ROUTE 56. BARÉGES. — LE PIC DU MIDI
forment, dit M. de Chausenque , un premier plan très-varié. Au delà, ce n’est de toutes parts qu’une immense topographie, toute nuancée de couleurs qui , se dégradant toujours, vont se perdre dans le vague à l’extrémité de l’horizon. Mais de Pau à Saint-Gaudens, de Lourdes à Miélan, dans les premières plaines du Gave et de l’Adour, comme dans celles de la Garonne , tous les objets sont visibles et l’œil peut en suivre les innombrables détails. Dans la grande vallée de l’Adour , où se touchent les villages, où Tarbes s’étend avec ses routes rayonnantes, le fleuve se dessine jusqu’au delà de Vie comme un filet argenté sur une bande de verdure. Plus près, Bagnères, groupe bleuâtre, semble vouloir se cacher sous les pieds; Lourdes laisse voir son triste château et son petit lac qui réfléchit le ciel, et, par delà les landes brunes de Pontacq , la plaine bigarrée du Béarn conduit l’œil 'jusqu’à Pau, dont les édifices sont très-distincts.
De même, à l’E. , au delà du plateau stérile de Lannemezan, on peut suivre le cours de la Neste, Brillant çà et là jusqu’à Montréjeau , où elle se réunit à la Garonne.
Celle-ci reluit comme un point brillant auprès de Saint-Gaudens. A l’extrême horizon de l’O., on remarque une bande horizontale plus éclairée que tout le reste de l’atmosphère et s'effaçant vers le N. ; cette lueur ne peut provenir que de la mer, ses rivages étant dans le champ de vue, puisque des dunes de Bayonne on reconnaît le Pic du Midi.
a A l’opposite , vers l’Espagne , le contraste est parfait. Là, plus de villes, plus de hameaux, plus de campagnes fertiles. Excepté quel-
ques cabanes éparses, la demeure de l’homme, reléguée dansles fonds, reste inaperçue, et la nature grandiose n’offre sur tous les points que la neige et les rocs dépouillés. A g.
derrière les montagnes de Saint- Sauveur, on reconnaît les escarpements du pic de Gabisos, le Monné de Cauterets, le Pic d’Ossau et les monts éloignés du Béarn. En face , on distingue la double cime du Néouvieille avec son glacier, et, sur le second plan, la superbe chaîne calcaire du Mont- Perdu jusqu’au Vignemale; au pied du Marboré, l’amphithéâtre de la cascade dominé par ses Tours. Du côté de l’orient, le sommet dominateur des Pyrénées, la Maladetta, attire les yeux par ses brillants glaciers. Au delà, le Mont-Vallierlève encore sa tête blanchie, et les monts bleuâtres du comté de Foix se perdent derrière les hauteurs ternes de la Barousse.
t Quoique le Pic du Midi dépasse la limite inférieure des neiges permanentes, qui est d’environ 2750 mèt. dans les Pyrénées, il n’en est pas couvert pendant l’été, à cause de son isolement et de la rapidité de ses pentes. La cime n’est qu’une . rrasse étroite , élancée audessus des épouvantables escarpements qui au N. et à l’O. , descendent jusqu’à la base. De ces côtés, le pic ne présente plus que des ruines et des assises ébranlées , menaçantes pour les pâturages de Lesponne, qui occupent le fond de la vallée. *
Un grand nombre de touristes, pour jouir du magnifique spectacle d’un lever de soleil vu du haut du Pic , font l’ascension pendant la nuit ou viennent coucher à l’hôtellerie du Pic.
ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES
Si l’on ne veut pas revenir par le même chemin , on peut descendre du Pic du Midi dans la vallée de Campai), il faut d’abord retourner à la Hourque des Cinq-Ours, puis prendre à g. un sentier qui s’enfonce dans le ravin de l’Arize presque toujours parsemé de quelques flaques de neige, rempli de débris, et par lequel on gagne la vallée de Tramesaïgües , d’où l’on aperçoit le Pic de la base au sommet. Là on rejoint à 2 h. 30 min. de la Hourque des Cinq-Ours (i h. (5 m. de Gripp, t h. du col deTourmalet), là route de Baréges à Bagnères de Bigorre (V. R. 58).
Fio d'Asblanos. — Lac Bleu.
A. Par la vallée de Sers.
6 à 8 h., aller et retour.
On descend d’abord la vallée du Bastan en suivant la route de Barèges à Luz , puis , vis-à-vis de Sers , on s’engage dans la vallée latérale qui s’ouvre du côté du N. Pendant 2 h. 1/2 de marche, on reste dans l’axe de cette vallée; mais, quand le sentier commence à se perdre dans les derniers pâturages , on incline à dr. pour gravir de monticule en monticule , en suivant une direction parallèle à la crête.
De Barèges au sommet du pic il faut environ 4 heures.
B. Par le Coaradjé.
B h. de montée.
Après avoir franchi le Gave de Bastan à Baréges même , on s’élève sur les prairies du Couradjê, qui dominent le bourg du côté du N. O.
Leur pente est extrêmement roide ; il faut suivre les mille sentiers tracés en zigzag par les bestiaux.
Après un passage escarpé, où l'on-
doit s’aider des mains, on atteint le point de la montagne qui , vu de Baréges, semble le véritable sommet, mais qui n’est guère en réalité qu’aux deux tiers de la hauteur totale. A partir de ce point, la montée devient moins roide, et bientôt on se trouve sur la crête , d’où Ton domine les deux vallons de Sers et du Bastan.
Le panorama de l’A»blancs (2 630 mèt.) , moins étendu que celui du Pic du Midi, est pourtant trèsbeau. A TO. , dans un roc énorme, dressé comme un gigantesque bou-r levard et liant le pic d’Asblancs au pic de Mont-Aigu, s’ouvre la profonde coupure de Pène-Taillade , une des plus étranges portes que puisse passer le montagnard des Pyrénées.
Cette brèche , visible de 20 lieues , fait communiquer la vallée de Sers avec celle de Baudéan, qui se déverse à l’E. dans celle de Campan.
Elle offre au touriste une route beaucoup moins fréquentée , mais plus belle que celle du Tourmalet.
De l’Asblancs, on peut descendre rapidement au lac Bleu (1 958 mèt.), que Ton voit parfaitement à ses pieds verser ses eaux dans le vallon de Baudéàn , au milieu de vertes pelouses. Autrefois, de magnifiques forêts entouraient ses bords; maintenant , de vastes pâturages s’étendent sur toutes les pentes qui l’environnent. Dé grands travaux ont été entrepris en 1850, sous la direction de M. Colômès de Juillan , afin d’utiliser au moyen d’un tunnel lès eaux clu lac Bleu pour les irrigations. On pense que le résultat espéré sera obtenu en sept. 1858.
Du lac Bleu, un chemin descend à Bagnères de Bigorre par le val de Baudéan et la vallée de Lesponne (V.R. 60). Pour revenir à