* siècle, assassiné par un de çes vassaux, Fortun-Loup, auquel on a dit : mort tu l’as.
L’église de Morlaas , bâtie et consacrée à sainte Foi , par Centulle IV (celui qui fonda Sainte-Croix d’Oloron), a une longueur de 56 mèt.; composée de trois nefe , elle présente à peu près le môme aspect général que Sainte-Croix, a S’il n’est plus permis de suivre cette comparaison dans les détails, dit M. Cénao- Moncaut, il faut s’en prendre à l’incendie et aux dévastations que lui ont fait subir les protestants pendant les guerres de religion, et aux réparations successives qui ont eu lieu depuis, et qui, faites à la hâte et sans goût, ont complété sa mutilation. Son architecture n’est pas unitaire; le chevet, la nef et 1a façade appartiennent à l’époque romane, et tout le reste de l’édifice est gothique. La façade est surmontée d’une flèche hardie, au sommet de laquelle on
voit deux sculptures représentant les vaches du Béarn. La grande porte est du plus pur style roman; les colonnettes qui l’entourent sont à demi engagées dans des débris de maçonnerie; mais elles supportent encore plusieurs rangs de voussures fuyantes de la plus grande élégance , figurant des scènes de chasse, des oiseaux, des guirlandes de feuillages, et les vingt- quatre vieillards couronnés de l’Apocalypse, entièrement semblables à ceux de Sainte-Marie d’Oloron. »
C’est - sur l’autel de cette église que Gaston IV, de retour de Jérusalem, dont il avait été l’un des premiers conquérants, vint jurer le for de Morlaas ou loi du Béarn.
On ne voit plus que des ruines du formidable château de Gaston, appelé la Uourquie, dans lequel toutes les monnaies du Béarn avaient été frappées depuis le xi* siècle jusqu’à l’établissement de la monnaie de Pau.
Bizanos.
Bizanos, est décrit dans la R. 41.
De Pau à Orthez, à Mont-de-Marsan et à Paris (V. R. 4, 2 et i )j — à Dax et k Bordeaux (Y. R. 5); — à Bayonne (V.
R. 6); — à Oloron (Y. R. T); — à Saint- Jean-Pied -de-Port (Y. R. 22, 23)j — aux Eaux-Chaudes (V. R. 32); — à Tarbes (V. R. 39); — à Saint-Sauveur, Barcges, Cautereta (V. R. 41).
De Pau aux Baux-Bonnes.
42 kil. Diligences tous les jours en 6 b. (àl’aller)et 5 h. (auretour), pour 7 et 6 fr. -Voitures particulières pour 2J ou 30 fr. Relais de poste.
Au sortir de Pau, on traverse le Gave, qui porte le nom de cette
ville , sur un pont en pierre de sept arches, construit en 1748 et appartenant moitié à Pau, moitié à Jurançon. Des maisons bordent la route; elles dépendent de Jurançon, situé à dr. (2 kil. de Pau) au pied des coteaux qui produisent ce vin historique dont Henri IV but à sa naissance (voy. page 198). Au carrefour appelé la Croix du prince parce que Louis XIII, qui avait fait relever cette croix abattue , s’y agenouilla un jour pour prier, s’ouvre à g. la route de Gélos (Voy. page 201). Un peu plus loin on remarque, sur la g., la propriété du baron Bernadotte, neveu du roi de Suède , et bientôt ou franchit le JJéez sur un pont nommé d'Oly {ce mot béarnais signifie huile), parce que le Néez est si calme en cet endroit de son cours qu’il ressemble à un ruisseau d’huile. Ce pont traversé, la route remonte la rive g. de la rivière jusqu’auprès de la source dont nous parlerons plus loin.
Près du quatrième kil. , une belle allée d’arbres, bordée d’un trottoir toujours sec , conduit à la propriété des Astous.
8 kil. Gan , la première ville que l’on traverse, a été une des treize villes du Béarn ; elle était alors fortifiée et a soutenu plusieurs sièges; sa population actuelle est de 3051 hab. Elle a la prétention d’avoir vu naître Cujas, mais elle est certainement la patrie de Pierre Marca, l’historien du Béarn (1554-1662). La maison dans laquelle il reçut le jour forme l’angle g. de la grande place , au milieu de laquelle s’élève la halle. Les bains de Gan, célèbres du temps de Bordeu, sont depuis longtemps abandonnés.
C’est à Gan que la route de Pau
à Oioron se détache (à dr.) de celle des Eaux-Bonnes (V. R. 7).
» « Jouissez avec recueillement du charme de la fraîcheur, de la douceur ravissante de cette route, véritable jardin anglais, a dit l’auteur de l’/tinératre de Pau aux Eaux- Bonnes et aux Eaux-Chaudes.
