LA VALLÉE D’ASPE, D’OLORON A JACA
40 kit. et 5 lieues espagnoles. Route de voitures Jusqu'à la Fonderie. Route de chevaux de ta Fonderie à Jaca. Voitures à volonté à Oloron. Chemin de fer projeté de Pau à Saragosse.
La Vallée d’Aspe a pour limites au N. la vallée d’ûloron ; à l’O.
la vaste forêt d’Isseaux, la vallée de Barétous et le val d’Aragon ; au
S. le pic d’Aspe , qui lui a donné son nom ; à l’E. une ligne sinueuse de pics qui s’étend depuis le col des Moines jusqu’à celui de Marieblanque. Sa plus grande longueur est, en ligne droite , de 40 kil. , et sa plus grande largeur de 18 kil. environ; mais, sauf le petit 'bassin de Bédous, situé à son point central, elle se compose de défilés étroits. Sa population actuelle est de 11 600 hab.
La vallée d'Aspe formait autrefois une république sous la protection des princes de Béarn. Lorsque le Béarn fut réuni à la couronne de France, elle subit le' même sort.
Cependant le roi Louis XIII lui conserva tous ses privilèges. Jamais la féodalité ni le fisc n’y pénétrèrent.
Les habitants étaient exempts du service militaire, mais obligés de défendre leur pays; iis avaient, dit Palassou, .le droit d’élire leurs magistrats. Les protestants de la vallée, dont les descendants habitent encore le village d’Osse, furent même les seuls protestants de France qui , après la révocation de l’édit de Nantes, conservèrent le droit de se réunir dans un temple.
Les Aspois passaient autrefois pour de mauvais voisins ; ils étaient toujours en lutte avec les montagnards de la vallée d’Ossau, et les chassaient à main armée des meilleurs pâturages; ils allèrent même, par le col des Moines , la vallée du Soussoueyetle col de Lavedan , attaquer les habitants de la vallée d’Aucnn, et les condamnèrent à leur payer tribut. Le traité conclu en 1348 par les deux parties belligérantes montre quelles étaient les raisons des habitants de la vallée d’Aspe.
Voici cette pièce curieuse :
DD JDIX 1343.
(Traduit de l’original béarnais).
Soit chose connue à tous, que, comme la terre de Lavedan d’Arraigues eut demeuré six ans sans porter de fruit , ni femme, enfant, ni vache, veau, ni jument, poulain, ni bétail d’aucun poil, à raison de ce que le petit abbé de Saint- Savin aurait fait périr les gens d’Aspe qui avaient (bit et faisaient des courses et des ravages en Lavedan , après avoir lu sur un sureau un livre qu’il avait tiré
par art diabolique de Salomon ; à cause de quoi, les gens de Lavedan furent conseillés d’envoyer deux prud’hommes d’entre eux vers le Saint Père b Rome pour demander l’absolution ; en observant les choses par lui ordonnées, et ci-dessous déclarées, ainsi qu'il les écrivit par lettres qu’il envoya, savoir : une & l'évêque de Lescar, une autre à l’évêque de Tarbes, une autre au sénéchal de Béarn, et une autre au sénéchal de Bigorre, tendante aux fins, qu’en ensuivant les pénitences et amendes par eux imposées, ils fissent la paix entre les deux montagnes, et pour cet effet appelassent dix prud’hommes d’Aspe et autant de Lavedan, et fissent rédiger cela par écrit, et moyennant ce, absoudre les terres, gens, bestiaux et autres choses de Lavedan, et accordèrent comme s’ensuit :
Et tout premièrement paix soit entre parties à jamais, et que celui qui la rompra ait ta malédiction du Saint Père et paye deux cents marcs d’argent(cent marcs aux endommagés seront), et qu'ensuite ceux de Lavedan envoyèrent dix hommes de sainte vie vers Monseigneur saint Jacques en Galice , qu’ils fassent chanter quatre messes d’évêques et dix d’abbésavec crosses, eteent messes à prêtres ou frères, et que ceux de Lavedan fassent à jamais les réparations ci-dessous écrites et payent au messager d’Aspe , le jour et fêle de Saint-Michel de septembre, dans l’église de Saint-Savin ou en celle d’Odot, avant que l'étoile paraisse.
La validité de ce contrat fut officiellement reconnue par les tribunaux judiciaires, et l’on cite une sentence du conseil de Béarn, du 18 mai 1593, et une autre du parlement de Navarre, du 28 septembre 1693, ordonnant aux habitants du Lavedan de payer aux Aspois la somme de sept livres deux sols.
Deux routes conduisent d’Oloron à Escot , l’une sur la rive dr. du
Gave d’Aspe , l’autre sur la rive g. Celle de la rive dr. passe par Bidos , Soeix , Eysus , Lurbe , ét laisse Saint-Christau à g. entre ces deux derniers villages ; celle de la rive g. traverse : (6 kil. ) Gurmençon, v. de 395 hab. ; (1 kil.) Arros, v. de 176 hab.; et (3 kil.) Asasp , v. de 642 hab. situé en face de Saint-Christau.
