‹ Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'océan à la Méditerranée [microform]Chapitre 112 sur 382 · LOCEL'RS DE CHEVAUX ET CABRIOLETS · texte numérisé non relu

LOCEL'RS DE CHEVAUX ET CABRIOLETS

Sanparre, Quatrc-Canlons; Montaubric, rueSamonzei: Estacaille ,r\xQ des Arts; Bélier, place du Collège; Larregain, rue Bayard; Fort, rue Montpensier; Dupont, place de la Halle-Neuve ; Hias, rue de la Préfecture. Les chevaux de selle se louent au mois ou à la journée.

TÉLÉGRAPHE : Bureaux, rue de la Préfecture, kii , ouverts tous les jours de 7 h. du matin à 9 h. du soir. Tarif pour les dépêches de I à 1 5 mots : De Pau à Bayon ne, 3 (r.; à Bordeaux, 3 fr. 80; à Dax, 2 fr. 80; à Mont-de-Maraan , 2 fr. 70 ; à Tarbes, 2 fr. kO; à Toulouse, 3 fr. 60; à Paris, 8 fr. 60; au Havre, b fr.; à Lyon, 7 fr, lo; à Marseille, 6 fr. 80. — N. B. Le télégraphe élecirique est établi de Pau aux Eaux- Bonnes.

Docteurs in médecinb : Bagnell, Bovktilhe, Ca%»navê, Cazenav* fils. Coulange, Daran, Bounau, Iribarue-A ï<c»n.

Jacob , d« Malherbe f Ma/nes fils, Ottley,

Puyoo, Roussille, Smythe, Taylor , Terrier.

Libraires : Bassy, Bayloc, Chiron, Delrieu , Lafon , Véronèse , Vignan~ cour. L'établissement de M. Bassy , situé rue du Lycée, k, près de la place Uoyale,ne se recommande pas seulement par son riche assortiment de livres et de nouveautés; on y trouvera le magnifique a/6timdeM. Victor Petit, représentant les vues et les costumes des Pyrénées^ l'une des plus intéressantes et des plus sérieuses publications de ce genre dont les Pyrénées aient été le sujet; de la papeterie , des bronzes, des objets en marbre des Pyrénées, des thés, des gants, de la parfumerie, des pianos de Pleyel à vendre ou à louer, etc.

Cabinets de lecture : Lafon, rue Henri IV; haussât, rue de la Mairie; Gibertant, rue Saint-Louis; Gaujean, rue du Collège; Dufourcq, rue de la Mairie.

Banquiers : Mérillon, Penin et CU, Veuve Léon Francez y Fourcade, Ber-

gerot.

Appartements meublés : On trouve dans la ville de Pau environ lioo appartements meublés dont le prix varie depuis 1200 jusqu'à 8000 fr. On peut louer aussi des maisons de campagne garnies dans les environs.

SITOATION. — ASPECT GÉÎIÉRAL.— PANO- RAMA. — CLIMAT.

Pau, l'ancienne capitale du Béarn, aujourd'hui le chef-lieu du département des Basses - Pyrénées etlesiége d'une cour d'appel, s'étend de l'E. à l'O. , à 144 met. au-dessus du niveau de la mer , sur le bord d'un plateau haut de 50 met. environ qui, du côté du N., se rattache aux landes du Pont-long, et, du côté du S., domine la rive dr. du Gave de Pau et de l'Ousse. Un ruisseau profondément encaissé , appelé Hédas, la sépare en deux parties ; la plus grande et la plus ancienne est celle qui se trouve re* serrée entre ce ravin, le Gave et rOusse; deux rues principales qui

ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES

n'ont de remarquable que leur longueur viennent aboutir à son extrémité ^occidentale, c'est-à-dire au promontoire escarpé que couronne le château. L'autre, plus petite et plus moderne, pourra du moins se développer à son aise , car l'espace ne lui manquera jamais; mais la vieille ville aura toujours pour elle l'avantage de sa situation. C'est en effet de ses maisons, de ses terrasses, de ses jardins, -que l'on découvre le magnifique panorama qui, selon certains artistes dont je ne partage pas l'opinion, rivalise avec celui de la terrasse de Berne. Ce panorama dont notre gravure représente les profils, et dont M. Victor Petit a publié une admirable lithographie, a inspiré à M. Taine le dithyrambe que l'on va lire :

