‹ Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'Océan a la MéditerranéeChapitre 34 sur 384 · GNAN · texte numérisé non relu

GNAN

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Grandier. — 210. Leaueur. Uranie. Celle gracieuse petite loile, achetée par la ville en 185*1, est plutôt, dit le catalogue, une nouvelle composition qu’une réduction du tableau peint pour l'hôtel Lauibeit qui se trouve maintenant dans le musée du Louvre.— 225. Lulherburg. Paysage.

— 228 , 229. Mata. Portraits d’homme et de femme. — '2k!) . Mignard. Pôrtrait de Louis XIV. — 262 Moucheron. Paysage.

— 266. Murillo. Un philosophe. Ce tableau a été acheté par la ville en 1855. — 271. Palma le vieux. Sainte Famille avec saints. Ce beau tableau a été payé 8000 fr. — 283. Jacopo da Ponte , dit le Baaaan. Sortie de l’Arche. — 302. Rembrandt. Adoration des Bergers. — 303.

Le meme. Tète de nègre. — 304. Le même. Intérieur. Ce tableau , acheté psr la ville en 1850, avait fait partie de la galerie de sir llobert Brown. Sa couleur et le monogramme dont il est signé (II V R) font penser, dit le catalogue , qu’il a été peint par Rembrandt comme un pastiche d’Ostade ou de Brauwer.— 309. Reatout.

Présentation de Jésus au temple (1735).

— 310. Ribera. Assemblée de religieux.

— 3x1. Le même. Réunion de philosophes. Ces tabh-aux, d’une couleur remarquable, ont été longtemps attribués & Luca Giordano, Les philosophes ont l’air de mendiants et d’ivrognes qui se disent entre eux ; « Qu'allons-nous devenir?

nous n’avons plus rien à boire ni à manger. » — 312. fticci(Sébastien). L’Amour jaloux do la Fidélité. — 318, Rcbusti (Marie) , la fille de Tintoret, celle que M. Léon Cogniet a reproduite dans son tableau n° 93. Portrait du sénateur André Capello. — 324. Camille Roqucp tan. Valenline et Raoul (4* acte des Huguenots). —829. Rubens. Le Christ en croix.-- 330. Le même. Martyre de saint Georges. — 33i . Le même. Martyre de saint Just. Ce tableau, exécuté par Rubens pour l’église des Annunciades à Anvers, resta danB cette église jusqu’à sa suppression.

Vendu à Bruxelles, le 17 juillet 1785 , 1300 florins, il changea plusieurs fois de proprietaire. L’empereur Napoléon lu l’acheta 16 ooo fr. et le donna au musée de Bordeaux en échange d’une tôle de femme de Carriers ltosalba, qu’il avait manifesté le désir de posséder. — 332

Le même. Bacchus et Ariane. — 334, 335, 336. Ruysdael. Paysages.— 339 Sabbatino. Sainte Famille.— 356. Staeearts.

Réunion de famille. — 3('B. David Tentera (le jeune). L’Évocation. — 369. Le même. Danse de villageois. — 375. Tiepold. Elu zer et Rebecca, — 397. Van Dyck. Portrait en pied de Marie de Médicis. — 3o6 .Le même. Portrait d'un inconnu. Presque une miniature pour les dimensions, — Ail. Pérugin. La Vierge et l'Enfant Jésus. Saint Jérôme et saint Augustin. Ce beau tableau vient de Pérouse 420. Fnsari. Sainte Famille. —

423. Titien. La femme adultère. Ce remarquable tableau , attribue à Paul Véronèse, provient du palais ducal dcModène. — 426. Le même. Triomphe de Galatée. — 428. Vertanghen. Nymphe au bain. Attribué aussi à Boucher et à I.agrenée. — 430. Pincent (17A8-I8I6). La leçon de labourage. — 433. Waterloo.

Paysage.— 442. H'ï/i*(Pierre Alexandre).

Tète de femme. — 445. Zachtlewen. Vue des bords du Rhin; — 446. Zanchi. Le bon Samaritain.

Le musée de Bordeaux n’est pas riche en sculptures , mais il possède une collection d'armes antiques, achetée par la ville en 1865.

Le buste en marbre de Michel Montaigne est de Dessine (1750-1824).

Le Génie de la Sculpture, Giotto enfant, les bustes d’Homère . d’Aubert de Tourny, de Casimir Pôrier, du duc d’Orléans, du roi Louis- Philippe, etc., sont de Maggesi. La réduction en bronze de la statue en marbre de Milon de Crotone, par Pierre Puget, qui est au Louvre, a été donnée en 1837 par le gouvernement.

Le musée de Bordeaux proprement dit, rue Saint-Dominique, ne comprend plus aujourd’hui que la bibliothèque, le cabinet d’antiques, l’observatoire et le cabinet d’histoire naturelle.

La bibliothèque , fondée en 1768 par J. J. Bel, conseiller au parle-

ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES

ment, et augmentée par les bibliothèques des couvents à l’époque de leur suppression , l’une des plus riches de France, excepté celles de Paris, se compose de 45000 ouvrages , formant plus de 120000 tomes, dont le catalogue imprimé comprend cinq volumes in-8, et encore n’est-il pas complet. Le livre le plus précieux de cette bibliothèque est un exemplaire des Essais, de Michel Montaigne, qui a été publié chez l’Angélier, à Paris, en 1588, et que l’auteur a couvert dé notes et de . corrections. Cet exemplaire avait été donné par Mme de Montaigne aux Feuillants.

C’est celui dont s’est servi Mlle de Gournay, fille d'alliance de Montaigne, pour publier l’édition de 1595 , et de nos jours il a été mis à la disposition de M. Naigeon, qui l’a consulté avec fruit pour une publication qu’il a faite des Essais chez Firmin Didot; Paris, 1802.

Le musée des Antiques, fondé par Jouannet, l’auteur delà Statistique de la Gironde, se compose des objets recueillis dans les diverses fouilles qui ont été opérées à Bordeaux ou dans le département.

Jouannet les a décrits en partie, mais il n’en existe aucun inventaire détaillé.

Quant au musée d’histoire naturelle, fondé en 1805 par une donation de M. Journu Aubert, comte de Tustal, il s’est constamment augmenté et enrichi. Malheureusement il manque de place, comme la galerie de tableaux.il sera transféré dans les bâtiments que l’on construit au Jardin public, devenu le Jardin botanique.