Abandonnez-vous mollement aux rêveries, aux douces pensées qui vous viendront à l’âme, jusqu'à ce que la route tourne- d gauche, que vous traversiez un petit pont (sous lequel le Néez fait une petite chute) et que vous soyez arrivé au village de Rébenac. »
7 kil. (1 5 kil.). Hébenac , v. de 1 027 hab. , n’a absolument rien d’intéressant , mais il est le berceau de la famille Bitaubé , que la révocation de l’édit de Nantes força de s’exiler. Le château , qui attire les regards sur la dr. au milieu de vastes prairies, a conservé le nom de Bitaubé. On a découvert récemment, à peu de distance du village, une grotte qui a environ 260 mèt. de profondeur.
A Rébenac, la route d’Oloron à Nay croise la route de Pau aux Eaux-Bonnes.
Près du dix-huitième kil., on peut aller visiter , àdr. , à trente pas de la route, les Sources du Nies; l’une semble jaillir du rocher, l’autre sort de la terre avec tant de force et d’abondance qu’elle fait immédiatement mouvoir des usines.
Cependant la route a gravi le coteau verdoyant qui couronne le village de Sévignac. On a quitté la vallée du Néez; on va descendre dans la vallée d’Ossau.
6 kil. (21 kiL). Sévignac, v. de 922 hab. , possède deux sources mi- »
nérales, l’une sulfureuse, l’autre ferrugineuse , qui ne sont pas plus utilisées que celle de Gan.
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Du haut du coteau de Sévignac on découvre une vue étendue ; on aperçoit à ses pieds le joli bassin au milieu duquel s’est bâti le bourg d ’Arudy, donjiné par une butte calcaire que couronne la chapelle de Saint-Michel. Arudy , chef-lieu de canton de 1878 hab., possède : une église du style gothique construite au xiv' ou xvi' siècle, mais défigurée par des restaurations modernes; les débris d’une vieille tour ; une ancienne maison fortifiée et plusieurs maisons du style de la Renaissance. A l’O. se montrent Bescat et Buzy; un peu au delà, dans la direction du S., on voit Izeste que traverse la route d’Oloron (V. R. 8); la montagne qui le domine renferme la grotte d’Espalungue (V.
R. 33). A l’entrée de la vallée d’Ossau sont groupées les maisons de Louvie-Juzon , où va descendre la route, et, au fond, au-dessus des montagnes qui la forment, se dresse le Pic du Midi d’Ossau , facile à reconnaître par ses deux pics d’inégale hauteur. Après avoir laissé à g. Meyracq et Sainte- Colomme (1789 hab.) et traversé
•6 kil. (26 kil.) , Louvie-Juzon, v.de 1681 hab., dont l’église gothique du xv' ou xvi» siècle possède un clocher plus ancien terminé par une pyramide octogonale , et où l’on remarque plusieurs maisons du xvi' et du xvn' siècle, on franchit le Gave d’Ossau, sur la rive g. duquel la route de Pau se relie à celle d’Oloron (V. R. 8). En face du pont s’élève T hôtel des Pyrénées, qui fait parfois manger de bonnes truites, un peu trop chères, aux hôtes qu’il a l’honneur de traiter.
Un chemin de grande communication relie Louvie-Juzon à Ray et à Lestelle.
Après avoir gravi un col, il descend dans
la vallée de l’Estarresou , monte à Mifaget( 219 hab.), redescend, dans la vallée du Landistou, à Bruges (iSST hab.), franchit le Bées et s’élève sur le chaînon qui sépare la vallée du Bées de celle du Gave de Pau. Avant d’atteindre Assort (266t hab.), il se bifurque. L’embranchement de g. (nord) descend au Bées, qu’il traverse pour gagner Nay (V. K. 4t); celui de droite (est) passe à Assnn, traverse le torrent le Louzon, et va rejoindre la route de Pau à Baréges, à 3 kil. de Lestelle (V. R. 4i). On compte environ 2t kil. de Louvie-Juzon à Nay, et 23 kil. à Lestelle.
Au delà de Louvie-Juzon , on entre dans la Vallée d’Ossau proprement dite , vallée trop vantée par certains écrivains, car ses montagnes, peu variées de formes , sont presque entièrement dépouillées des forêts qui les embellissaient autrefois. Le torrent a de belles eaux, mais il manque de force et d’ampleur; les coteaux sont trop cultivés pour pouvoir être pittoresques ; la végétation est maigre, chétive et rare; les maisons ont un aspect gris et froid que les plus habiles coloristes ne parviendraient pas à rendre agréable; le soleil le plus ardent perd son éclat sur leurs toitures d’ardoises. La vallée d’Ossau n’a de vraiment beau que son ciel , d’intéressant que les costumes et les mœurs de scs habitants.
Parcourue dans toute sa longueur par le Gave du même nom, cette vallée, perpendiculaire à la chaîne des Pyrénées, s’étend, sur une longueur de 16 kil. environ, de Sévignac jusqu’à une faible distance au delà de Laruns. Au N. O. , elle s’ouvre par une vaste échancrure, et va se perdre dans la plaine d’Oloron; à l’O., un chaînon transversal, qui s’élève graduellement à mesure qu’il se rapproche de la