DE TARBES A SAINT-SAUVEUR
50 kil. et 51 kil. Route de poste. Dilig. Dodé, 4 départs par jour pendani la saison. Dilig. de la place de La Fayette, l départ par jour. Voitures à volonté.
Tarif de la poete aux chevaux. Chaises et cabriolets, 4 fr. et 6 fr. par myriamètre ; berlines, 8 fr. par myriamètre.
De Tarbes à Pierrefitte (V. R. 42).
Au sortir de Pierrefitte, on franchit sur un pont de pierre le Gave
d’une probité rigide , et d’un courage à toute épreuve. Les contrebandiers ne sont pas ordinairement de méchantes ens ; beaucoup sont complaisants et ospitalier3. Il n’y a pas un voyageur dans les Pyrénées qui n’ait eu à se louer de leurs services. Je suis très-porté à attribuer la mort de ces deux jeunet étrangers h l’ignorance du guide. »
ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES
de Cauterets, au delà duquel on côtoie (à dr.) la montagne de Soulom. 800 met. plus loin, on traverse sur un beau pont d’une seule arche (le pont de Villelongue , V. R. 43) le Gave de Baréges , et l’on se trouve à l’embouchure d’une majestueuse tranchée que les eaux supérieures se sont ouverte] entre des roches schisteuses, taillées à pic et d’une grande hauteur. « Cette gorge, a dit George Sand, est sans contredit la partie la plus austère et la plus caractérisée des Pyrénées.
Tout y prend un aspect formidable ; les monts se resserrent; le Gave s'encaisse et gronde sourdement en passant sous des arcades de rocherset de vignes sauvages ; les flancs noirs du rocher se couvrent de plantes grimpantes dont le vert vigoureux passe à des teintes bleues sur les plans éloignés et à des tons grisâtres vm les sommets. L’eau du torrent en reçoit des reflets, tantôt d’un vert limpide, tantôt d’un bleu mat et ardoisé comme on en voit sur les eaux de la mer. De grands ponts de marbre d’une seule arche s’élancent d’un flanc à l’autre de la montagne au-dessus des précipices. Rien n’est si imposant que la structure et la situation de ces ponts jetés dans l’espace et nageant dans l’air blanc et humide qui semble tomber à regret au fond du ravin. *
Pendant l’espace de 8 kil., la route est tantôt ouverte à l’aide de la poudre le long des flancs de la roche dure, tantôt suspendue sur des voûtes ou sur de longs soutènements qui vont chercher leur appui dans les profondeurs du gouffre, à plusieurs centaines de mèt. audessus du torrent. Le paysage, toujours grand, toujours beau, varie à chaque pas que l’on fait dans cette
magnifique gorge un peu trop dépouillée d’arbres dans sa partie inférieure.
Une ligne blanche, tracée horizontalement à une assez grande hauteur sur le roc taillé à pic , et continuée, tantôt par des échelles horizontalement placées que supportent des barres de fer enfoncées dans le roc, tantôt par un étroit sentier, attirait jadis l’attention du voyageur. C’était l’étude d’une route nouvelle qui restera (on y travaillait en 1858) constamment sur la rive dr. du Gave , durant la plus grande partie du trajet , afin d’obvier ainsi aùx éboulemerits fréquenta des ro- * chers qui surplombent la rive g.
De Pierrefitte à Luz en effet, on ne compte pas moins de 7* ponts : le pont de Villelongue , le pont de l’Échelle et le Pont Neuf sur le Gave ; plus loin , au-dessous du pont plus pittoresque de l’ancienne route, le pont d ‘Enfer, sur le Gave de Lartigue, qui descend des montagnes de l’E. au milieu de rochers jaunis par le soufre et par l’ocre ; le beau pont de la Hiladère ( fileuse ) , construit en pierres de serpentine par MM. Livet et Lefranc ; un autre pont sur le Gave entre Sassis et Sère; enfin, le septième sur lp torrent du Bastan, à l’entrée de Luz.
« Au sortir de ce défilé, dit encore George Sand, nous aperçûmes au fond de la gorge , qui insensiblement s’élargissait devant nous, la délicieuse vallée de Luz inondée des feux du soleil levant. La hauteur des montagnes qui bordent la route ne permettait pas encore au rayon matinal d’arriver jusqu’à nous. Le merle d’eau ne faisait pas entendre son cri plaintif dans les herbes du torrent. L’eau écumante et froide soulevait avec effort les voiles de