ROUTE 106. DE PERPIGNAN A MONTLOUIS
thermales sulfureuses, utilisées par les paysans du voisinage.
Autrefois la rivière de Mantet se déversait en totalité dans la Tèt, après avoir mis en mouvement des moulins et des forges, et arrosé une partie des terrains de Nyer; actuellement, les eaux, retenues, à leur issue du vallon., derrière une digue que l’on peut très-bien voir de la route, se déversent, par un canal d'irrigation , dans les communes situées vis-à-vis d’Olette, où elles ont transformé en champs et en prairies des terrains abandonnés précédemment au pacage des bestiaux.
La route s’élève graduellement au-d"ssus de la Tèt , que l’on voit, à g. , descendre avec rapidité dans son it de rochers. Les escarpements des deux rives se redressent de plus en plus, et finissent par former comme deux murailles perpendiculaires , entre lesquelles le torrent s’est frayé un passage de 6 à 10 mèt.
de largeur. Au-dessous de la route , on aperçoit une petite maison au pied de la paroi de la rive g. , dans une fissure circulaire d'environ 100 mèt. de hauteur : c’est un établissement thermal de 4 baignoires, construit dans cette espèce de puits, afin d’utiliser l’eau de deux sources sulfureuses de 64 degrés centigrades , qui jaillissent de la partie inférieure du rocher. Un poteau placé sur la route signale au voyageur cet établissement, et indique le sentier qui y conduit. Le propriétaire actuel est U. Cyprien Gaillande.
L’ancienne route, tournant l’obstacle qui barre la vallée, s’élevait à dr. sur une montagne cultivée jusqu’au sommet à l’aide de petits murs de soutènement, passait audessous de Gonaivilles, v. de
295 hab. , et redescendait dans la vallée de la Tèt par des gradins de pierre formant une espèce d’escalier en zigzag : aussi ce passage s’appelait-il alors Orauu (du latin Gradus) ou Tourniquet d’Olette» Rarement cette partie de la route se faisait à cheval, à cause de la rapidité de ta descente et de la profondeur du précipice qui s’ouvre à côté. Actuellement, la route pénètre dans le rocher , le traverse par un tunnel, au sortir duquel, descendant au bord de la Têt, elle passe sur la rive dr. par un beau pontviaduc de 3 arches, situé à 690 mèt.
d'altitude au-dessus du niveau de la mer. La montagne à travers laquelle pénètre la route contient de nombreux filons de cuivre, aussi bien que le pic des Gratis, qui est situé en face. Les filons sont parfaitement distincts, parallèles entre eux, et, vers 1830, ont été activement suivis. Les affleurements avaient fourni du minerai fort riche, entre autres, de beaux échantillons de silicate de cuivre. De longues galeries horizontales, des puits profonds, avaient été creusés dans l’intérieur de la montagne; mais les résultats définitifs ne furent pas heureux, et l’exploitation fut abandonnée.
Avant d’arriver au pont , on aperçoit, de l’autre côté de la rivière, surtout par un temps frais et humide, des vapeurs qui s’exhalent du sol : ce sont les source» des Grau» d’Olette. Autrefois . le terrain thermal qui les environne était connu sous le nom d ’Exalada, et le monastère dont on voit encore des vestiges près de là, s’appelait Saint-André de l’Exalada (Saint- André des Vapeurs). Ce couvent, bâti en 840, ayant été détruit,
ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES
trente-huit années plus tard, par une terrible inondation, les religieux furent obligés de s’enfuir, et allèrent fonder, près de Prades. le monastère, célèbre depuis, de Saint-Michel de Cuxa (V. R. 101 j.
En voyant la grande élévation des ruines au-dessus du lit de la Têt, on comprend à peine que le torrent ait pu monter si haut; mais, ainsi que le fait observer M. Anglada, il est possible que la fissure des Graus ne fût pas alors aussi profonde qu’elle l’est aujourd’hui, et par conséquent l’eau de la Têt devait être, plus élevée en amont de ce passage. A côté des sources, se trouvait aussi le château de Cérola , dont il reste encore quelques traces aujourd’hui.
Les sources sont au nombre de 31 , et jaillissent çà et là du rocher sur un espace d’environ 15 hectares; on les divise ordinairement en trois groupes : celui de Saint- André , situé sur la rive dr. dé la Têt, entre le pont et les Graus, et comprenant 11 sources ; le groupe de l’Exalada ; composé de 8 sources jaillissant d’un terrain plus élevé , à l'E. des premières ; enfin le groupe de la Cascade, situé à 1*0. du pont et remontant au S. dans la gorge du Torrent-Réal , où une jolie cascade descend en trois chutes successives d’une hauteur totale de 30 mèt. ; cé groupe est formé de 12 sources. -
Toutes ces eaux réunies forment, d’après un rapport fait à l’Académie des sciences, une véritable rivière minérale, débitant par vingt-quatre heures un minimum de 1773 mèt. cubes , et , dans le même espace de temps, prenant au sol 863 kilog. de composants fixes. La source de la Grande-Cascade couvre
de soufra les pierres sur lesquelles elle tombe en chute.
« Les eaux , dit M. Puig , médecin-inspecteur de l’établissement , pourraient être conduites sur un seul point ou rester divisées de manière à alimenter un ou plusieurs établissements. La variété de composition et de température y réunit les analogues de presque toutes les eaux thermales en réputation, comme Bàgrières, Baréges,. Ax, Ussat, Bourbonne, Plombières, Eaux-Bonnes, Amélie-les-Bains, Vernet, Molitg , la Preste , etc. » La quantité d’eau thermale est quatre fois plus considérable que celle.de Bagnères, dix fois plus que celle de Baréges ; d’après M. Lambron, on pourrait donner jusqu’à neuf mille bains par jour, et cependant peu de sources sont utilisées'; c'est en 1851 seulement qu’on a fondé un petit établissement avec six baignoires.
LES EAUX
A Eau thermale, sulfureuse.^
B Eau thermale , saline.
Connues depuis peu de temps, indiquées par Carrère en 1756.
Température : De 27* à 78* suivant les sources. La S. de la Cascade, 78*, est la plus chaude des sources sulfureuses alcalines connues. -,
Caractères particuliers : Ceux qui distinguent les eaux sulfureuses alcalines; mais quelques sources sont purement alcalines, d’autres sont des sulfureuses dégénérées; elles sont pour la plupart très-riches en barégine. Elles contiennent, dit M. Filhol , une énorme quantité de silice; aussi fournissent-elles des incrustations de soufre (V. Bagnères de Luchon). ’ . • ■
Effets physiologiques : Ces eaux .