‹ Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'Océan a la MéditerranéeChapitre 195 sur 384 · INDUSTRIE · texte numérisé non relu

INDUSTRIE

«L’esprit actif des habitants deBagnères, dit M. *'*, a, dès longtemps, secoué cette inertie qui pèse sur le Midi, mais tout a été dépassé par une industrie presque nouvelle , la marbrerie, qu’on s’étonne de n’avoir pas vu plus tôt prospérer sur un sol où tout est marbre, où les forces de l’Adour se perdaient inutiles.

Les Romains, qui prodiguaient le marbre dans leurs édifices , avaient exploité d’un bout à l’autre de la chaîne une multitude de carrières.

La Vénus d’Arles, retirée du Rhône dans un état parfait de conservation, après une immersion de 1600 ans, a été reconnue pour être de marbre pyrénéen, tandis qu’aucun de ceux d'Italie n’pût pu supporter sans altération une telle épreuve.

On savait que les plus beaux marbres des maisons royales, bâties par François I*r, Henri IV, Louis XIV et Louis XV, sortaient des Pyrénées, et plus de cent blocs de ces exploitations gisaient encore dans les carrières de Campan, de Peyrède et de Sarrancolin. Costallat, le premier, essaya de rouvrir cette

grande source de richesses ; mais c’est à un Rhémois, M. Géruset, qu’était réservée la gloire de fonder le magnifique établissement de Bagnères , auquel il donne chaque jour une nouvelle extension. M. Géruzet a découvert de beaux marbres aux environs de Bagnères et de Baudéan, ainsi que de magnifiques albâtres dans les grottes de Bédat; il expédie ses produits jusque dans les Indes. »

La marbrerie de M. Graciette mérite également d’être visitée.

La papeterie mécanique ton iée par M. Lasserre et dirigée actuellement par M. Verdoux, est un établissement remarquable ; elle occupe un grand nombre d’ouvriers.

lainages. C’est aussi à Bagnères et dans ses environs qu’on travaille la plus grande quantité des étoffes de laines fines improprement nommées crêpes de Baréges; presque toutes les femmes de Bagnères et des villages voisins s’occupent à ce genre d’ouvrage , et , le soir , on peut les voir tricoter assidûment sur le seuil de leur porte. Le principal dépôt des crêpes de Baréges se trouve chez Mme Costallat - Lafforgue.

PROMENADES

La promenade de» Couitou» ,

longée par un canal qui roule une eau limpide, est au centre de la ville. L’étranger qui s’y fait conduire pour la première fois est tout surpris de trouver le boulevard de Gand aux Pyrénées.

a Quatre rangées d’arbres poudreux, dit M. Taine; des bancs réguliers à intervalles égaux ; sur les deux côtés, des hôtels de figure moderne; des files de boutiques illuminées ; des cafés chantants

autour desquels on s’amasse; des terrasses remplies de spectateurs assis; sur la chaussée, une foule noire qui s’agite sous les lumières :

voilà le spectacle qu’on a sous les yeux. Les groupes se font, se défont, se serrent; on suit la foule;, on rapprend l’art d’avancer sans marcher sur les pieds qu’on rencontre, de frôler tout le monde sans coudoyer personne, de n’être pas écrasé et de ne pas écraser les autres; bref, tous les talents enseignés par la civilisation et l’asphalte. On retrouve les bruissements des toilettes, le bourdonnement confus des conversations et des pas, l’éclat blessant des lumières artificielles, les figures obséquieuses et ennuyées des marchandes, l’étalage savant des boutiques, et toutes les sensations qu’on a voulu quitter.

Bagnères de Bigorre et Luchon sont aux Pyrénées les capitales de la vie élégante, le rendez-vous des plaisirs du monde et de la mode, Paris à deux cents lieues de Paris. »

La promenade de* Vigneaux ne mérite guère qu’on en parle; personne ne la fréquenterait si elle * ne conduisait pas à la marbrerie Géruzet.

Allées Maintenon. A la sortie de Bagnères, du côté de Campan, s’ouvre à dr. une promenade solitaire qui longe le sommet d’un petit monticule planté d’arbres et appelé le Poney. De cette promenade , qui se dirige vers le S. jusqu’à plus de 2 kil. de distance, on jouit d’une belle vue sur la vallée de l’Adour et sur ses montagnes. Un assez grand nombre de sentiers la font communiquer avec l’avenue du Salut. Le nom d’allées Maintenon lui a été donné parce qu’elle était fréquemment visitée par Mme de Mainte-

non, lorsque, en 1675, 1677 et 1681 . elle vint accompagner le duc du Maine à Bagnères.