Au delà d’Asasp , dominé par le pic de ce nom , et vis-à-vis de Lurbe, s’ouvre à dr. une vallée latérale d’où descend le Lourdios. Le chemin de grande communication qui remonte cette vallée conduit à Lanne et à Aramis par Issor, v. de 856 hab. situé à 3 kil.
de la bifurcation, 17 kil. d’Olorenet
10 kil. d’Aramis, son chef-lieu de canton. A 1 kil. au-dessus d’Issor la vallée se bifurque; l’Elaboo descend du petit bras que remonte le chemin avant de franchir le col qui le sépare de la vallée de Barétous. Le grand bras, arrosé par le Lourdios, se dirige au S. jusqu’au pied du Bilhorry , que domine le pic d’Anie.
11 ne contient qu’un seul village, Lourdios-Ichère(639 hab.), situé, à 21 kil. d’Oloron, dans un vallon latéral arrosé par l’Arrie. Ce village communique à l’O. , par le col de Soés, avec Arette (V. R. 26), à l’E. avec la vallée d’Aspe, par un sentier qui vient aboutir au pont Suzon ( Voy. ci-dessous), entre Sarrance et Bédous.
Cependant les montagnes se resserrent et s’élèvent; en certains endroits, la vallée devient un défilé.
Sur la dr. , le rocher est souvent taillé à pic. Sur la g., le Gave coule au fond d’un précipice profond et escarpé. Au S. , la pêne d’Escot, semblable à une gigantesque muraille, attire les regards
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bien en deçà de (4 kil. d’Asasp', 13 kil. d’Oloron) Escot, v. de 750 hab. « On montre à l’étranger, raconte M. le docteur Taylor, les ruines d’une maison démantelée qui , sur la fin du siècle dernier, était le repaire d’aine famille de brigands.
Trois frères, doués d’une force peu commune et braves jusqu’à la témérité, avaient choisi ce défilé pour en faire le théâtre de leurs sinistres exploits. Malheur au voyageur solitaire et attardé qui tombait entre leurs mains! après l’avoir dépouillé de tout ce qu’il possédait, môme de ses vêtements, ils le précipitaient dans les eaux du Gave. Leurs crimes restèrent longtemps impunis, et Injustice semblait impuissante à les atteindre. Un jour, les habitants de la vallée résolurent de clnltier eux-mêmes les coupables.
Arrêtés malgré leur résistance , liés et garrottés , les trois frères furent lancés à leur tour dans le gouffre qui avait englouti leurs trop nombreuses victimes.»
D’Escot a Bielle dans la vallée d’Ossau parle col de Maricblanque (V. H. 39).
A peu de distance d’Escot, la route franchit le Gave. Le pont est étroit, le Gave profond. A peine at-on atteint la rive dr. , . qu’on aperçoit à g. une inscription romaine, gravée sur le rocher appelé pêne d’Escot. Cette inscription, effacée en partie par le temps ou par les hommes, est ainsi conçue : ,
L. VAL. VERSUS CER Il Vin DIS HANC VIAM RESTITUIT LA HIIIXIV AMICl'S S. C.
Parmi les écrivains qui s’en sont occupés, les uns la regardent
comme romaine; les autres soutiennent qu’elle est moderne. Ce qui parait positif, c’est qu’elle ne se trouve pas mentionnée dans la Nolitia utriusque VasconùiS du savant Oyhenart. Du reste, au-dessus du nom duduumvirL. Valerius Vemus, on lit maintenant celui d’un entrepreneur qui à construit ou réparé la route.
Près du pont d’Escot, sur la rive dr. du Gave , s’élève une maisonnette isolée : c’est le modeste établissement thermal où viennent se baigner les paysans des environs. « Ces eaux, dit Bordeu, sont d’un grand usage dans toute la contrée voisine : on les emploie pour les tempéraments vifs et bouillants qui ne peuvent pas en supporter de plus actives ; dans -toute sorte d’obstruction, pour les poitrines délicates, pour rafraîchir le sang, mais surtout pour la néphrétique, et peu s’en faut, qu’elles ne passent pour spécifiques dans cette dernière maladie: elles sont aussi recommandées pour les vieilles fièvres, ou plutôt pour les embarras qui sont la cause ou la suite de ces fièvres si longues. »
On repasse sur la rive g. du Gave, en .deçà de
3 kil. (16 kil.) Sarrance (hôtel de France ), commune de 1171 hab., lieu de pèlerinage célèbre et fréquenté. On y remarque les ruines, tapissées de mousse et de lierre , d’un couvent de Prémontrés, où Louis XIII fit ses dévotions à la madone, renommée pour ses miracles, que viennent encore adorer le 15 août un grand nombre de fidèles. L’église , dont l’intérieur offre un aspect propre et régulier, est flanquée d’une petite tour que décorent des statues dans des niches.
