‹ Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'Océan a la MéditerranéeChapitre 182 sur 384 · ROUTE 56. BARÉGES · texte numérisé non relu

ROUTE 56. BARÉGES

la Justé. On peut compter 1 h. 1/2 de marche du lac de la Glaire jusqu’à Betpoey (V. R. 55) et 3/4 d’h.

de Betpoey à Baréges.

Ascension dn Néon vieille (Neige- Vieille).

U à 12 h. démarche. Cette course ne demande en réalité que du temps; il n’y a point de dangers à craindre, et les touristes hardis peuvent au besoin se passer de guides.

On peut monter au Néouvielle par le vallon du lac de la Glaire (7 à 8 h.) ou par celui d’Escoubous (G à 7 h.). Il vaut mieux choisir le chemin du lac de la Glaire pour la montée, et celui du lac d’Escoubous pour la descente.

J. Par le lac de la Glaire.

On se rend d’abord au lac de ia Glaire (Voy. plus haut), puis on se dirige à g. vers une montagne grise, coupée à pic, et formant de ce côté le principal contre-fort du Néouvieille. Après avoir remonté les étages de lacs superposés, on se trouve au pied même de la haute muraille où commence la véritable ascension du Néouvieille. C’est là que les cavaliers doivent laisser leurs montures.

Il semble d’abord impossible d’escalader cette énorme paroi presque complètement verticale ; mais à g. , derrière un vaste éboulement, on découvre une brèche, qui offre un passage assez facile. Bientôt on arrive sur un grand champ de neige qui se déverse du côté du S. sur la haute vallée du Couplan, toute' parsemée de lacs brillants entre les forêts de sapins. C’est au sommet de ce champ de neige que le chemin du lac de la Glaire se réunit à celui qu’on suit en venant de la vallée d’Escoubous. Depuis le lac de la

— NÉOUVIEILLE . 335

Glaire on a déjà marché pendant

2 heures. De la brèche au haut dü grand pic il faut 2 h. 1/2 ou

3 heures. On se trouve en effet au-dessoüs du grand conire-fort du Néouvieille , èt on doit maintenant tourner à dr. pour en longer la base , à travers la neige , sous une saillie du rocher qui surplombe. En une demi-heure, on atteint l’immense pente de neige qu’il faut traverser avant d’aborder le grand pic; elle n’offre aucun danger, pas plus que l’arête de granit sur laquelle on s’élève enfin jusqu’au sommet.

Dm Par la vallée d'Eicoubotu.

On gagne d’abord le lac d’Escoubous, puis le col d’Aure (Voy.

plus haut); mais, dès qu’on est arrivé au sommet du col, on laisse à g. le sentier assez bien tracé qu’on a suivi jusqu’ici, et l’on se dirige à dr. à travers les rochers, en longeant aussi bien que possible la cime de la crête ; 1 heure environ après avoir quitté le sentier, on arrive au sommet de la brèche qui vient du lac de la Glaire.

Du haut du Néouvieille , l’observateur peut contempler l’immense panorama de toutes les Hautes-Pyrénées. Au S. se dressent, parfaitement distincts , les tours, les cylindres, les amphithéâtres de la chaîne calcaire. Le Mont-Perdu les domine de sa masse colossale, et, dans les entrailles du Marboré, on voit se creuser comme un fouffre Foute de Gavarnie; plus rapprochées, les cimes élevées du Pic Long et du pic de Cambielle se réunissent à Néouvieille par un vaste champ de neige. A l’O., s’étend toute la chaîne , de Saint-Sauveur, dominée parles pics de Mâle , de Laze et d’Ardiden ;

ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES

à leur base. le petit triangle de verdure de la vallée de Luz brille comme une émeraude au milieu des rochers ; du côté du N. , les montagnes semblent à peine mériter le nom de collines, et le Pic du Midi luimême, cette montagne qui, vue de la plaine, parait si fière, et qu’on a prise pendant longtemps pour la plus élevée de la chaîne , n’est plus qu’une cime modeste; toutefois, elle suffit encore pour cacher la vue de la plaine; seulement, à côté du pic d’Arbizon , une vapeur bleuâtre comme une mer éloignée laisse deviner les campagnes de Saint-Gaudens.

M. de Chausenque a le premier gravi la cime du Néouvieille , réputée jadis inaccessible. Elle a 3092 mèt. au-dessus de la mer. Du grand pic, il est très-facile d'atteindre le petit pic, situé à une petite distance vers l’O.

La descente demande 3 à 4 heures par la vallée d’Escoubous, et 5 à 6 heures par le lac de la Glaire. Pour descendre la grande pente , il faut se laisser glisser sur la neige ; en un quart d’heure on ariiveainsi vis-à-vis de la brèche. Cette descente expéditive n’offre aucun danger, car il n’y a, dans la neige, ni pierres, ni crevasses. Quand on a atteint le col d’Aure, on peut descendre dans la vallée de Couplait , qui débouche vers l’E. dans la vallée d’Aure, tout près du v. d’Aragnouet (V. R. 51.)

Ascension du Pic du Midi de Bigorre.

3 h. à cheval a*er un guide, 4 h. en chaise. A peu près autant pour le retour. *1 cheval, 5 fr.; I guide, 5 fr. ; 4 porteurs, 32 fr. Un guide est parfaitement inutile.

On suit d’abord le chemin du ftturmalet pendant 1 h. 30 min., puis on le quitte , près de quelques

cabanes, pour remonter au N., à travers des pâturages, le vallon sauvage d’où descend le ruisseau qui sort du lac d'Oncet, situé à 30 min.

duchemindu Tourmalet (2238 mèt.).

On fait le tour de ce lac sur la dr. , et l’on voit distinctement le chemin s’élever en zigzag sur les flancs du Pic. Un quart d’heure après, on arrive à la Hourque des Cinq-Ours (2372 mèt.), espèce de col, où aboutit le chemin qui vient de Bagnères, et où une auberge, détruite une première fois par une avalanche, a été rebâtie depuis quelques années’. De la Hourque des Cinq-Ours on monte en 1 h. par un grand nombre de lacets , toujours praticable pour les chevaux , à l’étroite plateforme qui couronne le Pic du Midi, et que surmonte une pyramide de pierres sèches, à 2877 mèt. au-dessus du niveau de la mer. Là on découvre un des plus vastes et des plus beaux panoramas de la chaîne des Pyrénées (Voir le panorama).

i Les basses montagnes de Bagnères, depuis le Mont-Aigu jusqu’à la vallée d’Aure à l’E. , la vallée de Campan tout entière avec ses champs et ses bouquets d’arbres, la ligne de bois blanchâtres où se montre la tête chauve du Lhiéris,

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