ROUTE 7. DE BAYONNE A PAU, PAR OLORON
supérieure, vingt-quatre rois assis (les '24 vieillards de l’Apocalypse), couronnés, jouant de divers instruments et présidés par l’agneau accroupi , qui porte la croix , dans une auréole que supportent deux anges; celles de l’archivolte inférieure, une tête d’animal monstrueux et les travaux des Saisons. La porte est divisée par une colonne de marhre que couronne une jolie corl>eille de palmes , et qui appuie sa hase , à deux tores, sur un groupe de quatre cariatides, représentant des captifs enchaînés dos à dos. Enfin, audessus de ce curieux portail, on voit encore des statues d’hommes d’armes et des fragments d’un haut relief très-fruste (peut-être la Résurrection), postérieur, selon toute apparence, aux autres sculptures.
L'intérieur de' Sainte-Marie se compose de cinq nefs de 45 mètres de longueur sur 32 de largeur. Les premiers bas côtés franchissent le transsept et font le tour du sanctuaire; le chœur est du xiv” siècle, les chapelles du nord sont du xv*.
La rue principale de Sainte-Marie descend au Gave d’Aspe, que l’on traverse pour entrer à Oloron. Du pont, on découvre dés’ vues pittoresques sur le Gave, profondément encaissé et dominé en outre par des terrasses qui supportent des maisons.
20 Itil. (95 kil. de Bayonne), Oloron ( Hôtel Condense, tenu par I’eyta. Le bureau des messageries Condense pour ï\iu, Bayonnft et Saint-Jean-Pied-de Port, ‘se trouve dans l’hôtel même, où l’on peut se procurer aussi îles voitures particulières pour la vallée d’Aspe, et pour toutes les routes desservies par des diligences; IfAlel des Voya-
geurs tenu par Loustalot; rnfds Cnndesse, Loustalot, des Pyrénées), chef-lieu d’arrondissement du dép.
des Basses- Pyrénées (tribunaux de 1" instance et de commerce), ancien évôché, V. de 5986 hab., est agréablement et pittoresquement située sur les pentes et le sommet d'une colline escarpée, an pied de laquelle le Gave d’Aspe et le Gave d’Ossau se réunissent pour former le Gave d’Oloron. Un quartier s’est même construit, le long des routes de Pau et d’Orthez, sur la rive dr.
du Gave d’Ossati et du Gave d’Oloron. C’est une ville industrielle et commerçante. Elle possède des fabriques de draps, de ceintures et de bérets de laine, des filatures de laine, des tanneries, une papeterie mécanique, des minoteries, etc.
Elle vend et achète des laines, des peaux de mouton, des jambons (de Bayonne), des chevaux, des bestiaux, etc. Enfin elle sert d’entrépôt pour les bois île mâture exploités dans les Pyrénées. Ses marchés (mardi et vendredi) sont très-fréquentés ; ses foires (1er mai et 9 septembre) durent trois jours. Une chambre consultative des manufactures, arts et métiers, y a été établie, et l’Espagne y entretient un vice-consulat.
Oloron s’appelait ÎTimi quand elle était une ville- de la Novempopnlanie, située sur la voie romaine qui reliait Beneharnum à Satagos.se.
Deux de ses évêques assistèrent en 506 et en 593 aux conciles d’Agdc et de Mâcon. C’est tout ce qu’on sait de son histoire avant sa destruction par les Sarrazins et les Normands au vin' siècle. Son évêché fut alors incorpofé dans l’évêché général de Gascogne. Centulle IV, vicomte dii Béarn, releva ses ruines vers l’an
ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES
1080 et la réunit, par un pont jeté sur le Gave , au bourg de Sainte-Marie, qui n’avait pas été complètement détruit et qui , lors de la division de l’évéché de Gascogne, était devenu le siège d’une église épiscopale sous l’ancienne dénomination d’évêché d’Oloron. Pour attirer des habitants dans la ville naissante, il accorda à tous ceux qui viendraient s’y établir la charte, d'affranchissement la plus libérale peut-être du moyen âge. Sept hommes de Camfranc (Aragon) furent les premiers qui répondirent & cet appel. Dès lors Oloron et Sainte-Marie prirent des développements rapides. Heureusement pour elles, elles n’ont pas d’histoire. Lors de la Réformation, l’évêque d’Oloron, nommé Roussel, y prêcha lui-même et y fit adopter les nouvelles doctrines , puis , emporté par son zèle, il alla se faire tuer à Mauléon (voy. Mauléon) par Arnaud Maytie. L’évéché resta vacant jusqu’à ce que l’armée catholique, sous les ordres de Terride, eut occupé le Béarn; alors Montgommery reprit Oloron et en expulsa l’évêque Claude Régine , qui, retiré d’abord à Vendôme, où il se disait l’évêque non d’Oloron, mais dolorum (de douleur), vint plus tard s’établir à Mauléon. Trois membres de la famille d’Arnaud Maytie, le meurtrier de Roussel, occupèrent, au xvi* siècle, le siège épiscopal d’Oloron , maintenu par la Révolution et supprimé depuis.