A l’entrée et à la sortie du village, s’élèvent des chapelles où un artiste assois a sculpté avec une naïveté originale les principales scènes de la Passion.
A 1500 mèt. environ de Sarrance , on franchit le Gave sur le pont Suzon. Avant d’y arriver, on voit tomber en cascade un ruisseau dont les eaux ont creusé dans des rochers calcaires une cavité circulaire de plusieurs mètres de profondeur. La vallée s’est de nouveau resserrée. Au point où elle s’élargit, on découvre, du haut d’une côte, le joli bassin de Bédous, auquel ses nombreuses éminences coniques donnent un aspect tout particulier, mais qui a été un peu trop vanté par ceux de ses admirateurs qui ont prétendu « qu’on ne pouvait rien admirer de plus gracieux et de plus riant que cette charmante oasis. » « Qu’on se figure, dit l’un d'eux, un vaste bassin sillonné par le Gave, qu’entourent de tous côtés des montagnes capricieusement accidentées, puis des champs, des prairies, dix ou douze villages répandus dans ce • richo vallon, pittoresquement groupés les uns après les autres, étendus dans la plaine , tapis au pied de la montagne, ou audacieusement suspendus sur la crête de quelque roche.... Ce grand village qui s’étend à nos pieds et qui nous apparaît comme la capitale de ce petit royaume, c’est Bédous; un peu plus loin , nous découvrons Accous , où le tendre Despourrins soupira ses élégies passionnées ; voilà Osse , où le temple calviniste s’élève rival de la chapelle catholique; là, c’est Athas, où, sous les vêtements grossiers de la villageoise, l’artiste trouve plus d’un type de beauté
dont la pureté semble aujourd’hui étrangère à nos grandes cités. »
8 kil. (24 kil. d’Oloron) Bédous (hôtel chez Bouzom), relais de poste, commune de 1309 hab., est situé sur la rive dr. du gave d’Aspe, au débouché du vallon latéral arrosé par le Gabarret.
I)c Bédous à I.aïuns dans la vallée d'Ossau par Aydius et le col de Las Arques ( V. R. 29).
Après avoir traversé le Gabarret, on laisse Otcun et Jouers à g., Osse (877 bah.) et Âthas (857 hab. , avec Lées) à dr. A peu près à moitié chemin entre Bédous et Accous, jaillit une source minérale sulfureuse où viennent se baigner des malades atteints de rhumatismes. C’est la source de Suberlâché, mentionnée par Bordeu.
* Cette eau, dit le célèbre médecin, est tiède, soufrée, ferrugineuse, et très-recommandable par les cures qu’ello a faites dans les maladies externes et internes, pour l’estomac et pour toute sorte d’affections chroniques où il est besoin de réparer le baume naturel du sang, son huile, sa lymphe, etc. »
L’établissement actuel de Suberlaché contient dix baignoires. A 800 mèt., on trouve une source ferrugineuse , à laquelle les habitants 4e la vallée attribuent des vertus merveilleuses.
3 kil, (27 d’Oloron) Aecou», v.
de 1591 hab. , est situé à la g.
de la route, sur la Bertlie, qui descend d’un vallon latéral par lequel on peut se rendre à Gabas (V. R. 29). C’est le plus ancien village de la vallée. 11 était, dit-on, connu des Romains, qui y avaient élevé un temple, comme l’indique le nom d'Aspa-Luca , qu’ils . lui avaient donné. Mais, à l’exception
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de quelques médailles, on n’y a découvert aucun vestige d’antiquités romaines. Il a vu naître, ainsi que nous l’avons déjà dit, Despourrins, le Tibulle des pasteurs, auquel a. les montagnards et la reconnaissance des Béarnais ont élevé, avec le concours d’un compatriote-roi , de Bernadotte , un gracieux monument qui s’harmonise avec le paysage. » Le monticule isolé que couronne cette colonne était la retraite favorite de Despourrins ; c’est là qu’il composa, assure-t-on, cette élégie que les Béarnais trouvent si touchante et qui faisait dire au poète Jasmin qu’il était fier d’être a le grand prêtre de l’autel montagnard dont Despourrins était le Dieu. »
Du reste, le lecteur en jugera; en voici la traduction mot à mot :
Là-haut sur la montagne, un pasteur malheureux — Assis au pied d’un hêtre, noyé dans ses larmes, — Songeait au changement de ses amours.
« Cœur léger, cœur volage, disait l'infortuné , — La tendresse et l’amour que je t’ai donnés , — Sont-ce là les rebuffades que j’ai méritées ?
