‹ Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'Océan a la MéditerranéeChapitre 81 sur 384 · DE BAYONNE A SAINT- JEAN-PIED- DE-PORT , PAR HASPARREN · texte numérisé non relu

DE BAYONNE A SAINT- JEAN-PIED- DE-PORT , PAR HASPARREN

60 kil. Rmile de poste; diligences tous les jours pour 1 3 fr. 20 c. le coupé et il fr. 20 c. l’intérieur.

A 3 kil. de Bayonne On laisse à" g. la route d’Oloron (V. R. 7) , et on s’élève à travers une contrée accidentée, mais un peu monotone d’aspect, jusqu’à la hauteur de 173 mèt. La route, qui décrit de grandes courbes, monte et descend presque constamment. On n’aperçoit aucun village avant d’atteindre le point où elle se bifurque. Le bras de g. ou de l’E. , beaucoup plus long, passe par Hasparren , Botdoc et Greciette, et se réuuit, à Altissane, au bras de dr. ou du S. E., plus court de 4 kil. environ.

24 kil. de Bayonne. Hasparren, chef-lieu de cauton de l’arrond. de Bayonne, a une population de

5068 h. 11 se trouve situé.à 48 mèt.

au-dessus de la mer, dans une riche vallée entourée de hauteurs dont l’élévation varie de 150 à 210 mèt.

Il s’y tient tous les quinze jours ( le mardi ) l’un des marchés aux bestiaux les plus importants du pays basque. Sa population n’est pas moins industrieuse que commerçante. Elle fabrique ces grosses et fortes étoffes qu’on appelle marrègues. Elle compte un grand nombre d’ouvriers cordonniers , charpentiers, corroyeurs, etc.

En 1 660 , on trouva dans les fondations du maître autel de l’église une pierre sur laquelle était gravée l’inscription suivante :

Flaraen, item duumvir, quæslor pagique magisler,

Verus ad Augustum, legato munere functus ,

Pro novem obtinuit populis sejungere Gallos,

Urbe redux, Cenio pagi banc dedicat aram.

« Vériis, grand prêtre, duumvir, questeur et gouverneur de la bourgade, envoyé par Auguste, a obtenu la séparation des neuf peuples (cio la Novempopulanie) d’avec les Gaules. De retour de Home, c’est au genie du lieu qu’il dédie cet autel. »

Cette inscription a souvent occupé les savants qui ne sont pas encore parvenus à se mettre d’accord.

Hasparren a donné le jour à l’abbé d’Iharce de Bidassouet, auteur d’une Histoire des Cantubres , ou des jyremiers calons de l’Europe , qui fait venir le nom de Versailles du mot basque bertsguille , chaudronnier, alléguant pour preuve qu’il y eut anciennement beaucoup de chaudronniers à Versailles.

A ( \ kil. de Hasparren ) Bouloc, v. de 310 h. , la route se bifurque de

ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES

nouveau; le bras de g. ou du S. E.

conduit à Saint-Palais (V. R. 19); il faut prendre celle qui se dirige au S. si l’on veut aller directement à Saint-Jèan-Pied-de-Port. On laisse à dr£ Greciette, puis le château de Garro, avant de rejoindre à Altissane la route plus courte qu’il nous reste à décrire.

Cette route, qui ne traverse aucun village, passe à la base N. E.

de la montagne d’Ursouia, qu’elle laisse à dr. , s’élève jusqu’à son point culminant (247 mèt.), à peu de distance de Mendionde, v. de 1424 h. (28 kil. de Bayonne, 27 kil.

de Saint-Jean-Pied-de-Port), qu’elle laisse aussi à dr. ; puis, après avoir traversé le Garro, remonte à Alt issane, liam. situé à 178 mèt. A 2 kil.

à l’O. se dresse le pic de Garralda, dont le sommet atteint 465 mèt.

• A 4 kil. du point de jonction des lieux routes, on atteint Helette , v.

de 1193 hab., où vient aboutir la route de Cambo(V. R. 16), à la hauteur de 236 mèt. Le pays accidenté que l’on traversé est de moins en moins peuplé. A peu de distance eu deçà d’Irissary, on laisse à g.

une route qui conduit à Saint-Palais par (0 kil.) Iholdy, chef-lieu de canton de 885 liab.

18 kil. (42 kil. de Bayonne), Xrisaary , relais de poste , est un v.

de 1210 liab. L’église et le principal groupe des habitations sont à la dr. de la route. Après avoir traversé l’Uhalde, dont on a remonté pendant quelque temps la rive dr., on gravit un petit col et on descend dans un joli vallon au fond duquel serpente la route de Pau à Saint- Jean-Piedde-Port; bientôt on atteint Lacare, v. de 274 h., où le général Harispe possédait un modeste château. On voit en passant son tombeau qui no

se distingue que par sa simplicité, dans le cimetière voisin de l’église.

Saint-Jean- le -Vieux (2 kil. de Lacare), v. de 1137 hab., est situé sur la rive dr. du Lauribar, qu'on traverse au delà de la Magdelaine pour entrer à

18 kil. d’Irissary (60 kil. de Bayonne) Saint- Jean -Pied -déport (hôt. Grand-Soleil, Pommed’Or), V. de 1752 h., place de guerre de 4* classe, cliet-lieu de canton de l’arrondissement de Mauléon (Basses-Pyrénées), située au pied de collines gracieusement arrondies , près du confluent des trois Nives d’Arnéguy, de Béhérobie et de Lauribar. La Nive de Béhérobie la divise en deux parties : la tille basse, qui s’étend dans la plaine le long de la rive g., et la ville haute sur la rive dr., qui s’élève en amphithéâtre sur une éminence.

Saint-Jean-Pied-de-Port, ainsi nommée à cause de sa position audessous des ports ou cols des Pyrénées, a été bâtie en 716 par Garcia Ximènes sur l’emplacement d’une ville que les Maures avaient brûlée , et dont Saint-Jean-le-Vieux rappelle seul aujourd’hui le souvenir. Garcia l’éleva près du confluent des trois rivières pour commander à la fois les trois vallées et les trois cols aboutissant en Espagne. La France et l’Espagne s’en disputèrent longtemps la possession ; enfin , le traité des Pyrénées (1659) la céda à la France. Depuis , Vauban chercha à utiliser cette belle position militaire , fortifia la ville, agrandit la citadelle, que le chevalier Deville avait construite en 1668, et en fit, comme il le disait lui-même, son bijou, sa bonbonnière. Cependant c’est par Saint-Jean- Pied-de-Portque l’armée de Wellington pénétra en Fiance en 1813.

ogle

Page 1