ROUTE 12. DE SAINT-SÉBASTIEN A PAMPELUNE
10 kil. (39 kil. 1/2). Atallo , village de 50 feux, dont le territoire très-fertile et parfaitement cultivé produit sans repos et alternativement du blé , du mais , du lin , des racines pour les bestiaux. Les collines qui le dominent sont couvertes de beaux arbres, chênes et châtaigniers, et produisent des bois recherchés pour les travaux de construction. On voit à 40 mèt. du village un beau moulin, le mieux construi t de tous ceux qui se rencontrent de Saint-Sébastien à Pampelune.
1/2 kil, (40 kil.). Arribe, village de 460 hab., oit l’Azpirox reçoit uqe foule de petits cours d’eau déjà abondants à leur sortie du sol, est situé au pied du mont Ëlosua. La route bien entretenue monte rapidement vers
2 kil. (42 kil.). Betelu, v. de 675 hab. Les sources de l’Azpiroz sont à peu de distance. Les sources sont très-abondantes dans tout ce pays; l'une des fontaines du village est chaude et sert de lavoir public. Un établissement de bains est alimenté par une source sulfureuse fort efficace, dit-qn, pour le traitement des maladies de la peau. A environ 3 kil. de ce village, on franchit le sommet de la petite ramification qui sépare la vallée d’Araiz de celle de Larraun, et on traverse le hameau de Lezaeta en deçà de
12 kil. (54 kil.). Xieoiunberri, v. de 80 maisons, situé au milieu de la jolie vallée de Larraun, formée et slominée par de hautes montagnes toutes boisées. A peu de distance, et un peu à l’O., naît le ruisseau de Lecumberri, qui traverse la vallée et le village, et qui, après avoir arrosé de riches prairies, descend droit au 8. vers l’Araquil,
avec lequel il se confond. La route , descendant à peu près dans la même direotion, se trouve un -instant resserrée entre deux montagnes rocheuses. On appelle ce passage le Paseo de la» Dos Hermana*.
A quelque distance . au delà , on rencontre à dr. la route qui vient de Vittoria (84 kil. de Pampelune) par la vallée de l’Araquil. Lés deux routes se confondent, et, prënant la direction du S. E. , arrivent à
11 kil. (65 kil.). Irurtun, village situé au sud de la montagne de la Trinité, l’une de celles qui dominent la cuença de la capitale de là Navarre, et traversé par la petite rivière Lecumberri à 2 kil. au-dessus de sa jonction avec l’Araquil.
6 kil. (71 kil.). Brice, petit village de 20 maisons, à l’entrée de la cuença de
11 kil. (82 kil.). Pampelune (V. R. 14.) •
B. Pbp In chemin dn fnr.
Le trajet de Saint -Sébastien à Pampelune pourra bientôt se faire en chemin de fer, et par la direction que nous venons de décrire.
On suivra pendant la première partie du parcours le chemin du Nord, aujourd’hui en construction, et qui se rattachera par Irun et Bayonne au réseau des chemins de fer français. Après avoir franchi la Bldassoa à Irun, cette voie nouvelle , gagnant vers la dr. , courra au pied du mont Jaizquibel, qui la séparera de l’Océan. Elle touchera Renteria, le Passage, et établira à Saint-Sébastien une station importante. A partir de ce point, elle montera par la vallée de l’Urumea, parallèle à celle de l’Oria , que suit plus loin la route de terre mie nous venons d’indiquer, et viendra fran-
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chir, auprès d’Ernani , le fattc qui sépare ces deux vallées. Puis, rencontrant à Andoain la route de terre et l’Oria , elle traversera avec elles Tolosa, Beasaïn, Villafranca, et, au milieu de difficultés nombreuses, de tunnels et de viaduçs, remontera à l’O. jusqu’à Villareal, à une petite distance de Vergara, où se fit la fameuse capitulation de Maroto. Revenant ensuite par une grande courbe le long de la vallée de l’Urola, elle arrivera , par un tunnel de 400 mèt. auprès des sources de l’Oria et de la petite ville de Ugama , située sur le versant nord des monts Cantabres, et dont l’église renferme la dépouille mortelle de Zumalacarreguy (la clef du .Cercueil a été envoyée à don Carlos).
