‹ Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'Océan a la MéditerranéeChapitre 207 sur 384 · ROUTE 63. DE TARBES A BAGNÈRES DE LUCHON · texte numérisé non relu

ROUTE 63. DE TARBES A BAGNÈRES DE LUCHON

Saint-Bertrand (V. R. 62) ; — 4 ldi.

(9 kil. ) Isaux (320 hab.) ; — 3 kil. (1 2 kil.) Lortet (368 hab.), dominés tous trois par des collines arides et brûlées. Vis-à-vis de ce dernier village , de vastes grottes s’ouvrent dans les rochers; plusieurs d’entre elles sont fortifiées et percées d’embrasures par où les assiégés pouvaient tirer sur les assaillants; il n’est pas douteux que ces grottes n’aient servi de refuge aux habitants pendant les guerres de la féodalité. On prétend qu’on y a découvert des trésors ; de là viendrait le nom de Lortet ( l’or tect ; aurum tectum). Plus loin, la gorge de la Nesta se resserre, et, après avoir traversé le v. de 1 kil. (13 kil.) Hèches ( 1062 hab.), aux environs duquel on exploite une carrière de beau marbre noir, la route suit le bord même de la rivière. Vis-à-vis •de Hèches, près du hameau de Héchettes , on voit une ancienne tour à signaux très- pittoresquement située sur un rocher qui surplombe le torrent, ainsi que deux pierres druidiques.

8 kil. (21 kil.) Sarrancolin , V.

• de 1086 hab., tire son nom de sa position entre deux escarpements:

serrée colline. Elle est très-ancienne, fort laide et mal bâtie. Son église , construite à la fin du xii* siècle ou au commencement du xitie, présente un grossier mélange de pleinscintres et d’ogives ; les boiseries du chœur datent du xvi' siècle, mais elles ne sont pas moins médiocres que le reste de l’édifice. On gardait autrefois près de l’autel les cendres de saint EbonS, patron de Sarrancolin; en 1793, elles furent jetées au vent. Le prieuré a complètement disparu, et, de l’ancienne ville, il ne reste plus que cinq ou six maisons à

pignons et à croisées du xn» siècle; une porte de ville en ogive encore munie de ses rainures de herse, de ses gonds, et surmontée de sa tour carrée, et les débris du castel abbatial, où, dans l’année 1280, les moines qui s’étaient révoltés se défendirent vaillamment contre l’évêque de Comminges.

Vis-à-vis de Sarrancolin, sur la rive dr. du torrent, se trouve le village d’Ilhet (729 hab.), au débouché d’un vallon où l’on voit les cinq plus vastes grottes de la vallée de la Neste. Aux environs, on ex-' ploite de belles carrières de marbre»

A peu de distance , au S. de Sarrancolin, une autre gorge, descendue des montagnes boisées de l’O. , offre une communication facile avec Bagnères de Bigorre (V. R. 60).

Sur le versant méridional de cette gorge sont les immenses et magnifiques carrières de marbre de Beyrède, un peu au-dessus du v. de même nom ; dans le commerce , on connaît généralement ce marbre, ainsi que celui d’Ilhet, sous le nom de Sarrancolin. Au delà de 1 kil. (22 kil.) Beyrède, v. de 519 hab., on parcourt une espèce de défilé entre deux terrasses, dont les hameaux de Jumet, à dr.; Camous (131 hab.); Fréchet (48 hab.), et Pailhac (71 hab.), occupent les rebords. Après avoir franchi ce passage désolé, on entre enfin dans le bassin de 6 kil. (28 kil.) Arreau, où commence la vallée d’Aure proprement dite. (V. R. 61)].

Après avoir laissé à dr. la route d’Espague, on franchit le Gers, qui n’est encore qu’un simple ruisseau , et bientôt on atteint

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2 kil. (38kil.) Pinax, v. de 385 h., au delà duquel on franchit la petite rivière de la Save, pour remonter sur le plateau des Landes de Lanneraezan, d’où l’on découvre à dr. la riche vallée de la Neste s'étendant de l’O. à l’E. , toute parsemée de villages. Ceux de La rive dr. sont:

Tuxaguet (1304 bah.) ; Anèrcx (404 hab.) ; Saint-Laurent (1623 hab,) ; Saint - Paul ( 606 hab. ) ; Maxères (631 hab.).

Vis-à-vis de ce dernief village, la route , sortant du département des fautes-Pyrénées, entre dans le département de la Haute-Garonne à peu de distance de

12 kil. (50 kil.), Montrejeau (Mans Rcgalix) , chef-lieu de canton de l’arr. de Saint-Gaudens (Haute- Garonne), V. de 3940 hab., située à l’extrémité du plateau, sur la pente d'une. colline dont la Garonne vient baigner la base méridionale, un peu en aval de son confluent avec la Neste. Du sommet dp ceUe colline, on jouit d’une vue magnifique sur les deux vallées, et sur la haute chaîne que (dominent au S. les monts Maudits.

L’histoire de Montrejeau est celle

de tout le pays de Comminges (V. Muret , R. 69). En l’an vu, des émigrés venus d’Espagne pour prendre part au mouvement qui , à cette époque , agita le Midi , s’avancèrent jusqu’au pied de la ville, mais ils furent défaits et copUflints de regagner précipitamment la vallée d’Aran.

L’église , dé construction moderne, n’offre aucun intérêt; elle a remplacé uue égliso ogivale dont quelques débris, datant du xiv* ou du xv* siècle, existent encore. Le parc de M. Lassés de Camoii, situé près de la ville, est le plus beau parc des Pyrénées ; il renferme un vallon tout entier.

A Montrejeau, la route se bifurque ; celle de dr. continue à, longer 1a rive g. de la Garonne jusqu’à Sàint- Gaudëns et Toulouse, tandis que celle de g. , traversant le fleuve sur un beau pont en marbré de six arches , së dirige au S. flans la plaine, où elle rencontre bientôt, près dê la croix de Bazert . la route directe de Toulouse à Bagnères de Luchon (V. B. 69).

39 kil. (89 kil.) Bagnères de Luchon (V. R.TdV: ’

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