Avenue et bain* du Salut. « Le petit vallon du Salut, le plus joli peut-être et le mieux disposé pour la promenade de tous ceux des Pyrénées-, dit M. Lemonnier, s’ouvre au S. de la ville de Bagnères : il est dominé à l’O. par une série de petits pics, dont les crêtes arides forment une sorte de feston audessus des riches cultures, des bouquets de bois, des prairies, des métairies et des granges qui en occupent les flancs et la base. Le versant oriental est peu élevé et appartient aux collines qui sont occupées par les Allées Maintenon et les beaux ombrages du plateau du Pouey, voisin de Médous.

a Le vallon , précédé par une charmante allée où sont espacées , à partir de l’hôpital , quelques jolies habitations, ne commence à vrai dire qu’au petit pont de la Houlette , jeté sur le ruisseau du Salut.

« Deux chemins conduisent à l’établissement, situé tout au fond du vallon. L’un, le plus suivi, le plus large et le plus favorable à la vue, traverse le pont de la Moulette, et suit à mi-côte le versant du coteau oriental. L’autre , ouvert en avant et à dr. du pont, longe les bords du ruisseau dans le fond du vallon.

« En suivant la première direction, on jouit d’un magnifique coup d’œil sur les prairies qui bordent le cours d’eau, ainsi que sur la pyramide obtuse du Bédat , et sur toutes les hauteurs reliant ce pic à celui du Monné , qui domine Salut du côté de l’O. la route, plantée de sycomores et de peupliers, passe aupied d’une métairie entourée de

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pultures soignées, appartenant au général d’L’zer.

« Le chemin qui suit le ruisseau Ipnge d’abonl le pied du ilédat , et conduit bientôt à la Fpntaine de Rieunel, dominée à dF. par une métairie placée dans une situation des plus heureuses. Plus loin s’ouvrent les sentiers qui parcourent le petit vallon de Cwietance et mènent à VÉlysée-Cottin; après quoi le chemin, s’élevant toujours, traverse un bosquet de hêtres, et descend à l’établissement de Salut.

p Le ruisseau de Salut est alir menté par de l’eau thermale provenant soit du trop-plein des bains , soit d’une source beaucoup moins chaude, ayant son point d’émergence au pied même de la montagne.

« Un chemin , ouvert à la gauche du réservoir qui reçoit les eaux pluviales et l’eau de la source précé^ dente, conduit à des carrières de marbre gris, On peut, en continuant à suivre cette route , rejoindre l’extrémité des Allées Maintenon, et revenir par ces allées à Bagnères, ou bien poursuivre toujours au S. et rejoindre la route de Campan, eu passant au-dessus de Médous. »

Les Allée* de la Fontaine ferrugineuse s’élèvent eu serpentant sur le flanc oriental du Mont-Olivet, qui domine Bagnères du côté de l’O. , et s’étendent depuis l’hôpital jusque bien au delà de la fontaine ferrugineuse. Peu de promenades ont des ombrages plus épais, des sentiers mieux entretenus et des pentes mieux ménagées. Vues de ces allées, les campagnes de l’Adour offrent un coup d’œil charmant. Il est facile d’atteindre sans fatigue le plateau qui forme la cime du Mont- Olivet (en béarnais Montaliouet), \

et relie cette colline à la montagne du ÿédtit.

Métaou, Fontaine Carrère. Mé-

taou est une métairie située immédiatement derrière le grand établissement, sur le flanc méridional du Mont-Olivet. Cette petite maison n’a de remarquable que sa position et ses magnifiques ombrages. Elle est voisine d’une espèce de belvédère circulaire entouré de jeunes arbres, qui font partie des allées de la Fontaine ferrugineuse : là se trouvait autrefois un petit ermitage concédé par la commune, en 1666, aux capucins de Médous.

Si , passant derrière la métairie , à l’ombre des châtaigniers, on se dirige vers un petit vallon qui sépare le Bédat du Mont-Olivet, on arrive bientôt au charmant bosquet où coule la fontaine ferrugineuse appartenant aux demoiselles Carrère.

