A PAU , PAR OLORON
aujourd’hui, dit M.Cénac-Moncaut, qu’un squelette de murs noircis et lézardés, hérissés de cheminées et de mansardes aériennes. *
De Bidache à Saint-Palais, 23 kil. (V.
R. 18 et 19).
On traverse le Lihurry , puis la Bidouze, en allant de Bidache à 3 kil. (36 kil.), 'Came, ville de 1G67 hab. , située sur la rive dr. de la Bidouze, et dont le château, aujourd’hui ruiné, rendez-vous de chasse au xvk siècle, a appartenu à la puissante famille de Grammoht.
Au delà de Came on passe du bassin de la Bidouze dans celui du Gave d’Oloron. Le premier village que l’on y trouve se nomme Labast ide- Ville franche ; il appartient au canton de Salies, et compte 797 hab. Avant la révolution, il s’appelait Labastide de Béarn. Son donjon, construit au xiv° ou au xv<- siècle , forme un carré équilatéral de plus de 10”, 40. Le premier étage n’est percé d’aucune ouverture. On remarque : au deuxième , deux meurtrières ou archères; au troisième, quatre fenêtres ogivales; au quatrième, deux ogives. On pénétrait probablement dans l’intérieur à l’aide d’une échelle mobile, placée sur le parapet du rempart, qui devait aboutir au-dessous des fenêtres ogivales du troisième étage.
En remontant la rive g. du Gave d’Oloron, on trouve Escos (540 hab.) , en face de Castagnède (454 hab.), puis Abitain (290 hab.). Près du ham. de Saint- Martin, le Saison se jette dans le Gave d’Oloron. On traverse cette rivière au delà d’Auterieille , à peu de distance de
23 kil. (56 kil.), Guinarthe, relais de poste, ham. de 290 hab., situé entre Sauveterre à g. et Osse-
ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES
rain à ilr. , sur la roule d’Orthez à Saiut-Jean-Pied-de-Port (V. R. 19.)
On continue à remonter (rivo g.) la vallée du Gave d’Oloron, peuplée de nombreux villages, et, avant d’arriver à Sus, on laisse à g.
deux routes conduisant à (1 kil.) Navarreins , ciief-licu de canton de 1 .V) I hab., arrondissement d’Orthez, situé sur la rive dr. du Gave d’Oloron, entre l’Ârroder au nord et le Laüs au Sud , et traversé par les routes d’Orthez et de Pau à Saint-Jean-Pied-de-Port. C’est une place de guerre de 4e classe, percée de rues larges et droites, et défendue par quatre bastions. Henri d’Albret fortifia cette ville quand il eut été dépouillé de son royaume de Navarre. 11 fit raser ses anciennes murailles, détruisit le bourg et le monastère de la rive g. du Gave, et ne conserva que la tour Herrôre, tour carrée du xve siècle qui s’élève encore au milieu d’un champ. Terride l’assiéga vainement en 1569. Défendue par le gouverneur, Basil- Ion, et par le baron d’Arros, lieutenant de la reine de Navarre, elle résista à toutes ses attaques, et donna au comte de Montgommery le temps d’accourir au secours du Béarn menacé. A l’approche de ce terrible adversaire, Terride se replia sur Ortbez (voy. p. 68). Toutefois elle ne tira pas un seul coup de canon contre Louis XIII le jour où le fils d’Henri IV vint en personne détruire l’indépendance béarnaise (1620). Lescure, s’en étant approché à la tête de 500 hommes, tenta de s’en emparer; mais la conspiration qui l’avait appelé échoua, et ses complices se virent obligés de prendre la fuite. Des fortifications à la Vauban ont remplacé l’enceinte d’Henri d’Albret. Du règne du père
de Jeanne il ne reste que le pont du Gave, pont de 5 arches, étroit et élevé, dont l’arche du milieu aune ouverture double de celle des quatre autres.
19 kil. (75 kil.), Su*, relais de poste, est un v. de 493 hall. La route continue à remonter la rive g. du Gave d’Oloron, qui tantôt s’en éloigne, tantôt s’en rapproche. On traverse plusieurs villages et on en aperçoit des deux côtés un plus grand nombre. Au delà d’Orm (341 hab.), on franchit le Vert, qui descend de La vallée de Barétous. On côtoie alors le Gave d’Oloron , puis on s’en éloigne en deçà de
Sainte-Marie ( Hôtel de la Clefd’Or), chef-lieu de canton de 3913 h., séparé de son chef-lieu d’arrondissement (Oloron) par le Gave, et où viennent aboutir les trois routes de Bayonne, de Mauléon et de la vallée d’Aspe. Son église, autrefois cathédrale, et aujourd’hui paroissiale, mérite la visite de tous les archéologues. Elle offre un mélange un peu disparate de constructions des xie, xue, xme, xiv” et xve siècles : car, depuis sa fondation (1080), elle a été souvent mutilée par les divers peuples ou partis qui se sont disputé la possession du Béarn. On remarque à l’extérieur, outre le porche formé de trois grandes arcades ogivales et de colonnes moitié engagées dont les chapiteaux sont décorés de figures de singes accroupis et de quadrupèdes mutilés (xne et xm' siècles) , le portail roman qui s’ouvre dans l’intérieur de ce porche , et qui se compose de trois arcades en plein-cintre (xii° siècle). Les sculptures du tympan de l’arcade principale représentent en bas-relief Jésus-Christ sur la croix ; celles de l’archivolte