‹ Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'océan à la Méditerranée [microform]Chapitre 115 sur 382 · Henri Martin · texte numérisé non relu

Henri Martin

années de combats et d'aventures qui précédèrent le jour où le couteau de Jacques Clément le fit roi de France.

Il s'y rendit en 1581 pour y prêter solennellement, selon l'usage, le serment de respecter les fors ou libertés du Béarn. Il y était allé précédemment avec sa femme Marguerite, qui se i)laint amèrement, dans ses Mémoires, de n'avoir pu y pratiquer le culte catholique avec une entière liberté. On n'était pas plus tolérant alors d'un côté que de l'autre.

Ce fut Catherine , sœur d'Henri , qui gouverna le Béarn. Elle avait le titre de régente, et résidait habituellement à Pau ou au Castel- Béziat, qui n'en est pas éloigné.

Aucun fait extraordinaire ne signala son administration. Elle fit le bonheur du Béarn sans bruit, jusqu'en 1599, où le roi de France la força d'éjjouser le duc de Bar, fils aîné du duc de Lorraine, qu'elle n'aimait pas, à la place du comte de Soissons, qu'elle aimait.

Le Béarn n'en demeura pas moins sépaié de la France, et Pau conserva son rang de ville capitale jusqu'en 1620. Déjà, en 1614, les États généraux avaient demandé la réunion du Béarn et de la Basse- Navarre à la Couronne; le clergé, en particulier, avait réclamé le rétablissement du culte catholique dans ce petit État, et la restitution des biens d'Église que Jeanne d'Albret avait affectés à l'entretien du culte protestant. Un arrêt du Conseil, du 25 juin 1617, avait fait droit à la re(iuête du clergé ; mais les plaintes des États du Béarn, formulées avec une grande vivacité, n'avaient point été écoutées. En mai 1618, le parlement de Pau avait donné l'exemple et le signal de la résis-

tance. Enfin, en 1620, Louis XIII se rendit à Bordeaux, puis, après quelques pourparlers sans résultat, « il marcha droit à Pau, remit luimême les évoques et le clergé béarnais en possession de leurs églises, de leurs domaines, de leurs privilèges, établit un gouverneur catholique dans iNavarrenx, la plus forte place de la contrée , cassa les Persans ou milices du Béarn, qui étaient indépendantes de l'autorité royale, et fit enregistrer au parlement de Pau un édit qui réunissait le Béarn et la Basse-Navarre à la couronne de France , et qui fondait en un seul corps de parlement séant à Pau les deux cours souveraines de Pau et de Saint-Palais'. »

Le Béarn s'agita de nouveau quand le roi fut parti, et la guerre civile éclata. Mais le parti calviniste, un moment vainqueur à Montauban, fut vaincu définitivement à la Rochelle, et Pau dut se résigner à n'être plus que le chef-lieu d'une province française.

Son histoire finit là. La lutte du parlement de Pau contre le chancelier Maupeou, en 1771, méritet-elle qu'on s'y arrête ? Vingt ans plus tard , Pau devint le chef-lieu du département des Basses-Pyrénées, et n'eut point à souffrir de la Révolution. Elle ne figure dans l'histoire de cette grande époque que pour avoir donné le jour à Bernadette (né dans une maison de la rue de Tran, n° 6). Napoléon 1" y passa en 1807; M. d'Argout, en 1815, y brûla en cérémonie, devant l'hôtel de la préfecture , le drapeau impérial, qu'il avait longtemps servi, et auquel on l'a vu se raUierplus tard. Pau, depuis cette

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