‹ Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'Océan a la MéditerranéeChapitre 192 sur 384 · MONUMENTS. — CURIOSITÉS · texte numérisé non relu

MONUMENTS. — CURIOSITÉS

L 'église de Saint-Vincent se compose de parties différentes , du xiv" , du xv' et du xvi' siècle, «c Heureusement que la juxtaposition de ces fragments évite, dit M.Cénac-Moncaut, les contrastes trop brusques qui se font remarquer dans d’autres édifices du Jligorre. La muraille du couchant, large façade appuyée de contre-forts , est percée de fenêtres ogivales ; une élégante tourelle quinquagone , avec pyramide à crochets, s’élève sur l’angle sud; une porte ogivale à trois retraites, avec trois simulacres de colonnettes et de chapiteaux à feuilles plates, complète cette façade , évidemment construite au xiv' siècle.

« La nef, spacieuse et hardie, sa voûte ogivale, ses nervures redoublées s’appuyant sur des pilastres arrondis , ornés de gros filets et descendant jusqu’au sol, leur abaque de feuillages enroulés, les grandes fenêtres divisées en deux baies, sont autant de témoignages du xv' siècle.

« Le porche plein-cintre de la façade méridionale appartieht au style le plus pur de la Renaissance. Sa voûte à double croisement de nervures, la clef portant les armes de Bagnères, la porte ogivale décorée de voussures fleuries, d’un rang de consoles et de feuilles d’eau, les arabesques des pilastres, les trois niches à fond de coquilles du tympan , le lion chimérique à tête d’aigle , le dragon à l’épine dorsale décharnée léchant son dos avec sa langue de feu, sont des détails qu’aurait pu avouer le Primatice. La pierre porte le millésime 1557. »

L 'église et le cloitre des Jacobins, qui s’élevaient au centre de la ville, ont été presque entièrement dé-

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truits ; il n’en reste plus qu’une élé- * gante tour de la fin du xv* siècle. Ce charmant beffroi, carré aux deux premiers étages, octogonal aux trois derniers, est percé sur chaque pan d’une gracieuse fenêtre ogivale.

Le dernier étage, reconstruit ré' cemment, est éclairé par des ouvertures du même style.

Un retable de ce couvent, représentant l’histoire- de Jésus-Christ, se trouve maintenant chez M- Soubies, dans le beau parc de sa villa Théas. Cette grande composition, sculptée sur une pierre tendre mesurant 1 met. 20 de haut, et 2 met.

40 de large, est compose de 18 niches, placées sur deux étages; la grossièreté d’exécution des figures dépasse tout ce qu'il est possible de concevoir.

L 'église des Carme», de construction moderne, a un portail surmonté d’une pierre sculptée par Bonnassieux, et représentant la Multiplication des pains.

La chapelle Saint- Jean, aujourd’hui salle de spectacle, offre un portail très-élégant dans le style du îvt siècle. C’est une grande ogive élancée, de 3 mèt. d’ouverture, ornée de trois retraites, et d’un nombre égal de colonnettesdoriques.

Le grand arc est divisé en deux baies ogivales aiguës, séparées par une forte colonne , au chapiteau à larges. fleurs romanes; un élégant monogramme, entouré d’une torsade et d’un ruban à dents de loup concentriques, orne le tympan.

Dans l'hospice, on montre également une petite chapelle de la fin du m* siècle ; c’est une œuvre grossière et sans aucun intérêt.

Le musée , fondé en 1853, occupe une salle de l’établissement; il est ouvert trois fois par semaine, de

midi à 4 h. A côté, est installée la bibliothèque, également ouverte au public.

Le Casino, établi en 1848, avait succédé à l’établissement de Frascati , dont les soirées dansantes ont joui longtemps d’une réputation européenne. Les soirées des lundis , mercredis et vendredis , sont consacrées régulièrement à la dansa; les autres sont réservées pour de simples concerts d’artistes.

Le Cabinet d’histoire naturelle de M. Philippe, rue de Frascati, en face de l’hôtel de France, mérite une visite.; il renferme des échantillons fort curieux.

L’ÉTABLI SSBMKfr THE11MAL.

a Les Thermes, dit M. Taine, sont un beau bâtiment blanc, vaste et régulier. La façade a 70 mèt. de long; elle est tout unie et de forme très-simple. Cette architecture voisine du style antique est plus belle au Midi qu’au Nord; comme le ciel, elle laisse dans l’âme une impression de sérénité et de grandeur.

« Une moitié de rivière baigne la façade et précipite sous le pont d’entrée sa nappe noire hérissée de flots étincelants. On entre dans un grand vestibule , on suit un vaste escalier à double rampe, puis des corridors que terminent de nobles portiques et qui donnent sur des terrasses. Des salles de billard et de conversation , un salon de lecture , des cabinets de bains lambrissés de marbre, un jardin verdoyant, de beaux points de vue, partout de hautes voûtes, de la fraîcheur, des formes simples, des couleurs douces qui reposent l’œil et font contraste avec la lumière crue , éblouissante , qui tombe au dehors sur la place

ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES

poudreuse et sur les maisons blanches; tout attire le voyageur aux Thermes, et l’on juge que c’est plaisir d’étre malade ici. »

Afin de donner aüx étrangers une idée des riches et nombreuses carrières de marbre qiie possède le département des Hautes- Pyrênéee, on a réuni dansTêtablissement thermal des échantillons de marbre de Campan , d’Aspin , de Sarrancolin , etc.

LES EAUX

A. EaU thermale, satiné.

B. Eau thermale , ferrugineuse.

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