« De là, on voit toute la vallée et au fond les montagnes. Le cœur se dilate dans cet espace immense; l'air n'est qu'une fête , les yeux éblouis se ferment sous la clarté qui les inonde et qui ruisselle, renvoyée par le dôme ardent du ciel. Le courant de la rivière scintille comme une ceinture de pierreries; les chaînes de collines s'allongent à plaisir sous les rayons pénétrants qui les échauffent, et montent d'étage en étage pour étaler leur robe verte au soleil. Dans le lointain, les Pyrénées bleuAtres semblent une traînée de nuages; l'air qui les revêt en fait des êtres aériens, fantômes vaporeux, dont les derniers s'évanouissent dans l'horizon blanchâtre, contours indistincts, qu'on prendrait pour l'esquisse lugitive du plus léger crayon. [Au milieu de la chaîne dentelée, le Pic du Midi d'Ossau dresse son cône abrupt; à cette distance les formes s'adoucissent, les couleurs se fondent, les Pyrénées ne sont que la

bordure gracieuse d'un paysage riant et d'un ciel magnifique. Rien d'imposant ni de sévère; l'idée qu'on emporte est celle d'une beauté sereine, et l'impression qu'on éprouve est celle d'un plaisir pur. »

Outre sa belle position, Pau a pour elle un climat délicieux, qui y attire pendant l'hiver un grand nombre d'étrangers, de malades, de convalescents. Les loyers y atteignent alors des prix fort élevés, et la vie y devient plus chère que dans les grandes capitales de l'Europe; du reste les maisons y sont meublées avec luxe, et l'on peut s'y procurer tout le confortable possible ; enfin les fêtes les plus animées, les plus brillantes, s'y succèdent presque sans interruption. Cette ville offre donc de septembre à mai un séjour des plus agréables à tous les heureux de ce monde qui jouissent d'une grande fortune et d'une bonne santé.

« De toutes les villes du continent où se rend le malade anglais, il n'en est peut-être pas une seule dont le séjour soit aussi salutaire dans certaines maladies que celui de Pau , a dit le docteur Taylor.

En effet , la position naturelle de Pau met si bien cette ville à l'abri du vent, qu'il n'est pas une saison de l'année dans laquelle les fonctions d'un organe puissent être troublées, pourvu qu'on ait soin de se bien vêtir et d'éviter les rayons du soleil. Quelque abondante que soit la pluie, quelque intense que soit le froid, il ne fait pas à Pau de ces vents perçants qui en Angleterre et même à Nice, à Montpellier, à Florence et à Rome, attaquent jusqu'aux penetralia des organisations affaiblies, et jamais l'atmosphère ne communique au corps une sensation d'humidité glacée.

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« L'influence du chmat de Pau est très-remarquable sur les étrangers.

Pendant les quatre années qui ont précédé 1842, la mortalité ne s'est pas élevée chez les Anglais à plus de 1 sur 6.') , et parmi les poitrinaires la proportion n'a été que de 1 sur !.')(). Pendant cet espace de temps il n'y eut pas un seul décès parmi les enfants anglais au-dessous de l'âge de 12 ans, et cependant plusieurs d'entre eux avaient à leur arrivée une santé très-délicate. »

Le docteur Cazenave explique en ces termes la salubrité du climat de Pau :

Situé par le 43* de latitude N., Pau se trouve bàli à rextrémité d'un plateau qui dotnlDe une large vallée , dans le Tond de laquelle le cours torrentiel du Gave dessine t^es capricieux méandres.

Au N., s'élève un amphithiàtre de coteaux superposés les uns aux autres. L'E.

et ro. sont complètement à découvert Au S. se dresse, à quelques myriamètres, la chaîne des Pyrénées.

De celte disposition topopraphique résultent les conditions anémograpliiques suivantes : Les vents de N. viennent- ils à souffler? les assises de collines qui s'élèvent de ce côté les arrêtent dans leur course. Sont-ce les vents du S.?

sur leur passage se dressent les Pyrénées, dont les pics élevés et les cimes neigeuses brisent leur violence et i-afraîcliissent leur souffle brûlant. Que l'on place, au contraire, par la pensée, la ville de Pau au S. des Pyrénées, établissant ainsi une analogie tupographique avec Kome, qui, on le sait, se trouve au S. des Apennins ; l'on comprendra bien vite l'immense avantage anémographique que cette situation donne à notre cité sur la ville éternelle. Aussi la tramontana et le «trocco sont-ils inconnus à Pau.

