‹ Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'Océan a la MéditerranéeChapitre 148 sur 384 · ROUTE 42. DE TARBES A CAUTERETS · texte numérisé non relu

ROUTE 42. DE TARBES A CAUTERETS

connus autrefois dans toute la France sous le nom de beurraires ; ils différaient complètement de leurs voisins sous le rapport des mœurs et portaient un costume particulier :

veste courte, ceinture rouge, béret blanc bordé d’un liséré rose; la plus légère infraction au costume obligé était punie parle seigneur. Au N. O.

du village , on voit un ancien château près duquel on distingue sur une hauteur les vestiges d’un camp romain. La tradition rapporte que Crassus , lieutenant de César , s’y fortifia ; cet ancien camp forme un carré long, ayant quatre ouvertures, entouré de fossés d’une largeur et d’une profondeur considérables; il pouvait contenir 4 à 5000 homme.]

Après avoir dépassé la route de Juillan, on traverse une fois l’Êchez, puis trois fois son affluent, le Geune, qui serpente à dr. et à g. de la route, et bientôt Ton se trouve sur une plaine haute qui s’étend à l’O. vers Ossun. C’est Lanne Mouri ne (Landes des Maures), champ de bataille où les débris des Sarrasins vaincus par Charles Martel entre Tours et Poitiers furent écrasés par les Bigordains sous les ordres de Missolin ou Mesclin. Les levées de terre d’origine inconnue que Ton voit près d’Ossun sont peutêtre des tumuli qui datent de ce jour de bataille; cependant il est plus probable que c’étaient des postes fortifiés , élevés par les Romains.

A TE. de cette plaine s’élève sur une colline , à 10 kil. de Tarbes , Lanne, v. de 482 h. , et tout près de Lanne, dans la plaine fertile del’Êchez, se trouve, à la môme distance de Tarbes, Bénac, v. de 855 h. Lors des croisades, dit la légende, un vieux gentilhomme , qui venait d’épouser femme gentille, se sentit

consumé par le zèle de la foi, et partit pour la Palestine, disant à sa femme qu’elle pourrait se remarier si elle ne recevait pas de ses nouvelles avant sept ans. Les sept ans étaient près de finir, et le vieux gentilhomme malade et captif songeait tristement dans son cachot, quand soudain le diable lui apparut. « Marquis, lui dit-il, ta femme doit épouser ce soir môme le baron des Angles.

Donne-moi ton âme et je te transporte dans le château. — Mon âme , répond le marquis, est à Dieu. — Ton cœur.— Mon cœur est au roi, mais je te donnerai les restes de mon souper. * Le diable, qui sans doute avait faim , accepta le marché, mit le chevalier mourant sur ses ailes rouges et le transporta au manoir de Bénac. Les deux amants venaient de s’asseoir au banquet nuptial ; l’évêque de Tarbes, mitre en tête, crosse en main , allait leurdonnersa bénédiction, quand le vieillard parait soudain , couvert de vêtements en lambeaux, hideux , semblable & une bête fauve. Les domestiques le repoussent ; mais le cheval hennit dans l’écurie en entendant les pas de son maître, et le chien se traîne à ses pieds pour lécher les cicatrices qu’y avaient laissées les ceps de fer.

Au sortir de la plaine de Lanne Mourine, on franchit le ruisseau de Rieutort entre deux collines dont celle de l’O. est boisée , puis on gravit une petite côte avant d’atteindre

14 kil. de Tarbes. A dé, v. de 688 h. , où le paysage commence à prendre un caractère montagneux; des collines escarpées, couvertes de fougères ou de bois, s'étendent de chaque côté dans la direction du B.

D’après la tradition locale, on y trouvait encore des sangliers il y a

ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES

quelques années. A peu de distance d’Adé, la tour carrée du château de Lourdes apparatt sur son rocher, et à l’E. se dresse, dans le lointain, la Pêne de Lhièris, au sommet recourbé. (Voir Bagnères de Bigorre).

