‹ Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'Océan a la MéditerranéeChapitre 267 sur 384 · ROUTE 81. DE SAINT-GIRONS A CONFLENS ET A USTOU · texte numérisé non relu

ROUTE 81. DE SAINT-GIRONS A CONFLENS ET A USTOU

Depuis 1815, l’industrie des orpailleurs a entièrement cessé.

Sur la montagne qui domine Seix. du côté de l’E. , s’élève au-dessus des bois le château fort de Mirabal (Bellevue ) ou Mirabat (Regarde en bas) , dont l’enceinte et le donjon , l’un des plus hauts de la contrée, sont constru its en marbre blanc.

On voit au pied des murs une ouverture déformé un peu cintrée, regardée, d’après la tradition , comme l’entrée d’une galerie souterraine qui se prolongerait dans le roc jusqu’au château de la Garde (V. plus loin), à près d’une lieue de distance.

On y descend par une pente douce en limaçon ; mais on ne tarde pas à trouver le passage obstrué. Autour du château , les paysans, en cultivant la terre, recueillent çà et là des débris d’armes. Non loin du donjon, existent encore des ruines plus anciennes, débris d’une tour à signaux dont les feux se voyaient jusqu’à Saint-Lizier.

frontières. Sa mère, Bertheou Bertrade au long pied, l’accompagnait, et laissa en souvenir de son passage Tempreinte de son pied sur un rocher des environs.

Pendant le moyen âge, la communauté de Seix résista énergiquement aux empiétements des seigneurs. Elle tenait à rester ville royale, c’est-à-dire dépendante du roi seul, préférant avec raison un maître lointain à des despotes immédiats. Elle avait le droit de garder tous ses citoyens sous les armes pour défendre « le pauvre jtays contre attaques de loups et autres bêtes féroces et itou contrôles Espanhols, » et pouvait se dispenser de payer toutes contributions de guerre.

Les habitants de Seix plaidèrent souvent contre les seigneurs du Couserans, et plus d’une fois ils gagnèrent leur procès. Le châtelain de Lacourt exigeait que tous les manants saluassent de loin les murailles de son château , mais les fiers montagnards avaient l’habitude de s’acquitter de ce salut à la mode de Masaniello , en se baissant et en relevant les basques de leur habit.

De là, des luttes à main armée et des plaidoiries devant le parlement.

En 1793, la dispute fut définitivement vidée par la destruction du château de Lacourt, qui appartenait alors aux Chambord- Polignac.

Cette famille possédait à Oust un autre château , dont il reste encore près du pont une tour délabrée.

Seix exploite des carrièresde marbre. Aux environs se trouvent des mines de cuivre, de plomb, d’argent et de zinc, dont l’exploitation est suspendue. Autrefois les sables du Salat passaient pour aurifères, et des lavages assez productifs existaient entre Seix et Saint-Semin.

De Seix à Castillan.

Am Par Alos.

k h. Seutier de mulets.

On entre, au sortir de Seix, dans le vallon qui s’ouvre à l’O., puis on remonte dans la direction du N. 0. le petit ruisseau du Chaud, descendu des hauteurs qui dominent Smtenac (1507 hab.). Après avoir dépassé ce v. , on s’élève à travers des pâturages parsemés de granges jusqu’au Portülon, et laissant à g. le petit pic de la Quère, haut de 1136 mèt., on descend à Alos, v. de 987 hab., situé à 604 mèt. sur les bords d’un ruisseau qui coule au N. E. pourse jeter dans le Salat un peu en amont de Ijtcourt.

Le château moderne dominant Alos

ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES

du côté de 1*0. est bâti dans uné position très-pittoresque. Le commerce de la vallée consiste surtout en fromages réputés pour les meillettts des Pyrénées.

D’AloS; un chemin, facile à trduver* monte au col de Houége (1256 mèt.), qu’on voit s’ouvrir au N. 0;, au-dessous du Tue d’Augaret, et d’où l’on redescend par un ravin très-peuplé au hameau de Luzenac, situé sur la rive g. du Lez, à 1 kil.

en amont de Moulis (V, R. 80).

B, Par le col de 1» Core.

Au sortir de Seix, on entre aussi dans la vallée qui s’ouvre à l’O. , comme si l’on voulait aller à Alos; mais , après avoir laissé à g. l’erabduchuredu Chaud, on remonte la rivé g. du Froid, qui parcourt la vallée uniforme de 1 ’F.sbinthe. Le versant méridional de cette vallée, aux pentes escarpées, est couvert de taillis, tandis que le versant septentrional, à la base duquel on passe, porte de riches cultures jusqu’aux bois qui en couronnent la cime. A plus d’une heure de Seix, le val d’Esbinthe tourne au S. et remonte au Tue d’Eychèlle (2307 mèt.) , qui forme une des premières assises du Mont-Vallier ; mais il faut continuer à s’élever dans la direction de l’O., et, laissant à g. le bois de l'Aubs, gravir le Fort delà Core (1409 mèt.), beau plateau de verdure situé entre les deux versants. De ce point, on jouit d’uue vue magnifique à l’E. sur le Tue de Monbéas et la montagne des Trois- Seigneurs, et au S. sur les énormes assises du Rot de Bélame, au pied du Mont-Vallier. Du côté du N. O.j la vue, moins grandiose, est plus agréable, et le regard se repose sur les champs, les bois et les villages du fertile Castillonnais. A

une petite distancé à l’O., sotis là forêt de hêtres de Cadus, se mon-* tre le petit lac de Betraale.

En montant sur le cap de Boki~ rech (1872 mèt.), dont on voit au Ni le sommet arrondi s’élever au-dessus du col, et qu’il est très-facile de gravir à cheval, on peut embrasser d’un coup d’œil le Couserans tout entier, avec ses montagnes* ses vallées et ses villes. De cet humble sommet, on jouit sans fatigue d’une des plus magnifiques vues des Pyrénées.

Une longue descente à travers des ravins et des pâturages conduit au v.

collectif de ftefmafe(1697 hab.), doht les nombreux hameaux occupent un espace de près de 0 kil. de longueur. Beaucoup de Betinalais portent encore leur ancien costume ; qui les fait ressembler aux paysans de la Morée. Les Betmalaises sont renommées pour leur beauté et pour le bon goût de leur costume; elles se distinguent en cela de leurs voisines de la vallée de Biros, qui passent* à tort sans doute,' pour être fort laides èt fort disgracieuses.

Le chemin de la vallée est trèsbon, et circule entre les champs* les vignobles et lés arbres fruitiers; les maisons deviennent dé plus en plus nombreuses à mesure qu’on descend , et, de tous les côtés, on voit les toits d’ardoises reluire à travers le feuillage. Au V, de Bordes , situé sur le Lez à l’extrémité de la vallée de Betmale, on rejoint enfin la route de Seinteln à Castillon (V. R. 74).

Ascension da Mont-Vallier.

Le Mont-Vallier, qui ressemble à une immense pyramide tronquée au sommet, est tellement abrupt du côté de la France, qu’à le voir

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