ROUTE 81. ASCENSION DU MONT-Y ALLIER
on le croirait plus élevé qu’il ne l’est réellement. Quand on est arrivé à sa base par le val d’Esbinthe ou plus au S. par celle de Bémajou, ii faut contourner, du côté du N., les premières assises de son cône terminal et prendre à l’O. le sentier du col de Crufo us ou du Pourtanech ; de cette manière on peut facilement en faire le tour et le grayir par derrière jusqu'à son sommet, qui, haut de 2840 mèt., offre un beau panorama. Près du sentier, les guides ne manquent jamais de montrer les brebis antiques (oueillos antiquot), assemblage de pierres blanches rangées comme un troupeau. Selon la légende, un pâtre impie conduisait ses brebis sur les . hauteurs. Le hon Dieu vint à passer :<t Pâtre, lui dit-il, où vas -tu î — Faire paître mes brebis sur cette montagne. — Il faut dire :
o Si Dieu le veut! » — Qu’il le veuille ou non! • Soudain pâtre, chien et troupeau, furent changés en ces pierres qu'on montre aujourd’hui.
Sur le petit plateau qui forme la cime du Mont-Vailier, on trouve deux croix de pierre de forme carrée, ébauchées grossièrement, D’après une autre légende, elles ont été posées, l’une par saint Vallier lui-même, la seconde par Bernard de Marmiesse, évêque de Saint- Lizier.
De Seix à Gonflens.
Pour aller de Seix à Gonflens. on traverse le Salat, ei on suit la base des escarpements de la rive dr.
Après avoir laissé A dr.
. 2 kil. 1/2 (20 kil. 1/2 de Saint -dirons.)ConftensdeËémajou, âl'entrée de la gorge de Bémajou qui, sauvage d’abord, se couvre ensuite de
magnifiques pâturages, on décrit avec la rivière une" grande courbe vers le S. E. , et bientôt on arrivé au confluent de la vallée supérieure du Salat et de la vallée d’Ustou.
Dans les environs, on exploitait autrefois, une mine d’or, qu’eu a dû abandonner à cause de la pat*vreté du minerai.
Sur la hauteur qui du côté du N. Ê. domine le confluent, s’élève le chdteau de la Garde, que les annales de la commune de Seix affirment avoir été fondé par Charlemagne. Les restes de cette forteresse ont encore un aspect imposant. Ils forment un Carré long un peu irrégulier; trois tôtlts rondes sont placées aux trois angles de l’E., du S.
et de l’O.; les murs qui joignent une tour à l’autre ont une forme courbe qui les rendait plus capables de résistet; au bélier; une haute tour carrée placée dans "l'intérieur constituait le donjon; à côté sont les murs d’un puits, en partie comblé par les ruines. Les muraille* sont lézardées par d’étroites meurtrières , et on voit çà et là dans l’épaisseur des murs des restes de poutres que le feu a calcinées.
Ait N. de ce château, une heliè pelouse verte forme une sorte dfe col entre le mamelon qui le supporté et la montagne de Mirabat.Jtlü côté du Salat, une forêt de chênes a glissé ses racinés à travers les fentes des marbres, dont les couches vont en s'inclinant jusqu'à la rivière.
Des grottes à stalactites, des minés de du ivre, de plomb, d'argent et même d'or, existent dans ies environs, et les chercheurs de trésors ont souvent fait des fouilles pour y découvrir une cloche d’or qu’on entend tinter la nuit dans les profondeurs du rocher. Noii loin du
612 ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES
château, on montre les débris d'un prétendu temple dont il ne reste que les fondements et une chapelle voûtée.
On franchit le torrent d’Alet sur le pôntde la Taoulo (1 kil. 1/2), au-dessus duquel se dressent de tous côtés des rochers menaçants, et l’on continue à suivre la rive dr. duSalat , dans une gorge tortueuse ouverte entre des masses tristes et monotones. Enfin, au confluent du Salat et de l’un des affluents supérieurs, on entre à
6 kil. (28 kil.) Conflens. (Voy.