La route . de plus en plus accidentée, laisse & dr. le v. de Saux, à g. celui des Granges, près duquel se trouvent les restes d’un camp romain connu dans le pays sous le nom de Castra de Julos (camp de Jules), puis une métairie dont le nom, Strada, semblerait indiquer que l’anciennne voie romaine de Dax à Saint-Bertrand passait par ce point. Quelques archéologues ont voulu voir dans Strada le poste intermédiaire d’Oppidum Novum.

Plus loin, la route fait un circuit pour éviter un abîme que recouvre une prairie. Dans ce lieu qu’on appelle marais du Monge (du Moine) , une montagne disparut, dit-on, engloutie tout à coup par un tremblement de terre. Après avoir franchi la petite ramification qui sépare le bassin de l’Adour de celui du gave de Pau , on descend à

& kil. ( 19 kil. de Tarbes ) Lourde. (V. R, 41).

Au delà de Lourdes, on entre dans la célèbre vallée de Lavedan, où viennent déboucher sept autres vallées latérales, appelées rivières dans le pays, car elles sont formées en effet par les rives plus ou moins escarpées des torrents qui les arrosent : elles ne sont à leur origine que des gorges profondes et ne s’élargissent un peu qu’en descendant vers la vallée principale ; elles portent les noms de val Surguère, Gastelloubon , Extrême de Sales, Asm , Davantaïgue , Saint-Satin et Bareges.

A peine a-t-on quitté Lourdes,

en remontant la rive dr. du Gave, que l’on aperçoit à g. le château de Hiiou sur le sommet d’une montagne ; son état de ruine est tel qu’on peut à peine distinguer au centre d’une enceinte très-étroite les débris informes d’un donjon carré. Hiéou était autrefois un poste occupé par une petite garnison chargée de surveiller la vallée et de transmettre les signaux à Labarrère du côté de l’E. et à Vidalos du côté du 8. Elle faisait partie du système d ’atalayes ou forts guetteurs espacés de distance en distance à travers le Bigorre.

Vallées de 8urguère et de Caetelloabon .

Les deux premières vallées qui s’offrent à la vue sont : à l’O. de l’autre côté du Gave , celle de Surguère, et à l’E. , celle de Castelloubon. La première, assez petite, renferme cinq beaux villages. Les habitants , industrieux et sobres , donnent un soin particulier à la culture du lin et à l’exploitation des carrières d’ardoises et de marbre.

C’est dans les environs du village d’Aspin (218 h.) qu’on extrait le marbre noir et veiné de spath, si connu sous le nom de marbre d’Aspin.

L’autre vallée, celle de Castel loubon (Château-le- Bon) , est plus grande et s’élève à l’E. jusqu’aux escarpements du pic de Mont-Aigu haut de 2340 mèt. (V. R. 60). Elle tire son nom d’un vieux château dont on voit encore les ruines, sur un rocher isolé , près du village de Cotdoussan, dans sa partie la plus sauvage et la plus reculée. La vallée principale et ses affluents contiennent 10 villages , parmi lesquels, ceux de Juncalas (366 h.), à 8 kil.

ROUTE 42. LE LATEDAN. — GAZOST.

de Lourdes, et de Gazost (454 h.), à 10 ldi., sont les plus importants.

Le torrent qui débouche dans le Gave de Pau , un peu au-dessus du Pont Neuf, est formé par la réunion, opérée près de Juncalas, du Louey, ruisseau qui descend des hauteurs dominant Cotdoussan, et du Nez, qui prend sa source au pied du Mont-Aigu et qui a creusé la sauvage et pittoresque gorge de Gazost.

.Près de Gazost, dans une gorge latérale à laquelle on donne le nom de vallée de Biès , et que domine à son extrémité supérieure le pic de Bigala , jaillissent des sources minérales froides (12*, 50 à 14* çentig.) et sulfureuses, inconnues pendant des siècles. Ces sources ont été longtemps la propriété de 1a famille de Rohan Rochefort ; elles appartiennent aujourd’hui à M. Burgade, qui les exploite avec un succès croissant, et qui a donné son nom à la principale. Aux paysans, qui seuls fréquentaient ces bains, a succédé la bourgeoisie du département ; avant peu, ce sera le tour des étrangers.