Le Bédat et se* grotte*. Bédat est cette pyramide obtuse et massive , presque partout pelée ou couverte d’un maigre gazon , qui domine Ragnères au S. O. , et dont le Mont-Olivet est le premier gradin.

On jouit à son sompiet d’une vue assez étendue qui ne coûte pas une grande fatigue ; car il ne faut qu’une demi-heure ou trois quarts d’heure pour l’atteindre. Les promeneurs très-curieux vont quelquefois visiter trois grottes assez peu remarquables situées à mi-côte, l’une sur le versant occidental, et les deux autres sur le versant oriental ; presque toutes les concrétions qu'elles renfermaient ont été enlevées.

Promenade de* Allée* Dramatique*. ( Par le Bédat et retour par les allées de Maintenon , ■ à cheval , 2 h. 1/2 ; à pied , 3 h. 3/4>. Les Allées Dramatiques forment une vaste de-

mi-circonférence , qui , partant de l’extrémité occidentale de Bagnères, longe du côté du S. la base du Mont-Olivet, passe entre cette dernière montagne et le Bédat, laisse à dr. l’origine du vallon de Cot de Ger, et, tournant sur la montagne autour de l’établissement du Salut, revient tomber à l’E. sur le plateau du Pouey et sur les Allées Maintenon.

C’est à peu près vers le milieu de ces allées qu’on jouit du plus beau point de vue. «Au midi, dit M. Frédéric Soutras , s'élève le rocher de Castel Mouly (Casque de Mouly), qui ressemble de loin au fronton d’un édifice géant; àl’O, on découvre les riohes coteaux de Labassère et de Pouzac , et , au-dessus du premier de ces deux villages, une longue pyramide, que surmontait dans les temps féodaux une tour d'observation , correspondant à la fois avec Lourdes et Mauvezin , ces deux elefs du comté de Bigorre. Enfin , à ses pieds, on voit s'enfoncer sous les hêtres et }es frênes le vallon de Cot de Ger, connu aujourd’hui par les étrangers sous le nom d' Élysée - Cotttn. C’est dans cette retraite que l’auteur de Malrina venait rêver sous les ombrages, au murmure des ruisseaqx. »

Les Allées Dramatiques ont été ouvertes, en 1849, aux frais d’une société de comédiens-amateurs.

Le Camp de César (Aller et retour: à cheval , 1 h. ; à pied, 1 h. 1/2). Plusieurs chemins conduisent à ce plateau, qui domine à l’O. le village de Pouzac. Il vaut mieux suivre la grande route de Tarbes pour prendre à g. un chemin qui s'élève sur la colline (V. R. 59).

En face du Camp de César, de l’autre eôté de l’Adour, se présentent plusieurs monticules qu’on

peut gagner par un chemin trèsbien tracé. Sur l’un d’eux s’élève un château moderne appartenant à M. le comte de Langle, et oit l’on peut se rendre aussi de Bagnères par trois sentiers plus directs. De ce point on découvre déjà une vue étendue: mais si l’on monte sur la crête de la Serre d’Ordtfan, qu’on aperçoit & dr. , vers le N. , on voit sa dérouler au N., les plaines de Tarbes, et à l’E. celles de l’Arros, dominées par la vieille forteresse démantelée de Mauvetin. De là, on peut revenir à Bagnères par la grande route de Saint-Gaudens.

Chemins des Falomières de Gerde et d’Asté (A cheval , 1 h. 1/2; à pied, 2 h. Retour par Asté, id.).

Les Palomières ( chasse aux palombes) sont situées sur les hauteurs qui s’élèvent, à l’E. de Bagnères, au-dessus des deux villages de Gerde et d’Asté. On y arrive par un chemin qui s’ouvre à dr. sur la route de Baint-Gaudens, immédiatement au delà du pont appelé Pontde-Pierre, qui suit celui de l’Adour.

Le charmant plateau des Palomières, ombragé par des arbres magnifiques , est le but de nombreuses parties de plaisir. La chasse aux palombes s’y fait aux mois de septembre et d'octobre, exactement de la même manière qu’à Saint- Pé (V. R. 41).

Pour le retour, on peut prendre le sentier qui descend h Asté, village placé sur la rive dr. de l’Adour, à l’entrée de la gorge de VHiéris.