Théâtres. — Le Grand Théâtre , le plus beau théâtre de la France , a été bâti de 1777 à 1780 par l’ar-

chitecte Louis : ila coûté 2 500000 fr- C’est un édifice isolé qui a 88 mèt.

de longueur sur 47 mèt. de largeur et 19 mèt. environ de hauteur. Il longe, d’un côté, les fossés du Chapeau-Rouge ; de l’autre , la rue Esprit-des-Lois. Cette belle salle vient d’être entièrement restaurée telle qu’elle était lors de son inauguration. Sa restauration, dirigée par M. Burguet , architecte de la ville, a coûté 600000 fr. C’est M. Despléchin , qui a été chargé de décorer la salle. — Le théâtre des Variétés, rebâti de 1793 à 1800, incendié le 3 décembre 1855, a été reconstruit depuis. — Le théâtre du Gymtiase , de construction récente, est desservi par la troupe des Variétés.

Industrie et commerce. — Bordeaux est tout à la fois une ville industrielle et commerçante. On peut y visiter : des chantiers pour la construction des navires et d’importants établissements industriels qui concourent à l’armement des navires, savoir : des forges de tôlerie et clouterie; des corderies, voileries et poulieries; des ateliers de menuiserie, sculpture et peinture. Ces divers établissements , qui occupent environ 3000 ouvriers, construisent et arment chaque année de 40 à 50 navires (MM. Arman, Guibert, Moulinié, Cluzan , Chaigneau , Bichon , etc.) ; — des ateliers pour la construction des machines d vapeur (MM. Cousin et fils frères, rue Lafayette , 15; Charles Dietz, quai de Paludate, 10, 14; Maldant, rue de Lormont, 276) , etc., etc.

Parmi les caves des négociants en vins de Bordeaux, celles de M. Guestier, pavé des Chartrons, 39 , de M. Cruse, façade de Bacalan , et celles de M. Johnston, route de

I’essac, méritent une mention spéciale.

Le commerce de Bordeaux , éprouvé par la maladie de la vigne et par le manque de récolte, se maintient toutefois depuis quelques années dans un état prospère.

En 1854, il était entré dans le port 1218 navires jaugeant 183776 tonneaux, et venant, soit des possessions françaises d’outre-mer, soit des pays étrangers. 11 en était sorti 1146, jaugeant 191 866 tonneaux.

En 1854, les importations se sont élevées à 86743720 kil. , et les exportations à 85 236513 kil.

Placei. — Allées. — Promenades. — La plus grande de toutes les places de Bordeaux, la place des Quinconces , est plutôt une promenade qu’une place proprement dite.

Elle forme du côté de la Garonne une partie du quai Louis XVIII. Sa profondeur , depuis les colonnes rostrales jusqu’à l’hémicycle, est de 390 mèt. ; la largeur de sa terrasse est de 170 mèt. De chaque côté s’étendent deux quinconces, qui ont 280 mèt. de long sur 80 mèt. de large. Aux deux extrémités de la terrasse, qui domine de 1“,50 le quai sur lequel descendent trois escaliers, s’élèvent deux colonnes rostrales, hautes de 20 mèt., ornées de proues et d’ancres et surmontées chacune d’une statue par M. Manceau. Ces statues représentent le Commerce et la Navigation. Des escaliers à vis , pratiqués dans l’intérieur de ces colonnes, ont permis de placer au sommet des becs de gaz munis de réflecteurs. Aux deux extrémités des Quinconces, on a bâti récemment deux établissements de bains entourés de grilles.

A l’extrémité de la place des Quinconces s’ouvre un hémicycle

dont le plan a été tracé par le conseil des bâtiments civils. Le cours de Tourny, qui le partage en deux parties égales, conduit à la place de Tourny, où viennent aboutir les allées de Tourny, le cours deTourny et le cours du Jardin public. Les Allées de Tourny, qui mènent de la place de la Comédie à la place de Tourny, datent de 1744 à 1753.

Elles étaient autrefois plantées d’arbres qui ont été abattus en 1831. Le 20 avril 1858 on y a érigé ùne statue équestre de l’empereur Napoléon III, par M. Jean Debay. La statue érigée, en 1825, à M. de Tourny sur la place de ce nom, a mérité un trop grand nombre de reproches.

Le Jardin public , inauguré le 29 avril 1756, transformé pendant la Révolution en champ de Mars . a conservé son nom. On vient d’y transférer le jardin botanique et d’y construire de belles serres, qui n’étaient pas achevées en 1858.

Les allées Damour , le cours cTAlbret et les autres cours ou allées de Bordeaux, n’ont vraiment droit qu’à une simple mention.

Mais les quais des Chartrons et de Bacalan offriront une agréable promenade aux voyageurs qui aiment le mouvement, l’activité, les bruits du commerce et de l’industrie.

De Bordeaux à Bayonne (V. R. 2); — à ArcBchon (R. 3); — à Mont-de-Marsan, à Orlhez et à Pau ( R. 4 ); — à Pau, par Dax (R. 2 et 5);— à Tarbes, par Mont-de- Marsan (R. 38) ; — à Toulouse (R. 64 ).

198 kil. Chemin de fer; 3 conv. par jour; tra)et en 5 h. et 6 h. 20 m. — 22 fr, 20 e., 16 fr. 65 c. et 12 fr. 20 c, —

Omnibus spéciaux, 25 o. par voyageur et 20 c. par colis (dans les bureaux et aux hôtels), to c. et 30 c, (h domicile et h la gare d'Orléans.)

L'embarcadère (buffet) des chemins de fer du Midi (Bayonne, Toulouse, Cette), se trouve actuellement situé à l’extrémité méridionale de Bordeaux, à 3 kil. environ de la place de la Comédie, au delà des nouveaux marchés construits derrière l’hospice des Enfants- Trouvés. C’est un embarcadère provisoire en bois-. On ne sait pas encore sur quel emplacement s’élèvera l’embarcadère définitif.

Quand on quitte l’embarcadère proprement dit, on traverse la gare des marchandises et les ateliers , qui occupent une vaste superficie de terrains.. On laisse bientôt à g.

la ligne de Toulouse-Cette, et on entre dans une longue tranchée , au sortir de laquelle on se trouve sur une vaste plaine couverte de vignes ; puis la tranchée recommence. Il faut se lever dans son wagon, si l’on veut apercevoir, sur la dr. , les maisons du Haut-Brion , dont les vignobles, qui produisent un des principaux crus du Médoc, sont les plus anciens du Bordelais. Ce domaine donne environ 120 tonneaux par an. En 1844, le tonneau se vendait 3000 fr. Le vin du Haut- Brion , qui mûrit lentement, ne peut pas être mis en bouteilles avant six ou sept ans.

A peine a-t-on aperçu Haut-Brion , que l’on passe , sur un remblai élevé, à côté du viaduc construit pour l’ancien chemin de la Teste , et à l’extrémité duquel ce chemin, qui part de l’embarcadère de Ségur ’ , vient se relier à la voie nou-

i . 1,’ancienne gare de Ségur ne sert plus que peur certaines marchandises.

