DE PERFIGNAN A LA PRESTE
69 kil. Route de voitures jusqu’à Arles. Diligences tous les jours. Au delà, chemin de mulets, parcouru sur certains points par de petits chars.
38 kil. De Perpignan à Amélieles-Bains (V. R. 108).
Après avoir traversé le Mondony et laissé à g. le village thermal , la route contourne avec le Tèch la colline qui porte le Fort-les-Bains , passe à 1 kil. sur la rive g. de la rivière à côté d’une forge, et franchit un petit ruisseau descendu des hauteurs dénudées du N. O. ,
4 kil. (42 kil.) Arles (Arulæ) , ancienne capitale du, Vallespir (Vallis aspera), chef-lieu de canton de l’arrond. de Céret, V. de 2267 hab. , plus espagnole que française, située à 277 mèt. de hauteur moyenne,
ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES
au centre d’un petit bassin où se montrent quelques groupes il’arbres, et que dominent des montagnes pelées et grises. Son origine remonte à une époque fort reculée.
Selon certains historiens, elle doit son nom à quelques autels consacrés à des dieux païens ; cependant on n’y voit aucun vestige de l’époque gallo-romaine. Dans tous les cas, elle n’acquit une certaine importance qu’après la fondation de son abbaye de Bénédictins (778). En 1707, pendant la guerre de Succession , les Espagnols s’en emparèrent ; mais ils en furent chassés quelque temps après par les habitants. En 1793, l’ayant prise de nouveau , ils s’y maintinrent jusqu’après la prise du camp du Boulou par Dugommier (V. R. 108)
Le monastère d’Arles, fondé en 778 par un abbé espagnol, nommé ou surnommé Castellanus, sur les ruines d’un temple païen, fut dévasté par les Normands, en 860, et s’écroula quelque temps après. En 1048, Guiffred, archevêque de Narbonne, consacra une seconde église qui tomba à son tour, à l’exception de lafaçade. Enfin , en 1157, Udalgérius, évêque d’Elne, procéda à une nouvelle consécration de l’église, reconstruite par les soins de l’abbé Raymond I*', et qui existe encore aujourd’hui; le cloître, également conservé, date de la même époque.
Quant aux autres constructions du monastère, elles ont été détruites pendant la Révolution française.
L’dgiùe, actuellement paroissiale, est située dans la partie la plus élevée de la ville; on y monte par plusieurs marches. La porte de la façade est du style romano-byzantin ; sa partie supérieure est formée par un seul morceau de marbre, taillé
en fronton, sur lequel sont gravés l’alpha et l’oméga; une archivolte cintrée, décorée d’une moulure à palmettes . couronne ce bandeau et s’appuie sur deüx fragments de corniche ; à la base de l’archivolte sont deux sculptures de lions dévorant des martyrs.
Au-dessus de la porte , on remarque une petite fenêtre romane au milieu d’une rangée d’arcades , bouchées et surmontées de longues pierres saillantes qui semblent avoir soutenu un balcon, puis deux fenêtres géminées et, sous le grand fronton triangulaire qui termine la façade, une rangée d’ouvertures inégales en hauteur. Le clocher, placé à la dr. du chœur, est de forme carrée ; ses fenêtres cintrées sont ornées de colonnes engagées.
L’intérieur , composé de trois nefs voûtées et soutenues par de fortes colonnes monostyles, ne présente aucun détail saillant; de chaque côté S’ouvrent trois chapelles, dont l’une à dr. , consacrée aux patrons de l’église, Abdon et Sennen (Voy.
ci-dessous) , est occupée par un retable en bois doré du xvn* siècle, retraçant les principales scènes de la vio de ces martyrs et contenant leurs reliques dans des bustes en argent.
Le cloître, situé derrière l’église, est du style roman ; ses arcades retombent sur de sveltes colonnettes de marbre accouplées , surmontées d’élégants chapiteaux à crochets, et se prolongeant jusqu’aux piliers des quatre angles, sans piliers intermédiaires.
Le tombeau des patrons saints Abdon et Sennen, placé derrière une grille, en dehors de l’église, près du portail, consiste en un sarcophage en pierre, surmonté d’un