Sans défense à l'O. et au N. 0. , la ville de Pau semblerait destinée à être soumise, ainsi qu'Hyères, Nice, Montpellier, à l'action périodique du vent du N. 0. , le mi$tralf cet impéaueux et violent fléau

du littoral de la Méditerranée. Or, l'expérience de tous les jours, aidée des observations météorologiques impaitiales, prouve de la manière la plus péremploire que Pau échappe à ce redoutable tribut. J'ajouterai même que c'est précisément à ce privilège exceptionnel, dont nous allons essayer d'expliquer la cause, que Pau doit ce calme atmosphérique qui frappe, de premier abord, le malade comme le climatologiste.

Tous les auteurs qui se sont occupés du climat de Pau sont unanimes à reconnaître celte absence d'agitation de l'air, et ses effets sédatifs. Ainsi, sir James Clark s'exprime dans ces termes à cet égard : « Le calme de l'atmosphère est un caractère frappant de ce climat, où les grands vents sont rares et de courte durée. »• Plus loin, il ajoute, avec plus de détails : « Les vents d'O. sont peu fréquents et durent rarement plus de vingt-quatre heures. Pau paraît presque exempt des vents chauds du S. et des vent-; froids du N. 0., qui sont généralement dominants dans cette partie de la France. »

Au témoignage de Clark vient se join • dre l'appréciation impartiale d'une de nos illustrations médicales, M. le docteur Louis, qu'une douloureuse circonstance avait amené à Pau l'hiver de 1855.

« Après la magnificence du paysage, dit ce profond observateur, on est surtout frappé, en arrivant à Pau, du calme de l'atmosphère , calme si complet du 25 octobre au 12 décembre l'an dernier, que j'ai bien vu, pendant cet espace de temps , les feuilles des arbres osciller, mais jamais leurs branches; eu sorte que, pendant les six premières semaines de mon séjour dans la capitale du Béarn , j'étais dans un étonnement perpétuel , n'ayant jamais rien vu ni lu de .semblable. Si, depuis le njilieu de décembre , l'atmosphère de Pau n'a pas été aussi parfaitement calme, le vent y a toujours été rare, et, si je ne puis affirmer, d'après mon expérience personnelle, qu'il en soit toujours ainsi pendant la mauvaise saison, il m'est impossible, après atoir consulté les tableaux météorologiques drcsst^s à Pau, et recueilli les témoi-

mNÉRAIRE DES PYBÉNÉES.

Çnages des personnes les plus dignes de foi, de croire que, sous le rapport du vent, l'hiver qui finit diffère beaucoup des autres hivers. «Ainsi donc, absence de mistral à Pau, tel est le faii reconnu, unanimement admis. Où en est la cause? Je la cherche vainement dans les auteurs que je viens de citer, je la trouve ailleurs.

En effet, si nous montons sur la tour du château d'Henri IV, et si nous jetons un coup d'oeil sur la chaîne des Pyrém'es, nous remarquons qu'en quittant l'Aragon, la chaîne des Pyrénées prend une direction E. S. E. jusqu'au mont Vignemale et Gavarnie. Là se dt'> tache de l'arêie principale un chaînon qui, fuyant vers le N. E., va se terminer au Pic du Midi de Bigorre, formant ainsi, avec l'arête principale S. de la chaîne, un angle dans lequel se trouve par le fait renfermée la ville de Pau.

Le vent N. 0. vient-il à souffler? ces masses aériennes, poussées avec violence dans la direction du S. E., rencontrant, dans leur course vagabonde, cette vaste enceinte angulaire, s'y engouffrent, s'y accumulent avec d'autant plus de rapidité que l'absence d'une issue directe s'oppose à leur sortie : il arrive nécessairement alors un instant où les colonnes d'air se trouvent tellement concentrées dans cette enceinte, qu'il se produit dans toute cette masse atmosphérique une sorte d'immobilité; le vent, forcé dés lors de s'élever, va porter l'agitation dans les hautes régions, tandis que le calme règne au-dessous de

lui.

Il résulte de ces dispositions lopographiques que l'action du vent N. O.

est de très-courte durée sur la ville de Pau, puisqu'il doit nécessairement arriver un moment oîi le golfe pyrénéen est rempli par les masses aériennes. 11 découle de ce fait une autre vérité, justifiée par l'expérience .- c'est que l'action de ce vent est d'autant plus courte qu'elle a été plus violente.

Pour ce qui concerne les vents d'E., dont les effets exercent une action fi funeste à Nice et à Naples sur les constitutions nerveuses, irritables et frappées de tuberculose, ces vents, que le

Provençal appelle aoura rot^rro, le Toulousain vent marin, sont pour ainsi dire inconnus à Pau. Faut-il rattacher, avec un climatologiste anglais, cette heureuse circonstance à ce que ces vents traversent , avant d'arriver à Pau, une grande étendue de pays sec et bien abrite, et perdent ainsi l'humidité pernicieuse dont ils s'étaient imprégnés en glissant sur le golfe du Lion et les marais d'Aiguës -Mortes:* Je serais porté à le croire, sans oser l'affirmer.