B» I>« Salnt>Giroai A Saaln t-LlsUer AUsUmu
‘28 kil. Route de voitures.
22 kiL De Saint -Girons au pont de la Taoulo. (Voy. ci-dessus).
Au lieu de franchir le pont de la Tariulo, il faut, pour aHer à Saint- Lizier d’Ustou , tourner à g. et retnonter la vallée de l’Alet , à l’entrée de laquelle se trouve la chapelle de Hount-Santo (Fontaine sainte), dédiée à saint Lizier, et où, dans les temps de grandes sécheresses , les habitants des cantons voisins, et même de l’Espagne, venaient en procession demander un peu de pluie. A 100 mèt. au-dessus de la fontaine actuelle, se cache, au milieu de phamps cultivés, l’ouverture de la grotte qui donnait autrefois passage au ruisseau.
La vallée de l’Alet ou d’Ustou (de ustum, brûlé, à cause des grandes forêts qui y furent incendiées jadis) était remplie d’étangs et de marécages. Le sol en a été graduellement amélioré par la culture; les petits lacs ont été desséchés, et de belles prairies ont remplacé les joncs et les eaux croupissantes. Partout de petits hameaux sont dispersés
sur les hauteurs et dans la plaine ; de belles forêts couvrent les sommets des montagnes voisines, et, par-dessus ces premières cimes, on voit se dresser au S. les crêtes blanches de la chaîne frontière.
Après avoir dépassé plusieurs groupes de maisons qui mériteraient lè nom de villages, le Trein, Bielle, Serat, on atteint enfin; à 752 mèt
6 kil. (28 kil. de Saint-Girons.) Saint - Xiiiier d’Ustou (auberge chez Gali ), v. contenant 595 hab. de population agglomérée , et chef-lieu de canton de 3104 hab. On remarque dans les environs de belles forges et des carrières de marbre non exploitées. «L’agriculture, ditM. Bergès, ne suffit pas à nourrir les habitants de Saint-Lizier. Aussi plusieurs d’entre eux sont-ils réduits à parcourir en nomades toute la France et même les pays étrangers; les uns montrent des figures de cire, les autres émerveillent , sur les places publiques, les bonnes et les enfants, par les danses grotesques d’un ours. Dans beaucoup de maisons de la vallée d’Ustou, on voit des deux côtés du large foyer , paisiblement étendus comme des chiens fidèles, un ou plusieurs oursons, espoir de la dot des filles de la maison. »
D’Ostou à Conflens par le col de Bonze.
2 h. environ. Sentier de montagnes.
Au delà d’Ustou, on remonte vers le S. le frais vallon de Bielle ; mais, avant d’arriver à son extrémité, on tourne à dr. pour gravir un petit ravin au sommet duquel s’ouvre le col de Bouse ( 1559 mèt. ) ; de là on voit Conflens à ses pieds, et on peut y descendre par de nombreui sentiers.
ROUTE 81. DE SAINT-GmONS A CONFLENS ET A USTOU. 513
- D'Utton à la frontière cipa gnele.
4 b. Cliemin de mulets.
A 1 kil. de marche au S. de Saint- Lizier, au pied des cônes superposés de Picou et de Montagnou , la vallée se divise en deux branches : à 1*E. , levai d 'Escorte, fermé par la longue et sourcilleuse crête du Mont Colat et de Montabone ; à l’O. le val d’.4ucixe (Aqua cæsa, eau brisée), profondément ouvert entre d’âpres et monotones hauteurs. Le port d'Ust ou ou de Martrat (2138 mèt. ), vers lequel s’élève le sentier à travers d’arides éboulis, est une profonde et large brèche praticable pendant plus de la moitié de l’année. A l’E. , les masses de la Coro de la Lio les dominent de loin ; à l’O. se dresse la pyramide de Crusous, dont les faces sont çà et là couvertes de neige. Le premier village que l’on rencontre sur le versant espagnol est celui de Tabascan , situé dans le val duCardos, affluent de la Noguera Pallaressa.