‹ Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'Océan a la MéditerranéeChapitre 65 sur 384 · LES K A CX · texte numérisé non relu

LES K A CX

A. Eau thermale, sulfureuse.

B. Eau froide, ferrugineuse.

Émergence : vers la limite du calcaire sêdimenteux et presque à son point de contact avec le granité, d’un côté, et le schiste de transition, de l’autre. Non loin des sources et à l’O. , existe une carrière de gÿpse contigu au schiste de transition et à des ophites.

Veux sources :S. sulfureuse, S.

ferrugineuse.

Débit en 24 h. : S. sulfureuse, 9920 héctol. Le débit de cette S. ne varie jamais (Délissalde).

Densité: S. sulfureuse 1003.

Température : S. sulfureuse . 22* à 23°^ S. ferrugineuse, 15® à 16*.

Caractères particuliers : Eau sulfureuse, limpide, douce et onctueuse au toucher, odeur sulfliydrique prononcée, saveur d’œufs couvés, arrière-goût fade et douceâtre; dépose dans son réservoir un mélange de soufre et de carbonate de chaux.

Eau ferrugineuse, limpide, saveur astringente; exposée à l’air, perd sa transparence, précipite en flocons jaunes et se couvre d’une pellicule irisée.

Établissement aménagé pour bains, douches et buvettes; une piscine. -

Service médical : Un médecin inspecteur.

ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES

Emploi: boisson, bains, douches.

Situation : 50- mèt. au-dessus de la mer, climat délicieux et salubre au printemps et à l’automne, trop chaud en été. Deux saisons : avril et mai , septembre et octobre.

Effets physiologiques : Eau sulfureuse excitante des fonctions en général, diurétique oti laxative chez certains malades, utile dans l’état d’inertie, de langueur, consécutif aux longues maladies, contre-indiquée chez les convalescents vigoureux, et dont les organes ont assez d’énergie par eux-mônies.

Eau ferrugineuse : une des plus riches en fer; action proportionnée sur l’économie.

L'eau de Cambo ne se transporte pas.

Classification chimique. A. Eau sulfatée (sulfurée accidentelle) à base.de chaux. B. Eau ferrugineuse.

Analyse (Salaignac 1827.)

Eau

l kil.

S. suif.

S. ferr.

gf-

Carbonate de chaux...

» de magnésie . .

» de fer

Sulfate de magnésie. .

» de chaux

Clilçr. de magnésium..

> de calcium

Acide silicique. .... ...

traces

Oxyde de fer

Matière végél. grasse

soluble dans l’éther.

Insoluble. .

■ traces

Atotc ntèlé de traces

lit.

lit.

tâ’oxyuèue

Acide suifhydrique. . ..

Acide carbonique

Bibliographie : Délissilde , des eaux minérales de Cambo.... Rtynmte 1843.

La veille de la Saint-Jean , uit grand nombre dé Basques se rendent à Cambo et bivouaquent autour de l’établissement, non pour se livrer au sommeil mais pour danser, chanter, rire, manger et boire. C’est un véritable champ de foire. A peine le premier coup de minuit a-t-il sonné que tous, les hommes, les femmes, se précipitent vers les sources, et là, moyennant cinq centimes donnés aux distributeurs, ils se funt remplir autant de verres d’eau qu’ils en peuvent avaler. D’après une antique tradition, qui leur paraît parfaitement digne de foi, tout individu qui boit de l’eau de Camljo la nuit de la Saint-Jean est préservé de toute maladie pendant une année entière.

Quand tous les pèlerins ont assuré du mieux qu’ils ont pu leur santé future , ils font des provisions pour ceux de leurs parents et de leurs amis qui n’ont pas pu les suivre.

Chevaux et mulets sont chargés de barriques. Si l’on doit en croire la Nouvelle chronique de Bayonne , publiée en 1827 , un nommé Kdegart fit , il y a environ 90 ans , un objet de commerce des eaux de Cambo dans les Iles d’Amérique et gagna des sommes considérables. Ce qui est certain, c’est que si les Basques, qui viennent à Cambo la veille de la Saint-Jean, ne s’y guérissent pas des maladies qu’ils pourraient avoir pendant l’année, ils y prennent un exercice salutaire en y amassant de joyeux souvenirs.