Enfin, si à ce calme atmosphérique, dû, comme nous venons de le voir, à l'absence des vents réguliers, nous ajoutons la présence de ces immenses forets de pins qui bornent le Bcarn au N. et à l'O., ne pourrons-nous pas ainsi nous rendre compte des causes qui donnent à l'air qu'on respire à l'au ces qualités sédatives, et en quelque sorte hyposthénisantes, dont nous sommes à même chaque jour de constater les heureux effets dans la marche de la phthisie pulmonaire ?

A ces avantages anémographiques viennent s'en ajouter d'autres qui se rattachent d'une manière plus directe à la ville et à sa configuration intérieure. Ainsi, peu de villes présentent un percement de rues aussi favorable à la circulation de l'air et à la ventilation. Trois grandes artères parallèles la traversent de 10. à l'E., et sont ellesmêmes coupées à angle droit du N. au S. par d'autres rues moins longues, mais non moins régulières dans leur directi(»n. De grandes places, presque toutes ombragées de grands tilleuls et de sycomores, viennent encore contribuer à purifier l'atmosphère. Aussi, le renouvellement incessant des ondes aériennes empêche-t-il le croupissement et la viciation de l'air. En outre, la ville de Pau se trouve bâtie, principalement dans sa moitié méridionale, qui est, du reste, la mieux abritée et la plus favorablement exposée, sur un terrain essentiellement sablonneux, dont la perméabilité empêche la stagnation des eaux, et concourt ainsi à accroître les conditions de salubrité de l'air qu'on y respire.

Bien que les pluies y soient assez abondantes, il y pleut toutefois moins

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qu'à Pise. A Pau, il tombe, en moyenne, KO pouces d'eau, et à Pise fi5. De plus, par une singularité météorologique des plus heureuses , l'état hygrométrique de l'air est beaucoup moins élevé que la quantité annuelle des pluies ne le ferait supposer.

Il est, enfin, une dernière observation climatérique qui ne peut échapper à personne, et que les malades dont les souffrances exaltent l'impressionnubilité ont surtout notée ; c'est qu'à température thermométrique égale, il fait moins froid ou plus chaud à Pau qu'à Uome, à Nice et à Hyèrcs. Où en est la cause ? encore dans l'absence de vents nguliers et périodiques. La température moyenne de l'hiver à Pau durant les années isaT-SS-sg-W-ii , prise par sir James Clark, a été de 5" T'a' K. Dans les huit dernières annr'cs, sur trois séries d'observations diurnes, elle a été de i* Kb' K. A Kome, la moyenne de la température est, en hiver, dapiès M. le docteur E. Carrière, de 8" 01' K., et à Pise, de 5*02' R. Enfin, la température moyenne de l'année est de 15* oV U. à Rome, et de 13*35' à Pau. On voit que la différence n'est pas considérable ; mais le serait-elle davantage, cette divergence thermometrique n'infirmerait en rien la valeur des arguments en faveur de la ville de Pau. En climatologie, la supériorité d'une station médicale est loin d'être exclusivement subordonnée à une température plus ou moins élevée.

Ainsi, les caractèies climatériques qui distinguent cette station médicale sont : l'absence de vents réffuliers^ le défaut d'humidité libre dans l'air, et l'uniformité dans les oscillations thermometriques. Celte dernière donnée climatologique assure surtout à Pau une supériorité marquée sur le climat de Rome, où les transitions de température sont si fréquentes et si funestes aux malades dont la poitrine est délicate.

HISTOIRE

Pau vient du mot latin Palum^ pieu, et a dû longtemps s'écrire ainsi : Pal. Au moyen âge, les

lettres al se prononçaient comme nous prononçons aujourd'hui au.

Un vicomte de Béarn du x* siècle, si l'on en croit les traditions locales, frappé des beautés pittoresques de la vallée, voulut s'y construire un château, et marqua par trois pieux les limites du terrain que ce château devait occuper. On ignore d'ailleurs quel fut ce vicomte de Béarn, et l'on ne sait pas davantage â quelle époque le château fut bâti. Ce fut, probablement, dans le courant du X" ou du XI"' siècle. Les vicomtes de Béarn résidaient alors à Morlaas, qui n'est qu'à huit kilomètres de Pau.

