ROUTE 90. DE FOIX A PERPIGNAN
641 hab. , dont a le vieux château, du xiu* siècle, semble sortir de la roche avec sa tour et ses murs ruinés, tristes débris d’une antique splendeur. » Ensuite on décrit une courbe vers le S., pour gravir la ligne de partage des eaux, et redescendre dans le vallon de la Douctouire à
4 kil. (18 kil.) Nalxen, v. de 421 hab. , situé dans une campagne admirablement boisée. Aux environs se trouvent des gisements de plomb.
On longe pendant quelque temps le ruisseau jusqu’au point où, formant un angle droit, il se dirige au N. pour aller se jeter dans le Lhers sous la latitude de Pamiers, puis, laissant à dr. le ham. de
5 kil. (23 kil.) Saint-Étienne , et Villeneuve d’Olmes, v. de 622 hab., où l’on voit les raines d’uu ancien château, on gravit une nouvelle côte, pour redescendrë dans la vallée de la Lectouire à
4 kil. (27 kil.) Lavelanet (auberge chez Elanet ) , relais de poste , chef-lieu de canton de l’arrondissement de Foix, jolie petite V. de 2944 hab. Son nom dérive, assuret-on, du mot latin aoellana , noisette ; il y a, en effet, beaucoup de coudriers dans ce pays. D’après M.Boucoiran, au contraire, il faudrait rattacher ce nom à celui de Pancien dieu gaulois Ateran. Lavelanet possède plusieurs fabriques de draps , de cuirs-laines, des filatures de laine, des tanneries, des teintureries, des scieries, des moulins à foulon , des forges. Pendant les dix dernières années, sa population a considérablement augmenté.'
De Lavelanet 4 la station de Bram sur le chemin de fer du Midi. Voit, de correspondance, 45 kil. 5 et 4 fr. (V. R. 67).
A 4 ou 5 kil. au N. de Lavelanet , près du v. de Larroque , on remarque plusieurs grottes, dans l’une desquelles, appelée VEntotmoir, la Lectouire va perdre une grande partie de ses eaux.
Au sortir de Lavelanet, la route abandonne la vallée de la Lectouire , monte sur une arête de collines que projette au N. le pic de Saint- Barthélemy, laisse à g.
2 kil. (29 kil.) Saint-Jean d’Ayguesvives, v. de 162 hab., puis descend par une suite de lacets dans la vallée du Lhers, où elle rencontre d’abord le ham. de VEguillon, et dont élle remonte la rive g. pour atteindre
6 kil. (36 kil. ) Belesta , cheflieu de canton del’arrondissement de Foix , petite V. de 2504 hab. , située dans une position charmante sur. la rive g. du Lhers. Au S. E. de Belesta, ou voit des ruines appelées Castel d’ Amont ou vieux château. Il résulte d’une pièce conservée dans les archives de la commune que ce castel fut fondé en 1550 par messire Jean Claude de Lévi-Daudou, et tout porte à croire que, n’ayant jamais été achevé , il fut entièrement détruit par les protestants.
A l’E. , une forêt de sapius, longue de plus de 10 kil. , recouvre les ■ hauteurs ; on y trouve des cavernes profondes qui décèlent un vide immense et l’existence d’un lac souterrain; au N. E., s’ouvre un joli vallon connu sous le nom de Val' , d’Antotir.
A quelque distance en amont de ■ Belesta , on peut aller visiter la célèbre fontaine intermittente de Fob- .
testorbes , si abondante que ses eaux, jointes à celles du Lhers, jusqu’alors simple ruisseau, suffisent pour alimenter, en se divisant, une
ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES
grande forge et des usines. La source coule par intervalles, disparaissant pendant 32 min. 30 sec. , après chaque écoulement de 36 min.
36 sec. de durée; le retour de l’eau est annoncé par un bruit assez fort.
Les pluies font cesser l’intermittence et rendent le cours continu.
Les habitants de Belesta exploitent en grand les carrières de marbre du voisinage et se livrent à la labrication du fer.
Excursion de Belesta au château de lontségur.
En sortant de Belesta , on remonte la vallée du Lhers , puis . laissant à g. la source de Fontestorbes et les montagnes que couronne la forêt de Belesta, ou vient passer à (4 kil.) Fougax, situé sur la rive dr. et formant avec Barriimif , situé sur la rive g. , un v. de 1 699 hab. La vallée se bifurque ; l’un des deux vallons, celui de g. ou du Frau, remonte directement au S. vers le col de la Marmade (V. R. 95) , tandis que l’autre , celui de dr. ou du Lhers proprement dit, se dirige d’abord à l’E., puis au S. vers le pic de Saint-Barthélemy (V. R. 92). On suit le vallon du Lhers, et , après 2 h. de marche environ , on voit s’élever à dr. , au sommet d’un roc en apparence inaccessible , le château de Nontségur. « Ses ruines, dit M. Berges, sont aujourd’hui peu importantes; mais elles suffisent pour témoigner de sou ancienne puissance. L’an 1244, uu grand nombre d’ Albigeois, commandés par de vaillants chevaliers qui s’étaient illustrés dans toutes les guerres de la province, vinrent se réfugier dans les murs de ce château , pour échapper à la vengeance de leurs ennemis. Pierre Amélie, archevêque de Narbonne , et Durand,
évêque d’Alby, avec divers autres seigneurs, rassemblèrent des milliers de fanatiques et vinrent investir la place. L’attaque et la résistance furent des plus vives. Les assiégeants commençaient même à désespérer, lorsque des montagnards, habituésà gravirles rochers, escaladèrent les fortifications et se rendirent maîtres du château. Alors on traça une enceinte auprès de la montagne, on l’entoura de pieux, et, ayant dressé un bûcher au milieu, on fit périr dans les flammes les 200 victimes qu’on avait trouvées dans le château, hommes, femmes et enfants. » Au pied des ruines, sur la rive g. du Lhers, se trouve Montségur, v. de 800 hab.
En franchissant une arête de collines, et en descendant par le vallon d’Ourliac, on atteinte!) 1 h.
de marche la vallée de la Lectouire ; on traverse le torrent avant d’entrer à Montferrier , jadis petite ville., aujourd’hui b. de 1835 hab. On y voit encore d’épaisses murailles, dâns l’enceinte desquelles existait autrefois une forteresse. L’église a été construite en 1212, ainsi que l'indique une inscription que le temps n’a point effacée, a Ce qu’elle avait de remarquable, dit il. Berges, c’était de porter sur sa voûte un couvent de capucins dont on voit encore des vestiges. »,
De Montferrier, on n’a qu’à descendre le long de la Lectouire pendant 2 h. environ pour atteindre Lavelanet (Voy. ci-dessus).
Après avoir franchi le Lhers, la route se dirige à l’E. , traverse le Val d’Amôur, et, laissant à dr. sur la montagne la grande forêt de Belesta, monte au col situé à l’ex-