‹ Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'Océan a la MéditerranéeChapitre 71 sur 384 · ROUTE 14. LA VALLÉE DÉ BASTAN · texte numérisé non relu

ROUTE 14. LA VALLÉE DÉ BASTAN

Sa population Actuelle est d’environ i 7700 hab. Elle a 7 lieues d’étendue (lieues espagnolès), ou 39 kil.

du N. au S. , du pont de Danchariâenea, frontière de France, au port de Velate, A l’entrée de la vallée . d’Ulzama, et 4 lieues (22 kil.) de largeur de l’E- à l’Ô. Le mot Bastan, d’après les éty Biologistes, est une métathèse du vocable basque basnat , qui signifie je suis seul : il exprime donc l’indépen-, dance de la vallée.

. On laisse & dr. Lacaros, situé sur le versant opposé de la vallée du Bastanzübi en allant d’Elisondo à 4 kil. (50 kil.) Irurita , v. de 900 h.', situé sur une hauteur. « Enrichi par le commerce d’Amérique , lieu ae retraite préféré des armateurs aventureux qui ont rapporté du Mexique ou de Cuba ces dernières miettes de galions qui gorgèrent l’Espagne de Philippe II et de Charles IV, ce village, dit M. Cënac Moncaut, renferme de grandes et vastes maisons & l’aspect confortable, montrant encore les mâchicoulis trilobés et les fenêtres mauresques géminées que fit naître l’influence andalouse. » L’une de ces maisons est surmontée d’une tour carrée et porte sur sa façade l’ècu à échiquier de la vallée de Bastan.

Au delà d’Irurita, la route des- , cend par une pente rapide dans une jolie vallée, bien cultivée, qui sç rétrécit à la hauteur des villages de Ciga et d’Am'x, puis elle traverse le Bastanzübi , sur un poht en pierre de trois arches, en deçà de 6 kil. (56 kil.) Berrueta, v. de 279 h., situé sur le penchant d’une montagne dont le Bastanzübi baigne la base. Plus loin, la vallée que l’on continue à remonter, d’abord riante, fertile, animée, se rétré-

cit entre des montagnes boisées et rocheuses, devient solitaire, puis s’élargit au delà d’un pont d’une seule arche, sur lequel la route traverse le Bastanzübi. On remarque alors sur la dr. une jolie habitation carrée , surmontée d’un belvédère, entourée de jardine au milieu desquels on aperçoit une serre. Un pont de bois la réunit à la route.

Cette propriété , d’une grande étendue, porte le nom de palais de Reparazea; elle appartient au marquis de Besolla. Après l’avoir dépassée, on quitte la vallée du Bastanzübi, qui, coulant au S. vers San-Esteban, prend le nom de Bidassoa , et on remonte la valléfe du Marin. Près du point de bifurcation, on passe devant une église carrée avec un porche à colonne* de pierres rouges, puis au milieu des maisons du hameau de Mugairi, dépendant de la commune de (3 kil.) Oronox (305 hab.).

Au delà de Mugairi, on suit d’abord la rive dr. du Marin ; mais on traverse deux fois ce torrent avant de s’élever au-dessus de son lit profondément encaissé. Â mesure qu’on monte, on découvre en se retournant une belle vue sur les montagnes de Bertizarana. Bientôt la route incline à g. en contournant les pentes de la montagne. Elle longe un grand mur de soutènement au-dessus duquel passe une autre route qui , par un tracé nouveau et plus direct, évite Mugairi, pour aller rejoindre à Berrueta le chemin d’Elisondo.

A l’endroit où , contournant le fond du vallon, elle revient vers la dr., elle est elle-même supportée par un massif considérable en maçonnerie. Les travaux de cette nature sont nombreux de Mugairi au port de Velate, et quelques-uns n’ont

ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES

pas moins de 20 mèu d’élévation.

Le plus remarquable est un pont de trois arches, dont l’arche du milieu a 22 met. de hauteur sous clef, et dont les piles et les cintres sont construits en marbre. Après l’avoir franchi on découvre

5 kil. de Berrueta (61, kil. de Bayonne), Almandoz, v. de 345 h., situé à 428 met. de hauteur, appartenant encore à la vallée de Baslan. Il est entouré de carrières de marbre, de fontaines ferrugineuses et de magnifiques forêts de hêtres qui s’étendent jusque yers le port de Velate. A son extrémité supérieure on trouve une bonne posada publica y Éstçtncon.

Au delà d’Almandoz , lafroute décrit de nombreux zigzags (lespiétons peuvent prendre des sentiers qui abrègent) sur les flancs des montagnes de Macanaz et de Gozara. On y découvre des points de vue variés. Quand on cesse d’apercevoir la vallée d’Almandoz, on s’engage entée d’autres montagnes en se dirigeant vers le S. Quelques-unes sont boisées jusqu’au sommet. Çà et là on aperçoit des bergeries cou vertes en grandes pierres plates. On atteint enfin une maison blanche entourée de quelques arbres qui cachent à la vue un ravin boisé d’une grande profondeur et semblable à un entonnoir; cette maison est la

Venta de Velate. Sur ce point s’élevait autrefois une chapelle bâtie par les Templiers, et dont il ne reste plus de traces. La route , bordée seulement de barrières en bois brut chevillé, et ombragée pendant quelques instants de hêtres magnifiques, droits et élancés, monte au port de Velate ou de Matacola (828 mèt.), qui sépare la vallée de Bastan de

celle d’Ulzama, court de niveau pendant 200 mèt. au milieu d’arbres centenaires, et enfin atteint la

Venta de Arraiz, belle maison construite en 1846 sur un plateau planté d’arbres, couvert de bruyères et de daphnés. Le village d’Arraix et son annexe Orquin sont à 1 kil. sur la dr. Au delà de cette seconde Venta, on commence à descendre dans la vallée de l’Ulzama, ayant à g. des ravins, et à dr. les pentes du mont Ocoljn. On rencontre une seconde chaîne de péage à la hauteur du village de Lanx, qui est à 3 kil. sur la g. et qu’on ne peut pas voir. Ici la descente devient rapide, l’horizon s’élargit; les profondeurs sont moins effrayantes; la vallée est plantée de chênes énormes. A g. court un ruisseau qui fait mouvoir une Scierie de planches. Plus loin , la route franchit sur un. pont de pierre l’Ulzama, qui s’est formé dç divers ruisseaux descendus de Velate, de Lanz, et qui, après avoir traversé Olagüe et suivi la vallée d’Osaibar, va se réunir à l’Arga au delà de Villava, à peu de distance de Pampelune.

18 kit. d’Almandoz (79 kil..), Olagüe, v. àe 285 hab., situé à 491 mèt. au-dessus de la mer, possède une fontaine ferrugineuse. Le voyageur qui visite pour la première fois l’Espagne , et qui n’est pas habitué à la manière de vivre de ce pays, fera bien d’entrer dans la posada où relaye la diligence de la Nueva-Union. Il trouvera au premier étage une cuisine sans jour, aérée seulement par deux trous pratiqués dans la muraille ; le foyer est établi sur des pierres plates au milieu de la pièce, et entouré de cafetières noires; une chaîne pendant au plafond porte la marmite ;

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