Grâce aux efforts des propriétaires , url hôtel confortable, des maisons commodes, se sont déjà construits pour les baigneurs.

L’établissement des bains est situé à côté d’une fabrique importante appartenant également à M. Burgade. Une chapelle spéciale est annexée aux bâtiments. A quelques centaines de pas commencent de magnifiques forêts qui couvrent plusieurs montagnes. On peut faire dans les environs un certain nombre d’excursions intéressantes.

LES EAUX

Eau froide, sulfureuse, iodobromurée.

Connue très -anciennement sous le nom de houn pude (fontaine puante).

Émergence : Des schistes de transition.

Deux sources : S. Burgade, S. de Nabeas, appelée par M. O. Henry S. du torrent.

Débit en 24 h. : Abondant d’après M. O. Henry.

Température i 12*5 à 14*.

Caractères particuliers : Eau limpide, odeur et saveur sulfureuses.

Effets physiologiques : Eau excitante, détersive, résolutive, réunissant aux propriétés des eaux sulfureuses froides celles des eaux iodo-bromurées.

Se transporte et se conserve bien en bouteilles.

Classification chimique : Eau sulfurée sodique , avec proportion notable de chlorure sodique , d’iodura et de bromure alcalins.

Analyse (O. Henry.)

Eau l kit .

gr-

Sulfure de sodium 0,0320

■ de calcium 0,0036

» de magnésium trac. se».

Chlorure de sodium 0,tooo

lodure et bromure alcalins.. 0,0101 Carbonate de soude et de pot. | 0#lg0 Silicate de soude etde potasse.) ’ Carbonate de chaux et de mag.j Silicate de chaux et de magn. I '

Sutfhte de soude 0,0 ioo

Alumine avec silice

Phosphate terreux I

Sel ammoniacal sensible.. ...I

Oxyde de fer \ o,05M

Matière organiq. azotée I

» sulfurée .1

Glairine rudimentaire /

Azote....... indét.

Bibliographie : Filhol,Eaux minérales des Pyrénées. —0. Henry père, Eaux sulfureuses, iodo-bromurées, de la vallée de Gazost, analyse chimique. Bordeaux, 1857; in-8.

Le médecin-inspecteur est M. Lacrampe (d’Aspin).

Les renseignements suivants sont extraits d’une brochure publiée en 1857 par M. 0. Henry père. t a L’eau de Gazost, par sa composition chimique et sa richesse sulfureuse, se place au nombre des meilleures eaux sulfureuses de la chaîne des Pyrénées. La présence des éléments sulfureux associés aux principes iodés et bromés justifie pleinement les bons effets que cette eau produit dans une foule de cas où son usage est conseillé comme agent thérapeutique.

« On peut boire sur place cette eau minérale et la prendre en bains ou en douches : elle sera alors trèsprécieuse. Mais lorsque, dans un établissement mieux organisé que celui qui existe aujourd’hui, on saura l’administrer rationnellement en la chauffant, soit par serpentinage dans des appareils appropriés, soit mieux encore peut-être en la chauffant par le système des cou- ■ pages, c’est-à-dire en ajoutant aux 2/3 ou aux 3/4 de l’eau vierge, 1/3 ou 1/4 d’eau portée à 95 ou à 100 degrés centigrades, la diminution de 1/3 ou de 1/4 dans la proportion du principe sulfureux pour les bains laissera encore un degré très-satisfaisant pour l’usage balnéatoire (9“,9 et 8°, 8).

a D’après ces considérations, je pense que l’existence des sources sulfureuses, et même de celle de nature ferrugineuse dont il a été question, doivent être un jour une véritable richesse pour }a vallée de

ÏS PYRÉNÉES.

Gazost. Mais ce résultat ne pourra être obtenu que lorsque des routes faciles et commodes permettront aùx malades l’accès de cette magnifique vallée , et engageront les propriétaires à construire près des sources un établissement thermal capable de répondre à toutes les exigences des applications hydrothérapeutiques. »

Des sentiers de montagnes praticables à cheval conduisent de Juncalas au sommet de la chaîne qui sépare la vallée de Castelloubon de celle de Trébons ; du faîte on peut gagner directement Bagnères de Bigorre (V. R. 60) en 1 h. 1 5 m. ou en 2 h. , si l’on passé par Trébons (V.