SS PYRÉNÉES

velle. Ce viaduc, long de 900 mèt. , se compose de 91 arches élevées de 5 mèt. î il franchit la petite vallée qui sépare Haut-Brion de Pessac.

6 kil. Pessac , chef- lieu de canton de l’arrondissement de Bordeaux , compte 2335 hah.

Un peu au delà de Pessac, on laisse , sur la g. , les vignes du pape Clément. Bertrand de Goth , personne ne l’ignore , occupait le aiége archiépiscopal de Bordeaux quand il fut nommé pape sous le nom de Clément V. Ces vignes lui appartenaient ; il les tenait de Gaillard de Goth , un de ses aïeux , et il les donna à Arnaud de Canteloup, son successeur. Elles restèrent jusqu’en 1792 en la possession des archevêques du diocèse. Elles furent vendues alors comme propriété nationale.

5 kil. (11 kil.). Gaziaet est un hameau dépendant de la commune de Pessac. On découvre, dans ses environs, des traces bien évidentes de l’ancienne voie romaine qui allait de Bordeaux à Bayonne, et que les habitants du pays appellent encore la Levade , la levée ou chaussée en saillie.

Cependant les pins ont remplacé la vigne ; aux terres cultivées ont succédé des marécages. On est entré dans les landei, c’est-à-dire sur de vastes plaines sablonneuses, couvertes ici de bruyères, de fougères, d’ajoncs et de larges flaques d’eau croupie , là de forêts de pins presque impénétrables; à demi peuplées par le peuple le moins intelligent et le plus sauvage de France.

Le désert commence ; il a plus de 60 lieues de long. On ne retrouvera la fertilité, la vie, l’industrie et l’activité humaines que sur les bords de l’Adour. Rien de plus monotone que ce paysage toujours semblable.

Quelquefois, sur la lande qui n’a de borne que l’horizon , on aperçoit la silhouette d’un pâtre monté sur ses échasses et appuyé sur une longue perche ; ces trois lignes grêles se dessinent dans l’air comme des fils d’araignée; autour de ce singulier trépied, on entend retantir les voix lointaines et le bêlement plaintif des brebis couchées. Des chevaux libres, petits et maigres, lèvent leur tête au milieu des herbes, ou bondissent e ffarouchés quand le convoi passe. Cependant cette prairie monotone , trop mouillée en hiver, trop desséchée en été, à cause de sa constitution géologique , offre parfois un aspect grandiose, et ce pays, presque toujours si triste à voir, est intéressant à étudier

Les Xiandei de Gascogne occupent la vaste contrée qui s’étend au sud-ouest de la France, depuis la Garonne jusqu’à l’Adour, et depuis la Gélise jusqu’aux dunes de l’Océan.

C’est la partie occidentale de l’antique Aquitaine, qui reçut, sous les Romains, le nom de Novempopulanie, et plus tard, sous l’empire des Franks, celui de Vasconie ou Gascogne. On les divise en grandes landes : ce sont les plus stériles : en petites landes : à demi cultivées, elles forment la partie occidentale du plateau, entre la zone graveleuse de la vallée et les grandes landes ; et en landes du Midoc. Ces dernières se trouvent comprises entre la route de Bordeaux à la Teste, le bassin d’Arcachon , les dunes et le chemin de Lesparre à Bordeaux.

Les Landes proprement dites comprennent une étend ue de 635 594 hectares , sur lesquels les landes com-

1. Voir l 'Itinéraire de Bordeaux à Bayonne, par Adolphe Joanne , | volin-18. Paris, Hachelle, 2 fr

munales représentent 408 949 hectares , savoir ; 275000 hectares dans le département des Landes, et 133 949 hectares dans le département de la Gironde.

a Ceux qui rêvent la fertilité sur cette terre de sables, dont la base est une froide et imperméable argile, sont des aveugles d’esprit, écrivait récemment M. Ernst; la lande n’est bonne et productive que par le pin maritime, par le chêne et l’acacia dans ses moins mauvaises terres. C’est vouloir se ruiner que de s’entêter à y créer des cultures :

témoin les grandes Sociétés de la Teste, des landes d’Arcachon, etc. , qui y ont dévoré d’énormes capitaux. »

Heureusement la Providenoe , d’ordinaire si sage dispensatrice de ses bienfaits , a réservé à cette contrée, déshéritée de tant d’avantages, un produit qui, pour croître, ne demande ni travail coûteux, ni amendements et engrais, ni bâtiments, ni irrigations, ni de trop longues années d’attente; produit varié dans ses applications, plus que jamais demandé et même nécessaire. Ce produit est le pin maritime, que l’on peut regarder à bon droit comme l’un des arbres les plus précieux de la famille des oonifères. Il vient sans les moindres frais de culture. Jetez sa graine à la volée sur le sol , en préservant seulement les parties ensemencées du piétinement' et de la dent des animaux pendant le temps des premières pousses, et vous n’avez plus à vous inquiéter des résultats, même sur les terrains les plus ingrats pour tous les autres produits ; la nature fera le reste.

A la dixième année , on commence la première éclaircie, qui donne .

ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES

déjà un bénéfice; les autres suivent à d’assez courts intervalles ; car rien n’est plus hâtif et plus merveilleux que la croissance de cette précieuse essence, complète entre cinquante et soixante ans.

La récelte si importante de la résine se fait dès l’âge de vingt ans et se continue abondante jusqu’au plein développement de l’arbre , qui, abattu, donne encore le goudron, le brai, le charbon. Avec la résine on obtient l’essence de térébenthine et le noir de fumée. C’est pour obtenir la résine qu’on pratique sur les arbres des entailles appelées cores.

Le bois du pin maritime fournit l’échalas pour la vigne , les piquets pour les clôtures , les pilotis les plus durables que l’on connaisse pour les travaux hydrauliques, les poteaux télégraphiques, les traverses et longrines pour les voies ferrées, les solives et planches propres aux constructions, et enfin un bois de chauffage également bien employé pour les usages domestiques, la cuisson du pain, les machines à vapeur.

Un hectare de pins produit environ 25 fr. par an.

Après le pin maritime vient naturellement, au second rang, le chêne-liége , autre production tout à fait convenable aux contrées méridionales aussi bien qu’à la nature siliceuse et légère du sol landais.

Cet arbre précieux est , il est vrai, plus long à croître que les arbres résineux ; car on ne commence guère la récolte du liège qu’entre la quarantième et la cinquantième année de l’âge des arbres, selon leur bonne venue et la nature plus ou moins favorable des terrains qui les portent ; mais , dès

lors , on enlève le liège tous les sept ou huit ans , et ce commode revenu , qui ne demande d’autres frais et d’autres soucis que ceux de la récolte, dure deux siècles environ. Le chêne-liége donne aussi une récolte secondaire qui n’est pas à dédaigner: c'est le gland, nourriture excellente pour l’entretien et l’engraissement des porcs et des moutons.