Au xvii* siècle , Oloron faisait un commerce considérable avec l’Aragon. Ses plus riches négociants avaient des comptoirs à Saragosse.
Mais, en 1694, les Espagnols pillèrent ces comptoirs, et chassèrent les correspondants des Oloronais dont ils étaient jaloux. Ce fut une
grande perte pour Oloron , qui vit sa population diminuer rapidement, mais qui a réparé depuis les suites de ce désastre.
Outre sa position, les débris de ses anciens remparts, ses jolies promenades d’où l’on découvre de beaux points de vue sur les vallées des Gaves d’Ossau, d’Aspe, d’Oloron et sur la chaîne des Pyrénées, Oloron n’a rien à montrer aux étrangers que son église de Sainte-Croix, qui couronne le sommet de la colline escarpée qu’occupe la vieille ville, et au pied de laquelle se réunissent les Gaves d’Aspe et d’Ossau. Cette église fut bâtie vers 1080 par le vicomte Centulle IV et l’évêque Amatus, dont le nom est gravé sur un des chapiteaux du transsept. L’extérieur a beaucoup souffert. La porte a perdu toutes ses sculptures; les chapelles absidales surtout sont en ruine. La grosse tour carrée , redoublée de contre-forts qui s’élèvent jusqu’au dernier étage , date du xm* siècle. L’intérieur se compose d’une nef, de deux bas côtés, de transsepts et de trois absides ; nous y signalerons seulement les sculptures des chapiteaux; de hideux autels dorés font un contraste choquant avec le style général de l’édifice.
D’Oloron aux Eaux-Cbaudcs (V. R. 8); — à Saint-Christau (V. R. 27) ; — dans la vallée d’Aspe (V. R. 28 ); — dans la vallée de Barelous (V. R. 28); — à Tardets, à Mauléon, à Saint-Jean-Pied-de- Po«(V. R. 22).
Au sortir d’Oloron la route de Pau et des Eaux-Bonnes , bordée de peupliers, gravit une côte du haut de laquelle on découvre une vue admirable : à g. , sur la vallée du Gaved’Ossau , l’entrée de la vallée d’Aspe et la chaîne des Pyrénées, (voy. le
panorama de Pau); à dr. sur une vallée verte, arrosée par l’Arrigaston et l’Escou. On laisse à g. le château d’Escou et à dr. Herrère, village de 461 hab. , avant de laisser à dr. la route des Eaux-Bonnes (V. R. 8). Au delà de (14 kil.) Maison la Côte Belair, relais de poste , hameau qui jouit d’un magnifique panorama, on laisse: à g., la route de Lasseube, chef-lieu de canton de 27 02 hab. , situé à 14 kil. d’Oloron par la route directe et à 1 6 kil.
de. Pau; puis, à dr.; un chemin qui va rejoindre à Buzy la route d’Oloron aux Eaux-Bonnes (V. R. 8) et la route départ, n* 3 qui croise à Rebenac (V. R. 31 ) la route de Pau aux Eaux-Bonnes. On descend alors dans la vallée du Laschies , un des affluents du Gave de Pau , à l’extrémité supérieure de laquelle se trouve, à 8 kil. de Gan, le château duHautde-Gan, et, passant de cette vallée daris celle du Nees, on. rejoint à Gan la route de Pau aux Eaux- Bonnes (V. R. 31).
De Gan à Pau (V. R. 31).
33 kil. d’Oloron (128 kil. de Bayonne) ; Pau (V. R. 30).