DE PERPIGNAN A PORT-VENDRES
31 kil. Route de poste. Diligence»
tous les jours. Voitures à volonté.
En sortant de Perpignan dans la direction du S. E., on passe sous la colline de Saint-Roch, vulgairement connue sous le nom de Camp de l’Union, et on laisse à g. <2 kil. environ de la route) le v. de Cabestany (686 hab.), dont le nom (Tête de l’Étang) indique l’existence d’un ancien étang, aujourd’hui desséché.
A 5 kil. environ de Cabestany.
sur le bord de l’étang de Saint-Nosaire, est le village de même nom (274 hab.), près duquel existe un tumulus désigné dans le pays sous le nom de mu fit de la terra , et rappelant des souvenirs superstitieux de fantômes et de sorcières : « C’est apparemment pour tranquilliser l’esprit alarmé des populations voisines, dit M. Henry, qu’on avait bâti sur cette butte une chapelle dont il reste encore quelques débris au-dessus du sol. »
Après avoir traversé le Réart sur un pont en fil de fer, on laisse à dr. 'Villeneuve de la Raho (V. R.
108), puis à g. (8 kil.) Thés a, v. de 211 hab., situé dans une vaste plaine monotone, à 13 mèt. de hauteur audessus de la mer. Dans le mur de l’église sont enchâssées deux inscriptions romaines.
1 kil. (9 kil.). Corneilla del Vercol, v. de 293 hab., est situé sur la rive g. d’un petit ruisseau, dont l’ignoble nom, Agouille de la mer, indique suffisamment l’insalubrité,
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ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES
et qui va se déverser dans la partie méridionale de l’étang de Saint- Nazaire. A 500 mèt. environ du v., sur la rive g., est la chapelle du Paradis.
4 kil. (13 kil.) Une, chef-lieu de canton de l'arrondissement de Céret, V. de 2462 hab. , est située dans la plaine , au pied d’une petite colline de 44 mèt. de hauteur , qui s’élève du côté de l’O. C’est l’antique Illiberis, fondée, dit-on, par les Phéniciens. U paraît prouvé qu’Annibal campa sous ses murailles , l’an de Rome 556 , avec une armée de 80000 hommes d’infantérie et 12 000 hommes de cavalerie, et qu’il vint y conférer avec les principaux chefs des Volces TeCtosagès. Elle devait être alors tfês-conSidérable , si l’on peut en Juger par ses restés et par les vestiges dès monuments qu’ott a découverts à diffêrentps époquès en (touillant dans la plaine. Au temps de Poinponius Mêla, elle était complètement tombée en décadence et réduite aux proportions d’un village. L'empereur Constantin , l’ayant rfelevée , lui imposa le nom de Castrum Ilelenæ ou plus simplement llclena, en souvenir de sa mère l’impératrice Hélène, et y fonda probablement un évôchê.
Les rois visigoths ne négligèrent pasElne; mais bientôt les Maures (719-759), et ensuite les Normands (850) . la dévastèrent et eh brûlèrent plusieurs quartiers. En 1385 lé roi fie France somma les habitants de ldi livrer passâge : ils s’y refusèrent et s’exposèrent vaillamment à tous les dangers d’un siège pour sauver l’ihdépendance de leur pays.
Vaincus, ils périrent tous par le ter et ta flammé, hommes, femmes, ehfihts, Vieillards , à Perception
d’un écuyer, nommé le Bâtard de Roussillon, qui, étant monté avec quelques autres dans la tour du monastère, obtint, dit Guillaume de Nangis, la grâce de vivre, en se rendant au roi de France. La ville fût ruinée de fond en comble.
En 1474, Louis XI, au mépris de la trêve qu’il avait conclue arec Jean II, yoi d’Aragon, fit assiéger Elne, qui se rendit à discrétion, après six mois de tranchée. En 16Ô2, elle perdit son évêché, transféré à Perpignan, et par çuite, un grand nombre d’habitants la désertèrent. En 1641 ; le prince de Condè l’assiégea de nouveau, et la contraignit à capituler. En 1793, le düc d’Ossuna, avec une division espagnole forte de plus de 4000 hommes , s’en empara à son tour sans éprouver de résistance. L’A'nnéè suivante, les Espagnols furent chassés de ce posté par le général Dilgotninier.
Deux fois l’église cathédrale, bâtie en plaine, avait été saccagée par les Sarrasins;' pour éviter le retour de catastrophés semblables, l’évêque Bérenger fit bâtir sur la hauteur, de 1019 à 1060, une nouvelle église qu’il affirmç, dans l’acte de consécration, être construite sur le modèle et les mesures de l’église du Saint-Sépulcre à Jérusalem , a pieuse erreuT ou pieuse fraude, dit M. le baron Taylor, divulguée pour hâter les dons qui devaient concourir à l’érection du temple. »
Malgré les répâratidns qui ont altéré son caractère, cette antique cathédrale offre encore un grand intérêt.
a A l’extérieur, dit M. Mérimée, l'appareil est généralement composé dé petites pierres noyées dahs le ciment, et par places, de cailloux