Améliorer les Landes en les assainissant et en y développant surtout la sylviculture, tel est le but d’une loi votée dans la session de 1857 par le Corps législatif.

Jusqu’à ces dernières années, l’apathie, la misère, l’ignorance ou les préjugés des paysans, les spéculations mal entendues des propriétaires et des communes , ou leur manque absolu de ressources , la difficulté des communications, étaient les principaux obstacles qui s’opposaient à l’amélioration des Landes. Grâce à la loi nouvelle, ces obstacles ont cessé d’exister. 11 peut donc être permis d’espérer qu’elle aura le résultat que le gouvernement semble en droit d’attendre.

L’ensemble des travaux de mise en culture et d’assainissement des Landes paraît devoir coûter 27 150000 francs environ. D’après les rapports des ingénieurs, ces prix comprennent les frais d’assainissement du sol et ceux de garantie des semis et plantations jusqu’à la troisième pousse.

Enfin , des routes , dites agricoles , relieront bientôt les principaux centres de population actuels ou futurs. Leur longueur sera de 500 kil.

La construction en a été confiée à la compagnie des chemins de fer du Midi, moyennant une somme à forfait de 4 millions,

7 kil. (18 kil.). Pierroton se compose de l’espèce de chalet dans lequel est établie la station et d’une auberge située à peu de distance sur la route de terre.

5 kil. (23 kil.). Mio* est une commune du canton d’Audenge, située à la g. et fort loin de la station qui porte son nom , au bord de la Leyre , sur un sol assez fertile, surtout en seigle et en maïs. Sa population se monte à 2384 hab.

Les huit dixièmes de son territoire sont en landes.

4 kil. (27 kil.) BXarcheprime possède, comme Pierroton, une auberge construite sur la route de terre, à moitié chemin de la Teste.

C’était là que s’arrêtait autrefois la patache qui faisait en treize ou quatorze heures le service entre Bordeaux et la Teste. A dr. est le petit village du T este -More.

6 kil. (33 kil.). Canaulay.

4 kil. (37 kil.). Facture possède une caserne de gendarmerie, une verrerie, un haut-fourneau à fonte de fer (on ne le voit pas), où se coulent des plaques de cheminée etd’au très marchandisescommunes. Lastationde ce nom dessert non-seulement tous les villages situés sur la côte orientale du bassin d’Arcachon : Biganos, Audenge, Lanton, Andernos, Arès, Ignac, Leige;mais ceux de toute la vallée de la Leyre , à g.

du chemin de fer, jusqu’à Belin.

Au delà de Facture , on traverse sur un pont de pierres un affluent de la Leyre , puis la Leyre ellemême. Cette rivière, que les Romains nommèrent Sigman, peutêtre à cause de son cours sinueux , prend sa source à la Gavarre , près de Luxy (département des landes) , et vient se jeter par deux bras dans le bassin d’Arcachon. La marée n’y

remonte qu’à 10000 mèt. de son embouchure. Elle est flottable en trains sur une longueur de 34 kil. , entre la limite du département des Landes et le pont du chemin de fer, et navigable de ce pont à la mer. Dans la partie inférieure de son cours, elle nourrit une immense quantité de ce fretin dont les pêcheurs de sardines composent leur appât, et les riverains emploient l’argile sur lequel elle coule à la fabrication des briques et des tuiles.

3 kil. (40 kil.). laamothet station où le chemin de fer se bifurque :

l’embranchement de dr. conduit à la Teste-Arcachon ; l’autre bras, la ligne principale , changeant de direction , passe du sud-ouest au sud et s’étend en ligne droite, sur une longueur de près de 50 kil. , à travers les Landes. Tous les convois s’arrêtent à Lamothe , où les voyageurs qui vont à la Teste-Arcachon ou qui en reviennent , doivent changer de voiture. Aussi un buffet a-t-il été établi à cette station , construite au milieu de marais qui n’ont pas été encore complètement assainis. Le passage de ces marais était , dit-on, fort difficile autrefois.

9c Lamothe & la Teste et à Arcachon (V. H. 3)

12 kil. (52 kil.). Caudos est un hameau de la commune de Mios; on le cherche vainement du regard sur la lande immense qui se prolonge jusqu’à l’horizon ; on n’aperçoit que deux ou trois maisons.

11 kil. (63 kil.). Sallei n’est pas plus visible que Caudos. Le village dont cette station isolée porte le nom en est fort éloigné. Il se trouve situé sur la Leyre, entre Mios et Belin , à g. du chemin de fer et à plus de 10 kil. : c’est la commune

• ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES

la mieux cultivée et la plus salubre du canton de Saiut-Belin (Gironde).

On l’appelle le paradis des Landes.

Sa population se monte à 3876 bab.

Elle possède de belles eaux, de fertiles prairies, d'abondants dépôts de falun, du minerai de fer, des calcaires grossiers . une vaste foret de pins remarquablement exploitée ; une voie romaine la traversait.

A 10 kjl. environ à l’ouest de la station de Salles , se trouve le v. de Sanguinet, situé sur le bord oriental de l’étang de Cazau.

Eu quittant la station de Salles, on sort du département de la Gironde pour entrer dans le département des Landes.

13 kil. (76 kil.). Xchouxest un v.

de 800 hab. environ, situé à la dr, de la station , autour de laquelle se sont déjà groupées quelques maisons. Sa hauteur au-dessus du niveau de la mer est de 57 mèt. Il dépend du canton de Parentis-en-Born (arrondissement de Mont-de-Marsan).

Plusieurs forges ont été établies sur le bord de son ruisseau, la Moulasse.

On y coule et on y moule en fer des ustensiles de ménage. T arentisen-Bom, le chef-lieu du canton, a une population de 2030 hab.

Il se trouve situé, à l’ouest et à 10 kil. environ du chemin de fer, près de l’extrémité orientale d’un étang auquel il a donné son nom.

13 kil. ( 89 kil. ) Xabouheyre , v. de 450 hab. ( canton de Sabres) , a été une ville nommée Herbefeverie, où l’on entrait par plusieurs portes en pierre. La porte de l’est existe, dit-on, encore. L’évêché d’Acqs (ou Dax) y fut transféré en 900. Sa hauteur au-dessus du niveau de la mer est de 73 mèt.

