‹ Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'Océan a la MéditerranéeChapitre 279 sur 384 · DE SAINT-GIRONS A FOIX · texte numérisé non relu

DE SAINT-GIRONS A FOIX

kk kil. Route de poste. Voitures tous les jours, faisant le trajet en t h.

Presque au sortir de Saint-Girons , on franchit le Baup, puis on laisse à g. la route qui se dirige vers Pa-

miers, pour remonter la rive dr.

du ruisseau, à travers des campagnes assez fertiles , mais uniformes, entre des coteaux bas et sans caractère. A dr. se montre sur la hauteur, à peu de distance de la route, le ham. de Baliard: plus loin à g. , un embranchement se dirige vers le N. sur Pamiers. La colline, à la base occidentale de laquelle la route se bifurque, porte les vieilles ruines couvertes de lierre du château de Lescure, et, plus bas, le v. du même nom , contenant une population de 1454 hab. Son ancienne église est assez curieuse ; on y montre un bénitier supporté par un autel votif à Jupiter : Autori bo~ nanm tempestatum. . Quittant bientôt le vallon du Baup, on gravit une longue côte pour atteindre

12 kil. Rimant , petite V. de 1853 hab., renommée pour ses fabriques de pots en terre rouge. Elle possédait autrefois une ancienne abbaye de Prémontrés, qui fondée, dit-on , par un prince d’Espagne au commencement du xt* siècle, était immensément riche et se composait de 700 religieux. Vers la fin du siècle dernier, les bâtiments de ce couvent furent abandonnés, et maintenant il n’en reste que des granges où l’on entasse des fourrages.

Au delà de Rimont, on descend dans un vallon qui va déboucher au N. de la vallée de l’Arize, puis on gravit une côte récemment rectifiée sur une longueur d’environ 2 kil.

Après être descendu de nouveau dans uu petit ravin, on laisse à g.

5 kil. (17 kil.) Castelnau d’Urban, b. de 1387 hab., que dominent, au S. et à dr. de la route , de vieilles tours drapées de lierre. On exploite dans les environs des carrières de marbre.

ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES

A peu de distance de Castelnau, la route se bifurque de nouveau; le bras de dr. , plus direct, mais plus difficile, gravit une côte assez élevée , tandis que l’autre longe le ruisseau de Castelnau jusqu’à son embouchure dans l’Arize, remonte la vallée de cette rivière, à travers un pays riche et boisé, laisse à dr. le ham. de Vie, à g. celui de Brouzenac, et plus loin le château de M. Choutereau, revient au S. pour se réunir de nouveau à l’autre embranchement, et traverse l’Arize sur un pont de pierre d’une seule arehe à

8 kil. (25 kil.) I>a Bastide de Sérou (Hôtel du Lion d’Or ) , relais de poste, jolie petite V. d’une population totale de 2710 hab. En 1150, c’était déjà un bourg connu sous le nom de Montesquieu. En 1689, les habitants de la campagne , voulant se soustraire aux vengeances des camisards, s’y réfugièrent en foule, et les comtes de Foir leur permirent d’en agrandir l’enceinte.

Ce fut à l’occasion de cette panique (en patois fér ou) , que ce bourg aurait pris le nom de la Bastide de Férou, et par corruption de Sérou.

M. Boucoiran n’est pas de cette opinion : il croit que le mot Serou vient de l’antique divinité gauloise Serona. La Bastide est aujourd’hui un chef-lieu de canton de l’arr. de Foix. — On vient d’y construire récemment une assez jolie halle.

Au N. O., sur une hauteur, se trouvent les ruines du château du Loup, où la première femme de Gaston X, comte de Foix, fut obligée de se renfermer pour échapper aux persécutions de la seconde femme de son mari, Jeanne d’Artois, nièce de Philippe le Bel. Elle y mit au monde un fils, auquel elle

donna le nom de Loup. Celui-ci, à l’époque de la mort du comte de Foix, revendiqua la succession de son père. Philippe le Bel s’y opposa; mais, en échange, il lui donna plusieurs baronnies, le nomma chanoine honoraire du chapitre de Foix, et lui concéda, ainsi qu’à ses descendants, le droit de commander en souverain dans cette ville pendant les semaines de Noël et de Pâques. Alors, le comte régnant était obligé de sortir de Foix pour y laisser son rival; et, chose surprenante! cet arrangement ne produisit jamais aucun trouble dans le pays.

On remarque dans les environs de La Bastide de Sérou une grotte spacieuse et une mine de cuivre dont l’exploitation est depuis longtemps abandonnée.

Au delà de La Bastide, on cesse de longer l’Arize, dont la vallée sinueuse se dirige au S. vers la forêt d'Esplats, l’une des plus vastes des Pyrénées, et l’on remonte un petit vallon qui s’ouvre dans la direction de l’E. On laisse d’abord à dr. la chapelle, admirablement située, de

4 kil. (29 kil.) Mont eh, y. de 445 hab. , au milieu duquel s’élève une église neuve. Enfin, près de l’extrémité du vallon , dont les charmantes campagnes sont dominées par des escarpements nus et arides, on trouve le village de

2 kil. (31 kil.) Cadarcet (734 hab.) , où l’on commence à gravir la ramification qui forme la ligne de partage des eaux entre les deux bassins du Salat et de l’Ariége. C’est une longue et forte côte , appelée côte du Bouc ou de Bouch. Du sommet, on découvre tout à coup une vue magnifique, en face, sur la vallée de l’Ariége, avec ses innombrables ha-

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