Quelques-uns des habitants d’Asté sont affligés d’un goitre monstrueux et offrent tous les caractères physiques des crétins des Alpes. Le château démantelé qui s’élève à l’orient du village était la demeure de Corisande d'Audoins, maltresse

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d’Henri IV; tout près de là, on montre encore une mare où le roi de Navarre avait coutume d’abreuver son cheval, et qui, depuis cette époque , est connue sous le nom de Laco de Bourbon.

Au-dessus du château d’Asté, bâti par Jean de Grammont au commencement du xi° siècle , on voit les restes plus antiques d’un mur d’enceinte et d’un petit donjon que le peuple nomme Els parels de Taouto, nom qui a fait croire à certains érudits de la localité que les druides y adoraient Teutalès; les bonnes femmes d’Asté font de cette vieille ruine la demeure des sorciers.

Vis-à-vis d’Asté, de l’autre côté de l’Adour et de la grande route de Campan, se montre l’emplacement du couvent de capucins de Médous, but de promenade fort recherché à cause de son voisinage de la ville et de la beauté, de la limpidité, de l’abondance d’une source dont la chute et le volume sont actuellement utilisés pour faire mouvoir une scierie à marbre.

On dit que cette source n’est autre chose qu'un bras souterrain de l’Adour , qui, se séparant du fleuve au-dessus de Campan, viendrait, à travers les grottes de la montagne calcaire, reparaître au jour à 5 ou 6 kil. de son point de départ. D’après la tradition , le lit de l’Adour se serait desséché pendant 24 heures, dans le courant du siècle dernier,. et ses eaux auraient rempli quelque lac souterrain formé tout à coup dans les cavernes des montagnes. En même temps, la source de Médous aurait déversé une masse d’eau beaucoup plus considérable que de coutume. Ce fait, s’il est authentique, semble prouver la com-

munication souterraine entre la source et le fleuve.

Vers le commencement du xvi' si ècle, Suzanne de Grammont donna aux capucins le couvent de Médous, ainsi qu’une statue de la Vierge en marbre blanc, dont les prétendus miracles attirèrent plus tard des foules de pèlerins. Depuis la Révolution, la statue s’est transportée d’elle-même , dit la tradition locale, dans l’église d’Asté.

, . EXCURSIONS

Asoension du ■onné.

2 h. à 2 h. 1/2, 5 h. aller et retour.

Le Monné ou Mont Né est la plus haute sommité des montagnes qui dominent Salut. De Bagnères, on l’aperçoit à peine ; mais , vu du côté du S. , de la vallée de Campan et surtout des hauteurs qui dominent Saint-Paul, il se dresse fièrement au-dessus des montagnes voisines. Sa hauteur est d’environ 1000 mèt.

Plusieurs sentiers mènent à la cime du Monné, et, quand on en tente l’ascension , il est absolument impossible de' s’égarer. Le meilleur chemin est celui qui s’élève sur le versant méridional du Bédat, suit pendant une certaine distance les Allées Dramatiques, se détourne vers un grand rocher qui s’élève à dr., et, après avoir passé sur des crêtes escarpées, redescend sur le plateau gazonné de YEsquiou, que traverse un petit ruisseau. On ne tarde pas à rencontrer un col verdoyant, dominé à dr. par le Monné lui-même. On prend alors un sentier qui se dirige à travers un taillis de hêtres dont le nombre diminue malheureusement tous les jours, et bientôt on arrive doucement el

sans fatigue sur le sommet. De là, on jouit d’une vue assez étendue sur la chaîne des Pyrénées au S., dèpuis la Maladetta jusqu’au Vignemale , et sur les plaines de Tarbes au N. ; on distingue aussi quelques détails du bassin de Bagnères.

La cime de Castel Mouly (Casque de Mouly) n’est qu’à 10 min. de distance au N. O. : on y jouit d’une vue plus belle sur Bagnères et sur les plaines de Tarbes.

Le Mont- Aigu.

10 h. aller et retonr. Prix de la journée du guide, sans cheval, s fr. De Bagnères au pied du Monné, 2 h. 30 m. :

du Monné au pied de I,a Peyre, 30 m.; du pied de La Peyre k son sommet, 2 h. lu m.; ascension du pic, ks m. ; total, S h. ss m. — On petit revenir en k h. pir te même chemin, ou en 5 h. par la vallée de Lesponne.