« Depuis que tu t’es accostée avec des gens de condition, — Tu as pris un si haut vol que ma maison,— N’est pas assez haute pour toi d’un chevron.
* Tes brebis avec les miennes ne daignent plus se mêler, — Et tes superbes moutons depuis lors, — Ne s’approchent des miens que pour les battre.
« De richesses je me passe, d’honneurs, de qualités, — Je ne suis qu’un pasteur, mais il n’y en a aucun — Que je ne surpasse (tous) en amitié.
« Encore que je sois pauvre en mon petit état,— J’aime mieux mon béret tout pelé, — Que ( non pas) le plus beau chapeau bordé.
« Les richesses du monde ne font que tourmente; — Et le plus beau seigneur,
avec son argent, — Ne vaut pas le pasteur qui vit content.
« Adieu , cœur de tigresse , bergère sans amour; — Changer, oui, tu peux de serviteur,— Jamais tu n’en trouveras un tel que moi. »
Combien l’antique chanson béarnaise que l’on chanto souvent dans la vallée d’Aspe nous paraît plus belle que cette fade élégie aux rubans roses et aux blancs moutons !
Les fillettes à marier.
Sur le bord de la rivière, sur le bord fleuri , il y a trois jeunes filles , filles à marier.
Celle qui est la plusjeuue ne fait rien que pleurer. « Pourquoi pleurer, fillette, pourquoi tant soupirer?
— Si je pleure, pauvrette, j’en ai bien raison; les glands de ma ceinture daDs l’onde sont tombés.
— Que donnez-vous, brunette, à celui qui ira les chercher? — Je lui donnerai une rose avec un beau baiser. »
Alors le galant jette ses chaussures et se lance dans l’eau, dans l’onde le galant s’est enfoncé.
La dernière vague a fait flotter les glands. « Tenez , tenez , brunette, voici vos glands dorés! s
En face d’Accous, sur la rive g. du Gave, se montre le v. de Lies.
Au delà d'Accous , la vallée d’Aspe se resserre de nouveau, les montagnes se rapprochent, la Pêne d’Esquit se dresse comme un portail gigantesque formé par deux pyramides de marbre. Entre deux pics nus et décharnés, qui, des deux côtés, dominent la route creusée dans le roc, le torrent s’est frayé un passage. Ses eaux bouillonnantes battent incessamment les piles de pierre du hardi pont d’Esquit , situé à 2 kil. d’Accous. 3 kiL plus
ROUTE 28. D’OLORON A PAMPELÜNE PAR URDOS. 167
loin , le pont de Lescun , jeté sur le gave d’Aspe un peu au-dessous du gave de Lescun , conduit dans la jolie gorge qui s'ouvre au S. O., et au fond de laquelle on aperçoit les maisons de (6 lc.il. — 30 kil.) Lescun (1377 hab.), dominées par de belles montagnes un peu nues, mais bien découpées et brillantes au soleil.
Exoursion à Lesoun et au pic d’Anie.
En montant à Lescun par les sentiers rocailleux de la vallée, on trouve, à trois quarts d’heure du pont , une maisonnette isolée où les cavaliers doivent laisser leurs chevaux. Près de là, la cascade de Iiescun, l’une des plus belles des Pyrénées, tombe avec un épouvantable fracas au fond d’un gouffre profond. Un pont tremblant, formé d’un seul tronc de sapin , traverse le ravin à l’endroit même où le torrent se précipite en bouillonnant, et, quand on se penche pour regarder le fond de l’ablme, c’est à peine si , à travers la poussière de gouttelettes qui s’élèvent de la cascade comme un tourbillon de fumée , on peut distinguer dans l’obscurité l’écume blanche des eaux.
Do là cascade Un sentier étroit et pierreux monte jusqu’à Lescun. Ce village , perché comme tin aigle sur le sommet d’un plateau, à 902 mèt. de hauteur audessus du niveau de la mer , jouit d’üne vue magnifique. En face , du côté dû 8., s’étend un autre plateau coüvert de pâturages et de chalets épars; au S. O., dominant la gorge du ruisseau d’Ansabe, 's’élève le pic de Larraille (2323 mèt.), et s’ouvre le port d’Anso, col étroit, où deux mulets
ne peuvent passer de front; à l’O., se dresse au-dessus de plusieurs autres montagnes la pyramide neigeuse du pic d’Anie (2504 mètres).— En 1794, les habitants de Lescun repoussèrent à eux seuls 7000 Espagnols, qui venaient envahir le territoire français.
Pour aller de Lescun en Espagne , il faut descendre dans la vallée du Gave de Lescun , puis entrer dans la gorge du gave d’Ansabe , qui s’ouvre à dr. dans la direction du S. O.