Un nouveau tunnel de 2700 mèt.
passera au-dessous du col d’Otsaurt et conduira la voie au S. , où elle rencontrera, à Alsasua, la route de terre qui va de Pampelune à Vittoria.
Alsasua sera le point de croisement de la ligne du Nord et d’une autre ligne importante qui , de l’E.
à l’O. de l'Espagne, doit dans l’avenir rattacher la Méditerranée à l’Océan , et Barcelone à Bilbao , par Saragosse et Pampelune.
D’Alsasua à Pampelune le trajet sera court : on ne compte plus que 49 kil. La voie de fer touchera aux villages basques d’Echarri-Aranaz et d’Arbazu , à côté des rives sinueuses de l’Axaquil , au pied de collines boisées et richement cultivées; elle traversera les plaines fertiles d’irursun, où elle rejoindra la route de terre de Tolosa; côtoyant alors cette route, elle pénétrera dans la cuença de Pampelune et établira son débarcadère au pied de la ville.
18 kil. Diligence tous les jours pour 2 fr. et 1 fr. 50 c. Quand on va de Cambo à Bayonne, on peut descendre la Nive dans des barques qui font ce trajet avec une très -grande rapidité, voy. cidessous (prix variable à débattre).
Au sortir de Bayonne on laisse à dr. la route de Biarritz-Saint-Jeande-Luz et lrun pour prendre celle qui se dirige au S. en remontant la rive g. de la Nive, dont elle est sauvent éloignée d’un et même de deux kil. Bientôt on passe devant le château de Marrac (voy. p. 54) au delà duquel on se rapproche un instant de la Nive. Plus loin, on laisse à g. le château H'eymann (3 kil.) et à dr. , après avoir traversé l’Urdains , le château iïUrdains (6 kil.). On monte ensuite dans lo bois de Berriotz pour redescendre par Arraunts à
13 kil., Ustaritz , chef-lieu do canton de l’arrond. de Bayonne, y. de 2424 hab. , bien déchue aujourd’hui du rang qu’elle occupait autrefois. Elle fut en effet le siège du bailliage du Labourd avant la Révolution , et le bilçaar s’y assemblait.
Le bilçaar était la réunion des députés qui, jusqu’au siècle dernier, ont rendu leurs décisions administratives et politiques sous un chêne antique , à la manière des Gaulois, a II est vrai, ajoute M. Cénac-Moncaut , que ces champs de mai en plein air étaient restés une nécessité, car le pays basque ne posséda jamais de monuments, et cette absence complète d’architecture publique n’est pas le caractère le moins curieux de cette étrange nation. » Lors de la division de la France en départements et des dé-
parlements en districts , Ustaritz fut désignée comme le chef-lieu du district qui représentait l’anoien Labourd; mais le directoire de ce district siégea toujours à Bayonne, dont l’importance s’est toujours accrue depuis le commencement de ce siècle, et qui devint l’un des chefs-lieux d’arr. des Basses-Pyrénées. Ustaritz, malgré sa décadence, possède encore une minoterie, des moulins et plusieurs usines ou fabriques. La plupart de ses maisons se distinguent par leur architecture pittoresque; leurs toits en saillie et les balcons de leur façade leur donnent un aspect original qui attire les regards des étrangers.
L’église n'a rien d’intéressant , bien que certaines de ses parties datent peut-être du xiv* siècle. Elle n’a pour voûte qu’un plancher horizontal, et, comme toutes les églises basques, elle est entourée de galeries exclusivement réservées aux hommes. Le cimetière renferme la tombe de Dominique-Joseph Garat, ce fils d’un médecin d’Ustaritz qui naquit à Bordeaux en ,1749 et qui n’est mort qu’en 1833. Est-il nécessaire de rappeler ici que la Convention le nomma ministre de la justice en remplacement de Danton, et qu’en cette qualité, il fut chargé de lire à Louis XVI l’arrêt qui le condamnait à mort?