11 faut d’abord , comme pour la course précédente , s’élever sur les hauts pâturages d’Esquiou, puis se diriger au S. O. , en tâchant , autant que possible, de rester sur le sommet de la crête séparant les vallons qui descendent du côté de la Gailleste au S., et du côté de Lesponne au N. Quand on découvre la vallée de l’Oussouet, qui se dirige au S. vers Trébons, on voit se dresser en face de soi la cime élevée de La Peyre , qui masque le Mont-Aigu; on doit La tourner à g.

par son extrémité orientale , puis continuer à s’élever en laissant à l’E. les bois de Transloubats. Enfin, on atteint la cime de La Peyre, couverte d’une forêt naine d’airelles-myrtils. On suit alors une crête rocheuse qui s’étend jusqu’au pied même du Mont -Aigu, en séparant le sommet de la vallée de l’Oussouet de la vallée île Les-

ponne. Au sommet du pic, dont il faut tourner la base du N. E. au S. O. , car il est inaccessible au N., on jouit de l’aspect des trois vallées de Lesponne à l’E., de l’Oussouet au N. , et de Gazost (V. R. 42) au S. O. — Le point culminant a 2341 mèt.

Pour revenir à Bagnères, on peut descendre à l’E. par un petit vallon boisé qui débouche dans la vallée de Lesponne près du hameau de l’Hospital. (Voy. plus loin.)

La fontaine sulfureuse de Labassère.

12 kil. environ, 2 h. 30 m. à 3 h. à pied. 6 h. aller et retour.

Pour aller visiter la fontaine sulfureuse de Labassère. on prend d’abord la route de la fontaine ferrugineuse; puis, au lieu de gravir, après avoir traversé le pont de la marbrerie Graciette, les premières rampes tracées sur le Mont-Olivet, on suit à dr. le chemin qui contourne exactement la base de cette montagne.

« Bientôt, dit M. Lemonnier, la route domine le petit ruisseau de la Gailleste, dont on remonte la rive dr. sur une longueur d’environ 1 kil. Ici se présentent ; à g. , un moulin et un chemin qui conduit au petit vallon de Sarraméa; à dr., un sentier assez large; tandis que la grande route , que l’on a suivie jusque-là, traverse le ruisseau et gravit bientôt les degrés les plus inférieurs de l’espèce de plateau sur lequel est situé le village de Xiabasièrei (709 hab.), que l’on atteint, sans aucune chance de s’égarer, en 1 heure ou 1 h. 1/2 de Bagnères.

« Une fois les premières maisons dépassées, on reucontre deux che-

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mins, l'un conduisant à dr., dans le village; l’autre, bardé d’une magnifique haie de buis, et un peu moins large, ouvert à g. : o’est ce dernier qu’il faut prendre. Il mène au pied d’une montagne située au S. , dont ou n’a qu’Jt suivre le contour pendant plus d’une demiheure. A dr. on aperçoit, derrière le village de Labassôre , une colline calcaire surmontée d’un pan de maçonnerie et de deux arbres ; puis des bas-fonds occupés par des prairies; enfin, une maison isolée et un large chemin descendant à une riche mine d’ardoises.

« Suivant toujours la hase de la montagne de g. , on arrive sous les ombrages du hameau de Soulagnets, situé sur le versant occidental de la vallée de l’Oussouat, dont on aperçoit le fond couvert de prairies.

Vers les dernières maisons, un poteau portant un écriteau avertit le voyageur de prendre sur la dr. Le sentier de g. mènerait aux pâturages d’Esquiou-

« Après quelques détours, occasionnés par la uaiss&nçe de gorges qui descendent dans la vallée de l’Oussouet , on atteint enfin la fontaine thermale , située tout au fond de cette vallée , dans un site sauvage. »

LES EAUX

Eau froide, sulfureuse.

Connue plug récemment que les sources de Bagnères de Bigorre.

Émergence : D’un schiste de transition carbonifère alternant avec le calcaire pyriteux.

Une tourte.

Débit en 24 h. : Abondant (Filhol.)

Densité : 100*50 à 130,8.

Température : 13*, 8 (Annuaire).

Caractères particuliers : Eau lim-

pide incolore , odeur et saveur sulfureuses. Dépose de la glairine dans son parcours.