Après avoir traversé ce gave deux fois , et laissé à g. la fontaine d’Ansabe, on atteint le Fortd* An*o, un peu au S. du pic d’Ânsabère, qui a 2376 mèt. de hauteur. Mesurée sur la carte en ligne droite , la distance de Lescun, au port d’Anso est d’environ 10 kil. De làon descend par un chemin très-rapide dans la vallée du Veral, jusqu’à la ville d'Anso, peuplée d’environ 1400 hab. Cette ville, assez bien bâtie, offre quelques édifices remarquables. Le commerce de la France et de l’Espagne, par le col d’Anso, peut s’élever annuellement à 50 000 francs environ.
D’Adbo à Verdun (V. R. Î8), par la vallée du Véral, 3 lieues.
C’est par le village de Lescun qu’on tente ordinairement de monter au Vie d’ Anie , dont le sommet n’est éloigné en ligne droite que de 8 kil. , mais dont l’ascension demande une journée (aller et retour). Au delà de Lescun , on quitte la gorge principale pour entrer dans le vallon arrosé par le Lahourque de Lauga. Pendant quelque temps on traverse encore des prairies parsemées de maisonnettes; mais bientôt la gorge se recourbe vers lé N. , et les ro-
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chers deviennent de plus en plus escarpés. On laisse à dr. les bains de Laberou , eaux minérales où les hommes et les femmes de Lescun ont l'habitude île se baigner pêle-mêle ; puis , se dirigeant à l’O. , on traverse le bois de Braca d’Aiuns, avant d’atteindre la cabane d’Azuns, située sur le Pas de même nom, à plus de 1800 mètres de hauteur. De là on voit, du côté du S. , les sources du ruisseau jaillir des flancs du pic d’Arrie ; on en suit les bords; puis, après avoir laissé à dr. le petit lac d’Anie, on gravit enfin les escarpements neigeux du sommet. M. Palassou, craignant d’être arrêté par lës habitants de Lescun s’il passait par ce village, fit son ascension par un autre côté. Parti du village d’Athas, dans le bassin de Bédous, il passa par la forêt d’Isseaux , puis il se dirigea vers le S. par un affreux entassement de rochers, jusqu’à ce qu’il arrivât enfin au Pas d’Azuns.
Du haut du pic d’Anie (2504 mèt.) on jouit d’une vue très-étendue, surtout du côté de la France : on découvre, à l’O., les montagnes du pays basque et la mer ; au N.', des collines, de riantes vallées, entre autres villes : Orthez , Oloron , Pau ; puis, au delà, la surface violette des Landes; à l’E., les plus hauts sommets de La chaîne; au S., les monts arides de l’Espagne; enfin, immédiatement au-dessous des neiges , le petit lac d’Anie et les gorges qui se dirigent vers le gave de Lescun.
Le pic d’Anie est moins élevé que les sommets des Hautes-Pyrénées, mais il se distingue par sa forme pyramidale et régulière, et par la beauté de ses contours; les
Basques en avaient fait un Olympe.
œ Sur le sommet de l’Àhunemendi (Anie), brille le palais enchanté de Maithagarri, la plus jeune et la plus séduisante des péris ibériennes. Une ceinture magique presse la taille svelte de la jeune fée, et fixe les plis de sa robe d’azur parsemée d’étoiles; un cercle diamanté retient sa blonde chevelure, et brille sur spn front avec moins d’éclat que le feu divin de ses yeux bleus ; une lance d’argent arme son bras délicat; un daim agile est son coursier. Un jour la fée Maithagarri trouva le beau Luzaîde endornii sur l’herbe, au bord d’un ruisseau, l’enchaîna de lianes et de fleurs, et le transporta dans ses bras jusqu’à son palais magique t avant de le réveiller. »
Les habitants de Lescun, pour lesquels cette montagne, située à l’O. de leur vallée, est un labora~ toire d'orages, n’en font pas le séjour d’une belle fée, mais bien celui d’un « esprit mélancolique, solitaire, inhospitalier. » « Sa taille , dit M. le baron Taylor, surpasse celle du plus haut sapin; son jardin, qu’il cultive avec soip et d’où il écarte toujours les neiges et les frimas , est situé sur le haut du pic.
Là croissent des végétaux dont le suc a des puissances surnaturelles; la liqueur qui en provient décuple la force des hommes; quelques gouttes suffisent pour écarter les démons gardiens des trésors que renferment les cavernes et les vieux châteaux. Si des étrangers tentaient de cueillir ces végétaux puissants ou de visiter la demeure du génie , celui-ci susciterait aussitôt d’effroyables tempêtes. »
Au commencement du siècle, M. de Borda voulut braver ces dan-
gers; mais les habitants de Lescun le poursuivirent, et, sans l’intervention du curé, ils l’auraient peut-être maltraité. Aujourd’hui les touristes n’ont plus de dangers de ce genre à redouter.
