ROUTE J 8, DE BAYONNE A SAINT-JE AN-|*IED -DE-PORT
M. Le Pays de Bourjolly déclare que sa situation est extrêmement défectueuse au point de vue militaire , et que pour s’y maintenir il faut un camp retranché et un corps de troupes assez nombreux. « Ce camp retranché, établi à cheval sur la route de Pampelune, aurait son centre à la hauteur d’Orjguarte, comme en 1793; sa droite éclairerait le chemin de Valcarlos; sa gauche, protégée par les batteries du Pisocourez, garderait la vallée de la Nive. »
Parmi les excursions que l’on peut faire aux environs de Saint- Jean-Pied-de-Port, la plus agréable est celle du pic d’Arradoy (G61 mèt.) situé au N. du petit bassin où les Nives opèrent leur jonction. 11 suffit d’une heure et demie pour en atteindre le sommet, d’où l’on domine une assez grande étendue de pays. A ses pieds, on voit les longues et verdoyantes vallées au confluent desquelles Saint -Jean se trouve situé; dans toutes le3 directions se dressent des sommets arro»dis et couverts de pâturages : çà et 1£, quelques taches verdâtres, éparses dans les vallées ou sur les pentes, indiquent des taillis de chênes. Vers le S., où les montagnes ont une hauteur assez uniforme, on aperçoit l’abaissement peu prononcé qui forme le port de Roncevaux ou de Valcarlos. A l’E. se montrent quelques ciines aiguës, mais n’atteignant pas cependant jusqu’à la limite des neiges d’été.
De Saint-Jean Pied-de-Port à Saint- Étienne de Balgorry etàCambo(V.R. 16);
— à Orlhez (V. R. 19); — à Pampelune par Roncevaux ;V. R. 21); — à Oloron par Saint-Palais et Mauléon (V. R. 22);
— à Pau (V. R. 23); — à Tardas par Ahusky (V. R. 24).
d’oRTHEZ a SAINT-JEAN-PIED- DE-FORT.
69 kil. Route de poste. Diligences tous les jour?.
On suit d’abord la route de Bayonne (V. R. 6); mais, à 7 kil.
d’Orthez, au delà de Baigts, on la quitte pour prendre celle qui, traversant le Gavq de Pau près de Bérenx (810 hab.) , puis se dirigeant au S. O. , franchit un petit col, et descend dans ' la vallée du Saleys, cours- d’eau qui n’est qu’un simple ruisseau, à
là kil. Salies , chef-lieu de canton de l’arrondissementd’Orthez,,V.
de 5503 hab., où les étrangers n’ont absolument rien à voir , si ce n’est une fontaine d’eau salée dont les produits, fort abonft&nts, servent à fabriquer d’excellents jambons de Bayonne.
Une route départementale conduit de Salies à Peyrehorade par Sorde (V. R. 6). La route de Saint- Jean -Pied -de -Port ou d’Espagne franchit le Saleys, laisse à g. un chemin qui va aboutir à Navarrenx , puis, après avoir traversé le ruisseau appelé Beigman, gravit le faîte qui Répare le vallon du Saleys de la vallée du Gave d’Oloron , et traverse deux ruisseaux, le Heuré et l’Arriutlque , en descendant à
10 kil. (25 kil.) Suuveterre , chef-lieu de canton de l’arrondissement d’Orthez, Y. de 1606 hab., agréablement située sur la rive dr. du Gave d’Oloron , à 2 kil. au-dessus de la jonction de ce Gave et du Saison. « Les vallées d’Oloron et de la Soûle forment en ce beu, dit M. Samazeuilh, un vaste carrefour, où la nature se plaît à prodiguer
ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES
ses richesses, et où se meut , au milieu des champs ] des prairies,- des bosquets et des fleurs, un peuple favorisé du ciel. »
Quand Philippe le Hardi se dirigea, en 1276, surlè Béarn, résolu de pénétrer en Castille par la Navarre, pour forcer les Cortès à révoquer le décret qu’elles avaient rendu en faveur de Sanche , fils d’Alphonse le Sage, malgré le vœu du vieux roi et les prétentions des enfants nés de Fernand, frère aîné de Sanche et de Blanche de France, fille de saint Louis, il s’avança jusqu’à Sauveterre avec une imprévoyance étrange, même pour ces temps où l’art de pourvoir aux besoins des armées était pourtant presque inconnu; ses mesures avaient été si mal prises qu’il se trouva sans vivres et sans munitions. Il ne put effectuer le passage des montagnes, et s’estima heureux, pour sauver son honneur, de recevoir la nouvelle d’une trêve conclue par le comte d’Artois avec le vieux roi de Castille. Aussi la chronique métrique de saint Magloire contientelle ces deux vers : • .
En Espagne et à Saulveterre,
Alla le roi folie queite (quérir).
Sauveterre était une place forte au moyen âge; elle soutint un siège contre le prince d’Orange. Les débris de son vieux château de Montréal et de ses anciens remparts témoignent de son ancienne importance. a En venant de Mauléon, dit M. Cénac-Moncaut, on y arrivait par un pont de 5 à 6 arches, offrant une voie de 2 mèt. de largeur. Sur la culée de l’arche qui touche à la ville, la seule qui ait résisté aux sièges et aux débordements, s’élève encore une tour de
défense qui suit la forme de la culée. On passait sous la voûte de cette tour par une porte ogivale, et l’on montait à son premier étage à l’aide d’un escalier intérieur ouvrant sur une porte très-étroite. >»
Quant aux ruines du vieux château de Montréal, il est difficile de leur assigner une date, car on y distingue à peine de grandes fenêtres garnies extérieurement de grosses barres de fer. La tour d’angle du S. E. doit dater du xv* siècle.
Au sortir de Sauveterre, on traverse le Gave d’Oloron, et bientôt après on croise la route de Bayonne à Oloron (V. R. 7).
2 kil. (27 kil. d’Orthez) Guinarthe , v. de 290 hab. , est situé sur la rive dr. du Saison , en face d’Osserain (456 hab.), situé sur la rive g. Près du hameau Le Bois, ou franchit un affluent du Saison, puis on gravit le chaînon qui sépare la vallée du Saison de celle de la Bi- douze. Au delà d ’Ârberats (308 hab.) , qu’on laisse à g., on descend, par une côte qui offre de beaux points de vue , sur la route de Mauléon, à 1 kil. environ de
12 kil. de Guinarthe (39 kil.
d’Orthez.) Saint - Valais (hôt. de la Buste), chef-lieu de canton de l’arrondissement de Mauléon, V. de 1645 hab., agréablement située sur la rive g. de la Bidouze, dans une large et fertile vallée. Plusieurs routes viennent y aboutir.
De Saint-Palais à Mauléon et à Pau.
(V. R. 22.); — à Bayonne par (23 kil.)Bidache (V. R. 7); — à Hasparren (29 kil.) (V. R. 18).
La route de Saint-Jean-Pied-de- Port, s’éloignant de la Bidouze, qui décrit de grandes courbes à l’E. , gravit, à peu de distance de Saint- Palais, une côte assez longue, d’où