R. 60). Dn guide est nécessaire pour cette course qui n’offre pas un grand intérêt, mais qui rapproche Lourdes et Argelez de Bagnères de Bigorre.

A 2 kil. (21 kil.) de Lourdes, au confluent du Gave et du Nez qui vient d’arroser le val de Castelloubon , on traverse le Gave sur le Pont Neuf, et, suivant une belle route ombragée de noyers, on côtoie la base des montagnes escarpées de la rive g.

6 kil. (27 kil.).- Les deux villages d’Ayos et de Vidalos, que l’on trouve ensuite , opposent leur vieille tour aux ruines dè Hiéou sur une éminence de l’autre rive. De cette tour les communications télégraphiques transmises de Lourdes par le château de Hiéou se dirigeaient au S. sur Vieuzac.

A 3 kil. plus loin (30 kil.), à dr.

et à g. de la route, sur les bords t du torrent de Bergons, sont les deux villages d’OsL et d’Ayxae, contenant une population agglomérée

ROUTE 42. ARGELEZ.

d’environ 500 h. C’est là que la vallée de l'Extrême de Salle* , descendue des montagnes qui dominent à l’O. le pays du Lavedan , vient déboucher dans la vallée d’Argelez.

L’Extrême de Salles , que le Bergons arrose dans toute sa longueur, est remarquable par les beaux groupes de noyers qui ombragent ses pentes. Son chef-lieu est le village de Salks (571 h.), situé sur la rive dr. du torrent.

Après avoir traversé le Bergons , la route monte un peu , et , du haut d’une petite côte , on peut contempler le beau bassin d’Argelez, « riche plaine de deux lieues d’étendue, dit M. de Chausenque, nivelée par d’anciennes alluvions et fertilisée par les eaux du Gave qui, au sortir des sombres gorges où mille obstacles l’irritaient, s’étend et ne mugit plus. De loin , elle ressemble à une forêt, et, |ur les diverses zones de ses montagnes, des champs, des prairies, des villages demi-cachés dans les arbres ou couronnant des mamelons, dés pâturages, des bois de sapins et enfin de belles sommités neigeuses, lui forment un cadre digne d’elle. En s’éloignant de la plaine . la température est de plus en plus refroidie ; mais ici , le soleil a retrouvé sa force pour mûrir les fruits de la vigne et du figuier....

Au delà, presque plus de fruits; le domaine de la culture est restreint à des prairies ou à quelques champs épars au milieu des rochers.

• Au milieu du bassin paraît la ville d’Argelez , au débouché de la vallée d’Azun qui , plus haute que celle du Gave, est aussi. moins réchauffée, mais ne le cède à nulle autre en sites gracieux.... Au fond de la plaine s’élève la montagne de Soulom, base du pic de Viscos, qui

sert de méridienne à Lourdes. A ses côtés, deux gorges fameuses, aux pentes abruptes, se croisant dans l’éloignement, remontent jusqu’à la crête de la chaîne : celle de Cauterets, de l’aspect le plus hérissé, avec ses monts granitiques drapés de sapins, et celle de Baréges se prolongeant entre de hautes pyramides jusqu’aux sommités de Gavarnie, où l’on reconnaît la pointe du Piméné. Il est même un endroit sur la route auprès de Vidalos, d’où se découvrent la tour du Cylindre et le dôme blanc du Mont-Perdu. »

Avant d’entrer à Argelez , on traverse le faubourg de Vieuxac , patrie du célèbre Barrère. On y voit encore un donjon télégraphique plus considérable que ceux de Vidalos et de Hiéou. « Comme tour à signaux, Vieuzac transmettait ses feux au château de Saint-Sa vin, dépendant de l’abbaye de ce nom , et maintenant détruit de fond en comble ; puis à celui du Prince Noir, dont les belles ruines dominent encore la vallée d’Azun. »

2 kil. (32 kil.) Argelez (hôt. de France) , chef-lieu d’arrondissement du dép. des Hautes-Pyrénées, petite V. de 1662 h., est située sur la rive g. du Gave d’Azun , près de son confluent avec le Gave de Pau, et adossée aux pentes boisées du Gez. Elle n’a de remarquable que sa position, car elle ne possède aucun édifice curieux à montrer au voyageur, et son histoire est presque nulle. On y travaille à la construction d’une église.