Rien de plus frais et de plus calme que les environs des bains de Cambo. Les belles allées d’arbres qui vont de l’établissement à la source ferrugineuse offrent surtout aux heures chaudes du jour une agréable promenade. On peut .

quand on en a atteint l’extrémité supérieure, continuer à remonter la rive g. de la Nive, ou gravir les coteaux qui ladominent. De quelque côté (jue l’on tourne ses pas , on se, trouve dans une sorte de parc anglais, et, dès qu’on s’élô.ve, on découvre de charmants points de vue.

la plupart des malades ou des touristes qui viennent à Cambo vont visiter le v. d’Itsassou et le Pas de Roland décrits dans la route 16. Parmi les excursions plus longues et plus difficiles, mais qu’on peut faire il cheval, nous recommanderons surtout l’ascension duMondarrain et de l’Ursouia : elles exigent chacune environ 3 heures, retour non compris, et des guides sont nécessaires.

Le BKondarrain s’élève au sudouest de Cambo. Sa forme conique le rend facile à distinguer des montagnes qui l’environnent ; sa hauteur totale est de 750 met.; il domine : au N., le pic d’Êzeandray , haut de 550 mèt. , dont le sépare le col d’Amesheta (405 mèt.) ; au ,S., le pic d’Ourrzly , haut de 694 mèt. La montée, qui commence au delà d’Itsassou. n’est pas pénible. Des noyers, des cerisiers, des chênes ombragent le chemin; des sources d’eau pure jaillissent du sol de distance en distance; l’eau de ces sources est ferrugineuse. Parvenu au sommet, que couronnent les ruines d’une ancienne forteresse dont les murailles n’avaient pas moins de l»,60d’épaisseur, on découvre un vaste et beau panorama; on voit, en effet, presque toute la vallée de la Nive et une grande partie du pays basque : Espelétte, Cambo, Larressore, Ustaritz, Souraïde, Saint-Pée, l’embouchure de l’Adour, les dunes de Boucaut, Biarritz, Saint-Jean-de- Luz, l’embouchure de la Bidassoa,

la Haya, la Rhune, etc. On peut redescendre à Itsassou par le Pas de Roland.

La montagne d’Urtouiay située au S. E. de Cambo, n’a qué 678 mèt. ; la vue y qst moins étendue , car la chaîne . du Mondarrain arrête les regards au S. 0., mais elle récompensera suffisamment les touristes de leurs fatigues. En outre, les minéralogistes pourront faite sur cette montagne d’intéressantes études et de curieuses collections.

Quand on va de Cambo à Bayonne', on peut descendre la Nive en 2 heures. Une barque coûte 15 frartes. Dans son livre intitulé : Aytour de Biarritz, M. A. Germond derLavigne donne sur cette manière de 'voyager les détails suivants :

« Jusqu'à l'endroit où ses eaux rencontrent la mer montante, la Nive est à peine navigable; son lit est large, mais sans profondeur; et, si l’industrie loeale y creuse à grand’peine un passage pour les bateaux , ce passage est promptement comblé par les premiers bouleversements torrentiels. Il a donc fallu construire , de distance en distance , des barrages qui maintinssent les eaux et donnassent plus de force au courant .Ces barrages, qu’on appelle nasses , sont formés de palissades en brandies de saule soutenues par des accotements de galets : ils s’emparent de la rivière, la contiennent, la resserrent, et vont, en se rétrécissant, jusqu'à former une passe d’un mètre au plus d’ouverture.

« Les batelets do la Nive n’ontpas plus de largeur; leur longueur est, comparativement, immeuse. Plats de fond, ils ressemblent aux navettes de tisserand ou aux troncs d’arbre des navigateurs primitifs. Ou les nomme chalands.

no

ITINÉRAIRE DES PYRENEES

« Dirigés par un seul homme, les chalands s’engagent lentement entre les palissades avec la rivière endormie; ils s’introduisent dans lapasse et glissent, doucement d’abord , entre deux pièces de bois lustrées par le frottement. Puis la Nive redevient le torrent d’Itsassou : elle court, elle se précipite avec furie, entraînant le chaland , qui s’élance au milieu de flots d’écume.

