‹ Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'océan à la Méditerranée [microform]Chapitre 101 sur 382 · EXCURSION AU CLOÎTRE DE SAN JUAN DE LA PENA · texte numérisé non relu

EXCURSION AU CLOÎTRE DE SAN JUAN DE LA PENA

Foute de mulets. Une journée, aller et retour.

On suit pendant 1 kil. 1/2 le chemin très-fréquenté qui mène de Jaca dans la vallée inférieure de l'Aragon, puis on prend à g. un sentier qui s'enlonce dans un beau vallon boisé, au-dessus duquel surplombent des rochers dominés par une vieille ruine de construction mauresque.

Peu à peu les arbres diminuent, et l'on rencontre à peine encore quelques maisons de paysans entourées de noyers et de pommiers; mais la vue devient de plus en plus belle, surtout sur la Peiîa de Oroel, dont on peut voir, en se retournant, l'imposant profil se dresser au-de»sus de la vallée. Bientôt on entre dans un petit vallon hérissé de rochers , où un ruisseau , descendu de la montagne de San Juan, fait tourner les roues de nombreux moulins. Vers l'extrémité supérieure de ce vallon, au milieu de belles prairies, et au pied de grands escarpements rouges, se trouve le petit v. deSanta- CruZj à côté duquel le ruisseau forme une belle cascade ondoyante d'environ 34 met. de haut. Là. on est au pied même de la montagne, et il ne reste plus qu'à monter péniblement, par un sentier en zigzag, entre les pierres écroulées, et dans quelques ravines profondes creusées par les eaux, pour arriver sur le plateau au centre duquel se trouve le nouveau couvent de San Juan de la Feùa, à 1144 met. au-dessus du niveau de la mer. De tous les côtés, sauf à ro., s'étendent de

vastes forêts qui augmentent la solitude et rendent d'autant plus étrange l'aspect imprévu de ces constructions de briques. Elles forment un grand carré régulier, au centre duquel se trouve l'église, qui d'ailleurs n'offre rien de remarquable, et dont les fresques ont été entièrement détruites par les pluies.

L'ancien couvent, situé à 100 met.

plus bas, à une petite demi-heure de distance, dans un beau vallon ombragé de hêtres, est dans un meilleur état de conservation et présente de plus un grand intérêt historique. En effet, c'est le berceau de l'Aragon.

Quand les Arabes pénétrèrent en Espagne, l'an 711, et chassèrent les Visigoths, quelques hommes résolus se réfugièrent dans la grotte de l'ermite Galéon, renfermée aujourd'hui dans les constructions du vieux cloître. Cette grotte devint peu à peu le rendez-vous de tous les chevaliers chrétiens; après la mort de l'ermite, arrivée en 730, des pèlerins, venus des provinces voisines pour vénérer ses reliques, se croisèrent en son honneur, et, conduits par un chef Vascon nommé Ynigo Arista, battirent complètement les Arabes à la bataille û'Arasuet. La victoire gagnée, le général fut proclamé roi de Sobrarbe, province qui comprend encore aujourd'hui les vallées de l'Aragon, du Gallego et de la Cinca, et devint le chef de la puissante maison d'Aragon. Le petit V. de Panno, qu'il construisit à une petite distance de la grotte , servit de capitale au royaume naissant.

Vers le milieu du xi« siècle, Ramire I"fit bâtir, au-dessus des ossements de ses pères qu'on avait déposés dans la grotte de Galéon, le

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