Établissement de Bagnères. On ne fait à Labasaère qu'embouteiller l’eau et préparer la buvette portative pour Bagnères.

Service médical : Do Bagnères.

, Emploi : Boisson.

Situation : 560 mèt. environ audessus de la mer.

Effets physiologiques : Action spécifique , analogue à celle des Eaux- Bonnes , des eaux de Cauterets (La Raillère) et du Mont-Dore.

Cette eau se conserve parfaitement en bouteilles et se transporte en grande quantité.

Classification chimique : Eau sulfurée sodique avec forte proportion de chlorure alcalin.

Analyse (Filbol 1850-}

Eau l lit,

Sulfure de sodium

» de fer, de cuivre et de

manganèse........

traces

Chlorure de sodium

» de potassium .......

Carbonate de soude

Sulfate de soude de potasse et

de chaux

traces

Silicate deohaux

» d’alumine....,

a de magnésie

Alumine en excès

Iode r r

traces

Matière organisée

Bibliographie : L. Cazalas, recherches

pour servir è l’histoire médicale de l'eau minérale sulfureuse de Labassère.

Paris, 1851 ; in-s. — Filhol, Eaux minérales des Pyrénées. Paris, 1853 ; in-i2.

A 60 mèt. environ au-dessus de la fontaine sulfureuse, et presque au sommet du coteau qui ferme au S. la vallée de l’Oussouet, jaillit lg

source ferrugineuse de Èount .trirouye (Fontaine Rouge.)

Be Bagnères à Lourdes par Labassère et la vallée de Castelloubon.

A cheval, 3 h. i/2; A pied, 4 h. i/2; Tarif de la course d’un guide, A fr.

On suit d’abord le chemin de la fontaine sulfureuse jusqu’à l’endroit où il se trifurque vis-à-vis de l’entrée du vallon de Sarraméa. Là il faut prendra le large sentier de dr.

qui conduit à Labassère- Débat , sur le versant oriental de la vallée de l’Oussouet. Après avoir dépassé Neuilh, joli village de 296 hab. , situé, à 10 kil. de Bagnères, sur la rive g. du torrent, on remonte la vallée jusqu’à son extrémité , puis on s’élève sur le chaînon qui sépare ici le bassin de l’Adour de celui du Gave de Pau : on franchit le col de la Croix-Blanche , d’où l’on découvre une vue si étendue que l’on peut apercevoir , dit-on , à l’O. la Rhune (V. R. 11). Du v. de Germe, on peut monter en 30 m.

sur la Clique, dont le point culminant offre un magnifique panorama. On descend dans la vallée de Castelloubon ou de Juncalas, décrite dans la route 42.

Be Bagnères à l’Escaledlen et ■auvexln.

16 kil. Course d’un guide, 4 fr. (V.R, 61.)

Be Bagnères à la Pêne de l'Hiérls

A cheval, 2 h. 1/2; à pied, 3 h. — De Bagnères aux Palomières d’Àsté par les Palomières de Qerde, 1 h. 16 m. (par le village d’Aste, 1 h.); — des Palomières d’Aslé au bois d'Arris, 25 m. | — du bois d’Arris au pied de la Pêne, 35 m.j — montée par le Pas du Chat, 45 m.; — total , 3 h. — Descente de la Pènè, 30 B»,; — à Ordincède , 1 h. ; — descente A

la route de Gripp, 1 h. 40 m. ; — de la route A Bagnères, 1 b. 15 m.

« Deux routes, dit M. Lemonnier, mènent au pied de la pêne de l’Hiéris : l’une passe par le sommet des Palomières, que l’on suit jusqu'audessus d’Asté pour entrer dans le bois de Humas, qui finit au pied de la Pènè de l’Hiéris. Cette route est longue et presque aussi pénible que la secondé, mais elle n’est pas à beaucoup près aussi pittoresque.