L’Empire en fit plus tard un sénateur, un comte, un académicien; mais la Restauration l’exclut de l’Académie. On l’a surnommé le Jacobin malgré lui. Du reste, s’il n’eut aucune consistance, aucun talent comme homme politique, il se distingua comme écrivain ; plusieurs de ses Eloges furent, même avant la Révolution , couronnés par l’Académie française. Son frère
aîné Dominique , né en 1735 à Ustaritz, mort en 1799, fit aussi partie de l’Assemblée constituante.
Enfin son neveu, Pierre-Jean, né à Ustaritz en 1764 et mort à Paris en 1823, ne se rendit pas moins célèbre par son talent de chanteur que par sa fatuité.
Ustaritz est bâti sur la rive g.
de la Nive. La route, s’éloignant encore de cette rivière, traverse à
I kil., près du moulin Ospitalia, le ruisseau Laxa, et 300 mèt. plus loin environ, elle se bifurque. Le bras qui se dirige presque directement au S. (celui de dr. ) conduit à Pampelune par Espelette, Urdax et Elisondo (V. R. 14); l’autre bras, celui de g. , qui tend à se rapprocher de la Nive, mène à Cambo.
On laisse sur la rive dr. de la Nive Jatrou (414 hab.) et Halsou; puis, au delà de Larressore (300 hab.), dent le pet,it séminaire et la chapelle bordent la route sur la dr. ," on monte, après avoir franchi le ruisseau Araga, par une pente douce, à (18 kil.)*Cambo.
Hôtels. — Hôtel des Étrangers.
II n’a pour lui que sa situation , et ses prix sont élevés; mais c’est le seul établissement où les touristes puissent espérer trouver un gîte à • • peu près convenable.
Maisons meublées. — Les deux maisons bâties près de l’établissement des bains ne pouvant pas suffire pendant la saison pour loger tous les baigneurs, la majeure partie des étrangers qui viennent prendre les eaux de Cambo sont obligés de se loger dans le village. Us y trouvent de nombreuses maisons meublées avec ou sans cuisine. Nous leur recommanderons surtout celle de M. Fagalde, pharmacien, qui est admirablement située et qui paraît
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on ne peut mieux tenue. Chacun du reste fera son choix selon ses goûts et sa fortune. Les prix , on le conçoit, varient selon l’époque de la saison et l'affluence des baigneurs.
A l'établissement, on est logé et nourri pour 6 fr. et 6 fr. par jour.
Médecin. — M. Délissalde. 11 est tous les jours à des heures fixes <\ l’établissement et il habite une fort jolie maison située à l’entÆe du village, à g. en venant de Bayonne.
Pharmacien. — Kagalde:
Cabinet de lecture. — Fagalde (livres et journaux).
Anes et chevaux, voitures. — Prix variables.
Cambo est une V. de 1626 hab.
( canton d'Espelette , arrond. de Bayonne, dép. des Basses-Pyrénées), située sur la Nive qui la divise en deux parties éloignées l’une de l'autre de près d’un kilomètre. Le haut Cambo, où sont les hôtels et les maisons meublées, couronne, à 62 mut. au-dessus de la mer, une colline tellement escarpée qu’on ne peut même pas se promener dans les bois qui en tapissent les pentes.
