ROUTE 47. DE TARBES A SAINT-SAUVEUR
brouillard étendus sur elle. A peine, vers les hauteurs, quelques lignes de lumière doraient les anfractuosités des rochers et la chevelure pendante des clématites. Mais, au fond de ce sévère paysage , derrière ces masses noires, âpres et revêches comme les sites aimés de Salvator, la belle vallée, baignée d’une rosée étincelante, nageait dans la lumière et formait une nappe d’or dans un cadre de marbre noir. »
9 kil. (4G kil.). Le village de Chèse (190 h.) est situé sur la rive dr. du Gave , près du pont de la Hiladère, dont l’obélisque porte l’inscription suivante : La vallée de Baréges à la reine H or tente. 1807. 11 fut emporté en 1301 par un éboulement formidable de neige qui engloutit plus de cent personnes. Les églises de ce village et du hameau voisin de Saint-Martin , ayant résisté à l’avalanche, sauvèrent ceux qui y avaient cherché un asile. Le village de Chèze fut seul rebâti, et les habitants de Saint-Martin s’établirent dans les villages voisins moins exposés. Saligos (273 h.), situé plus haut sur la rive dr. du Gave, à 3 kil. de Luz, a été également menacé d’une destruction totale. Vis-à-vis de Chèze, sur le versant oriental du pic de Viscos (2143 mèt.), se montre le v. de Viscos, près duquel jaillit une source fermgineu.se.
Entre Saxot (rive g.) et Visas (rive dr. ), et à une faible distance de Sassis, v. de 101 h., situé sur la rive g., ' on passe sur la rive dr. du Gave , et bientôt on arrive au petit groupe de maisons de Serre ou Lasserre.
L*église de ce hameau, assez complète, rappelle le type primitif des églises romanes; elle date certainement d’une époque antérieure au xn* siècle. En en déblayant récem-
ment les abords, qui s’étaient considérablement exhaussés par suite d’inhumations séculaires, on a relevé un grand nombre de tombeaux.
Cette circonstance, rapprochée de l’importance de l’édifice, permet de supposer que l’église de Lasserre fut construite pour une agglomération d’habitants beaucoup plus considérable que celle qui l’entoure aujourd’hui. Sa situation sur un lieu escarpé , favorable à la défense , pourrait donner à croire que les premiers habitants de la vallée de Luz se groupèrent sur ce point et y fondèrent- leur première capitale.
Mais, lorsque les Templiers curent construit leur établissement au milieu des vertes prairies de la vallée, il est probable que la population afflua sur les rives plus riantes du Bastan , et Luz finit par remplacer l’ancienne ville de Serre , qui perdit toute son importance , et qui ne forme plus qu’une moitié de commune, ayant avec le village d’Esquièxe une population de 413 h.
C’est à Esquièze qu’on danse le gabaret mieux que partout ailleurs.
Les jeunes gens se réunissent parés de tous les falbalas et de tous les accoutrements ridicules du canton. Un d’entre eux, représentant Bayard, s’avance d’un air héroïque sur un cheval de bois. Tous les jeunes gens dansent avec des contorsions grotesques une espèce de drame dont l’action consiste dans l'enlèvement d’une jeune fille; mais le chevalier sans peur et sans reproche la délivre et la reconduit à , ses parents.
La chapelle d’Esquièze, malgré sa reconstruction toute moderne, a conservé une petite fenêtre percée d’un fer de lance à la clef, dans U genre moresque, une lucarne à as-
ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES
térisque et une porte ogivale qui rappelle le xiv' et le xve siècle. Sur le mur du S. se trouve un grossier bas-relief qui appartient évidemment à l’époque romane et prouve ainsi qu'il existait une chapelle en ce lieu avant le xn* siècle.
Après avoir dépassé Esquièze, on traverse le Bastan sur un pont de marbre et on entre dans la ville de
12 kil. de Pierrefltte (51 kil. de Tarbes) luz (V. R. 48).