ROUTE 106. DE PERPIGNAN A MONTLOUIS
qui se trouve dominé à l’O. par le Puigmal (2908 mèt.), l’une des plus hautes montagnes de la chaîne des Pyrénées méditerranéennes. Du col , on redescend sur le versant espagnol, à l’ermitage de Nuria, en grande vénération parmi les montagnards des deux nations. Cinq heures de marche suffisent pour y aller de Saint-Thomas.
Avant d’atteindre le fond de la gorge de Prats de Ballaguer, on peut tourner à g. et gravir le col de Prats, puis redescendre dans le vallon situé à la base septentrionale de la Coume dels Gours, pour aller visiter les étangs de Carença (V. cidessus) , situés à 5 h. de marche de Saint-Thomas.
, Quand on a perdu de vue l’entrée de la gorge de Prats de Ballaguer, la route franchit un cours d’eau sur un viaduc de trois arches, puis, pour conserver une pente à peu près égale, revient sur elle-même, et s’élève par un énorme zigzag sur le flanc de la montagne; elle laisse à dr. le hameau de Sauto, et, dominant une gorge profonde d'un grand caractère, passe en vue de Planés (V. R. 100), situé dans un vallon à g. , au pied de grands pics en partie couverts de forêts, décrit une courbe sur le flanc de la montagne, au-dessus du hameau de Castagne, où s’élève une vieille tour, dépasse Fetges, qui forme avec Sauto une commune de 358 hab. , traverse la Têt et revient sur ellemême, pour gravir par une longue rampe le rocher que couronne 9 kil. (78 kil.) Montlouis (V.
DE PERPIGNAN A PÜYCERDÀ ET AUX BAINS d’eSCALDAS.
Par NullagoNsa et Bourg-Madame.
1 00 kil. de Perpignan àPuycerda. — iOkkil.de Perpignan aux Escaldas. Ilqpte de voitures.
78 kil. De Perpignan à Montlouis (V. R. 106). On descend de Montlouis à
1 kil. (79 kil). La Cabanasse , faubourg situé à la hase méridionale de la haute montagne boisée de Cambrasdasa (2750 mèt.); puis on s’élève par une montée facile sur le col de la Perche, vaste plateau gazonné situé à 1621 mèt.
de hauteur. Autrefois ce passage était très-redouté aux époques où les neiges , recouvrant tous les sentiers, cachaient la véritable direction au voyageur surpris par le mauvais temps ou enveloppé par les brouillards. La route, maintenant praticable aux voitures , est entretenue avec soin , et bordée de poteaux indicateurs placés de distance en distance.
En 1793, une division espagnole venue pour assiéger Montlouis avait assis son camp sur le col de la Perche. l.e général Dagobert , qui commandait la place menacée, y rassemble une poignée de soldats, attaque le camp et remporte une victoire complète. Pas un seul Espagnol n’aurait pu échapper, si l’officier qui commandait la colonne envoyée la veille sur la montagne de Cambrasdasa eût débouché à temps de la vallée d’Eyna , et se fût porté sur le col de Riga, continuation du col de la Perche, ainsi qu’il en avait reçu l’ordre. Dagobert
poursuivit l’ennemi dans les montagnes de Yallsabollera, mais , en apprenant la capitulation de Villefranche (R. 104), il s’empressa de revenir à Montlouis.
Du col Je la Perche on découvre en se retournant la citadelle de Montlouis sur son rocher, et plus loin , la profonde échancrure au fond de laquelle coule la Têt; à g., se montre le v.de Bolquéra (R. 100) entouré de quelques champs sans arbres ; dans le lointain , du côté de l’E. , apparaît la pointe du Canigou; à dr. s’élève la. Cambrasdasa couverte de sapins .
Ou versant occidental du col de la Perche appelé col de Riga, on domine la Cerdagne, arrosée par les eaux des deux Sègres et parsemée de nombreux villages; autrefois c’était le plus vaste lac des P,yrénées; aujourd’hui, c’est l’un de ses bassins les plus fertiles. A l’O. , Puycerda attire surtout les regards sur sa colline.
La route descend par une pente facile dans la direction du S. 0., pénètre, par un lacet, dans un petit vallon qui remonte à g. vers Eyna , v. de 330 hab. , et les escarpements du Puigmal , traverse plusieurs affluents de la Sègre , et fait de nombreux détours avant d’atteindre
9 kil. (88 kil.) Sallagossa, bourg de -605 hab. , chef-lieu de canton de l’arrondissement de Prades , situé sur la rive dr. de la -Sègre.
De Sallagossa aux bains d’Fsraldas par I.iivia (Voy. (-.-dessous).
[A 2 kil. à l’E. de Sallagossa, sur le versant septentrional de la vallée de la Sègre, se trouve Lia, v. de 378 hab., auquel des sources ther-
males sulfureuses donnent quelque importance. Ces sources jaillissent à 1 kil. environ sur la rive g. du torrent, dans une prairie ombragée d’arbres. Les habitants des lieux circonvoisins prennent ces eaux en boisson, quelquefois même en bains; mais ils s’en servent surtout pour certains usages domestiques , notamment pour le- blanchissage du linge; car leur températnre varie de 33 à 3.V centigrades.
Non loin de ces soqrces, sur le flanc de la montagne, jaillit la fontaine intermittente de Cayella , dont le flux elle reflux se succèdent de demi -heure en demi-heure. Après le reflux, il ne reste plus qu'un mince filet d’eau, tandis que, pendant la durée du flux , la fontaine copie par six branches à la fois. Le retour de l’eau est toujours annoncé par un bruit souterrain, plus sensible au commencement dë l’étéque pendant le reste de l’année] .
Au sortir de Sallagossa, on traverse la Sègre ; puis, s’éloignant de cette rivière qui coule dans la direction de l’E. à l’O. , et se dirigeant au S. O. , on laisse àg., sur la rive dr. d’un ruisseau, Err, v. de 801 hab. qui possède une source d’eau minérale ferrugineuse froide, et qui fait un grand commerce avec la Cerdagne espagnole. On traverse la rivière, puis oh dépasse le petit hameau' de Llus, et, sans entrer dans l’enclave espagnole de Llivia, dont on longe la frontière méridionale à moins d’un kil. de distance, on gagne, à l’O. , 10 kil. (98 kil.) Bourg-Madame (Hôtel chez Jambon ) , v. de 288 hab. , situé à 1140 mèt. au-dessus de la mer, divisé par la Sègre en deux parties. dont l’une, sur la rive g.,s’ap-