‹ Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'Océan a la MéditerranéeChapitre 333 sur 384 · ROUTE 106. DE PERPIGNAN A MONTLOUIS, — OLETTE · texte numérisé non relu

ROUTE 106. DE PERPIGNAN A MONTLOUIS, — OLETTE

plus ou moins excitantes, et agissant sur tels ou tels organes en particulier, suivant leur température et leurs principes , peuvent être appliquées au traitement de beaucoup d’affections diverses , et réunissent la plupart des propriétés curatives que l’on trouve disséminées dans les eaux minérales des Pyrénées.

Classification . chimique : Eau sulfurée à base de soude , avec fer et iode, et forte proportion de silice.

Nous donnons ici l’analyse de M. Bouis comme la rapporte l’Annuaire des eaux de la France.

Analyse (Boute.) Eau i lit.

< S. Si- S. de la

André. Cascade.

gr. gr.

Carbonate de soude.... o, 04785 0,0384?

Potasse (silic. ou carb.). 0,00821 0,00940

Soude idem 0,03542 0, 03841

Cbaui idem 0,00813 0,007 ?3

Magnésie..... »

Alumine'.'.'.'. ! i i i ij0-03000 °»#W00

Iode '

Sulfure de sodium 0,02829 0,03010

Sulfate de soude o,ossoo 0.00200

Chlorure de sodium.... 0,03160 0,03200

Acide' silicique 0,14300 0,16400

Clairine. 0.03400 0.03609

Azote et oxygène indét. indét.

Bibliographie : Annuaire des eaux de France, ^furis, 1854; in-A». — Bouis, Vallée de la Têt. — Filliol, eaux minérales des Pyrénées. Paris, 1853; in-t2.

Dn pont des Graus à Thuès, la route Côtoie la base d’une montagne rocheuse, parsemée çà et là de châtaigniers ; la rivière coule sur la dr. , à 10 mèt. au-dessous. Après avoir longé la rive dr. pendant 1 kiL 1/2. on passe de nouveau sur

la rive . g. par un beau pont de pierre et l’on traverse

6 kil. (64 kil.) un petit groupe de maisons dépendant de Thuès entre- V ails, v. de 274 hab. , situé sur la rive opposée , à l’embouchure du ravin de Carença, dans un petit bassin où se montrent, quelques arbres, et que dominent de grands pics à la cime boisée.

L’église s’élève sur une légère éminence au milieu du village. La forge de Thuès, établie dès l’an 1533, a cessé de fonctionner à cause (Tu manque de combustible. Les forêts des environs ont été graduellement dévastées, et par suite, l'industrie métallurgique a constamment diminué d’importance ; peut-être attendra-t-elle pour se relever qu’un chemin de fer international lui apporte du charbon de terre du bassin houiller de San Juan de las Abadesas (V. R. 109). .

La gorge de Carença , qui débouche dans la vallée de la Têt, immédiatement au delà de Thuêsentre-Valls, semble presque inaccessible, tant elle présente un aspect sauvage. Les deux parois sont deux murailles extrêmement élevées, distantes de quelques mètres à peine sür toute leur hauteur. La perpendicularité de ces rochers à pic se continue pendant plus d’un kil. ; aussi est -ce avec difficulté et quelque péril qu’on y pénètre , tantôt côtoyant la rivière, tantôt s’élevant péniblement sur l’Un des côtés. Cette gorge se termine aux étangs de Car rença, situés tout près de la frontière, sur le versant septentrional de la Coume dels Cours (2870 mèt.)..

On peut les atteindre en 5 h. de marche, mais le chemin de Saint- Thomas et de Prats de Ballaguer est préférable (Voy. plus bas h De

ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES

riches mines de cuivTe existent dans les environs des étangs, et, si l’on en croyait les paysans, l’une de ces mines serait aurifère. L’exploitation de ces gisements métalliques a été commencée à diverses reprises, mais n’a jamais été suivie régulièrement, à cause des neiges qui rendent cette position inhabitable pendant huit mois de l’année.

Les étangs de Carença, comme ceux de Nohédas (R. 105) , ont donné lieu à un grand nombre de légendes superstitieuses qui se racontent encore dans les villages : c’est là, dit-on, que se réunissent les esprits de la montagne.

Si, au lieu de suivre la gorge de Carença jusqu’aux étangs , on s’éloigne des bords du torrent principal pour pénétrer à g. dans une gorge qui remonte directement vers le S. , on laisse à dr. le Roc de Prats (2845 mèt.), avant de franchir le sommet de la chatne-frontière au col de Jéganne , d’où l’on peut descendre, sur le versant espagnol, à Campredon (Voy. l’Itinéraire de l’Espagne).

Après avoir dépassé Thuès et perdu de vue l’ouverture étroite de la gorge de Carença, on continue à remonter la rive g. du torrent. La vallée , presque complètement inhabitée, est dominée de toutes parts par de hautes montagnes grises où se montrent çà et là quelques arbres ; sur les pentes inférieures , on voit des vignes et des noyers. A g. , des gorges étroites s’ouvrent de distance en distance.

. 5 kil. (69 kil.l Fontpédrouse (Fontaine pierreuse), v. de 890 hab. , est situé sur la rive g. de la Têt, au-dessous de la route , dans un pe-

tit vallon parsemé de rochers gris.

La plupart des habitants sont muletiers; ils se distinguaient autrefois par un costume particulier.

Au sortir de Fontpédrouse, la route se rapproche de la Tét, audessus de laquelle de solides murailles la soutiennent, passe deux fois dans le roc vif, franchit sur un pont-viaduc de trois arches le lit d’un torrent souvent desséché, et laisse à g. le vallon sauvage d’où descend la rivière de Prats de Ballaguer. Sur le promontoire qui domine l’entrée de ce vallon du côté de PE., Se trouve le v. du même nom, dépendant de la commune de Fontpédrouse. Au-dessous, on aperçoit les restes d’une vieille tour.

Au confluent même, éntre la rive dr. du torrentde Prats de Ballaguer et la rive dr. de la ’Pêt, s’est bâti le hameau de Saint-Thomas, qui a donné son nom à trois sources sulfureuses jaillissant à 500 mèt. -en amont sur la rive g. du torrent, à côté d’une prairie qu’ombragent quelques peupliers. Un petit établissement , contenant quelques chambres et plusieurs baignoires, a été construit en 1842 pour utiliser ces eaux. Les résultats sont assez favorables, mais la concurrence que lui font tant d’autres sources de même nature , disséminées dans la vallée de la Têt, nuiront toujours à la prospérité de cette entreprise.

De Saint-Thomas et de Prats de Ballaguer, un sentier mène au fond de la gorge, en suivant d’abord la rive dr. , puis la rive g. du torrent, repasse sur le versant oriental, un peu en aval du lac où le torrent prend son origine, et s’élève par une suite de zigzags au col de S au font ,

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