De ses maisons et de ses terrasses plantées d’arbres on découvre un charmant paysage. A la base de la colline boisée qui décrit le plus gracieux contour, la Nive aux eaux limpides descend à la mer avec la rapidité d’un torrent; sur la rive dr. s’étend une. vaste plaine couverte de prairies et de cliamps et dominée par un amphithéâtre de coteaux aux aspects variés. A l’extrémité inférieure de cette plaine, à 1 kil. environ du haut Cambo, en ligne directe, se trouve le bas Cainbo. Oue si on se tourne au contraire du côté des montagnes, car, malgré son élévation au-dessus do la Nive, le haut Cainbo est en-
core en plaine, on remarque à g.
la montagne d’Ursouia, et à dr. le Mondarrain et la Rhune. Un pont de bois, auquel descend un chemin trop rapide et mal entretenu, met le haut Cambo en communication avec le bas Cambo. Ce paysage n’a rien de grand, mais il est frais, riant, champêtre, calme; il reposé les yeux et l’esprit. On le contemple avec plaisir, même quand on vient d’admirer des sites plus grandioses, plus pittoresques, plus intéressants.
A part sa situation et ses eaux dont nous allons parler , Cambo n’a rien de curieux à montrer à un étranger. Son église ne mérite pas une visite, et ses maisons sont toutes modernes.- Rien ne peut donc, si ce n'est là vue d’un joli paysage, y retenir les étrangers qui ne viennent pas y prendre les eaux.
l'établissement thermal.
A 1200 mèt. environ du haut Cambo,. sur la rive g. de la Nive, se trouve l’établissement thermal. Pour y aller, il faut gagner la route de Bayonne, qui y conduit après avoir laissé le haut Cambo sur la gauche. La rue par laquelle on rejoint cette route aboutit à un carrefour d’où partent également les routes d’Espelette et de Saint-Jeanpied-de-Port. Laissant ces deux routes à dr. , on descend à la Nive à l’ombre de beaux arbres et bientôt on atteint le petit hameau que forment, sur la rive g. de la rivière, l’établissement proprement dit, la maison du médecin, la chapelle et les hôtels ou pensions. Un pont suspendu vient d’être jeté sur la Nive et, avant peu, une bonne route de voiture, partant de l’autre extrémité de ce pont, ira rejoindre à
6 kil. la route directe de Bayonne à Saint-J ean-pied-de-Port.
Les eaux de Cambo étaient connues au xvu* siècle, mais on ne sait ni à quelle époque, ni comment elles avaient été découvertes. Si l’on doit en croire Davity, elles étaient en 1635 très-fréquentées par les Français et les Espagnols. Le petit bâtiment construit sur la source sulfureuse fut démoli en 1 698.
On l’avait jeté bas pour le rebâtir d’après un plan beaucoup plus vaste , mais ce projet ne reçut pas son exécution. En 1819, une ordonnance royale décréta la construction d’un établissement thermal à Cambo. En 1821, M. Fagalde, concessionnaire des sources qui appartiennent à la commune , acheva le pavillon demi-rotonde, près duquel il a fait construire, en 1857, un autre bâtiment carré contenant une vaste piscine et destiné aux bains de vapeur, aux douches, aux bains aromatiques.
L’établissement proprement dit, le pavillon demi-rotonde , soutenu par deux corps de logis quadrangulaires , est simple et propre. C’est tout ce qu’on peut en dire quand on veut en faire l’éloge. L’eau sort d’une roche calcaire; elle est reçue dans un bassin en maçonnerie contenant 43”, 69 cubes d’eau et qui se remplit en 57 minutes. Une pompe verse dans une chaudière de cuivre étamé l’eau destinée aux bains et qui, après avoir été suffisamment chauffée , est conduite par des tuyaux dans les deux baignoires que possède l’établissement, ail est à remarquer, dit M. Délissalde dans sa Notice sur les eaux minérales de Cambo, que le bassin et la chaudière étant toujours couverts avec le plus grand soin, l’eau ne peut en
aucune manière être modifiée par l’air atmosphérique. » Une buvette ayant deux robinets en cuivre est placée à mi-hauteur d’homme, au point central de la façade qui regarde la Nive.
On remarquera sur les murs la hauteur à laquelle s’est élevée la crue du 16 juin 1856.