* Le plus ordinairement, après avoir traversé le pont de Gerde, oh se dirige sur Asté. Au delà de ce village, on gagne la gorge étroite qui s’enfonce au S. E. , et dont on atteint l’extrémité en 30 min.; on se trouve alors au pied de la ceinture de inôntagnes sur lesquelles est assis fièrement le Casque de l’Hiéris. Ici trois sentiers se présentent : l’un à g. , en apparence plus facile à parcourir, mais qui, plus loin , devient fort roide et praticable seulement pour des piétons; un autre à dr. n’est que le lit d’un torrcht : celui qu’il faut suivre s’oUvre ehtre les deux autres sur Une saillie faisant promontoire entre les ravins de g. et de dr. Une fois lés premières pentes escaladées , il devient un peu meilleur. A mesure que l’on avance dans le Bois du Tillet, court taillis qui couvre là montagne , la vue embl-as.se un plus Vaste horizon. On passe, au bout de trois quarts d’heure, près' d’un rocher notnmé Técheau, percé d’une grotte qui donne àsile aiix bûcherons et à leurs ânesses durant la pluie ; on est alors à moitié de la rtlohtée. Plus loin, sorti du taillis, ort suit le bord escarpé du torrent dont bn a vu en bas l’embouchure à g-

« Au delà de cette rampe que lès

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voyageurs timides redoutent un ]ieu , on arrive dans un pâturage dominé de tous côtés par des forêts et des rochers. On découvre de là un spectacle magnifique sur le bassin d’Asté, sur la montagne boisée que l’on vient de franchir; au couchant, les montagnes qui avoisinent la vallée de Lesponne. »

Après avoir passé ensuite près d’une fontaine, il faut traverser la forêt du Haboura, dans laquelle se trouve, à dr. du sentier, le fameux gouffre ou puits du Haboura , qui a longtemps été réputé comme insondable, jusqu’à ce que M. Géruzet eut l’idée d’y descendre; sans beaucoup de difficulté , il atteignit le fond ; où il trouva de la neige.

La Pêne de l'Hiéris , au pied de laquelle on arrive, après avoir dépassé quelques cabanes, est une masse énorme de calcaire, taillée presque à pic sur une hauteur de 40 met. environ. Les guides, avant d’en faire l’ascension , s’amusent à faire résonner l’écho remarquable qui peut, disent-ils, répéter jusqu’à treize syllabes, a De loin elle paraît unique; de près elle offre deux saillies séparées par une sorte de sillon ou de ravin. Cette masse de rochers est continuée en arrière par une pelouse ornée de fleurs rares et brillantes. Deux routes s'offrent pour monter au sommet : l’une est longue et peu pénible; l’autre, appelée le Pas du Chat , est plus courte, mais plus fatigante , car il faut continuellement marcher sur des pierres roulantes. Pour suivre la première route, on prend à g. et on gagne en biais une pelouse souvent explorée par le célèbre Tournefort, qui s’élève doucement vers la cime; en montant de ce côté, on passe près du puits d’Arris, nommé

aussi puits des Corneilles, à cause du grand nombre de pes oiseaux qui y font leurs nids. C’est un autre gouffre aussi peu insondable que celui du Haboura.

« La vue de l’Hiéris sur les plaines est à peu près la même que celle du Pic du Midi, moins cependant cette immensité sublime d’une terre aperçue comme du haut du ciel , • dit M. de Éhausenque. On voit par un beau jour toutes les campagnes qui s’étendent avec leurs villes , leurs fleuves et leurs champs , depuis Lourdes à l’O. jusqu’à Montréjeau à l’E.

La hauteur de la Pêne de l’Hiéris est de 1598 mèt.

On redescend ordinairement par les cabanes d'Ordincède, ham. d’été, situé exactement au S. de la Pêne , à 1345 mèt. d’altitude, sur le rebord du plateau qui domine à l’E.

la vallée de Campan. Le sentier descend d’abord presque au fond de l’espèce d’entonnoir qui existe au S. de la Pêne; puis, longeant les montagnes boisées de dr. , il conduit en trois quarts d’heure à des prairies où , prenant à dr. , l’on perd de vue la Pêne de l’Hiéris. Ces prairies occupent le sommet du contre - fort dont l’Hiéris est le point culminant, et bientôt on plane sur les vallons de la Séoube, de.

Gripp et sur la vallée de Campan, que l’on a, ainsi que le bourg de Sainte-Marie , sous ses pieds.

La Pêne de l’Hiéris est dominée au S. O. par une montagne dont le sommet porte le nom de Plate- Arrouye, probablement à cause du beau tapis rouge qu’y forment les fleurs du glaïeul. Cette sommité offre à la fois à l’observateur et la magnifique vue dont on jouit de l’Hiéris sur la plaine de Labarthe

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