A 1 kil. du pont de Lescun , près du-hameau de Brouca, on traverse un torrent qui descend du Pic Arapoup (1669 mèt.j, et 1 kil. plus loin on traverse Eygun, dominé par
6 kil. (32 kil.) Cette, v. de 461 hab. (avec Eygun) , situé sur la rive dr. du Gave. On franchit ensuite LTÎscuarp , qui descend , à l’E. , d’un vallon boisé (bois de Pedaing) , que ferment à son extrémité supérieure les pics ù’Anchet (2277 met.), dè Ronglet (2144 mèt.) et de Permayou (2371 mèt.).
3 kil. 1/2 (35 kil. 1/2) Etsaut, v. de 426 hab. , est situé aussi sur la rive dr. du Gave; on y remarque une maison , de construction assez récente, sur la façade de laquelle sont incrustées des pierres qui portent des traces de caractères arabes.
Vis-à-vis d’Etsaut, au-dessous du grand bois de Lestéré, sur la rive g. du Gave, se trouve le village de Borce (723 hab.).
A 1500 mèt. environ d’Etsaut, la route passe sur la rive g. du Gave, par le pont de Sebers, d’où l’on peut voir l’ancien chemin de la Mâture, hardiment taillé dans le roc; c’est par là qu’on faisait descendre les bois de construction. On pénètre dans un défilé étroit dominé par deux montagnes escarpées. A g. , sur un énorme rocher surplombant le torrent à 160 mèt.
de hauteur, se dressent de vastes murailles qui semblent faire partie de la montagne ; c’est le Port d'Ur-
dos ou le Fortalet. Un pont d’une seule arche, appelé le pont d’Enfer, réunit la route à la base du rocher, entre dans un petit défilé latéral par où débouche le torrent du Sescoué, s’élève de là, par un escalier en zigzag taillé dans le flanc du rocher, jusqu’au bord d’un précipice qui le sépare du fort, et traverse cet abtme sur un pont-levis % d’une hauteur effrayante. Un autre pont , plus éloigné , pénètre dans les entrailles mêmes du rocher et permet à la garnison de sortir sans être vue. Ce fort, situé à 794 mèt.
au-dessus du niveau de la mer , a coûté 10 années de travail. Il pourrait contenir 3000 hommes de garnison. Une heure suffit pour y monter et le visiter. On y remarque surtout les escaliers intérieurs taillés dans le roc.
Au delà du fort, le défilé cesse tout à coup, et la route, passant de nouveau sur la rive dr. , laisse à dr. un vallon latéral d’où descend le Baralet, et quiremonte, au S. O.
puis au S. , jusqu’à la frontière.
4 kil. 1/2 d’Etsaut (40 kil.) Vrdos (auberge...) en latin Forum Ligneum, dernier village français, se trouve situé sur la rive dr. du Gave, à 760 mèt. au-dessus du niveau de la mer, dans une petite plaine. Ce village, fort sale d’ailleurs, et d’un aspect tout à fait espagnol , est habité par une population de contrelmndiers.
Au sortir d’Urdos, la route s’éloigne un peu du Gave, traverse (1 k.) le ruisseau de Lorry , passe ( 2 kil.) près des ruines du Lazaret, établi en 1823 lors du cordon sanitaire, et revient de nouveau longer le torrent, entre le bois de Couecq, où se trouvent de beaux gisements d’albâtre, à l’O., et le bois Lazaque
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à TE. ; enfin elle s’arrête (3 kil. — 46 kil.) à la fonderie de M. d’Abel, qui tire son minerai des gisements de cuivre du plateau de Cousia, à 2 ou 3 kil. vers le S.
A partir de la fonderie, située à 1280 met. au-dessus de la mer, un sentier escarpé monte vers le S. O., en serpentant à travers les pâturages ,
, â l’auberge de Peyrenère, puis à la maison du cantonnier (1451 mèt.), et à l’auberge de Paillette, où Ton peut au besoin passer la nuit , enfin atteint la frontière au col de Comporta summus P or lus, situé à 1640 mèt. de hauteur, à 5 kil. de la fonderie et 11 kil. d’Urdos,« et largement ouvert entre des hauteurs médiocres, dit M. de Chausenque, sur la voie romaine qui de Cæsarea Augusta (Saragosse) conduisait à Beneharnum par Iluro, Aspaluca et Forum Ligneum. » C’est par ce port et ceux de la Navarre qu’Abd-er- Rhaman fit passer cette redoutable armée qui menaça toute la chrétienté. Ainsi dans tous les temps la vallée d’Aspe a été une des grandes communications avec l’Espagne.
Une croix, plantée sur le roc, y marque la limite des deux empires , limite naturelle entre les affluents de l’Èbre et de l*Adour, entre le Gave d’Aspe et l’Aragon.
Ou col de Somport au col des Moines et à Gabas(V. R. 29).
