ROUTE 82. AULUS'I
qu’en partie; mais, au-dessus du cône vert de Montagnou qui sépare ses deux valions supérieurs , Escorce et Aucèse, brillent-, sur des masses confuses, les hautes cimes de Flamigelle, Montabone et Bonrepaux. Entre ces derniers et le cône de Crüsous, une large échancrure indique le port de Martrat ou d’Ustou. la crête se cache ensuite derrière les hauteurs d’ Aucèse, pour reparaître au port d’Aula jusqu’au beau rocher du Mont-Vallier, drapé d'une longue traînée de neige, et redressant sa tête tronquée au-dessus des masses qu’il envoie jusqu’au passage de la Core. »
Du sommet du Mcrabéai (1989 mèt.), qu’on atteint en 1 h. de marche depuis le point culminant du Bertrône, on jouit d’une vue encore plus étendue , car on découvre au N. les plaines de Toulouse.
Le lae eu étang de liera.
3 b. Aller et retour.
Le lac de lien ou de VErs est d’un accès très-facile; il suffit, pour y monter, de suivre, dans le fond de la vallée, le sentier de Vicdessos (V. R. 85), jusqu’au point où l’on voit la vallée du Garbet remonter vers le S. Inclinant alors vers le N., on gravit les pâturages, et bientôt on arrive sur les bords du lac, situé à 1290 mèt. de hauteur, entre les trois gorges d’Ercé, de Massat et de Suc. C’est une vaste pièce d’eau croupissante et saumâtre, dont le fond boueux est habité par les grenouilles , les salamand res et les sangsues. Les rochers qui l’environnent sont de marbre blanc ; mais les pierres entassées sur ses bords sont d’un granit verdâtre à grains menus.
On y voit une petite lie entourée de
- LE BERTRÔNE . 517
nénufars. Si ses bords sont aujourd’hui complètement dépouillés d’arbres, les troncs qu’on distingue au fond de l’eau , à demi engloutis dans la vase , prouvent que des forêts les ombrageaient autrefois. Une grande quantité de scories, qu’on trouve dans le voisinage , indique la place où l’on avait construit une forge. Selon toute probabilité, ce sont les eaux de cet étang qui forment la fontaine des Neuf-Ponts, à 5 kil. au-dessous (voir page 514).
Castelminier , mines de la Core et des Argentières.
S h. Aller et retour.
On suit la rive dr. du Garbet jusqu’au point où le vallon boisé remonte au S. E. vers la crête neigeuse de Caumale. De là, on aperçoit la tour de Castelminier se dresser à l’E. sur une petite terrasse.
Suivant la tradition du pays, ce château aurait été élevé du temps des Romains pour protéger les mineurs, et sa destruction remonterait à l’époque de l’invasion des Arabes. Une figurine en bronze et des marteaux de forme antique ont été découverts dans l’emplacement de l’ancien village de Castelminier.
Un peu au delà de la tour, se trouve l’ancienne mine de plomb argentifère de la Core. Pendant le dernier siècle , elle était exploitée avec succès. En 1838, un M. Iecourt en obtint la concession; il rouvrit les galeries, bâtit une vaste maison sur la montagne et des fourneaux à Aulus, construisit un bon chemin , et envoya une grande quantité de minerai à Toulouse. Mais l’exploitation fut bientôt interrompue, car elle cessa d’être productive.
ITINÉRAIRE DSS PYRÉNÉES.
Lés mines dés Argentures^ situées & une petite distance vers le S., sont encore plus épuisées que celles de la Core, et ne pourront jamais être exploitées utilement : cependant , d’après un mémoire publié en 1600 par maître Jehan de Malus, on aurait ouvert dans l’intérieur de la montagne des galeries d’une lieue et même d’une lieue et demie de loiigueur. Depuis cette époque, les eaux ont tout envahi.
Le lao de Barbet.
I ht Aller et retour;
Le lao Je Garbet, d’où sort, au S.d’Aulus, la rivière du même nom, est alimenté par une cascade qui (îedcëhtî elle même d’üü étang supérieur, étroit et profond, appelé rÉtatiÿ blanc. Sk hauteur est de lëïd mèt. Un rocher escarpé lé dojîiine du côté de l’E. C’est le plus grand lac dés environs d’AuluS. 11 a iine forme ovàlë; son eau est limpide fit noirâtre, et les pâturages qui l’eilibUtent sont entièrement dé-
S' oliillés'd’arbrëâ. Il te comblera peu peu, dé même que s’est déjà oomblê Uri autre lâc situé àu-dëssoiis.
Ba vallée d’Afse ét U part de BuiHou.
5 h. de marche jusqu’au col.
Aii delà de la forge située à moins de 1 kil. en amont d’Aulus, on franchit le torrent pour monter , par une pente roide , vers le ut» lion ti’Arse (brûlé), resserré dès son entrée entre le Pouech de Gîtai (à l’E.), haut de 1738 mèt., dont les flancs rocheux sont hérissés çà et là de broussailles , et le Montrouy ( à l’O.)»
couvert de bois et de prairies. Peu à peu la vallée » s’élargissant fentre des escarpements boisés, s’élève jusqu’à une paroi abrupte, du haut de
laquelle tombent à côté l'en de l’autre les trois jets d’une magnifique cascade. ■ ih,<
Pour escalader ce rocher, qui semble inaccessible j il faut prendre à g. , gravir un sentier rapide ombragé par de grands arbres, puis revenir à dr. quand on est parvenu au sommet. Le plateau sur lequel on arrive alors est entouré de tous côtés par des masses granitiques et dénudées; des blocs énormes sont épars çà et là sur la pelouse, et de petits étangs bordent le cours du ruisseau; En amont» un court défilé, nommé les Touètes, obstrué de roches éboulées, donne accès à un plateau assez vaste, situé à la base du port de Guillou; Ge port a deux passages séparés par un morne : celui de l’E., haut de 2.342 mèt.- ; s’ouvre au-dessous d’une oime appelée Très Comtés de Guillou , première assise du Puntussan ; l’autre , le port de Sounou, haut de 2402 mèt. , passe sous le mont Ramonat, etn’estguère suivi que pàr léi troupeaüx après la fonte des neiges. Ils ne sont tous deux praticables que pendant deux ou trois mois de l’année.
Pour descendre du sommet du eol au premier village espagnol, Itabascan, on comptes h:
Du col de Guillou, on peut revenir à Aulus par les pâturages qui dominent le versant oriental de la ▼allée d’Arse; de cette manière» on atteint facilement le sommet du Pouech, d’où l’on jouit d’une trèsbelle vue sur le bassin d’ Aulus et sur la vallée d’Arse.
On peut aussi abandonner la vallée principale vers le milieu de sa longueur , remonter à l’Q; , et »
franchissant un petit eol, retomber dans le petit cirque Où le lac de Gîtjet, environné de tous les côtés