« Sept fois, sur la distance qui sépare Cambo du point où .remonte la mçr, deux lieues au plus, des nasses ont été construites, et sept fois le voyageur ressent les vives émotions, d’une course en rapide.

Le véhicule n’a rien de commode :

pn s’assied à la file , sur des chaises ou sur des ballots de marchandises; pn doit être immobile; on ne se penche ni à droite ni à gauche , sous peine d’entraîner le chaland, qui roulerait sur lui-même; la tête seule est libre, et certes elle a besoin de cette liberté pour admirer au passage la magnifique vallée que parcourt la Jiive. .... , ,,

a Les nasses cessent à Ustaritz; la dernière chute de la Nive y fait tourner les moulins qui alimentent toute la contrée. Désormais- la rivière coule dans un .lit profond , et ses eaux prennent cette teinte verte qui annonce le voisinage de l’Océan.

« A ce point çxtrême , où la Nive s’arrête deux fois le jour devant le 'flux, était un pont qui a maintenant disparu , et qui fut le théâtre d’une cruelle exécution dont les chroniques locales ont conservé le souvenir.

.« Pez pu Pierre de pouyane, maire de Bayonne en 1341 , sous la domination anglaise, était Landais et ennemi acharné des immunités basques. Au nombre de ces immu-

nités était le passage en franchise des marchandises et des denrées sur tput le territoire de Bayonne, et notamment sur le pont de Proudines, au lieu même où nous sommes.

Pour mettre un terme à ce dernier privilège, le maire s’empare du pont, y met des gardes et exige un péage , en déclarant que le pont dé*pend de la juridiçtion de Bayonne, laquelle remonte jusqu’au point de la plus haute marée. Les Basques protestent, courent au pont de Proudines, massacrent plusieurs gardes et chassent les autres. Leur vengeance ne s’arrête pas Ut, et des marchands bayonnais, qui travers saient le Labourd pour se rendre en Espagne, sont tués et leurs marchandises pillées. pez de Pouyane se réserva le soin d’exercer de terribles représailles1. .

a Un jour de saint Barthélemy (24 août 1342), fête patronale de Villefranque , la noblesse basque s’était réunie, selon l’usage, au château de Miots, dont on aperçoit les ruines couvertes de lierre au sommet des coteaux qui dominent la Nive.

* Pez de Pouyane est averti de cette réunion ; il rassemble & la hâte ses hommes les plus dévoués, quitte Bayonne après le coucher du soleil, court à Villefranque, arrive sous les murs du château , en fait enfoncer les portes, y met le feu, tue tout ce qui s’y trouve , à l’exception de cinq gentilshommes qu’il veut, dit- il, se réserver pour arbitres. 11 les emmène jusqu’au pont, en leur disant qu’ils pourront à leur aise vérifier si la mer remonte jusque-là. Puis il les

1. Voir les chroniques bayonnaises, l’Histoire de Bayonne, de M. F. Morel , ei le Voyage en Navarre.

fait amarrer au* piles et dans l’eau

jusqu’à mi-corps. ■ 1

« En ce moment la marée commençait à monter; elle gagna peu à peu les cinq gentilshoinpies, et les Basques de Villefranque, contenus par les bandits du sire de Pouyane, les virent bientôt disparaître sous les eau*.

« Entre le point où fut le pont de Proudines et Bayonne, laNiveJ devenue une belle rivière large, pro-, fonde et transparente , passe au pied des coteau* les plus riches, fertilisés par le soleil du Midi et couverts d’habitations élégantes. Le chaland, désormais conduit par un courant placide, glisse sous les beaux qmbrages du château de Marrac avant de s’arrêter à Bayonne. »

De Cambo à St-Jeau-de-LuitV. R. l S); — à St-Jean-Picd-de-Port (V. R. (().

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