ROUTE 15. DE SATNT-JEAN-DE-LUZ A CAMBO
derrière soi la Rhune et le Mondarrain,
5 kil. (30 kîl.) Cambo (V. R. 13).
B Par la Rhuaa.
6 kil. jusqu’à Ascain; 2 h. i/î, ascenpion de la Ithune; 2 h., descente, il kil. de Sare à Cambo.
Pour aller de Saint-Jean-de-Luz à Ascain, on peut remonter en bateau avec la marée montante le cours de la Nivelle, que bordent à dr. et à g. de belles collines boisées, ou bien prendre le chemin, praticable seulement pour les chevaux, qui domine la rive g. de cette rivière et qui va être indiqué.
Après être sorti de Saint-Jean-de- Luz par le pont de Ciboure, on prend à g. un chemin creux, et, au delà d’une ferme qu’il faut traverser, on gravit une petite colline dii haut de laquelle on jouit en se retournant d’un joli point de vue sur les villas éparses du coteau de dr.
et sur la baie de Saint-Jean-de-Luz.
Le chemin monte et descend sans cesse, suivant les ondulations des collines couvertes de chênes verts et de châtaigniers. Enfin après une heure de marche on voit s’ouvrir à l’E. un petit vallon d’aspect assez triste, dominé par des hauteurs couvertes de bruyères et d’ajoncs.
Au fond de ce vallon , sur la rive g. de la Nivelle et à l'embouchure d’un ruisseau, se groupent les maisons formant la commune de 6 kil. Aitcain (1113 h.; cabarets), qui possède une source d’eau ferrugineuse froide, mais n’offre rien d’intéressant.
Un chemin de chevaux conduit directement en 2 h. d’Ascain à Sare par un col dont le point culminant n’a que 179 nièt. Il faut 4 h. envi-
ron pour faire ce trajet si l’on passe par la Rhune.
Après avoir traversé Ascain, on remonte au S. vers le fond du vallon par un sentier pavé que bordent des murailles en pierres sèches et quelques peupliers. On passe à cêtê d’une maison dont la porte à pleincintre est sculptée , et bientôt après le sommet de la Rhune, qu.’on voyait depuis Ascain se dresser en face de soi à l’extrémité du vallon, se cache derrière l’Hucelhaya ; mais eh revanche la vue commence à s’étendre du côté de la plaine, ot déjà la mer apparaît par-dessus les bois de Fagossou (V. A.). De nombreuses carrières sont ouvertes dans lès montagnes que l’on gravit. A 1 h, du village, on revoit le sommet delà Rhune, qui restera toujours visible.
En se retournànt , on distingue très-bien sur le bord de la mer.
Guettary, Bidart et Biarritz. La montagne devient de plus en plus roide, mais on entre bientôt (30 m.) dans un petit vallon où se trouvent quelques arbres et des cabanes à brebis. Ce vallon traversé , on gravit un nouvel escarpement (15 m.), au sommet duquel s’étend un dernier plateau. Laissant alors à g. le col qui sépare la Rhune proprement dite d’un autre sommet moins élevé, on monte (45 m.) à travers les rochers, en décrivant des zigzags, jusqu’au sommet de la Rhune, haut de 900 mèt. d’altitude. Là on jouit d’un admirable panorama.
En se tournant du côté du N., on déèoùvre tout le pays basque et une partie du Béarn. On distingué très-bien les vallées de la Nivelle et de l’Adour, Ascain, Saint-Pée, Sare, Saint-Jean-de-Luz et sa baie pittoresque, Guettary, Bidart, Biarritz, Bayonne, etc. La vue s’étend jus-
ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES
qu’aux landes du Boucaut. A l’O. , la mer forme l’horizon; à l'E. , se dressent les sommets de la grande chaîne; au N. enfin, les regards charmés plongent dans de vastes vallées que dominent de hautes chaînes de montagnes, parmi lesquelles la Haya attire surtout l’attention. Au N. O. , on découvre le Passade et Saint-Sébastien. La Vue de la Rhune est, je n’hésite pas à le déclarer, une des plus belles vues de la chaîne des Pyrénées.
Au sommet de la Rhune, existent encore les ruinés d’une redoute qui rappellent la bataille sanglante que se livrèrent les Français et les alliés en octobre 1813 pour la possession de cette montagne, que le maréchal Soult avait choisie comme centre de ses opérations militaires.
L’armée française, chassée d’Espagne, occupait un grand triangle dont les Pyrénées , depuis Irun jusqu’à Saint- Jean - Pied - de -Port , formaient la base; presque toutes les hauteurs étaient couronnées de redoutes, et la Rhune, déjà fortifiée par les escarpements qui l’entourent de trois côtés , était en outre défendue par de nombreux ouvrages. Mais l’armée anglo-portugaise avait l’avantage du nombre et celui de l’attaque; Wellington avait à sa disposition 44 000 hommes, dont 24 000 devaient tenter le passage de la frontière par la Bidassoa et 20 000 par la Rhune.
Soult n’avait sous ses ordres que 31 000 hommes, dont 16 000 étaient de simples conscrits. En outre, les troupes françaises étaient démoralisées par leurs défaites successives.
Dans la nuit du 7 qui précéda l’attaque, un orage terrible se forma sur le sommet de la Rhune et
éclata avec une incroyable violence sur les positions françaises près de l’embouchure de la Bidassoa.
Pendant la tempête , qui épargna le camp des Anglais, Wellington avait fait transporter ses canons sur les hauteurs de Saint-Martial (V. R. 11 ) et préparer à l’insu des Français des fascines et des pontons pour le passage de la Bidassoa.
A sept heures du matin, le canon commença à tonner, et, avant que le général Soult, qui passait alors une revue, eût pu faire galoper son cheval jusqu’au bord de la rivière, les positions étaient déjà emportées et les Français battaient en retraite. La résistance ne fut obstinée qu’aux redoutes de Louis XIV et de la Croix des Bouquets (V. R. 11). En même temps, le général espagnol Giron, à-la tête des troupes d’Andalousie', gravissait les pentes méridionales de la Rhune; bientôt après, les chasseurs portugais montèrent du côté de l’O., s’emparèrent de la redoute de la Bayonnette, située au pied delà Rhune, et repoussèrent une première attaque du général Clausel, qui occupait le sommet de ta montagne. Les chasseurs portugais essayèrent les premiers l’escalade de la redoute; mais ils furent repoussés avec énergie par les Français, et se retiraient en désordre quand le régiment anglais du colonel Colborne, venant à leur aide, renouvela l’attaque. Cependant le général Clausel se maintint sur la montagne pendant toute la journée, et ce fut seulement après avoir appris que les Espagnols de Giron avaient contourné La Rhune du côté de l’E. et qu’il* avaient déjà occupé des positions très-importantes sur le territoire français, qu’il évacua sa position.