D’Argelez aux Eaux-Bonnes par le val d’Azun et le col de Tortes (V. K. 37).

Au sortir d’Argelez on franchit le Gave d’Azun; on laisse : à g., le petit village de Lan , dont l’église

ITINERAIRE DES PYREnEES.

neuve est sans aucun style, puis, àdr. , Balagnas (ensemble 371 h.); on aperçoit dans le lointain , sur la rive dr. du Gave le château A’Areyte, et bientôt on arrive près de l’abbaye de Saint-Savin qui se trouve un peu à l'O. de la route, ainsi que le village de même nom (609 h.).

Sur l’emplacement qu’occupent aujourd’hui les restes de cette abbaye s’élevait du temps des Romains, le Palatium Æmilianum-, mais , comme tant d’autres édifices du midi de la France , ce palais fut détruit par l’armée du calife Abder-Rhaman. Plus tard, saint Sa vin, fils de Hentilius, comte de Poitiers, vint chercher une retraite au milieu de ces ruines , et y passa treize années dans la prière. Enfin sur ces débris, Charlemagne bâtit un monastère , où , d’après la chronique , Roland , le merveilleux paladin , magnifiquement accueilli par les moines, pourfendit, pour payer son écot, les deux géants impies Alabastre et Passamont. Aussi l’abbaye garda-t-elle unegrande réputation de sainteté, et, lorsque Louis le Débonnaire fit demander des contributions et des hommes de guerre à presque tous les couvents de France, il n’osa réclamer des moines de Saint- Savin que leurs prières.

En 843, les Normands envahirent le Bigorre, et le monastère de Saint-Savin s’écroula dans les flammes. Raymond I*', comte de Bigorre, le rebâtit vers le milieu du x* siècle, et confirma la donation de Charlemagne , en y ajoutant l’octroi de l’épaule droite et de la peau de tous les sangliers , cerfs et isards pris dans la vallée. Le fermier du lac de Gaube devait aussi apporter un demi-quintal de truites à l’abbé de Saint-Savin, et les pas-

teurs acquittaient un tribut de deux fromages par an. Ce n’est pas tout :

lors des processions l’abbé payait d’un baiser de paix un bouquet que lui donnait la plus jolie fille d’Argelez (Bascle de Lagrèze).

Berlin a célébré dans ses poésies ;

Le long dîner, la courte messe

Du bon abbé de Saint-Savin.

La vallée de Saint-Savin formait une véritable république fédérale sous la présidence de l’abbé. Les femmes y avaient voix délibérative aussi bien que les hommes , et l’histoire nous rapporte qu’un jour une femme appelée Gualhardine de Fréchon opposa son véto à l’unanimité de tous les citoyèns.

Les bâtiments de l’abbaye de Saint-Savin qui s’élevaient au N. de l’église viennent d’être acquis par le ministère d’Êtat, et M. Bœswilwald, architecte dgs monuments historiques, a reçu la mission de réparer les appartements qui composent ce qui reste de l’abbaye.

La salle capitulaire va être rendue à l’église pour lui servir de sacristie. Le grand jardin sera entretenu pour l’agrément des voyageurs. L’ancienne cuisine et la salle à manger ont été mises à la disposition du maître d’hôtel de Pierrefitte, afin que les étrangers qui viennent visiter Saint-Savin puissent y trouver un restaurant convenable. En outre, pour faciliter les excursions à cheval ou en voiture de Pierrefitte â Argelez par Saint- Savin, la route de Saint-Savin k Argelez va être rectifiée.

L’église de Saint-Savin est uil des édifices de style roman les plus remarquables des vallées pyrénéennes. Là seule porte qui y donne entrée est située sur la façade occi-

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