ROUTE 15. LA RHUNE. — SARE
Dans cette bataille, les alliés perdirent environ 1600 hommes et les Français 1400.
La résistance énergique de Pampelune empêcha Wellington de poursuivre sa marche, et les deux armées restèrent en présence pendant un mois entier : le maréchal Soult employa ce temps à fortifier ses camps de Saint-Pée , Espelette, Souraïde, Sare, et plusieurs redoutes furent reprises par les Français. La droite, sous les ordres du général Reille, occupait les environs de Saint - Jean - de - Luz ; le général Clausel gardait les redoutes du centre et le pied de la Rhune; la gauche, commandée par d’Erlon, était campée à l’E. derrière Aïnhoue, tandis que l’extrême gauche, ayant à sa tête le général Foy, menaçait la vallée de Maya en Espagne.
Le 9 novembre, la bataille s’engagea sur toute la ligne , et presque partout les Français furent obligés de battre en retraite. Le général Conroux , frappé d’une balle à la poitrine, tomba sur la brèohe de la redoute de Sainte-Barbe , et les Français , postés sur les escarpements que domine la Rhune, s’empressèrent de redescendre à Sare pour éviter d’être tournés. Le général d’Arraagnac, campé en avant d’Aïnhoue, se replia au N. sur Ustaritz, livrant la droite du camp de Souraïde aux alliés, qui attaquèrent et poursuivirent au nombre de 12 000 les troupes du général Abbé.
Le général Foy fut le seul qui obtint quelques succès. Ayant reçu l’ordre de faire une diversion sur l’Espagne à la première alerte , il culbuta les troupes qui lui étaient opposées , franchit les Pyrénées et pénétra jusqu’à Maya; mais la perte de la position de Sare rendant cet
exploit inutile, il dut se retirer pour défendre le pont de Cambo, qu’il fit sauter dans l’espoir d’arrêter la marche de Wellington. Dans cette bataille, la perte des alliés fut de 2694 hommes et celle des Français de 4265, en y comprenant environ 1400 prisonniers. (V. Alison, Hùtory of Europe).
Four descendre de la Rhune à, Sare par le versant oriental, on laisse à dr. le col dont il a *é question ci-dessus, et, contournant la pointe haute de 548 mèt. que ce col relie à la Rhune, on vient passer entre cette pointe et la redoute Mouiz , située à 542 mèt. On remarquera au S. E. la route de Bayonne à Pampelune qui gravit en zigzag une montagne élevée qui domine Urdax. Alors on descend par des pentes roides et déboisées dans le vallon ondulé où se trouve, à 2 h. du sommet de la Rhune et à 71 mèt. au-dessus du niveau de la mer,
Sare, commune de 2147 h. , dont les maisons sont disséminées sur un vaste territoire. Près de l’église sont groupés sur une place l’hôtel de ville, les maisons du pharmacien et du boulanger, divers cafés et un magasin de nouveautés; on peut se procurer des provisions et loger même au café. Les montagnes qui entourent ce vallon sont trop nues et trop rondes pour offrir des aspects pittoresques.
Au sortir de Sare, on prend la route de voitures qui mène à (7 kil.) Saint-Pée; on traverse un petit cours d’eau, puis, au delà de quelques petits hameaux et d’un bosquet de chênes verts, on laisse à g. (30 m.) la petite chapelle de Sainte-Catherine à 1 kil. de laquelle ou atteint la rive g» de la Nivelle , qui coule
ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES
tranquillement au milieu des prairies entre des collines basses ombragées de châtaigniers.
A 4 kil. de Sare et 3 kil. de Saint-Pée, on laisse à g. la route de voitures qui, continuant à descendre la vallée de la Nivelle, va traverser le hameau d’Amots et se dirige par Olha sur Saint-Pée (V. A).
Franchissant alors la Nivelle sur un pont de 3 arches en pierre , nommé ' le ipont d’Amots, on prend à l’E.
nn sentier escarpé qui s’élève sur des couchés de pierre singulièrement stratifiées, à travers un bois de chênes verts, de châtaigniers et de genévriers. Après avoir laissé à 1 dr. une éminence haute de 201 mêt.
on atteint (30 min. du pont) un plateau à g. duquel s’étend un petit vallon sans caractère. En se retournant, on voit parfaitement la Rhune. Suivant toutes les ondulations du plateau, on laisse ensuite à dr. , avant de commencer â descendre, trois redoutes dont la première, au delà de laquelle s’ouvre à dr. une profonde vallée, est à 233 mèt. , la deuxième à 271 mèt. et la dernière Ü279 mèt. de hauteur. Des points culminants, on découvre de hautes montagnes à l’E., et au S. on aperçoit tous les zigzags de la route de Pampelune. On distingue en France AInhoue, en Espagne Zugaramurdy; au N., la vue s’étend sur le pays basque; à l’E. , la Haya,
. la Rhune et la mer, attirent surtout les regards. Après une courte descente, on rejoint près de la ferme Harismendia la route de Pampelune, où vient déboucher à g. le chemin direct de Sournïde. On se dirige alors au N. E., et, à 3 kil. de la jonction des routes (13 kil. de Sare) on atteint Espelette (V. R. 14).
fl kil. D’Espelette à Cambo (V. .4).