‹ Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'Océan a la MéditerranéeChapitre 290 sur 384 · ROUTE 91. DE FOIX A AX. — USSAT · texte numérisé non relu

ROUTE 91. DE FOIX A AX. — USSAT

blessure grave dans une mare que les paysans lui avaient recommandée, son père reconnaissant fit construire au-dessus de cette mare des espèces de caveaux , où les malades allaient se baigner. Plus tard, les bains devinrent la propriété de l’hospioe de Pamiers, à la charge par lui d’y entretenir 16 malades pauvres. On parle aujourd’hui de les affermer ou de les vendre, mais rien n’est encore décidé.

L'établissement thermal, auquel on arrive en allant jusqu’au pied du rocher, à l’extrémité occidentale du jardin, est un édifice de construction nouvelle; il se compose d’un, corps de logis renfermant 38 cabinets à baignoires , précédé d’un péristyle d’ordre dorique, et flanqué de deux pavillons, dont l’un est réservé aux douches et l’autre aux piscines. Dans une saison régulière, on pourrait y donner 40 000 bains environ; dans l’année 1856, on y a donné à 1500 malades un total de plus de 32 000 bains. Le prix des bains varie selon les heures : une heure favorable se paye l fr. , y compris 10 c. pour le baigneur; une heure moins favorable, 80 c. ; un bain pour un domestique, 60 c.

En face de l’établissement est la maison de M. F. Vergé, médecininspecteur des eaux.

lés eaux.

Eau thermale , saline.

Connue depuis longtemps.

Émergence : D’anciennes alluvioiurecouvrant le pied des rochers qui bordent à droite la vallée.

line source ou plutôt un lac souterrain alimentait l’ancien établissement. M. François est parveuu à capter dans l’intérieur de la montagne les vraies sources, dont le pro-

duit est maintenant préservé de tout mélange soit avec les eaux de l’Ariége, soit avec d’autres sources froides. Séparées du lit de l’Ariége par une banquette de terrain perméable , les eaux thermales filtraient à travers cette banquette, et se perdaient dans la rivière lorsque , le niveau de celle-ci baissant, la pression de ses eaux ne s’opposait plus aux infiltrations de la nappe minérale. Un canal latéral à l’Ariége a été creusé et rempli par l’eau de cette rivière, de manière à obtenir un barrage liquide à pression hydrostatique constante. Grèce à ces travaux , la déperdition des eaux minérales a cessé.

Débit en 24 h. : 820 mèt. cubes d’eau minérale sont retenus par des barrages convenables dans l’intérieur de la montagne, et 520 mèt.

cubes , soit 5200 hectol. , sont à la disposition de l’établissement pour l’usage quotidien,' qui ne s’élève pas encore à ce chiffre.

Température : Elle s’abaisse à mesure que l’on s’éloigne du griffon, de manière que , marquant 36*, 20 à la baignoire n° 1, elle n’est plus que de 31', 55 à la baignoire n° 38 ; ce qui permet de donner aux malades, suivant les indications, des bains de température graduée , sans altérer la pureté de l’eau minérale.

Caractères particuliers : Eau limpide, incolore, sans odeur, saveur amère très-faible, onctueuse à la peau.

Effets physiologiques : Eau adoucissante et sédative quand on l’emploie à une température modérée , excitante à la plus haute température, surtout chez les personnes impressionnables; elle agit principal lement sur le système nerveux.

ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES

L’eau d’Ussat ne se transporte pas.

Classification chimique : Eau carbonatée à base de chaux , avec forte proportion de sulfate terreux.

M. Chevallier, cité par l’Annuaire des eaux de la France, indique l’existence de l’arsenic dans !e dépôt ferrugineux de cette eau. M. Filhol n’en a pas pu trouver.

Analyse (Filhol, 1855).

Eau i lit.

Carbonate de chaux 0,6995

» de soude 0,03St

» de magnésie traces

» de fer traces

Sulfate de magnésie 0,lT9t

» de soude 0,0583

» de potasse 0,0200

« dechaux. ........... 0,1920

Chlorure de magnésium 0,0^20

Matière organique et perte. . . 0,047 1

■ ,97fil gr.

Acide carbonique 16,57

Azote 20,38

Oxygène t,05

Bibliographie : Dieulafoy, notice sur l'établissement des bains d’Ussat. Toulouse, 1848- — F. Vergé, nouvelle notice sur les eaux d'Ussat. Foix, 1856; in-8. — Filhol, analyse chimique des eaux minérales d’Ussat. Pamiers, 1 856 ; in-8.

Sauf le jardin et les allées ombreuses qui conduisent de l'établissement aux bords de l’Ariége, il n’y a pas à Ussat de promenades proprement dites. Vers le soir, les baigneurs se dirigent depréférence sur la grande route et sur les chemins vicinaux, qui conduisent aux v.

t\' lissât (205 hab.), situé à 1 kil. au N, dans un vallon rocheux, et d’Ornolac , bâti au N. E.. à l’entrée d’un autre vallon.

Les grottes Lombrire (mot qui, d’après M. Boucoiran , dérive du nom de l’ancienne divinité gauloise llhumber) sont situées vis-à-vis de l'établissement, sur la rive g. de l’Ariége. Après avoir franchi le pont de pierre qui relie la route à l’établissement thermal, on y monte en 30 min. L’une d’elles est très-vaste, et il faut, dit-on, une heure entière pour en atteindre l’extrémité, où l’on trouve un lac très-profond ; certaines salles ne peuvent être visitées qu’à l’aide d’échelles. On y a découvert des ossements humains confondus dans une couche de limon avec des débris d’ours et d’autres animaux, et recouverts d’une couche calcaire. Plusieurs de ces débris sont conservés à la bibliothèque de Foix, et notamment un crâne appuyé sur les doigts d’une main.

Ces grottes communiquent probablement avec celles de Niaux, situées de l’autre côté de la montagne (V. R. 85).

Au sortir d’Ussat, la route continue à longer la rive g. de l’Ariége et . laissant à g. le ham. d’Ornolac, vient traverser

3 kil. (22 kil.) Rouan, v. de 170 hab.. assez agréablement situé à l’entrée d’un vallon cultivé, qui remonte au S. vers le Roc de Gestiès. Aux environs, on voit dans les rochers, et à l’entrée de plusieurs grottes, des restes d’antiques fortifications, connues des habitants sous le nom de las gleiios (les églises). Elles datent, dit-on, des guerres des Sarrasins.

Ici le paysage perd son caractère aride et désolé. La route passe entre des allées de peupliers, des bosquets de saules et des prairies; sur la rive dr. de l’Ariége, continue à s’étendre une longue crête rocheuse;

Page 1