Deux fois l’an, en juin et septembre, il s’y tient une foire considé-

rable qui dure huit jours, et à laquelle se rencontrent près de 5000 personnes. Cette foire offre une particularité curieuse : c’est le marché aux vieux uniformes,

8 kil. (97 kil.). Sabres, le cheflieu d’un canton de l'arrondissement de Mont-de-Marsan, qui donne son nom à celte station, en est éloigné d’environ 15 kil.; il est situé, à g. , sur la Leyre, au milieu de laudes marécageuses, à 35 kil. de Mont-de- Marsan. Sa population se monte à 2484 hab. Son église passe pour avoir été bâtie par les Templiers.

La station de Sabre6 est le point le plus élevé du chemin de fer de Bordeaux à Bayonne. La hauteur de la lande atteint, en effet, 85 mèt.

12 kil.

12 kil. (109 kil.). Moroens est un village de 875h.,dépendantducanton d’Arjuzanx et situé entre Arjuzanx(àg.)et laHarie (à dr.),à9mèt.

plus bas que la station de Sabres.

Un buffet a été établi à la station de Morcens , où s’arrêtent tous les trains, car c’est de là que part l’embranchement de Mont -dô- Marsan (V. R. 4). Les voyageurs qui vont à Mont-de-Marsan ou qui en arrivent doivent changer de voiture.

14 kil. (123 kil.). Rio», b. de 1600 hab. , est situé à la dr. du chemin de fer.

[On trouve à la station de Riondes voitures de correspondance qui cour duisenlà(14kil. pour 2 fr.) Tartes, chef-lieu de canton de l’arrondissement de Saint-Sever, V. de 3057 hab., située sur le penchant d’une colline aupied de laquelle coule la Midouse, qui la divise en basse et haute ville. Elle est généralement bien bâtie, et d’agréables promenades l’entourent.

Avant la conquête romaine, elle était habitée par la peuplade des

Tarasates, qui lui donna son nom; plus tard elle devint le siège d’Une vicomté. Au xv' siècle, elle fut une des places les plus fortes de la Gascogne. En 1642, par suite de l’échange de l’Albret contre la seigneurie de Bouillon, la vicomté de Tartas fut réunie à la Couronne de France. Quelques années plus tard, la ville, qui possédait un château fort, ayant donné asile aux protestants, Louis XIII fit démolir ses fortifications; on ne laissa debout que deux tours qui ont été abattues en 1830. En 1814, les Français, battant en retraite devant les Anglais, coupèrent le pont de pierre, qui a été reconstruit depuis.]

Au delà de Rion, on distingue plus nettement la chaîne des Pyrénées que l’on aperçoit quelquefois, quand le temps est clair, entre Morcens et Rion.

11 kil. (134 kil.). laluque, v. de 500 hab. environ, dépend du canton de Tartas. On sent que l’on touche à l’extrémité du désert ; les cultures sont plus rapprochées. Bientôt apparaît sur la g. un véritable village, avec des champs, des jardins, une église, Une grande église.

Ce village, c’est Buglose. Un peu plus loin, on remarque du même côté, près d’un vieux chêne, une chapelle inachevée. Cette chapelle, c’est celle de Saint-Vincent de Paul.

) kil. (141 kil.). Buglose^ v. dépendant de la commune de Saint- Vincent de Paul, qui s’appelait autrefois Pouy, mérite doublement d’attirer l’attention des voyageurs.

Ilavu naître saint Vincent de Paul, et il possède une image miraculeuse de la Vierge , que viennent prier chaque année de nombreux pèlerins, qui s’arrêtent presque tous pour faire leurs dévotions devant le chêne de

saint Vincent de Paul. Au pied de cet arbre, s'abrita souvent, tout enfant, en gardant son troupeau, le saint qui a laissé le plus beau nom dont s’honore l’humanité. Le bouvier arrête de préférence ses bœufs sous son ombrage , quand il leur sert leur pâture. Ses fruits sont avidement recherchés, et ses branches, transformées en croix rustiques , viennent jusqu’à Paris orner le plus humble grenier du pauvre comme les plus splendides oratoires de l’aristocratie. La chapelle voisine s’élève sur l’emplacement qu’occupait la maison où est né saint Vincent de Paul.

Commencée il y a quelques années seulement, elle est restée inachevée ; elle semblait même abandonnée au mois de mai 1857. On ne s’explique pas une pareille négligence.

Au delà de la station de Buglose, on descend dans la vallée de I’Adour, et, peu de temps après avoir croisé la route impériale de Bordeaux à Bayonne, on aperçoit successivement à g. l’Adour, et le nouveau pont de pierre qui relie la ville de Dax à son faubourg de Sablar, situé sur la rive gauche du fleuve.

7 kil.(148kil.).Dax(des omnibus, correspondant avec tous les trains, transportent les voyageurs de la station dans la ville pour 25 cent. On trouve, en outre, à la station des voitures de correspondance conduisantà: Orthes et Pau (V. R. 5); et, pendant la saison des eaux seulement, aux Eaux-lionnes , h Coûterets, à Iiarèges et à Saint-Sauveur.

Hôtel Figaro , dans la ville; Hôtel de l'Europe dans le faubourg de Sablar) , chef-lieu d’arrondissement du département des Landes, est une ville de 6125 hab. , située sur la rive g. de l’Adour, à 12 raêt.

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environ au-dessus du niveau de la mer La gare du chemin de fer, bâtie sur la rive dr. , en est éloignée de plus de 1200 mèt. A l’extrémité de la grande rue du faubourg de Sablar , un beau pont en pierre de 5 arches a été ouvert, en 1857 , au-dessus du vieux pont de bois.

Entre les deux ponts, sur la rive gauche du fleuve , s’élève l’ancien château fort, entouré de fossés et flanqué de tours rondes et carrées.

Un pont-levis donne accès dans l’intérieur, qui sert actuellement de caserne. Ce château, qui a été souvent remanié , paraît avoir été reconstruit au xiv* siècle. Bien que ses murailles extérieures soient évidemment romaines, il n’offre plus aucun intérêt au point de vue architectural ; mais les remparts plantés d’arbres, qui s’étendent autour de la ville en amont du pont de pierre , méritent la visite des archéologues.

En effet, les murailles de Dax, formées d’une masse épaisse de moellons noyés dans la chaux, sont de construction romaine; le parement se compose d’assises horizontales de briques, alternant avec des buées de petit appareil. Malheureusement le génie en a blanchi “et englué à la chaux une partie, et on a commencé à les démolir. La ville ayant été déclassée , c’est-àdire ne se trouvant plus dans la catégorie des places fortes, le conseil municipal, à la tête duquel se trouvait cependant un membre du comité des arts et monuments , a voté leur destruction sousle prétexte d’embellissements; on les a déjà jetées bas

l. De Sabres à Dax , le chemin de fer n descend» de 74 mètres, l.a station de Moreens est à 76 mètres, celle de Rion à 71, celle de Laluque à 65, celle de Buglose à 33.

aux extrémités des rues principales ; et les portes qui, du reste, avaient été rebâties, mais qui existaient encore en 1856, sont tombées sous le marteau des démolisseurs.