Il n'est donc pas étonnant qu'il se soit élevé sur ce dernier point quelque rendez-vous de chasse qui sera devenu bientôt une maison de plaisance.

Si nous devons en croire l'Histoire du château de Pau, par M. le conseiller Bascle de Lagrèze, c'était l'usage du pays de planter des pieux à l'endroit où l'on voulait bâtir et attirer la population. On lit dans plusieurs vieilles chartes, retrouvées par M. Alcide Curie, ces mots qui ne laissent aucun doute : Palum pro nova populatione ibidem for cienda figi et apponi fecimus. Les armoiries conférées plus tard à la ville étaient d'azur à trois pals, fichés et alaises d'argent, réunis par une face de même, le pal du milieu surmonté d'un paon faisant la roue en chef, et deux vaches affrontées en pointe. On trouve, dans les anciens monuments historiques du Béarn, Castellum de PalOy Castrum de Palo, le château du Pieu, du Pal, et finalement le château de Pau.

U arriva là ce qui est arrivé partout; des habitations de paysans se groupèrent en peu de temps

ITINERAIRE DES PYRENEES

sous la protection du manoir féodal, et, peu à peu, le village devint une ville dans le xiv* siècle, c Dans le temps, dit Froissart, (jue le prince de Galles (le prince Noir) et la princesse estoient à Tarbes , estoit le comte (de Foix) en la ville de Pau :

car il y faisoit édifier un moult bel chastel, tenant à la ville au dehors sur la rivière du Gave. »

Ce comte de Foix était Gaston X, ou Gaston-Phœbus , si célèbre dans l'histoire par sa puissance, ses richesses, sa bravoure, son esprit, ses exploits guerriers, son goût et , son talent pour la poésie, et aussi par le meurtre de son fils. La souveraineté du Béarn avait passé t\ la maison <le Foix vers la fin du siècle précédent , par la mort du dernier vicomte, Gaston VII, qui n'avait pas d'enfant niAle, et dont le comte de Foix, Roger-Bernard, avait épousé la fille. Nous avons marché un peu vite : mais, relativement à Pau, l'histoire des CentuUe et des premiers Gaston, vicomtes de Béarn , n'offre pas un grand intérêt, et nous n'en avions rien à dire, sinon que leur gouvernement n'était pas, à beaucoup près, despotique, qu'il y avait une cour ou assemblée délibérante, représentant les gouvernés, laquelle se réunissait parfois au château de Pau, et prenait avec le souverain d'assez grandes licences.

Le vicomte Gaston IV avait suivi à la première croisade son suzerain Raymond de Saint-Gilles, comte de Toulouse, et s'était illustré par mille prouesses. De retour en Béarn, il alla bientôt guerroyer contre les Maures de l'autre côté des Pyrénées. Il rendit au roi d'Aragon, Alphonse le Batailleur, de si grands services , que celui-ci le récom-

pensa par des honneurs, des dignités et une riche seigneurie.

Pour cette seigneurie il était vassal du roi d'Aragon; cela était indifférent aux Béarnais. Mais, après sa mort, sa fille et son unique héritière, qui avait épousé Guillaume de Moncade, seigneur catiilan , fit hommage de la vicomte de Béarn au roi d'Aragon. Là-dessus les Béarnais se soulevèrent et chassèrent du pays le vicomte et la vicomtesse.

Ici nous ne pouvons mieux faire que de transcrire le préambule du Vieux For du Béarn, traduit par M. Bascle de Lagrèze (l'original, écrit en béarnais, est aux archives de la ville de Pau).

« En ce temps-là, ils entendirent vanter un chevalier de Bigorre, et ils allèrent le chercher, et ils le firent leur seigneur pendant un an.

Et après, il ne voulut pas les garder en leurs fors^ et coutumes, et la cour de Béarn se réunit alors à Pau, et ils le requirent de les tenir en leurs fors et coutumes, et 'lui ne voulut pas, et alors ils le tuèrent dans la cour môme.

« Item , après on leur vanta un prud'homme chevalier en Auvergne, et ils allèrent le chercher. Ils en firent leur seigneur pendant deux ans, et après, il se montra trop orgueilleux ; il ne voulut pas les tenir en leurs fors et coutumes, et la cour alors le fit tuer au bout du pont de Saranh par un écuyer, lequel le férit d'un tel coup d'épieu que l'arme lui sortit par le dos; et ce seigneur avait nom : Saintonge. »

Après ces deux épreuves malheureuses, les Béarnais retournèrent à l'ancienne famille. La vicomtesse Marie avait eu, de Guillaume de

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