ROUTE 106. UE PERPIGNAN A MONTLOUIS. — OLETTE
on laisse à g. un vallon gris, dont le fond est parsemé de quelques groupes d’arbres, et bientôt on atteint
1 kil. (54 kil.) Joncet, petit v. situé sur les deux bords de la Têt, entre des pentes arides où croissent des cactus et d’autres plantes méridionales.
Au delà de Joncet, la vallée se dirige à l’O., entre des montagnes insignifiantes. On dépasse tes débris d'un vieux pont, puis on laisse à dr., sur la hauteur, le village de Jujols (218 hab,), et à g., dq l’autre côté de la rivière, deux tours rondes crénelées, construites à 20 ou 30 pas de distance l’une de l’autre. Ces tours, appelées laBastida, faisaient partie d’un château du vicomte d’Ëvol; en 1550, une forge catalane y fut établie.
4 kil. (58 kil.) Olette (Hôtels :
du Midi, de La Fontaine), b. contenant une population totale de 1081 hab., et agglomérée de 331 seulement, autrefois résidence du vicomte d’Êvol, l’un des hauts lirons de la Cerdagne; aujourd’hui simple chef-lieu de canton de l’arrondissement de Prades. Il forme, entre la rive g. de la Tôt et la montagne, une longue rue dominée par des rochers , au - dessus desquels quelques maisons s’élèvent en terrasse ; sa hauteur moyenne audessus, du niveau de la mer est de 685 mèt.
En 1793, pendant les premières guerres de la Révolution, le général espagnol Ricardos , voulant couper la retraite à l’armée du général Dagobert, forte de 3000 hommes, qui occupait la vallée de la Têt supérieure et le col .de la Perche, envoya 5000 hommes d’élite l’attendre au passage à Olette. Averti à
temps, Dagobert se hâta d'accourir, écrasa les Espagnols avant qu’ils eussent eu le temps de se masser, et sauva Montlouis.
A l’extrémité occidentale du bourg d’Olettê , deux ruisseaux , celui d’fivol , descendu de l’étang Noir (V. R. 103), et celui de Cabrils, formé par les neiges des montagnes duCapsir(V. R. 100),viennentse réunir sous un vieux pont , et se jeter ensemble dans la Têt. Sur le promontoire au pied duquel s’unissent ces deux cours d’eau, s’élève une maison carrée flanquée de petites tourelles, d’un aspect pittoresque, tes vallées des deux affluents sont moins arides que celle de la rivière principale.
L’église d’Olette n’offre aucun intérêt; elle est surmontée d’une tour carrée; sur la façade, nouvellement restaurée, on remarque une fenêtre romane géminée.
Les outres en peau de bouc fabriquées à Olette jouissent d’une réputation méritée.
.y» D'Olette aux étmmgn 4e îlohédim.
4 ou 5 h. de marche, sentier de montagnes.
Au sortir d’Olette , on entre dans la vallée d’Évol, dont on longe le versant oriental, à une certaine hauteur au-dessus dutorrent. On laisse à g., sur le versant de la montagne opposée, Orella, v. de 228 hab.; puis on traverse dans toute sa longueur le v. d’Ëvol, dépendant d’Olette, dont il est éloigné de 2 kil.
1/2. Au delà, on franchit le ruisseau du Riel, et, laissant à dr. les ruines du château d’Êvol, on continue à remonter la vallée , en suivant tantôt la rive dr. , tantôt la
ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES
rive g. , entre des pentes parsemées de rochers, où sont éparses quelques cabanes. A son extrémité supérieure, on traverse une forêt de sapins, et bientôt on arrive sur le bord de l’étang Nègre ou Noir, source du ruisseau d’Êvol ( V.
A. U'Olette m Fomlgvirc*.
25 kil. 6 h. de marche. Route de chai s bien entretenue.
En sortant d’Olette, on remonte la rive g. de l’Ëvol pendant quelques minutes, puis on franchit ce torrent, et, laissant à g. la maison carrée située au confluent des deux vallées, on suit le versant septentrional de h vallée du Cabrils, qui coule à une grande profondeur audessous de la route. Les montagnes sont dépourvues d’arbres, et, dans les prairies du fond, les cabanes sont très-clair-semées. Après avoir décrit un grand nombre de sinuosités nécessitées par les ravins qui sillonnent le flanc de la montagne, on laisse à g., sur la hauteur, le v. de Talau (127 hab.); 2500 mèt. plus loin, le chemin se bifurque comme la vallée. Le bras de g., qu’il ne faut pas prendre, descend immédiatement au bord du torrent et remonte à l’O., par le versant septentrional d’une gorge latérale, à Ayguatebia (en- espagnol Aguatibia, c’est-à-dire eau tiède), v. de 551 hab., dont l’église romane était déjà mentionnée dès l’an 1047.
Le nom même de ce village prouve qu’il existe dans les environs des sources thermales. Vers l’extrémité de la vallée se trouve le village de Caudiès en Confient (143 hab.), près duquel jaillissent des eaux de même nature.
Le bras de dr. , que l’on continué à
suivre, longe encore pendant 3 kil.
environ le versant oriental de la vallée , puis tourne à g. , traverse le torrent et atteint
15 kil. Raille u, v. de 258 hab., situé dans un vallon latéral que dominent, à l’O. , les montagnes boisées du Capsir. On remonte ce vallon en suivant la rive g. du ruisseau qui en descend ; puis on s’élève, par de nombreux lacets, sur l’arête qui sépare le bassin de l’Aude de celui de la Têt; enfin, après avoir atteint le point culminant du passage, on tourne à g. pour descendre dans la vallée de l’Aude, que Ton traverse près du hameau de Villeneuüe, à 2 kil. au N. de Matamala. Dupont de l’Aude à Formiguères, on n’a plus à franchir qu’une distance de 2 kil. 1/2.
10 kil. (25 kil.) Formiguères (V. R. 100).
Après avoir traversé le pont d’Olette , au-dessous duquel se réunissent les deux ruisseaux d’Ëvol et de Cabrils, la route de Montlouis continue à suivre la rive g. de la Têt, au-dessous d’escarpements nus où se montrent çà et là quelques oliviers. A 1 kil. et demi, on découvre à g. , non loin de l’entrée du vallon cultivé de Mantet, qui remonte au S. vers la haute chaîne, le village de Nyer (482 hab.), dominé par un vieux castel nouvellement restauré et flanqué d’une tour ronde : c’était autrefois la résidence de la famille d’Aguylar. Tout au fond de ce vallon, dans l’un des sites les plus agrestes, s’élève la chapelle de la Roque , bâtie sur les ruines du château du même nom. Près du village, au S. E., sur la rive dr. du torrent, jaillissent quelques sources