Dès qu’on a traversé le pont de pierre, on voit s’élever à quelques pas devant soi une haute colonne de vapeur : c’est la fontaine chaude qui jaillit, au milieu de la ville, clans un bassin de 40 à 50 mèt. de surface et de 82 cent, de profondeur. Ce bassin est entouré d’un portique d’ordre toscan, fermé par des grilles. Il se vide sans interruption au moyen de gros robinets ouverts entre les piédestaux, car il se remplit incessamment. Quand la vapeur n’est pas trop abondante à la surface, on distingue l’ouverture par laquelle Peau thermale sort de terre, à la température de 56° Réaumur. Cette eau est limpide ; sans avoir de saveur marquée, elle n’est pas agréable à boire; son odeur faible se perd à mesure que sa température s’abaisse. MM. Thore et Meyrac en ont fait l’analyse.

Elle a donné par litre :

gr. mil.

Carbonate de magnésie 0,027

Sulfate de soude 0,i5t

Sulfate de chaux 0,170

Chlorure de sodium 0,032

Chlorure de magnésium 0,095

L’eau de la fontaine chaude n’est employée maintenant qu’à des usages domestiques. Quelques maisons de bains se sont cependant fondées alentour. Les sources adouriennes et celles des fossés ne sont pas non plus utilisées pour le traitement des malades. Le seul établissement thermal de Dax est celui des Baignais, situé à 400 pas de la ville, à l’extrémité d’une belle allée d’or-

mes. Le corps de logis destiné aux malades renferme trente appartements commodes, mais simples.

Une galerie couverte règne sur toute la longueur du bâtiment, et fait face à l’Adour. La source minérale jaillit dans un joli potager, où l’on trouve des bains , des douches et des boues thermales, depuis 25 jusqu’à 49' Réaumur.

Les eaux de Dax s’emploient surtout en bains, en douches et en houes. On les prend toute l’année, mais principalement au printemps.

Elles sont recommandées et efficaces pour la guérison des rhumatismes chroniques, des paralysies, des vieilles plaies, des contractions de muscles, etc.

L’église cathédrale de Dax, consacrée à Notre-Dame, et bâtie au xiiie siècle, s’écroula en 1646. Lareconstruction, commencée en 1656, n'en fut terminée qu’en 1719. Il ne reste de l’église primitive que le portail de l’ouest, caché sous un porche ténébreux (belles sculptures) , le porche et la sacristie. L’église moderne n’oflïe pas d’intérêt.

Saint-Paul-lez-Dax , bourg de 3704 hab. , situé à 2 kil. de Dax, sur la route de terre, possède une église du xv° siècle, dont l’abside, du style roman (xne siècle) , mérite la visite des archéologues. Si l’entablement ne manquait pas , ce serait un morceau achevé , a dit M. Pédegert. A l’intérieur, tout le fond, orné de onze arcades creuses formant le consessus antique, est couvert de peintures du xv' siècle qui, disposées sur trois zones, représentent des scènes de l’Ancien et du Nouveau Testament.

Quand les Romains conquirent la Gaule. Dax était la capitale des Tarbelli. César, qui s’en empara,

la désigne sous le nom d 'Aquæ (les eaux), dont on a fait plus tard Acq ou Dacq, puis Dax. Sous Auguste, elle s’appela Augusla ou Civitas Aquenlium. Elle occupait le second rang parmi les villes de la Novempopulanie. Saint Vincent, son premier évêque, l’avait convertie au christianisme quand l’empire romain s’écroula. Ravagée par les Visigoths, délivrée par Clovis, occupée par les Vascons, reconquise par Charlemagne, entièrement détruite par les Normands et par les Sarrasins, Dax ne commença à pouvoir effacer les traces de tous ces désastres que sous la domination anglaise. Les rois d’Angleterre, substituant des sénéchaux à ses comtes, lui accordèrent d’importants privilèges, reconnus et confirmés, en 1295, par Philippe le Bel, qui la posséda pendant quelques années, maintenus et étendus, en 1312, par Edouard II , qui n’avait pas tardé à en reprendre possession. Si grandes étaient ses immunités, que le sénéchal recevait ses appointements sur les revenus du roi.

Déjà, pendant la guerre d’Édouard III contre Philippe VI, Dax avait été prise par le comte de Foix, puis rendue immédiatement aux Anglais. En 1441 , un autre comte de Foix s’en empara après six semaines de siège. Elle fut encore prise et reprise plusieurs fois avant d’être définitivement réunie à la couronne de France. Charles VII, Louis XI, Charles VIII, Louis XII, François Ier, confirmèrent successivement tous a les privilèges, franchises, libertés, statuts, lois, coutumes, établissements, ressorts, stils, observances et usances. »

Sous le règne de François Ier, les Espagnols essayèrent de s'emparer

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de Dax. Elle fît de tels préparatifs de défense, qu’ils battirent bientôt et) retraite. En 157 1 , les protestants tentèrent vainement de la surprendre. Depuis ce.tte époque, son histoire se confond avec l’histoire générale du pays dont elle fait partie.

La Révolution y établit le siège d’une sous-préfecture. Son évêché, supprimé, a été, en 1801, rattaché à celui d’Aire. Mais un décret du gouvernement français, publié en 1857, a autorisé l’évêque d’Aire et ses successeurs à joindre à leur tjtre celui de l’évêché supprimé de Dax.

Dax a vu naître la célèbre danseuse Guimard, le mathématicien Borda, Roger Ducos, qui fut membre du Directoire, puis troisième consul, et Thore, le botaniste des Landes.

On fabrique à Dax des liqueurs fines et des faïences. U s’y fait un commerce assez considérable des produits de la vallée de l’Adour et des Landes (bois de construction, vins, grains, jambons de Bayonne, miel, etc.).

Les environs de Dax abondent en sources thermales. Il suffit de creuser le sol de 4 à 10 mètres pour en faire jaillir des jets d’eau chaude.

Parmi les sources naturelles qui sont employées au traitement de certaines maladies , nous citerons celles de Tercis et de Pouillon.

Tereit est un village de 590 hab., Situé à 17 kil. de Dax, dans un joli vallon arrosé par le Luy. Il possède un établissement thermal très-fréquenté pendant la belle saison. Les eaux minérales sont tellement abondantes, que 18 minutes suffisent pour remplir les deux bassins destinés à les Contenir. L’eau de Tercis est limpide, douce, très-onc- l

tueuse au toucher; elle offre à sa surface une substance blanche , floconneuse , qui , séehée , répand en brillant une odeur de soufre; sa saveur est légèrement salée et piquante ; son odeur est un peu hépatique; sa température est constamment de 41*,2- Analysée par MM. Thore et Meyrac, elle a fourni par litre :

gr. mil.