Sur le plateau du port s’étendent les vastes pâturages de Cousia, qui , jusqu’à ces derniers temps, restèrent indivis entre la France et l’Espagne, et qui descendent en pente douce vers l’Espagne. Du côté de la France , le bois de Sansane tapisse les flancs inférieurs de la gorge sauvage où le Gave d’Aspe prend sa
source. Au 8. O., le pie d’Aspe (2500 mèt.) dresse sa crête neigeuse, du haut de laquelle on peut voir Jaca ainsi qu’une grande étendue des montagnes de l’Aragon et de la Navarre. Sur le flanc N. de cette montagne, s’ouvre un vaste cirque, tout semé de fragments de rochers, que semble avoir formé un effondrement du sol, et dont le fond est occupé par une belle nappe d’eau de 45 min. de tour : c’est le lac d'E* tains. Ses eaux, toujours limpides, sont peuplées, dit-on, d’excellentes truites.
« Excepté au midi , où des roches le surplombent, des tapis de gazon dessinent ses rives sinueuses et se développent, dit M. de Chausenque, sur des mamelons parallèles, comme les ondes d’une mer mollement agitée. De ce haut plateau la vue s’étend sur Peyrenère et sur les montagnes où naît le torrent de l’Aragon, etàl’opposite, sur des pâtures nommées Aigues-Tortes, aboutissant à un col facile qui verse dans la vallée navarraise d’Echo, dont les hauteurs arides se montrent plus loin. »
Pour aller de la fonderie au lac d’Estains , il faut traverser le Gave d’Aspè , et monter pendant 1 h. à travers des sapins et des clairières, en laissant à dr. le vallon d’Espelunguère et le mont Couecq. Au sortir des bois , on gravit au S. une pente très-rapide jusqu’à (45 min.) un plateau de pâturages , au sol tourmenté et entrecoupé de roches, qui sert de soubassement au pic de Bernère. Du lac on peut gagner directement en 1 h. 30 m. l’auberge de Paillette.
A quelque distance du col de
ROUTE 28. LE COL DE SOMPORT. — - CANFRANC. 171
Somport, le sentier, qui descend en serpentant dans la vallée de l’Aragon, vient passer près des ruines de l’hôpital de Santa-Christina , jadis l’un des plus riches de la chrétienté. Les montagnards d’Aspe le brûlèrent, dit-on, pour se venger de ce que les Espagnols avaient fait paître leurs brebis sur des pâturages français. Un peu plus bas on arrive au débouché de plusieurs vallons dont l’origine se trouve à dr. dans les montagnes de l’E. , et on entre dans une vallée comparativement large, connue sous le nom de vallée de Gaicipollepa ; presque à l’entrée se trouve la grange de San Antonio, au-dessus de laquelle un petit fort couronne un promontoire escarpé.
De San Antonio à Saltenl par le port d’Izas, 8 h. (V. R. 35;;— au col des Moines (V. R. 291.
Au delà de San Antonio on ne trouve plus de maison jusqu’à
11 kil. de Somport, Canfranc, charmant petit v. de 132 hab., situé sur la rive dr. de l'Aragon, composé d’une seule rue et d’une place que traverse la route, et dominé par un vieux château assez bien conservé, dont on attribue la fondation à Philippe II. De ce château on découvre une belle vue sur l’Aragon et sur le Can Grau , une des sommités les plus élevées de la chaîne des Pyrénées.
D’après M. Willkomm , la hauteur moyenne de Canfranc, au-dessus de la mer. estde989mèt. Les produits de la fabrique de couteaux de Canfranc sont expédiés jusqu’à Oloron.
Au sortir de Canfranc, on suit la rive dr. de l’Aragon , qui coule doucement à l’ombre des aunes , des hêtres et des érables , et bientôt on arrive à l’extrémité du bassin. Des
deux côtés les parois des montagnes se rapprochent, le torrent mugit de cascade en cascade et s’engouffre en tournoyant dans de vastes entonnoirs; àdr. et à g. s’ouvrent de grandes ravines d’où se précipitent des ruisseaux, et à travers lesquelles on voit briller un instant les sommets neigeux dés Pyrénées.
A la fin la gorge devient si étroite, que le sentier a dû être taillé dans le roc , et c’est à peine si l’on voit l’eau du torrent se briser au fond de l’abîme sur les rochers de grès rouge. Tout à coup la gorge s’ouvre, et i’on entre dans le petit bassin où est situé le v. de Villanueva, sur la rive dr. de l’Aragon. En face, au-dessus des escarpements qui bordent la rivière du côté de l’E. , se dresse, à une hauteur de 2800 mèt.
la montagne de Pena Colorada (Pierre Rouge), ainsi nommée à cause de la couleur de ses roches.