Carbonate de magnésie 0,085

— de chaux 0,042

Sulfate de chaux 0,021

Soufre o.oii

Chlorure de sodium 8,i24

— de magnésium.,... 0,223

Matière terreuse insoluble.,. 0,032

L’eau de Tercis se prend en bains et en douches. On l’a aussi utilisée pour des bains de boue.

Pouillon est un chef-lieu de canton de 3505 hab. , arrondissement de Dax, situé, à 12 kil. de Dax, sur la route d’Orthex, dans un territoire fertile en châtaignes et en vins rouges. A 400 mètres de la métairie de Sallenave, sur le bord du ruisseau, on trouve une source minérale, qui jaillit dans un bassin, et qui dépose dans son trajet un limon ocreux. L’eau est abondante , claire, inodore, pétillante, d’une saveur salée et amère. Exposée à l’air, elle ne se trouble pas; sa température, qui ne varie point, est de 20*. L’analyse en a été faite anciennement par Venel, Mitouard et Costel, et en dernier lieu pan M. Meyrac, qui a obtenu les résultats suivants pour I litre d’eau :

gr. mil.

Carbonate de chaux 0,06T

Sulfate de obaux 0,492

Chlorure de sodium 1,359

Chlorure de magnésium 0,043

L’eau de Pouillon se prend à la dose de deux à trois verres dans la matinée ; prise en plus grande quantité , elle devient laxative. On la recommande dans les maladies chroniques de l’estomac, la jaunisse, les fièvres intermittentes, les rhumatismes chroniques, etc.

Au delà de Dax, le chemin de fer continue à descendre la vallée de l’Adour.

10 kil. (158 kil.). Xtivière-Saas , village de 900 hab. , dépend du canton de Dax, Un pont suspendu le met en communication avec la rive g. de l’Adour. Sur la g. , entre le chemin de fer et l’Adour, s’étendent de vastes prairies ou landes marécageuses, souvent inondées, dans lesquelles des troupeaux de chevaux paissent en liberté. La traversée de ces marais a nécessité de longs et coûteux travaux.

5 kil. (163 kil.). Saubuse est un joli village de 1000 hab. , situé en amphithéâtre sur la rive dr. de l’Adour. De la terrasse de son château on découvre une belle vue sur la vallée de l’Adour et sur la chaîne des Pyrénées.

Les eaux et les boues de Saubuse , connues sous le nom de bains de Jaannin , sont situées à 2 kilom. de l’Adour, sur la rive dr. et au milieu d’une lande marécageuse, à quelques centaines de mètres d’un moulin appelé Joannin. Bien qu’il n’existe aucun établissement en cet endroit solitaire , les bains sont néanmoins fréquentés par les habitants des pays voisins. La source où l’on se baigne est un bourbier d’un mètre environ de profondeur ; le reste est une vase très-onctueuse.

L’eau n’a ni mauvais goût, ni odeur désagréable.

L’analyse de l’eau de Saubuse, faite par MM. Thore et Meyrac, a donné les résultats suivants pour 1 litre d’eau :

gr. mil.

Sulfate de chaux o,oi8

Chlorure de sodium......... o.oso

— de calcium..., .... 0,095

— de magnésium 0,087

Matière gélatineuse o.oto

On ne fait usage de ces eaux qu’à l’extérieur, dans les rhumatismes chroniques, les douleurs vagues, les engorgements articulaires.

Après avoir quitté la station de Saubuse, le chemin de fer s’éloigne de l’Adour pour se rapprocher du golfe de Gascogne, à travers une plaine oultivée.

4 kil. (167 kil.). Saint-Géours ,

village industriel et commerçant de 1500 hab. , dépendant du canton de Soustous, et situé à la dr. du chemin de fer sur la route de terre, est l’entrepôt des produits résineux et 1 métallurgiques du Marensin ; c’est ainsi qu’on nomme la partie des Landes qui avoisine le golfe de Gascogne (maris sinus). De sa station, on aperçoit à 2 kil. environ la tour carrée de son église. Plus le chemin de fer s’éloigne de l’Adour, moins la contrée qu’il traverse est fertile et cultivée. Nous rentrons bientôt dans la lande. Mais elle est depuis longtemps couverte de pins, dont l’exploitation fait vivre les habitants.

6 kil. (173 kil.). Saint-Vincent de Tyrosfe, chef-lieu de canton de 1083 hab. (arrondies, de Dax), se trouve situé à la jonction des deux routes de Bordeaux à Bayonne , désignées sous les noms de routes

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des grandes et des petites Landes.

Douze communes en dépendent : la plus remarquable (pour aller la visiter, il faut quitter le chemin de fer à la station suivante) est Cap-Breton , bourg de 900 hab. , dont l’histoire offre d’étranges péripéties.

A diverses reprises, l’embouchure de l’Adour a changé de place. Les habitants du pays assurent qu’il se jetait autrefois dans la mer entre Biarritz et Bidart, au sud de l’embouchure actuelle; mais l’examen (les lieux ne confirme guère cette tradition. En revanche, il est positif qu’à diverses époques le fleuve a fait irruption vers le nord. En 1369 entre autres, la même tempête qui, sur les côtes de Normandie, détruisit la flotte d’Édouard III, combla le lit de l’Adour. Bayonne et les campagnes voisines furent inondées; moissons, bestiaux, marchandises, les eaux détruisirent tout; enfin elles trouvèrent une issue du côté de Cap-Breton , et le fleuve , se creusant un nouveau lit, alla se jeter dans la mer au Vieux-Boucaut, à 36 kil. environ du côté du nord.

Pendant deux siècles, il suivit cette direction.

Le Vieux-Boucaut n’était alors qu’un hameau. On l’appelait plech (plage), ou simplement bucoo ou boucau (bouche ou embouchure). Les dunes qui sont à l’ouest du Junca, quoique hautes de 60 mètres, n’existaient pas; la mer venait chaque jour créer ou détruire un banc de sable sur l’emplacement qu’elles occupent. Mais à peine l’Adour y eut-il formé un port , que le nombre des habitants augmenta.

Des maisons s’élevèrent tout alen-

l. Cette date est contestée. Certains écrivains lui préfèrent cellea de l43î et même de isoo.

tour, des navires s’y construisirent.

Bientôt la pêche ne suffit plus à la population croissante. On sema des pins, on planta dans le sable'même des vignes qui donnèrent des produits estimés. Dès lors le port du Vieux-Boucaut prit une telle importance que, dans les dernières années de ses beaux jours , on y faisait une levée de 200 matelots de la marine royale. En 1630, il pouvait encore recevoir des vaisseaux de ligne. On voit, par une supplique adressée à Louis XIII, que, lors du fameux siège de la Rochelle, les habitants du Vieux-Boucaut fournirent à l’armée vingt pinasses et autant de chaloupes. Mais, à cette époque, il avait déjà reçu un coup terrible dont il ne devait plus se relever. Un accident l’avait créé; un ingénieur, aidé par la nature, le détruisit.

Le long détour que les eaux de l’Adour étaient obligées de faire pour se rendre de Bayonne à la mer avait rendu la navigation de ce fleuve difficile , puis impossible.

Les barques de 25 à 30 tonneaux pouvaient seules arriver dans le port de cette ville importante , qui , avant que l’Adour eût changé d’embouchure, recevait des navires de 400 à 500 tonneaux. En outre , les eaux coulant très-lentement par leur nouveau lit, dès qu’il arrivait une crue extraordinaire, elles inondaient toutes les campagnes voisines à une grande distance , détruisaient les récoltes, et causaient des maladies pestilentielles quand elles se retiraient. De grands et coûteux travaux, entrepris sous Henri II et sous ses successeurs’, pour remédier à un état de choses si déplorable, n’eurent aucun résultat.

Enfin, vers 1578, Henri III chargea

Louis de Foix de corriger le cours tortueux de l’Adour, et de rendre ce fleuve à son ancien lit. Ce célèbre ingénieur-architecte revenait d’Espagne, où Philippe II l’avait appelé pour élever le palais et le monastère de l’Escurial. Peut-être n’eût-il pas réussi sans le secours d’un violent orage. « Il tomba tout d’un coup des Pyrénées qui sont dans le voisinage une si affreuse quantité d’eau, dit de Thou, que la ville pensa d’être submergée ; et cette eau, en s’écoulant vers la mer avec beaucoup de violence, jeta les sables à dr. et à g., ouvrit le port et boucha le canal sur la dr. , qui depuis ce temps-là s’est rempli de sable. Cette chute d’eau arriva le 28 octobre 1579, et tous les ans on fait une procession solennelle à Bayonne pour un événement si heureux, qui a donné à la ville un port très-commode. »

Depuis cette époque, l’Adour s’est jeté dans le golfe de Gascogne à l’endroit où il s’y était jeté pendant des siècles, et où il s’y jette encore aujourd’hui , grâce aux nombreux travaux qui ont été faits depuis pour l’y maintenir. Bayonne, dont le commerce était pour ainsi dire anéanti, recouvra son ancienne prospérité; mais le Vieux-Boucaut fut entièrement ruiné. C’est aujourd’hui un hameau de quelques maisons.

Cap-Breton, ancienne ville située sur la rive dr. d’un ruisseau alimenté en grande partie par les eaux de l’étang d’Orx, et qui avait compté, à une certaine époque, jusqu'à cent capitaines de vaisseau, perdit presque autant à ce changement. C’est aujourd’hui un bourg de 700 hab. environ, situé à 1000 mèt. en ligne dr. (2000 en

suivant les détoursduBoudigau) de la mer, dont il est séparé par des dunes de formation récente, qui ont été pour la plupart plantées de vignes.

De Saint-Vincent de Tyrosse à Labenne, le chemin de fer côtoie presque toujours la route de terre , en se rapprochant de plus en plus du golfe de Gascogne. Sur la lande se montrent des chênes-lièges dont les troncs noirâtres, entièrement dépouillés de leur écorce, sont encore plus tristes à voir que les carres des pins.

8 kil. (185kil.). Xiabenne , v. de 526 hab., dépend du canton de Saint-Vincent de Tyrosse. Sur la g.

se trouvait V étang d’Orx, qui avait 12 kilomètres de longueur du nord au sud, sur 2 kilomètres environ de largeur, et qui vient d’être desséché.

Un peu au delà de la station on entre dans une vaste forêt de sapins, arrosée par plusieurs ruisseaux et percée de belles routes. C’est la forêt domaniale des dunes du sud. Le chemin de fer n’est plus qu’à 2 kilomètres de la mer. Les arbres empêchent de voir les dunes et l’ancien lit de l’Adour. Au sortir de cette forêt on aperçoit tout à coup, sur la dr., la mer, l’Adour et son embouchure, les jetées en charpente qui contiennent les sables, la tour des signaux et les belles jetées en pierre qui enserrent le fleuve, depuis le Boucaut, sur un parcours de 2 kilomètres.

Sur la rive g. se montrent les bâtiments inhabités du lazaret, et s’élèvent des dunes plantées de pins, dont la principale, surmontée d’une vigie, et nommée le Blanc Pignon, fait face au Boucaut.

10 kil. (195 kil.). Le Boucaut,

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v. dépendant autrefois de la commune de Tarnos, et réuni ainsi que Romatel au département des Basses-Pyrénées par la loi du 9 mai 1857, est situé sur la rive dr. de l’Adour, à 3 kil. environ de l’embouchure de ce fleuve dans le golfe de Gascogne. La majeure partie de ses habitants sont des pilotes et des lamaneurs chargés de la difficile et périlleuse mission de faire entrer en rivière ou de conduire hors de la barre les bâtiments qui fréquentent le port de Bayonne.

L’Adour, devant le Boucaut, forme une rade où les navires qui ont complété leur chargement à Bayonne viennent attendre que l’état de la barre et de la mer leur permette de prendre le large.

Le chemin de fer, remontant la rive dr. de l’Adour, longe la route de terre , en face des allées marines qui bordent la rive g. , et passe sous la citadelle avant de s’arrêter à la gare de Saint-Esprit.

3 kil. (198 kil.). Bayonne (omnibus, 25 c. par voyageur et 25 c.

par colis. — Hôtels Saint-Étienne, du Commerce, tous de ut rue du Gouvernement; Hôtel du grand d’Espagne, rue Lormand. — Cafés sur la place Grammont. — Poste aux lettres , à l’extrémité de la rue du Gouvernement, presque vis-àvis du vieux château. — * Voitures pour Pau, le pays Basque, Biarritz et Saint-Jean deLuz, dans la gare et rue du Gouvernement.

N. B. Les services sont indiqués en tête de chaque route. — Libraires, Laroullet , André ; actuellement un chef- lieu d’ar. des Basses -Pyrénées, V. de 19 178 hab., est situé sur la Nive et l’Adour, à la jonction de ces deux oours d’eau et à 6 kil. environ du golfe de Gasco-

gne. Le chemin de fer s’arrête audessous de la citadelle près de la rive dr. de l’Adour, à 8 mèt. au-dessus du niveau de la mer, dans le faubourg Saint - Esprit ; pour se rendre dans la ville proprementdita , il faut donc traverser Saint- Esprit et l’Adour.

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