A l’extrémité inférieure du bassin on atteint Caslillo, misérable v.
situé sur une pente rocheuse au-dessus de la rive g. Ses rues, formées par le roc lui-même, sont tellement polies par la pluie et par les fers des chevaux, qu’il faut les traverser avec précaution. Sur le sommet de la colline s’élèvent les ruines d’un vieux château.
Au delà de Castillo, on pénètre dans un nouveau défilé par un sentier d’abord pierreux et étroit qui longe la rive g. de l’Aragon ; mais à 1 heure de marche environ la vallée devient un peu plus large et le chemin meilleur; de belles prairies et des champs cultivés commencent à se montrer, et sur les bords de l’Aragon on voit quelques moulins. On laisse à g. derrière soi les derniers escarpements de la Pena Colorada, et, tournant à g.
ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES
pour suivre une allée. de peupliers, on arrive à :
2 lieues espagnoles (4 h.) de Canfranc, — Jaca ( Posada del Esquilador, del Canfranc ) , V. de 3000 hab. environ , située sur une colline de la rive g. de l’ Aragon, à 790 mèt. de hauteur moyenne au-dessus de la mér. D’épaisses murailles, noircies par le temps et flanquées de distance en distance par des tours carrées, l’entourent d’un cercle parfaitement régulier; on ne pénètre dans l’intérieur que par six portes gothiques. Les maisons ont un aspect misérable et ne sont pas garnies de balcons comme la plupart des maisons espagnoles ; les fenêtres, de grandeur inégale et disposées sans aucune symétrie sur les façades, leur donnent un caractère mauresque.
Jaca est une ville très-antique, qui montre encore des restes de fortifications' romaines. Elle ne resta guère qu’une soixantaine d’années entre les mains des Arabes, et, lorsque ceux-ci revinrent en 795 pour la reconquérir, don Asnar, s’étant mis à la tête des habitants du pays gommes et femmes, livra bataille aux infidèles sur les bords de l’Aragon au lieu appelé las Tiendas , situé à une demi-lieue environ de Jaca.
Les Arabes s’enfuirent, laissant derrière eux les cadavres de quatre de leurs principaux cheiks. Sur le champ de bataille on éleva une petite chapelle dédiée à Notre-Dame de la Victoire, et, le premier vendredi de mai, les jeunes filles, s’y rendant en foule , se livrent à des combats simulés pour rappeler le courage des héroïnes leurs ancêtres.
Jaca fut l’une des premières villes d’Espagne qui s’organisa en com-
mune, et sa charte municipale fut reconnue dès l’an 1065 par le roi d’Aragon Sanche Ramire. De 1809 à 1814 elle resta en la possession des Français.
La cathédrale, ornée d’un beau portail gothique , se compose de trois nefs ogivales ; les autels sont surchargés de décorations et de dorures. Sa fondation date de l’époque du roi don Ramire, en 1040.
On montre sur le seuil de l’un des portails le modèle, gravé sur la pierre , de la Vara aragonaise avec toutes ses divisions ; dans la salle capitulaire se trouve un beau tableau de saint Jean-Baptiste.
La maison de ville date de 1544; on y conserve, attaché sur une table avec une chaîne, le livre sur lequel sont enregistrés les anciens privilèges et les lois particulières de la commune. La prison est aussi un vieux monument : elle s’élève au pied d’une tour portant l’horloge de la ville sous un campanile de ferblanc. La maison du comte de Bervedel mérite également une visite :
on y remarquera la façade , des tours du xvi" siècle , les restes d’un ancien escalier , et surtout une magnifique cheminée dans une des salles de l’étage inférieur. La citadelle, commencée par Philippe II et achevée par Philippe III , au N. de la ville, couronne une éminence, et se dresse comme un promontoire au-dessus de la rivière Aragon. Elle a été restaurée par les Français en 1810. Du haut de ses murailles, la vue est magnifique. Au N., l’œil plonge dans la vallée profonde et sauvage de Canfranc , parcourue par les eaux blanches d’écume de l’Aragon, et dominée à son extrémité par la montagne de la Pena Colorada et par d’autres pics neigeux. A l’O. ,
ROUTE 28. MCA.
on voit une grande partie de la vallée de l’Aragon qui, déjà plus vaste, étale ses vergers, ses jardins et ses prairies parsemées de maisonnettes, et se redresse pour former la base de la montagne San Juan de la Pena, toute noire de sapins. Au S. et au S. O., on a sous ses pieds la ville toute hérissée de tours et de clochers, et, de l’autre côté de la vallée, les regards sont attirés par la masse gigantesque de la Pena de Oroel.
De belles promenades d’ormeaux et de frênes font le tour des murailles; des bancs disposés de distance en distance permettent au voyageur d’admirer à son aise le beau panorama qui se déroule au pied de la ville.
De Jaea & Panticosa, 8 h. (V. R. 35); — à Boucliaru, 13 b. 30 m. (V. R. 50).<